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 SUEZ-CHYPRE en bateau avec le 3ème RPC

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junker
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MessageSujet: SUEZ-CHYPRE en bateau avec le 3ème RPC   Dim 14 Aoû 2011 - 17:26

SUEZ- CHYPRE




Base Opérationnelle des Forces du Moyen-Orient

Octobre à décembre 1956 . . .le 3ème R.P.C.




Quinze jours de mer sur un bateau presque une épave, tellement la rouille suinte de toute la coque il est véritablement pourri, se sera le temps passé à bord de ce navire.

Nous avons embarqués nos jeeps la veille,puis pris possessions de nos couchettes situées dans les entreponts.

300 soldats rapatriables, appelés de surplus, leur bateau n'ayant pu partir,une panne de dernière minute,ils ont été dispatchés sur plusieurs navires, dont le notre sans savoir pourquoi ? Une erreur des responsables à l'embarquement ?, répartissant la cargaison de soldats. Ils sont tous contents de laisser l'AFN et de revoir la France, sans se douter de se que leur réserve cette traversée.

Péniblement le « tas de rouille » se détache du quai, quitte le port et met le cap sur la pointe de Bizerte. Tout notre matériel est à bord, les jeeps bien alignées dans les soutes, nous rejoignons nos quartiers dans les entreponts aménagés, des lits superposés à 3 étages, serrés comme des boites de sardines, les paquetages bien rangés sous la première couchette, nous nous empressons de grimpés sur le pont pour voir défiler la mer à une vitesse d'escargot.

Embarqué le 30 octobre 1956 sur ce bateau portant le nom à peine visible peint sur son étrave « Grenoble-Dunkerque », il doit être en fin de carrière, vu la rouille qui a coulée sur ses flancs, il n'est pas le seul, d'autres bâtiments sont dans le même état. Ma parole !, ils ont été choisis pour couler à leurs arrivées, je l'ai appelé le « coule à pic »!. Ce bâtiment est bondé de gars de toutes les armes, Bérets rouge, vert, bleu, tringlot, génie, etc..beaucoup de bâtiments croisent au large, navires de guerre, transporteurs, ravitailleurs .

Nous passons au large des iles Pantélaria, tout le convoi est déjà loin, si bien que nous voilà bientôt seul. Le trois novembre, la mer est agitée, le mal de mer touche les premiers allergiques, accrochés au bastingage, les yeux dans le vague, hoquetant à qui mieux mieux, d'autres n'ont pas le temps de grimpés sur le pont et vomissent ou ils peuvent, cela commence bien, avec l'odeur de mazout chaud et la vomissure, çà devient insoutenable dans l'entrepont couchettes, nos sacs Bergame(comme le sac marin), sont stockés sous la première couchette, dont les ressorts sont fait de grosses planches de bois, quelle souplesse !.

Accotés au bastingage, les bien portants dont je fait partis, admirent les poissons jaillissant hors de l'eau comme des traits de lumière dans un ballet continuel.

Une anecdote qui me fait de la peine; Une chèvre qui sert de mascotte à je ne sais quelle unité, trouve refuge dans nos quartiers. La pauvre bête qui n'a plus rien à manger, mâche tout ce qui lui tombe sous la dent, jusqu'à des mégots de cigarettes, qui , bientôt la rend malade et elle crève dans l'indifférence générale, car nous mangeons que de la conserve, et le peu de pain distribué au compte-goutte ne peu suffire. Le 5 novembre, la mer calmée fait resurgir la troupe sur les ponts, dans les entreponts bourrés de gars de divers unités, la surveillance est de rigueur, des visages suspects, rôdent dans les coins et regardent nos équipements et nos armes, un tour de garde est établi pour paraît à tout incident, des équipes de nettoyage, s'efforcent d'enlever les restes provenant des estomacs fragiles, nous avons des plateaux pour manger cette nourriture que les cochons ne voudraient pas.

Je suis Chef de plats, étant le plus valide à faire ce poste, je n'ai pas le mal de mer, ayant fait mes preuves durant deux ans comme « novice », sur un petit bateau au « couraut »(pêche côtière). Sur le pont beaucoup de monde préfèrent rester à regarder le ballet incessant des marsouins, qui frôlent le navire et parfois sortent carrément hors de l'eau, la température est douce malgré ce mois avancé. Certains, appuyés au bastingage ne voient rien , le mal de mer fait des ravages,ils sont trop occupés à ravaler leurs hoquets.

6 novembre 1956: Au réveil,je m'aperçois que nous avons stoppé dans une baie, après renseignement, nous sommes devant l'ile de Malte, tout à bord est devenue calme, les malades se remettent de leurs problèmes d'estomacs, le calme soulage les gars qui ont hâte de descendre de ce maudit navire.

7 novembre 1956: je fais des retrouvailles en la personne d'un Para du 1er R.E.P, j'avais eu l'occasion de prendre un pot à Zéralda, leur Base arrière, au foyer de la Légion Etrangère, il m'invite à venir boire un coup à leur cantine, qui suit la troupe partout, elle se trouve à coté de leur cantonnement provisoire, la boisson est la bière, la boisson du légionnaire, et je me fait connaître à l'entrée leur périmètre protégé par une sentinelle, pas bête les gars de la Légion !!. j'en parle au Sergent/Chef Couture avec lequel j'entretiens de bonnes relations (Couture, un ancien d'Indochine) du 6ème B.P.C du commandant Bigeard, sergent à l'époque il a était de toutes les batailles, en compagnie des sergents, Ménage, Rilhac, Sentenac, Herraud, Baliste,Prigent, à Tu Lê, Na San, Son La, Diên Biên Phu, très gravement blessé à DBP , sera rapatrié de justesse, avant la fin des combats de la cuvette , il a éssayé de marcher avec nous ,mais a vite renoncé vu son handicap de jambe, il est resté à la CCS.

Donc nous voilà à trois, avec le Sgt/Chef Couture, Spickling, un Alsacien à fort accent de l'Est, gros buveur de bière et moi, en arrivant dans les quartiers de la Légion, on se fait connaître, pour avoir accés au foyer rudimentaire, qui n'est autre qu'un endroit de l'entrepont ou ils ont disposés des caisses en guise de chaises pour s'assoir et déguster la boisson des troupes Marines et de toute la Légion. La soirée s'annonce joyeuse, la bières à volonté pour un prix dérisoire, puis les chansons antonnées, celles que nous avons en communs, c'est la fête de cohésion des Parachutistes.

La soirée se termine sous les douches à l'eau de mer, installées sur le pont supérieur, à moitié à poil et bramant fort et pas très clair, nous avons attirés l'attention de la P.M(police militaire), qui nous pourchasse à travers les coursives !!, personne de pris !, tant mieux !. Trempés et à moitié nu, je ne sent pas le froid de la nuit, avec l'alcool dans le corps, j'ai récupéré mes vêtements, et je retrouve mon entrepont grâce aux petits éclairages de secours.

Souvenirs..!! Frères de fête!, frères de combat!, Légion-Paras...Paras-Légion.

8 novembre 1956:Temps affreux, coup de tabac, la mer est démontée, le « tas de rouille » est brassé comme une coquille de noix, le mal de mer fait des ravages, ceux qui arrivent au bastingage appelle « beurque » et vont chercher jusqu'au tréfond de leur estomac, et pendant que les pauvres gars se vident par dessus bord, ceux qui n'ont pas la force de monter, se vident dans les passages, dans leur couchette ou celle du voisin !!. Je n'ai pas de problème pour les plats, à part trois de mon équipe, le reste est absent, les restes de nourriture vont par dessus bord, le bouteillon de vin synthétique va rejoindre la nourriture pour les poissons. L'odeur est tellement insupportable, que je décide d'aller dormir sur le pont ou se trouve quantité de trouffions écoeurés.

9 novembre 1956: Le calme est revenu, il y a foule sur le pont pour reprendre une bouffée d'oxygène, quelques uns grignotent un peu, pour ce remplir l'estomac, le calme est de courte durée, vers 16 heures un petit coup de vent fait rouler le bateau, c'est la panique !,cela se calme vite, le soleil apparaît en fin de journée, des navires croisent très loin de nous, des tortues énormes font leurs apparitions en surface, des pauvres types balancent des canettes de bières sur les tortues, il y a des idiots partout !!.

10 novembre 1956: Je vais au jus comme tout les matins à la cambuse du navire, il y a foule, tout le monde à faim, au large, beaucoup de bâtiments, huit navires de guerre nous escortent et deux sous-marins en surface, des bombardiers nous survolent, je prend en photo le porte-avions ARROMANCHE, bateaux français, Anglais, de toutes tailles, cuirassés, croiseurs, porte-avions, escorteurs, bâtiments ravitailleurs de carburant, des dizaines et des dizaines de navires sont autour de nous.

Alors que le cessez le feu est donné le 7 novembre 1956 à deux heures du matin, notre convoi arrive en vue des cotes Égyptiennes.

11/12 novembre 1956: Mer calme, il est 8 heures, nous approchons de Port-Saïd, le bareau stop les machines à deux milles mètres du port, des navires on étaient coulés par Nasser pour en interdire l'entrée. Je peus apercevoir la statue de Ferdinand De Lesseps, fondateur du canal de Suez, qui se dresse à l'entrée de la jetée.

Nous sommes très prés d'un navire hôpital tout blanc avec une croix rouge sur les flancs. Nous n'avons plus rien à manger à bord, nous finissons nos derniers biscuits de guerre , le voyage à duré plus longtempt que prévu, et le surplus de militaires montés à bord à épuisé les dernières vivres. D'ailleur une grosse colère de nos « rapatriables » à fait douter du pire, les affaires à portés de leurs mains volent dans tout les sens, je les comprend, eux qui croyaient voir la France quand nous sommes passé au large des iles Pantélaria ,(Italiennes), quelle désillusion.

On nous distribue des tracks , un appel du Général Beauffre, commandant la force « AMILCAR ».. Nous faisons demi-tour péniblement , le fond marin n'est pas très profond ,le brassement des hélices fait remonter le sable à la surface, direction l'Ile de Chypre … Fin de l'épopée, le 13 novembre, nous sommes devant Chypre et se sera un mois et demi de manoeuvres sur cette Ile à domination Anglaise ,les habitants sont en conflit ouvert contre les Britanniques, ils veulent le droit à la liberté, pouvoir vivre seul, j'apprendrai plus tard que ce petit pays se déchirera entre Grecs et Turcs, pour enfin le séparer en deux, un coté Orthodoxe l'autre Musulman.


Dernière édition par junker le Dim 14 Aoû 2011 - 18:00, édité 3 fois
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junker
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MessageSujet: Re: SUEZ-CHYPRE en bateau avec le 3ème RPC   Dim 14 Aoû 2011 - 17:31


 


un des petits ports de Chypre..

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junker
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MessageSujet: Re: SUEZ-CHYPRE en bateau avec le 3ème RPC   Dim 14 Aoû 2011 - 17:43

J'ai voulu reprendre cette aventure, qui me servira pour mon livre qui va comprendre les 50 histoires vécu au sein du 3ème régiment de Parachutistes Coloniaux.
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Charly71
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MessageSujet: Re: SUEZ-CHYPRE en bateau avec le 3ème RPC   Lun 15 Aoû 2011 - 9:00

merci de ces rappels junker
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zriri
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MessageSujet: Ordre N° 5 du CFE   Lun 15 Aoû 2011 - 12:31

Corps Français en Égypte : ORDRE GENERAL N° 5 du CFE du Général BEAUFRE.
Un papier conservé par un Ami qui a participé à "l'affaire de Suez" et "envoyé par fax, d'où la qualité médiocre du document joint et le pli au milieu du document :
Par contre, je ne sais pas si le "logo CFE" du document a été réalisé en écusson tissu brodé ou imprimé, pour être porté, quelqu'un pourrait confirmer ?
zizi

FORCE "A"
Le GENERAL
N°32 FA/3
ORDRE GENERAL N°5

Officiers, Sous-Officier, Caporaux, Brigadiers et Soldats.

Nous allons en EGYPTE, avec nos Amis Alliés Britaniques.
La France et le Monde auront les yeux fixés sur vous.
Vous pouvez être fiers de la mission capitale qui vous est confiée. Je suis sûr
que vous en serez digne. S'il le faut, vous saurez renouveler les exploits de nos anciens sur cette terre d’ÉGYPTE. J'ai toute confiance en votre valeur et en votre foi.
Vous n'oublierez pas non plus que l'EGYPTE a longtemps été notre amie.
Vous allez y représenter la FRANCE. Par votre attitude et par votre comportement vous aurez a cœur d'y faire connaître la grandeur et l'humanité de notre Patrie.
Le Général BEAUFRE
Commandant la Force A

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junker
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MessageSujet: Re: SUEZ-CHYPRE en bateau avec le 3ème RPC   Lun 15 Aoû 2011 - 20:48

C'est bien ce papier , signé de Beauffre, qui nous a était distribué ,
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MessageSujet: Re: SUEZ-CHYPRE en bateau avec le 3ème RPC   

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