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 Les accords de Genève

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ZITOUNE
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MessageSujet: Les accords de Genève   Lun 11 Juil 2011 - 17:43

Sortir honorablement de la guerre…

Robert Schuman, en 1952, est le premier chef de gouvernement à parler de paix. En juin 1953, René Mayer déclare son intention de sortir honorablement de la guerre. Les thèses de Pierre Mendes France qui demande une négociation directe avec le Viet-minh gagnent d’autant plus de terrain que les Américains ont entamé des négociations pour conclure un armistice en Corée.
Joseph Laniel déclare le jour de son investiture, le 26 juin 1953, qu’il s’emploiera à rechercher la fin du conflit indochinois dans le sillage de la négociation que les Américains ont amorcée pour obtenir un armistice en Corée.
De fait cet armistice sera effectivement signé le 23 juin. Les Américains, bien que très méfiants du tour pris par les événements, comprennent qu’ils ne peuvent refuser ce genre de solution.
Le 29 octobre 1953 Ho Chi Minh donne une interview au journal suédois « Expressen » : il se déclare disposé à signer un armistice avec la France.

De conférence en conférence.

Les choses vont se précipiter. La conférence des Bermudes (France, Angleterre, États Unis ) approuve à la fin de décembre 1953 ce lien entre la Corée et l’Indochine. Enfin la conférence quadripartite de Berlin (14 janvier-19 février 1954) entre la France, les États Unis, l’Angleterre et l’URSS, n’arrive à rien sur l’Allemagne dont on devait essentiellement discuter, mais débouche sur une décision relative à l’Indochine qui n’était pas à l’ordre du jour.
L’opinion publique française, sui suivant anxieusement la mauvaise tournure de la bataille de Dien Bien Phu, devenait de plus en plus exigeante pour qu’une négociation soit ouverte. Il est alors décidé le 16 février 1954 que « le problème du retour à la paix en Indochine sera discuté » à l’occasion de la conférence sur la Corée convoquée à Genève le 26 avril 1954. Seront invités à cette discussion « la chine et d’autres états intéressés ».
La proposition de Mendés France sur une négociation que la France mènerait avec le seul Viet-minh était dangereuse compte tenu de son état d’infériorité militaire.

L’Indochine contre la CED?

Cette fois la négociation devait se passer dans un cadre international. La participation des États Unis, de la Chine, du Royaume Uni, et de l’URSS impliquait, en cas de succès, un espoir de garantie pour l’accord obtenu. Par ailleurs, Bidault avait l’intuition, qui devait se confirmer, que la Chine et l’URSS pourraient jouer un rôle utile.
Dès le mois de mars 1954, Bidault se prépare à affronter la conférence. Il sait que sa tache ne sera pas facile, et se plaint de n’avoir dans son jeu « qu’un deux de trèfle et un trois de carreau ». Il charge Jean Chauvel ambassadeur de France, qui a déjà une longue expérience asiatique, de diriger l’équipe qui l’assistera. Chauvel a l’avantage d’être pratiquement sur place, car il est ambassadeur à Berne. Il jouera avec un très grand talent un rôle décisif, d’un bout à l’autre de la conférence.
La position française est délicate. D’une part l’affaire de Dien Bien Phu évolue de plus en plus mal. D’autre part le gouvernement est divisé sur la manière d’aborder la rencontre de Genève. Paul Reynaud voudrait laisser les États Unis prendre en charge l’Indochine, la France s’engageant se son coté à ratifier la Commission Européenne de Défense (CED). Par contre Edgar Faure, ministre de l’économie et des finances, est prêt à négocier avec Moscou l’abandon de la CED contre la paix en Indochine.
Mais Bidault est très ferme. Il tranche la question en déclarant, le 26 mars à St Etienne, qu’il se refuse à « un marchandage planétaire » échangeant l’Indochine contre la CED. De leur coté, les Américains s’inquiètent du sort de Dien Bien Phu. Seule une intervention de l’aviation américaine paraît pouvoir éviter une chute du camp retranché, qui mettrait la délégation française à la conférence de Genève dans une position de plus en plus difficile.
Les entretiens franco-américains ont pour but d’amener cette intervention que l’on à appelée « Opération vautour ». Une série de malentendus et d’incompréhension de part et d’autre font échouer ce projet.

Bidault hésite.

La conférence de Genève sur la Corée, ouverte le 26 avril 1954, se termine brusquement le 16 juin sans résultat. Le 8 mai, va commencer la conférence prévue à Berlin sur l’Indochine. Le président Eisenhower et Foster Dulles ne croient pas au succès de Genève mais ils essayent de reprendre l’idée de Vautour pour « renforcer la main des Français à Genève en accentuant l’incertitude des communistes quant à une intervention américaine ».
Mais une fois de plus, Bidault et Dulles ne parlent pas le même langage: la France, à la fois, veut l’intervention américaine et craint que celle-ci ne compromette une évolution favorable des discussions. Et puis Bidault hésite toujours à accepter une internationalisation de la guerre, qui pourrait être un précédent dangereux pour le reste de l’empire français. Les malentendus se reproduisent entre l’ambassadeur américain Dillon et M Schumann, chargé de la négociation en l’absence de G Bidault, parti à Genève le 12 mai. Les discussions se terminent le 16 juin 1954 sur une impasse.
Pourtant, de très hautes personnalités ont laissé planer très nettement la menace d’une intervention.
L’évolution des positions chinoises et soviétiques pendant la conférence prouvera que cette simple menace n’a pas été inutile. Pékin et Moscou ont montré en effet qu’ils craignaient vraiment une intervention de la puissance américaine dans le Sud-Est asiatique et ils ont manœuvré pour mettre fin à la guerre dans des conditions acceptables pour la France.
Les délégations de la France, de l’URSS, de l’Angleterre, et des États Unis arrivent à Genève fin avril. La Chine et la république Démocratique du Vietnam, invitées par l’URSS, les trois états associés d’Indochine, invités par la France, arriveront un peu plus tard.
Bidault et sa délégation sont arrivés le 26 avril. Bidault s’installe dans une villa avec un joli parc au bord du lac,  « joli port ». La plupart des autres délégations louent aussi des villas dans les environs de Genève. La délégation américaine réside à l’hôtel du Rhône. Dulles, pour marquer sa méfiance, a quitté Genève le 3 mai, laissant la direction de sa délégation au général Bedell Smith, sous secrétaire d’état.

Le 8 mai, on parle de l’Indochine.

La conférence sur l’Indochine commence le 8 mai, lendemain de la chute de Dien Bien Phu. L’atmosphère est lourde. Bidault est en costume sombre et porte une cravate noire.
Bidault tient à prendre l’initiative des discussions. Il parle le premier pour présenter le plan français qui consiste à établir un véritable cessez-le-feu. Pour cela il faut : régler d’abord les questions militaires-dissocier le cas du Vietnam ou il y a une guerre civile, de ceux du Laos et du Cambodge agressés par une force étrangère, le Viet-minh. Il propose ensuite un regroupement des forces par vastes zones, sans front continu, avec imbrication des zones françaises et des zones viet-minh. C’est « la peau de léopard » qui est ’dès le début, jugée peu praticable. De toute façon, il faut décider d’un solide cessez-le-feu avant de parler des problèmes politiques, qu’on réglera plus tard.
Le 20 mai, Pham Van Dong, chef de la délégation viet-minh, présente, comme on s’y attendait, un plan inacceptable pour la France. Deux semaines se passent sans résultat. Mais soudain le 17 mai, Molotov reconnaît l’intérêt de discuter en priorité les questions militaires. C’est important car cela veut dire que, le 19 mai, pour la première fois, des Français et des Viets minh vont se trouver face à face pour en parler. En effet, au colonel de Brébisson et à son homologue Han Van Lau va être confiée, pour commencer, la question des blessés de Dien Bien Phu. La discussion de déroule bien, et peu à peu les deux militaires abordent d’autres problèmes. C’est ainsi que, le 28 mai, la conférence leur confie l’étude des regroupements. La solution du partage de l’Indochine en deux sortira de ces délibérations.
Le 25 mai, en effet, une déclaration de Pham Van Dong a marqué le premier grand tournant de la négociation. Il a proposé deux regroupements d’un seul tenant chacun, basé sur un échange de territoires. Le Viet-minh renonçait ainsi implicitement à s ’assurer le contrôle de l’ensemble du pays. Le partage était proposé, et il l’était par le Viet-minh. De fait, le 9 juin, les militaires viet-minh déploient devant le colonel de Brébisson une carte de l’Indochine, en lui montrant qu’ils se limiteraient à ne demander que le Tonkin avec Hanoi et Haiphong.

Vers la partition.

Les Anglais pensaient depuis longtemps à cette solution de la « partition ». Mais celle ci posait à Bidault de graves problèmes de conscience. Il avait donné à Bao Dai l’assurance solennelle qu’il « ne rechercherait pas le règlement de l’affaire d’Indochine sue la base d’un partage des territoires du Vietnam ». Cet engagement a été renouvelé publiquement par Bidault, le 14 mai, en séance plénière de la conférence. On comprend alors la position délicate du ministre français qui avait voulu, avec quelque imprudence, contenter Bao Dai, lequel avait menacé de rappeler sa délégation en cas de partage.
Le comité militaire poursuit ses travaux, ad-réfèrendum, jusqu’au 13 juin, ou il apparaît que le Viet-minh accepterait une ligne de partage à la hauteur approximative du 18è parallèle.
Le 12 juin 1954, le gouvernement Laniel tombe, après une attaque très violente de Mendès France, le 9 juin, contre Bidault, qu’il accuse d’avoir laissé traîner la conférence en refusant des contacts directs et personnels avec le chef de la délégation viet.
En fait les contacts directs, qui avaient lieu depuis le 19 mai, entre Brébisson et Ha Van Lau avaient tellement avancé que, le 17 juin, Brébisson adressait une note à Mendès France, la veille de son discours d’investiture  « Si vous acceptez une ligne de partage entre le 16e et le 18e parallèle, je puis vous certifier que vous avez 90 chances sur 100 d’obtenir un cessez-le-feu ». C’était là un progrès considérable dans la négociation, car la solution de partage se révélait la seule praticable, et Bidault lui même ne pouvait s’y résigner. Seulement il ne pouvait le révéler à la chambre, car les entretiens du colonel de Brébisson devaient être tenus secrets.
Bidault chargé des « affaires courantes », va s’efforcer avant son départ d’améliorer encore le dossier qu’il laissera à son successeur. Il part pour Genève le 16 juin ou, sur les conseils d’Anthony Eden, il rencontre Chou En Lai le 17. Nouveau succès: Chou En Lai reconnaît la différence entre le situation du Vietnam et celle du Laos et de Cambodge. Il admet le principe du retrait des troupes viet-minh de ces deux pays. La négociation est débloquée sur un point très important.
Ainsi à la veille de l’investiture de Mendès France, la conférence a bien progressé. Jean Lacouture et Philippe Devillers ont reconnu que Bidault  « avait vraiment assuré la transition avec Mendès France ».
Mendès France a été investi dans la nuit du 17 au 18 juin par une écrasante majorité. L’homme qui depuis quatre ans intervenait au parlement pour demander une négociation avec le seul Vietminh va t-il revenir à cette idée et abandonner une conférence internationale à laquelle participent les « quatre grands » et un nouveau venu, la Chine?

Le nouveau négociateur.

Il n’en est rien. Mendès France comprend tout de suite les avantages d’une conférence internationale et il livrera un combat acharné pour garder les Américains à Genève. Il conserve toute l’équipe de Georges Bidault, et il donne très vite sa confiance à l’ambassadeur Chauvel. Seul le porte parole de la délégation, James Baeyens, jugé trop proche de Bidault, n’est pas repris.
Par ailleurs Mendès France ne modifie pas les grandes lignes des objectifs fixés par Bidault. Il dira même « c’est à juste titre que Bidault a proscrit les marchandages planétaires »
On a beaucoup dit que Bidault avait refusé de communiquer à son successeur le dossier de la conférence. C’est une légende sans fondement. Toutes les informations les plus complètes et les plus précises lui ont été fournies par Chauvel et ses adjoints;
La nouvelle position française est définie le 24 juin, au cours d’une réunion dans le bureau du ministre au Quai d’Orsay (Mendès France était aussi ministre des Affaires étrangères). Y assistaient Guy la Chambre, Alexandre Parodi, le général Ely revenant d’une mission à Saigon et Chauvel. Les instructions pour le chef de la délégation française sont aussitôt rédigées sur un coin de table, dans l’antichambre du ministre par Chauvel.
Elles sont approuvées sans modifications par le ministre : négociation directe de Chauvel avec Pham Van Dong, en se « maintenant sur le plan de l’armistice », c’est à dire sur celui des mesures militaires à prendre pour que le cessez-le-feu soit assorti de garanties réelles ; la division du Vietnam, maintenant acceptée, doit se faire autour du 18e parallèle ; le port de Haiphong doit rester sous contrôle français pendant un certain temps pour permettre l’évacuation vers les sud des troupes françaises qui sont au nord ; la délégation américaine doit être complètement informée et doit aider la France à faire accepter le partage par le gouvernement du Vietnam « comme une solution de fait » ; enfin la négociation doit être bouclée dans les quinze jours.

Des élections libres.

Restent alors, en plus de la définition de la ligne de partage, deux problèmes importants qui n’ont été qu’effleurés: celui du contrôle international et le problème politique, c’est à dire celui de la date d’élections libres dans tout le Vietnam. En effet on ne peut, d’aucun coté, refuser le principe d’une réunification ultérieure du Vietnam. Des élections libres dans l’ensemble du pays sont le seul moyen d’y arriver.
Mendès France ne sera à Genève que le 15 juillet, laissant à Chauvel le soin de faire avancer les choses jusque là. Mais Chauvel a une tache difficile car Dulles a la plus grande méfiance à l’égard du président français, qu’il croit prêt à « brader l’Indochine ». De plus, à Saigon, Ngo Dinh Diem, désigné par Bao Dai le 18 juin pour remplacer le prince Buu Loc, est lui aussi « peu rassuré » par un entretien qu’il a eu avec Mendès France. Diem se refuse à accepter la division du Vietnam.
Il faudra plus de deux semaines pour convaincre amis et adversaires que, comme l’ont dit le 9 juillet Parodi et Margerie au conseiller américain Joyce, « la position de Mendès France était virtuellement identique à celle de Bidault ». Effectivement Mendès France a reconnu dans une conversation avec Chauvel que « l’affaire d’Indochine, quand il en eut pris la charge, l’avait frappé comme étant toute différente de l’idée qu’il en avait jusque là ». La réalité des faits s’était imposée, assurant, d’un bout à l’autre de la conférence, une unité d’action assez remarquable.

Les rapports avec les États Unis.

Mendès veut prouver « qu’il n’est nullement disposé à conclure à tout prix ». Le 23 juin il dit à Bedell Smith «  qu’il n’acceptera jamais une capitulation, même déguisée, devant le Vietminh ». Mais il n’est cru qu’à moitié et Dulles rappelle à Washington Bedell Smith, réduisant la délégation américaine à un simple rôle d’observateur, se dissociant ainsi du règlement à venir.
Mendès, pour montrer encore plus nettement sa détermination, annonce le 7 juillet à l’assemblée nationale qu’il demandera l’envoi du contingent en Indochine s’il n’y a pas d’accord à Genève le 20 juillet.
Il insiste de plus en plus pour avoir à Genève la présence de Dulles ou Bedell Smith, «  Absolument essentielle et nécessaire ». Enfin il déclare adopter intégralement « les sept points », approuvés le 29 juin par Eisenhower et Churchill, qui définissent le minimum que les États Unis sont prêts à accepter.
Heureusement le président Eisenhower n’est pas d’accord avec Dulles et décide de l’envoyer discuter avec Mendès France et Eden à Paris.
Dulles et Eden sont à l’hôtel Matignon les 13 et 14 juillet. Le président français plaide avec passion sa bonne foi et dit au secrétaire d’état américain: » je vous demande de venir nous aider car votre absence affaiblit la France ». Il veut aussi que les États Unis déclarent unilatéralement que « toute violation de l’accord intervenu provoquerait un risque de guerre »; Eden soutient totalement Mendès France.
Le 14 juillet un texte franco-américain définit les objectifs communs, c’est à dire un règlement conforme au sept points de Washington. Le président Eisenhower demande alors à Bedell Smith de revenir à Genève et de reprendre la tête de sa délégation.
Certes les instructions envoyées par Dulles sont encore très prudentes : se « borner à prendre note des accords », sans les signer, s’engager à ne pas les modifier par la force, déclarer qu’une « reprise de l’agression en violation des accords serait considérée comme une menace à la paix et à la sécurité ».
Une crise grave à été évitée entre Français et Américains qui aurait sûrement compromis les chances d’un accord.

La pendule s’est arrêtée à minuit.

Le 18 juillet Chou En Lai obtient de la conférence la création d’une commission de contrôle composée de l’Inde, de la Pologne et du Canada. Le 20 juillet, au dernier moment, Pham Van Dong, sous la ferme pression de Chou En Lai, accepte le partage du Vietnam au 17e parallèle alors qu’il avait d’abord exigé le 13e.
Le même jour Molotov et Chou En Lai lui font accepter la date du 20 juillet 1956 pour procéder à « des élections libres au scrutin secret » que le Vietnam aurait voulu voir se dérouler au plus vite.
Enfin, encore sous la pression chinoise, Pham Van Dong accepte le retrait de ses forces du Laos et du Cambodge.
Ainsi sur tous ces points très importants ce sont la Chine et l’URSS qui ont pratiquement imposé à Pham Van Dong les concessions nécessaires à un accord qu’ils voulaient manifestement obtenir.
Mendès France avait tenu son pari sur la date de 20 juillet, toutefois l’obstination du Cambodge à obtenir le règlement d’un point relativement mineur avait obligé la commission à arrêter les pendules à minuit…tandis que l’on siégeait jusqu’à 4 heures du matin le 21, la pendule marquant toujours minuit.
La séance de signature et de clôture a eu lieu le 21 juillet 1954 sous la présidence d’Eden, qui avait joué parfaitement son rôle d’intermédiaire conciliateur.

Ho Chi Minh est décidé à s’emparer du Sud

Les jugements sur les accords de Genève ne sont pas très dissemblables. Le général Bedell Smith a déclaré: »Les résultats obtenus sont les meilleurs auxquels nous pouvions nous attendre dans les circonstances présentes ».
Jean Chauvet a dit très justement: » A une mauvaise affaire il n’est pas de bonne solution ». Raymond Aron a écrit dans le Figaro du 22 juillet: » Mendès France a gagné son pari dans des conditions qui ne prêtent pas à la critique. Non que les clauses du cessez-le-feu soient bonnes, elles ne le sont pas et ne pouvaient pas l’être.
Mais elles reflètent sans l’aggraver la situation locale. Honnêtement on ne pouvait exiger d’avantage ».
A la fin de la conférence de Genève il y a deux Vietnam: celui du Nord, la république démocratique du Vietnam, totalement communiste, et celui du Sud (Sud-Annam et Cochinchine) devenu complètement indépendant et dirigé par un patriote intègre, farouchement anti-communiste, Ngo Dinh Diem. Le Vietnam a théoriquement deux ans pour affronter des élections libres dans le pays.
Mais, le 21 juillet 1954, dans sa déclaration finale Pham van Dong avait prononcé une phrase inquiétante: » Nous gagnerons l’unité du Vietnam comme nous avons gagnés la paix. Aucune force au monde ne nous détournera…Peuple du Vietnam, compatriotes du Sud, la victoire est à nous ».
Manifestement Ho Chi Minh était décidé à récupérer le Sud par n’importe quel moyen.  

Une situation mal stabilisée.

En réalité, si les accords de Genève ne pouvaient être meilleurs, ils n’en laissent pas moins une situation mal stabilisée. Le cessez-le-feu préparé avec une grande précision a été appliqué très correctement. Mais la partie politique des accords est un point faible; Elle est constituée par quelques documents qui définissent avec plus ou moins de précisions quelques principes généraux. On a jeté hâtivement un chapeau politique sur l’ensemble des textes militaires qui réglaient le problème urgent de l’arrêt des combats et des regroupements de manière à assurer la sécurité du corps expéditionnaire.
D’autre part les États Unis s’étaient bornés à « prendre acte » de la déclaration finale et le Vietnam-Sud avait protesté solennellement contre « la façon dont l’armistice avait été conclu ».
Dans ces conditions ces deux pays considéraient »qu’ils n’avaient pas été parties aux décisions prises par la conférence et n’étaient pas liés par celle-ci ». Le 12 novembre 1954 les trois ministres des Affaires étrangères de France, des États Unis et du Royaume Uni ont reconnu « que le Vietnam-Sud n’était pas juridiquement obligé d’appliquer les dispositions politiques de la déclaration ».
Donc, il n’y avait pas une véritable garantie des accords, en particulier contre une agression, une subversion ou une infiltration communiste. Plus tard , l’Organisation du Traité du Sud Est (OTASE), sorte de pacte Atlantique moins musclé, permettra un engagement militaire américain contre le Nord Vietnam. La garantie recherchée sera alors fournie par une force de dissuasion américaine, plus ou moins crédible à vrai dire.
En fait, elle ne pourra empêcher des infiltrations considérables de commandos communistes venus du Nord qui, dès 1960, feront régner la terreur au Sud. Les notables et ceux qui s’opposaient à leurs méthodes seront massacrés. Après l’assassinat du président Ngo dinh Diem, le Sud-Vietnam se décomposera peu à peu. Il est sur le point de s’effondrer lorsque le président Johnson enverra les Marines en 1965.
Le Nord-Vietnam en effet, n’avait pas obtenu la réunification par des élections générales. Celles-ci ne pouvaient être « libres », compte tenu des méthodes marxistes-léninistes au Nord. Ces élections seront justement refusées par le Sud-Vietnam et les pays occidentaux. Le Nord n’hésitera donc plus à employer le terrorisme et la violence contre le Sud.
L’application des accords de Genève au Cambodge n’a pas présenté de difficultés particulières. Le Cambodge n’a rien perdu ni cédé à Genève et il est le seul à avoir gardé un territoire intact.
Par contre au Laos le problème des unités combattantes alliées au Vietminh(Pathet Lao) ne fut résolu, et d’ailleurs mal résolu, qu’en 1958. Les Pathet Lao se retirèrent dans les deux provinces orientales de Phong Sali et de Sam Neua. Elles acceptèrent en principe l’autorité royale qu’elles refusaient jusqu’alors, mais elles continuèrent à troubler le gouvernement du pays.
La France put maintenir, conformément à l’article 8 de l’accord, une base militaire à Seno.

Violation des accords.

Autre violation des accords de Genève par le Nord : si près d’un million de catholiques tonkinois purent se réfugier au sud, des milliers d’autres en furent empêchés par les autorités de RDVN. Beaucoup d’entre eux, accusés d’être traîtres à leur patrie, furent massacrés.
Mais Raymond Aron l’a dit, les accords de Genève ne pouvaient être parfaits. La très grande majorité des Français voulait la paix rapidement et finir avec une guerre qui ne pouvait être gagnée. Et l’on a déjà remarqué la faiblesse du « chapeau politique couvrant l’ensemble des textes.

NDMM : Huit ans plus tard il y aura de l'autre coté du lac des autres accords de signes , à Evian, eux non plus ne seront pas respectés ....


Historia spécial n° 25




   
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