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 Soutenir l’Armée française, c’est aussi faire vivre et revivre son imaginaire.

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Philippe MULLER
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MessageSujet: Soutenir l’Armée française, c’est aussi faire vivre et revivre son imaginaire.   Lun 2 Mai 2011 - 21:15

source : ASSOCIATION SOUTIEN À L'ARMÉE FRANÇAISE Lundi, 02 Mai 2011 15:16


Citation :


Sur le paysage national, l'Armée s'est effacée.
Par André Thiéblemont, colonel (er), et ethnologue du milieu militaire.


La chose militaire, devenue lointaine, disparaît lentement de la conscience quotidienne des Français. Demain, nos petits-enfants ne sauront peut-être pas distinguer un caporal d'un général.

Cela ne signifie pas que le militaire ait pour autant perdu de sa puissance symbolique ! On peut même penser que, çà et là, il suscite des attentes chez des populations inquiètes d'un processus de déculturation nationale.
L'Armée est comme une action du CAC 40 qui serait sous cotée tout en conservant un beau potentiel ! Trop peu visible sur le marché, elle n'attire guère les investisseurs et n'a plus le poids qu'elle avait naguère.

La belle est trop loin des yeux.

Il faut donc se battre pour la faire paraître d'une manière ou d'une autre dans l'espace public et réduire ainsi la distance et l'indifférence qui s'installent entre elle et les Français.

Jouer de l'imaginaire militaire

Mais pour que l'Armée retrouve une audience perdue, il ne faut pas se tromper, ni d'objet, ni de méthode !

Ne confondons pas l'Armée et la Défense !

La notion de défense est abstraite, ambiguë : elle fait appel à des représentations diverses dans lesquelles le militaire n'est pas toujours présent (défense économique, culturelle, etc.).

L'Armée n'est pas la Défense. L'Armée n'est pas une notion. C'est un objet pétri de symboles, profondément enraciné dans la mémoire collective. Il est évocateur d'images et de sens : des uniformes, le service militaire, la caserne et les sous-offs, des figures héroïques, des combats, le sang versé, la discipline, un état d'esprit (honni, brocardé ou admiré), l'apprentissage de codes de conduite, de la vie collective etc.

Depuis trop longtemps les discours sur la Défense masquent l'humanité de la chose militaire.

La Défense occulte le soldat.

Il faut rompre avec cette confusion intellectuelle entre l'Armée et la Défense.

Bien plus, les rapports entre les Français et l'Armée échappent le plus souvent à tout raisonnement cartésien : ces rapports sont charnels, affectifs, idéologiques, mythiques. Ils se nourrissent des rôles multiples que l'Armée remplit aux yeux de nos concitoyens : portant les armes de la France, elle incarne le national ; elle symbolise l'ordre mais peut aussi susciter de la révolte ; elle renvoie à du social, a de l'éducatif, à de l'économie, à des techniques, à l'aventure, etc.

Malgré son effacement sur l'horizon national, la chose militaire reste porteuse d'un imaginaire social d'une grande richesse.

Or, l'imaginaire, marginalisé par le positivisme et le rationalisme, remplit une fonction essentielle dans notre connaissance de notre environnement : « Notre appartenance au monde des images, déclarait Gaston Bachelard, est plus fort, plus constitutif de notre être que notre appartenance au monde des idées ».

C'est donc d'abord de l'imaginaire du militaire, réservoir et producteur d'images sur les Armées qu'il faut jouer si l'on veut réduire la distance sociale et culturelle qui s'est creusée entre les Français et la chose militaire.

Une politique d'images et de récits

Cela appelle une politique d'images et de récits. Une politique qui ne devrait ni simuler ni dissimuler derrière une « image de marque » lisse et sans états d'âme !

Une politique qui devrait rendre familiers les traits, les travers, les émois, les sensualités de celle qui fut longtemps une maîtresse captivante, parfois détestée de bien des générations de Français.

Une politique qui procure images, odeurs, saveurs, rires, larmes et sentiments, quelle que soit leur nature.

Une politique qui joue des contacts avec du militaire, d'expressions picturales ou graphiques, de récits littéraires et de fictions télévisées ou cinématographiques, etc.

Ce n'est pas une mince affaire. Il y faut de l'imagination et de la permanence. Il ne s'agit pas de faire des coups sans lendemain. L'ambition nécessite de concevoir et d'organiser une action de longue durée, jouant de tout ce qui fait ou peut faire image et récits dans le quotidien militaire, de tous les formes d'expression et de création artistique!

Cette ambition devrait appeler la mobilisation des organismes publics et privés qui ont en charge le rapport du militaire à la société ou s'en donnent la vocation.

Les associations peuvent y contribuer par leurs réseaux, par les influences qu'elles exercent sur les commandements, par les manifestations qu'elles peuvent elles-mêmes organiser.

Une idée par ci par là ne fait pas une politique. Celles qui suivent ne feront qu'illustrer le propos.

Dans les rangs militaires, il y a des illustrateurs de grand talent : aquarellistes, dessinateurs, caricaturistes, etc. Leurs œuvres souvent militairement incorrectes et hilarantes circulent sous le manteau.

Rendons publiques ces images du militaire réalisées par des militaires, dans nos revues et bulletins, dans des manifestations comme le festival annuel de la caricature à Epinal !

Imaginons cette pâle journée d'appel pour la défense, abstraite et sans âme, remplacée par un séjour actif et non passif dans une formation combattante, un séjour encadré par des retraités ou par des réservistes.

Au moment où la visibilité et l'audience des Armées deviennent problématiques, cette politique d'images et de récits activant leur présence dans la conscience nationale est plus que jamais nécessaire. Soutenir l'Armée française, c'est donc faire vivre et revivre un imaginaire militaire national.

Par nos réseaux et nos talents, nous pouvons tous y concourir. A défaut, la parole du militaire tombera dans le vide de consciences indifférentes.

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