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 O.S.S et Ho Chi Minh

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ZITOUNE
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MessageSujet: O.S.S et Ho Chi Minh   Ven 6 Mai 2011 - 19:20

O.S.S ET HO CHI MINH


Au lendemain des accords de Potsdam, en 1945, l’Indochine devient le théâtre d’un imbroglio inimaginable. On y rencontre des Chinois, des Britanniques et des Indiens, des Français, des Lao, des Viets et des Américains en missions très spéciales.

Le rôle de l’OSS (service d’espionnage américain n’est pas aussi tranché que l’on a l’habitude de le lire. Le 13 octobre 1944, par l’entremise du secrétaire d’état Cordell Hull, l’OSS propose à Roosevelt de fournir toute l’assistance possible aux groupes de résistance en Indochine. Le président, qui meurt le 12 avril 1945, a demandé d’attendre. Cependant le QG de L’OSS de Kunming (Chine) a reçu plusieurs fois la visite d’Ho Chi Minh pendant l’hiver 44/45.
De même plusieurs agents vietnamiens ont été formés par l’OSS, dont le Dr Phan Quang Dan, et Giap a des contacts réguliers avec les agents détachés au PC du leader vietnamien.

En effet, en échange de services rendus, renseignements et autres actions locales de guérilla, Ho Chi Minh a accueilli des américains parachutés pour servir d’instructeurs et secourir les aviateurs alliés abattue. Six équipes opèrent au nord du 16ème parallèle avant la capitulation japonaise. Sous leur impulsion, les guérillas de Cao Bang, Bac Kan et Lang Son lancent des raids contre l’occupant nippon.
Ho Chi Minh ne veut ni ne peut rompre avec la France mais elle n’est plus la puissance qu’elle était. L’Amérique représente l’avenir avec ses moyens, ses dollars, son idéal de liberté, du moins ce qui y ressemble. Les Américains attachés à Ho Chi Minh participent même à la rédaction de la déclaration d’indépendance et, dès la capitulation japonaise, l’envoient par radio à la réunion des Nations Unies à San Francisco.

Avec les Français, les relations virent à la franche hostilité, notamment chez les responsables de l’OSS tel le colonel Helliwell, patron du service action de l’OSS en Chine, qui expliquait que les Français étaient plis motivés à écarter les États Unis de l’Indochine que de se battre contre les Japonais.
Jean Sainteny, qui avait travaillé étroitement avec l’OSS en France, ressent d’autant plus durement l’ostracisme dont il est l’objet.
Les trublions laotiens ne sont pas oubliés par l’OSS. Les contacts commencent à Bangkok en mars 1945 avec Oun Sananikone. Toutefois sa demande d’instructeurs et d’armes ne sera pas honorée. Mais un mois après la capitulation japonaise, arrive à Vientiane, une mission de dix agents qui déploient une hostilité identique à celle de certains de leur collègues au Tonkin en se mettant en travers des administrateurs français.

Les opérations très spéciales de Bank.

Pour comprendre l’imbroglio de l’action de l’OSS en Indochine française, prenons l’exemple du capitaine Aaron Bank. Il était jedburgh comme le général Aussaresses, qu’il a connu en Angleterre. Il s’est intéressé au 11ème Choc, créé et commandé par des jedburghs français. Il s’en est inspiré pour la création de ses bérets verts des Special Forces.
En juin 1945, Bank reçoit son affectation aux opérations spéciales à kunming. Il y entraîne, aux techniques de la guérilla, trois officiers français et une compagnie de tirailleurs indochinois dans le but d’attaquer un QG Nippon sur le fleuve Rouge. Mais l’opération est annulée; Après un passage aux Operational Groups du colonel Fox qui forment des parachutistes chinois, Bank est affecté au détachement « politiquement orienté » du major Patti à Hanoi.
Sur place il poursuit les criminels de guerre japonais tandis que patti négocie la libération des officiers français emprisonnés avec des aviateurs allés et des résistant indigènes.
Bank s’occupe ensuite d’un groupe de trois Américains chargés de découvrir des camps de prisonniers alliés et d’internés français cachés dans la région de Vientiane. Il fait alors la connaissance de son responsable de groupe, le lieutenant Holland et Ellis le radio. Ils repartent vers Thakhet au Laos d’ou ils partent à la recherche des prisonniers et d’ou ils surveillent les Japonais qui préfèrent traverses le Mékong pour se rendre aux Britanniques plutôt qu’aux Chinois.

La chasse aux commandos français.

A Thakhet, à l’enterrement d’une douzaine de Laotiens dont six femmes, Bank apprend du chef indépendantiste Thao Pheng qu’il s’agit de l’œuvre d’un commando français s’efforçant de reprendre le contrôle de la ville. L’Américain apprend du même coup l’existence du pendant laotien du viet minh, principalement armé par les Japonais sur la rive siamoise.
Bank expédie à Kunming un long rapport radio indiquant la fin de leur mission d’assistance aux prisonniers et la situation qu’il juge explosive, due aux actions des commandos français qui opèrent au nord du 16ème parallèle.
Au bout de plusieurs jours, Bank propose d’aller rendre compte à Hanoi auprès du commandement américain. En attendant, il initie les rebelles à piéger les pistes susceptibles d’être empruntées par les commandos français.
Il apprend que leur armement se renforce grâce à la garnison japonaise de Savannakhet qui va jusqu’à leur céder des mortiers. A Dong Hoi, Holland et Bank promettent leur libération à des officiers français remis aux viets par les Japonais après leur intervention auprès des Chinois.
De fait il s’en ouvre au général Gallangher à Hanoi qui s’engage à libérer les otages et lui confirme l’interdiction faite aux Français d’opérer dans la zone sino-américaine.






Rencontre avec Ho

La panne de leur voiture amène Holland à contacter Ho Chi Minh, qui le connaît, et l’accueille avec joie. Mais le coup de foudre se fait avec Bank qui parle bien français. Non seulement Ho consent à les amener au sud mais ils sont ses hotes en attendant.
C’est ainsi que les deux américains profitent de la ferveur populaire au coté du leader indépendantiste et sont aussi les témoins de son entrevue avec Bao Dai. En cours de route, Ho Chi Minh confie l’espoir qu’il place dans l’Amérique, qui n’agit pas en colonisateur comme la France et l’Angleterre, et qui, au contraire, a donné l’indépendance à Cuba et promis celle des Philippines pour 1946. L’argument porte.
Les Américains n’ignorent pas qu’ils sont en face d’un marxiste mais Bank voit déjà un partenaire commercial des 2tats Unis, style Tito, une fois l’indépendance acquise.
Après Hué, le trio se sépare les meilleurs amis du monde. A Thakhet ils apprennent la mort du lieutenant français Klotz abattu par des Lao, alors qu’il venait de débarquer du Siam.
L’officier britannique qui l’accompagnait n’a rien pu faire. Bank demande à Thao Pheng pourquoi ils n’ont pas invité le lieutenant à faire demi-tour: »parce qu’ils font la guerre contre nous », telle est la réponse.

La présence d’un quatrième agent.

Il s’agit d’un incident relaté plus d’une fois et qui met directement en cause un lieutenant de l’OSS, Reeve, dont la seule intervention consista à répéter « je suis neutre » tandis que le Britannique protégeait de sa poitrine son camarade français, finalement assassiné dans le dos.
L’attitude de l’Oss en Indochine parle d’elle même. Bank est ce qu’il est mais il assume. Pourquoi taire l’existence d’un quatrième agent, d’autant que l’incident s’est passé en son absence? Quelques jours après cet incident, par l’entremise du gouverneur, Bank, accompagné de gardes du corps, rencontre le chef du commando, coiffé d’un béret amarante, qui se révèle être un pur fils d’Albion!
L’entretien tourne court. Aux admonestations de l’Américain, l’Anglais (major Wynn?) répond calmement que les Français sont chez eux mais lorsque le premier traite les commandos de « bandits assassins » et les menace de faire intervenir les parachutistes chinois, l’Anglais devient aussi rouge que son béret.
Les deux partis se quittent en se faisant face! Bank ne digère pas la collusion franco-britannique, pour lui Malaisie Indochine; même combat, mais l’affaire n’aura pas de suite diplomatique ou militaire. La demande d’intervention des paras chinois reste sans réponse de Kunming. Le seul message que vont recevoir les Américains sera leur ordre de rapatriement, l’OSS ayant été dissous le 1er octobre 1946.

Un immense gâchis.

Le 3 mai 1945, le nouveau président Truman confiait à Georges Bidault la reconnaissance par son gouvernement de la souveraineté française en Indochine. De fait les agissements de l’OSS et leurs répercussions sur le Viet Minh sont très mal perçues des autres Américains en Asie et à Washington.
Ainsi Guy de Chézal, agent de la DGER parachuté en Indochine, évoquant devant le patron de l’OSS, A Dewey, (qui sera le seul Américain assassiné par le Viet Minh) certains Américains « un peu trop envahissants », s’entendra répondre: «  Ces Américains agissaient individuellement. l’Amérique ne désire rien, surtout en Indochine. Elle veut seulement l’ordre… »
Enfin, la présence d’armes américaines n’implique pas pour autant une assistance conséquente. Les principaux fournisseurs furent les Japonais, les troupes chinoises de la 53ème armée de Lu Han puis loin derrière, les Américains.
Immonde gâchis que les années 45/46. Après avoir gagné la guerre, les Américains gagnent la paix en Europe mais leur incompréhension leur fait perdre le Sud-Est Asiatique. En face de la ruse vietnamienne, l’irresponsabilité du gouvernement français n’a pas fait mieux.









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