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 Les gendarmes n’ont vraiment pas le moral

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Philippe MULLER
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MessageSujet: Les gendarmes n’ont vraiment pas le moral   Dim 17 Avr 2011 - 21:53

lemonde.fr 17 avril 2011 :

Citation :



Les gendarmes, vous savez ? Ces militaires chargés de la sécurité quotidienne de 50 % de la population française répartie sur 95 % du territoire national. Eh bien ils n’ont vraiment pas le moral. Et franchement, on les comprend. Jugez plutôt.

On ne parle pratiquement jamais des gendarmes, qui ne sont pas syndiqués parce qu’ils sont militaires (on appelle bien l’armée « la grande muette »). Et ceci fait bien les affaires du pouvoir politique depuis 2002, car c’est peu de dire que les gendarmes ont avalé depuis cette date une impressionnante série de couleuvres.

REDUITS AU SILENCE / REDUITS EN SILENCE

D’abord, tout en maintenant ce statut militaire qui les rend non seulement muets mais de surcroît mobilisables à volonté (tout le contraire des policiers, qui s’expriment beaucoup grâce à leurs puissants syndicats, et qui ne rigolent pas avec les heures supplémentaires), on les a détachés du ministère de la Défense pour les placer dans le giron du ministère de l’Intérieur. Le décret du 15 mai 2002 a ainsi transféré à ce dernier la détermination de leurs missions. Puis la loi du 3 août 2009 a transféré l’ensemble de leur budget et de sa gestion. Depuis, la « mutualisation des moyens » entre police et gendarmerie se poursuit à un rythme soutenu et il devient de plus en plus clair que, sans le dire, certains visent à terme une fusion des deux institutions.



Ceci agace d’autant plus les gendarmes que, face à un interlocuteur désormais unique, ils ont le sentiment d’être quasi systématiquement moins bien traités que leur cousins policiers dans les arbitrages au sein du ministère de l’Intérieur. Sans revenir sur des épisodes qui pourraient paraître trop corporatistes (comme la récente révision des grilles indiciaires), et même si la tristement célèbre RGPP concerne tout autant policiers que gendarmes, il est clair que la force des syndicats de police leur permet de résister à des fermetures d’unités qui touchent au contraire de plein fouet les gendarmes. L’affaire récente (février 2011) des casernes de CRS de Marseille et de Lyon l’a montré. L’ancien ministre Brice Hortefeux voulait les fermer, les CRS se sont mobilisés (arrêts maladie collectifs, grèves de la faim, très forte mobilisation syndicale, actions en direction des médias) et le ministre a réculé. Mais qui sait que, dans le même temps, des escadrons de gendarmerie étaient fermés en silence, comme à Rennes, et l’un d’eux alors qu’il rentrait d’Afghanistan ? Personne à part les intéressés (voir le numéro de mars 2011 de l’Essor).

LE RURAL, LA ROUTE ET L’OUTRE-MER

Ensuite, les gendarmes se trouvent mis en cause dans leur mode d’implantation et de travail sur le territoire. Début 2003, toujours par souci d’économies budgétaires, le pouvoir politique avait dans un premier temps voulu réduire le nombre des unités de base de la gendarmerie départementale : les brigades territoriales. Il en a ainsi regroupé plusieurs centaines dans des « communautés de brigades » couvrant de plus vastes territoires, mais s’éloignant donc du contact avec la population. Puis, début 2010, l’on est allé beaucoup plus loin. Avec le projet de création de 175 polices d’agglomération, c’est une mini-révolution qui s’annonce. Au fond, une des évolutions majeures de la société française des quarante dernières années est l’importance croissante du peuplement en zones dites « périurbaines ». Et la plupart de ces territoires sont de fait aujourd’hui sous compétence de la gendarmerie. Il s’agirait donc de les en évincer, ce qui est une évolution à la fois brutale, méprisante et peu rationnelle dans la mesure où la plupart des efforts d’intelligence et d’organisation avaient été consacrés par la gendarmerie depuis les années 1990 à améliorer cette implantation et ce travail en zones périurbaines. A l’avenir, la gendarmerie serait donc pour l’essentiel, cantonnée aux zones rurales, à la police de la route et aux départements et territoires d’outre-mer.

LE VRAI MODELE DE POLICE DE PROXIMITE ?



Enfin, il n’est pas sûr que nos concitoyens se rendent compte de ce qu’ils risquent vraiment de perdre à travers toutes ces évolutions. Comme nous l’écrivions il y a quelques temps dans la revue Pouvoirs locaux avec Jean-Hugues Matelly (officier d’excellence poursuivi par sa hiérarchie pour s’être exprimé librement) et Christian Mouhanna (collègue chercheur au CNRS), loin de la caricature du gendarme militaire borné, chasseur de nudistes à Saint-Tropez, loin aussi de l’image d’élite du GIGN avec des hommes cagoulés et surarmés, les gendarmes départementaux (environ 60 000 militaires) avaient su développer un modèle de rapport au public qui privilégiait le service au citoyen plutôt que l’application bornée d’innombrables textes de lois. Ils avaient élaboré un modèle de police qui assumait le rôle social dévolu à tout individu chargé du maintien de l’ordre et de la sécurité. Par leur rôle au sein des zones non seulement rurales mais aussi périurbaines, ainsi que dans certaines banlieues difficiles, les gendarmes ont pendant longtemps participé à la construction de ce lien social après lequel les politiques de la ville courent depuis trente ans. En réalité, de par ses missions, son maillage territorial dense et sa conception d’une « surveillance générale » privilégiant un contact régulier avec la population associé à une posture de prévention-dissuasion, la gendarmerie constituait un modèle de « police de proximité ». Mais il faut croire que ce modèle convient mal à une époque qui préfère les rapports de force, la gestion statistique déréalisée et les démonstrations médiatiques, plutôt que l’efficacité concrète et quotidienne, fut-elle discrète.

Le comble de l’histoire est que ce modèle gendarmique de proximité fut jadis, et avec raison, considéré comme l’avenir. En 1977, dans son rapport intitulé Réponses à la violence, la Commission Peyrefitte (que l’on ne saurait soupçonner de « gauchisme ») demandait dans sa recommandation n°81 d’« instituer dans les villes de petits postes de quartiers et recourir à la méthode dite de l’îlotage », en s’inspirant explicitement des « résultats satisfaisants qui sont obtenus dans les zones rurales par l’implantation très décentralisée des brigades territoriales de gendarmerie ». La recommandation n°83 précisait ensuite qu’il s’agissait d’« améliorer les relations entre la police et les citoyens ». Trente-cinq ans plus tard, non seulement la Police nationale n’a pas réalisé cette évolution vers le modèle gendarmique, mais c’est même l’inverse qui se produit. On nous permettra de penser que c’est là une erreur historique de nos gouvernants et une petite catastrophe pour chacun d’entre nous.



Quelques lieux limités d’expression des gendarmes :

* L’essor de la gendarmerie nationale

* L’association Gendarmes & citoyens

* le Forum Gendarmes et citoyens

* L’Association de défense des droits des militaires

* Le site La grogne dans la gendarmerie

Pour aller plus loin :

* François Dieu, Paul Mignon, Sécurité et proximité. La mission de surveillance générale de la gendarmerie, L’Harmattan, 2002.

* Florence Samson, Jean-Yves Fontaine, Malaise dans la gendarmerie, PUF, 2005.

* Jean-Hugues Matelly, Une police judiciaire militaire ? La gendarmerie en question , L’Harmattan, 2006.

* Laurent Mucchielli (sous la direction de), Gendarmes et voleurs. De l’évolution de la délinquance aux défis du métier, L’Harmattan, 2007.

* Jean-Noël Luc (sous la direction de), Soldats de la loi. La gendarmerie au XXe siècle, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2010.
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MessageSujet: Re: Les gendarmes n’ont vraiment pas le moral   Dim 17 Avr 2011 - 22:13

Ils n'ont pas toujours le moral, ça c'est certain !

Néanmoins, ils accomplissent avec les moyens dont ils disposent, le travail qui est le leur, et parfois davantage !....
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Les gendarmes n’ont vraiment pas le moral
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