Une plaque polémique, hommage au général Bigeard, dévoilée à BanyulsLa commune de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) a baptisé ce dimanche un rond-point du nom du général Marcel Bigeard, figurelorraine et figure controversée de la bataille d'Alger, déclenchant une polémique dans ce petit port de plaisance.
Entouré de conseillers municipaux et de cadres locaux du Front national, le maire UMP Jean Rède, à l'initiative de l'hommage, a salué la mémoire de l'ancien para qui s'illustra notamment à Dien Bien Phu, avant de traiter de «cons» les opposants au projet.
Environ 250 personnes, notamment des anciens de l'Algérie française, des parachutistes à la retraite et un neveu du général Bigeard, ont assisté à la cérémonie.
L'opposition de gauche à la mairie de Banyuls avait protesté, mettant en avant les prises de position du général Bigeard sur le recours à la torture pendant la guerre d'Algérie, qu'il avait qualifié de «mal nécessaire», tout en se défendant de l'avoir pratiquée lui-même. Des élus d'opposition avaient fait des contre-propositions: «Rond-point des Forces françaises libres» ou «Rond-point Joseph Kessel», car c'est à Banyuls que l'auteur situe son inspiration pour écrire le «Chant des Partisans».
Une pétition rassemblant des centaines de noms a même circulé dans cette petite ville de 5.000 habitants, plus connue pour son vin doux et son laboratoire du CNRS.
article paru le 5 mai 2011 dans L'Est républicain
Le parachute de la discordePolémique A Banyuls-sur-Mer, le rond-point « Général Bigeard » entraîne de vives réactions
Nancy. A quelques jours d’un anniversaire inscrit dans le cœur et la mémoire des Anciens d’Indochine (la fin de la Bataille de Dien-Bien-Phu, le 7 mai 1954), la polémique fait rage, dans une petite commune des Pyrénées-Orientales, à propos de Bigeard, décédé le 18 juin 2010.
Le 15 mai prochain, un rond-point de cette bourgade de 5.000 habitants, prendra le nom de l’ancien Secrétaire d‘Etat à la Défense. Un parachute en bronze, avec le nom du général, doit y être scellé.
Décidée par le conseil municipal (par quatorze voix pour, sept contre et quatre abstentions), la décision provoque de vives réactions, à l’approche de l’inauguration.
Dimanche dernier, des membres de Générations Banyuls (DVG) et du Front de gauche ont fait circuler une pétition sur le marché municipal. Le document aurait recueilli près de quatre cents signatures.
Au point de départ de cette affaire : le profond désaccord entre le maire UMP Jean Rède, qui a proposé le nom du général Bigeard, et un élu d’opposition, suggérant, lui, « Rond-point des Forces françaises libres ».
Un autre citoyen (l’homme de la pétition) a fait campagne pour baptiser la place circulaire « Joseph Kessel », auteur du « Chant des partisans » avec Maurice Druon. Bref, c’est la guerre à Banyuls, et les esprits s’échauffent, à l’approche du 15 mai ! En toile de fond : le conflit algérien… et tout ce qui lui colle aux rangers : l’OAS, « le mal du pays » des pieds noirs, le comportement controversé de l’armée…
A NicePas un hasard si un tel sujet déclenche autant de dissensions, dans une région où « cette guerre qui ne menait à rien », comme le disait Bigeard, n’est pas encore inscrite dans les livres d’Histoire, tant elle exacerbe encore les mouvements d’opinions et les comportements !
Le 20 avril dernier, le bureau national de la Fnaca protestait, « contre l’initiative des nostalgiques de l’OAS visant à célébrer le 50e anniversaire du putsch des généraux en retraite du 21 avril 1961 ».
La Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc Tunisie faisait allusion à l’inauguration, dans la ville de Nice, d’une stèle à la gloire « de Roger Degueldre, chef des commandos ‘’Delta’’, responsable de l’assassinat de soldats du contingent, qui fut condamné à mort et fusillé en 1962 ».
Pour la puissante fédération (350.000 adhérents), « cinquante ans après ces heures sombres qui ont failli renverser la République, il est inconcevable que de telles résurgences puissent être autorisées en toute impunité, alimentant les thèses révisionnistes et revanchardes que ne cessent de développer les milieux extrémistes ».
On le voit, la Guerre d’Algérie n’est pas vraiment terminée, de ce côté-ci de la Méditerranée !
source :EST REPUBLICAIN