En recherchant des documents ou photographies dans les "papiers" de mon père sur le chasseur parachutiste GRANEL, j'ai retrouvé une coupure de journal des "cahiers du pays de Guérande", datant d'août 1994, sur le colonel DROUAN :
"Né le 17 décembre 1914, il passa son baccalauréat latin-grec dès l'âge de 15 ans et demi. A 18 ans, il fut admis à Saint-Cyr.
Méhariste au Niger, il fut ensuite affecté au Levant.
Puis vint la seconde guerre mondiale. Après la campagne d'Italie en 1943-1944, il participa à celle de Fance à la tête d'une compagnie du 1er RCP. C'est là qu'il allait donner toute sa mesure, notamment en Alsace. (6ème compagnie du 1er RCP).
Voici le texte de sa première citation à l'ordre de l'armée :"Magnifique commandant de compagnie, payant de sa personne. Chargé de tenir le col du Morbieux, a brillamnt repoussé deux attaques, infligeant des pertes sévères à l'ennemi. Au cours de l'attaque du 16 octobre 1944, sur le col du Mesnil, a nettoyé avec son unité une lisière de bois, après un combat rapproché, obligeant l'ennemi à se retirer en abandonnant un nombreux matériel. Le 20 octobre, par une manoeuvre rapide et audacieuse, a anéanti un détachement ennemi qui s'approchait du P.A. du signal III."
Deux autres citations à l'ordre de l'armée rendirent hommage à la conduite exemplaire du capitaine DROUAN. La dernière d'entre elles accompagnait sa nomination de chevalier de la Légion d'Honneur, avec une troisième palme à sa Croix de Guerre, à la suite de la prise du village de Jebsheim : "Officier d'un courage et d'un sang-froid splendides, a toujours obtenu de sa compagnie le maximum de rendement dans des conditions les plus difficiles. Les 27 et 28 janvier 1945 a entraîné magnifiquement son unité au cours de l'attaque et du nettoyage du village de Jebsheim et a su, grâce à son exemple, conserver à son unité un mordant remarquable au cours de ces deux journées de dûrs combats. A été grièvement blessé lors de cette action. Déjà cité."
Sa blessure l'obligeant à renoncer à des commandements dans la troupe, il entreprit des études de droit et de psychologie. Il occupa divers postes dans des états-majors, en France et Outre-Mer. En 1959, il fut breveté de l'Ecole Supérieure de Guerre.
A l'issue de la guerre d'Algérie, voyant les harkis abandonnés, il quitta l'armée. Il fit alors une carrière civile dans la métallurgie.
Chaque été, il séjournait dans notre région avec son épouse, née KERGUISTEL, d'une très vieille famille du pays de Guérande. Il était très assidu à nos réunions et notamment à la "Journée des Amis de Guérande". Il respirait la droiture et la bienveillance et laissera un profond souvenir à tous ceux qui l'ont rencontré.
Colonel d'Infantrie de Marine, Commandeur de la Légion d'Honneur, il repose désormais à Mesquer, non loin de la maison ancestrale des KERGUISTEL."
Je suis fier que mon père ait pu servir sous ses ordres (pas assez longtemps vu la blessure de Papa) durant la campagne des Vosges !