Bonsoir à tous,

Pour compléter l'excellente présentation de PETIT sur l'Impératrice du 13ème R.D.P. je souhaiterai rajouter ceci :
LE LIEUTENANT-COLONEL MARCEL LACROIX
A L’ORIGINE DU PROJET DE L’INSIGNE DU 13ème DRAGONSNé en 1910, pupille de la Nation, son père ayant été tué au cours des combats de 1915 en Argonne. Après son baccalauréat il s’engage en 1930 au 6° Dragons à Vincennes. En 1936, il rejoint l’Ecole de Cavalerie de Saumur, puis est affecté en 1938 au 13° Régiment de Dragons.
A cette époque, le colonel Juin de Baissé qui commande le régiment lui demande de réaliser un projet d’insigne. Le sous-lieutenant LACROIX réalise alors le projet de ce qui deviendra l’insigne du régiment. Le chef de corps est enthousiasmé, mais comme il a promis aux officiers du régiment que les projets seraient soumis à leur choix collectif, il fait réaliser par le sous-lieutenant LACROIX plusieurs autres projets moins séduisants…
Le projet initial est adopté avec une très large majorité. Un tableau regroupant les projets et l’insigne se trouve en salle d’honneur du 13ème RDP. Il est à noter que c’est toujours le même insigne qui a été porté, à quelques variantes de fabricants près…
La guerre éclate et le lieutenant LACROIX, chef de peloton Somua, participe aux combats de la 2ème Division Légère Mécanisée en Belgique où il est cité à l’ordre de la division.
“Chef de peloton de chars, remarquable par l’aisance et le calme avec lequel il manie son peloton sous le feu. Le 12 Mai, en fin d’opération de nettoyage, est resté en arrière de son escadron pour dépanner son char et a ramené deux officiers blessés d’une autre unité”.
Durant la campagne, il obtient une autre citation et est promu le 6 Octobre 1940 Chevalier de la Légion d’Honneur pour faits exceptionnels.
“Officier d’une énergie et d’un allant qui ne se sont jamais démentis malgré les fatigues. S’est distingué pendant toutes les opérations par son attitude au feu. Le 22 Juin 1940 a réussi par une contre attaque brutale à dégager un point d’appui. Le 24 Juin, en flanc garde de la division a arrêté les arrières d’une colonne ennemie, fait des prisonniers, rempli jusqu’au bout sa mission et réussi grâce à son calme à dégager son détachement pris sous le feu de trois côtés.”
Le présent ordre comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme.
Après l’armistice il rejoint l’Afrique du Nord et sert en Tunisie au 4ème Régiment de Chasseurs d’Afrique. Rapatrié sanitaire en 1942, il séjourne au Val de Grace et est admis en 1943 dans la Gendarmerie et en 1944 au Régiment de Cavalerie de la Garde Républicaine où il occupe les postes suivants : Chef de peloton à cheval, Capitaine Commandant de Compagnie au Régiment d’Infanterie, Capitaine Commandant un Escadron au Régiment de Cavalerie.
Il participe à la défense de l’Hôtel de Ville lors des combats pour la libération de Paris.
De 1956 à 1958 il est adjoint au colonel Commandant la Légion et est promu Chef d’escadron. Il est commandant Militaire de l’Hôtel Matignon chargé de la sécurité du premier Ministre de 1958 à 1964, date à laquelle il quitte le service actif. Il est nommé Lieutenant-colonel de réserve en 1968.
De 1964 à 1974, il est directeur de l’association pour l’encouragement du tir en France et de l’association sportive du bois de Boulogne. De 1975 à 1989 il est délégué de l’assurance vie Optimum pour les retraites complémentaires militaires.
Chevalier de le Légion d’Honneur pour faits exceptionnels le 6 octobre 1940.
Officier de la Légion d’Honneur le 18 Février 1965.
Croix de guerre 1939-1945 avec 3 citations. Une à l’ordre de l’armée, deux à l’ordre de la Division.
Croix du combattant 1939-1945.
Médaille commémorative 1939-1945 avec barrettes France et Libération.
Médaille commémorative de Gembloux Mai 1940.
Officier du Ouissam Alaouite.
Pour en terminer, le Lieutenant-colonel LACROIX était d’une fidélité totale à l’Association des Anciens du 13ème Dragons où il avait été membre du comité et avait rejoint l’amicale.
Le Lieutenant-colonel LACROIX est décédé le 11 Décembre 2003. Nous ne pouvons qu’être admiratifs au souvenir qu’il nous laisse.
Source provenant d'un bulletin de l'amicale du début des années 2000
Le 13e RDP aurait été en droit de choisir un insigne différent de celui du 13e Dragons. Il n’en reprend pas moins celui de cette unité, créé avant la défaite de 1940 et l’homologue, selon une tradition qui entend accorder cette distinction aux emblèmes portés au feu, pendant la première moitié des années cinquante.
Aussi, je voudrai vous faire profiter d'un autre texte qui complétera celui des Éditions Atlas avec cette une autre description de cette chère Impératrice, celle-ci extraite de l’excellent livre de Pierre DUFOUR dont le titre est "13° DRAGONS" aux Éditions du Fer à Marquer.
L’IMPERATRICE DU 13ème REGIMENT DE DRAGONS PARACHUTISTES Écu de dame de sinople à l’ombre de soleil éteint de vieil ivoire issant de la pointe accompagnée en chef de deux “E” adossés et entrelacés en scriptes d’or brochant sur les rais et chargée en pointe d’une aigle impériale de sable plumetée d’or. A la bordure d’or chargée en flancs, de feuilles de laurier du même et en pointe d’un listel aussi d’or portant le titre “13° DRAGONS” en chiffres et en capitales gravées. Pour timbre une couronne impériale d’or brochant sur le chef de l’écu et assortie de deux lambrequins aussi d’or, en forme de banderoles chargés d’abeilles du même.”
Tel est le descriptif de l’insigne officiel du 13° RDP. C’est en 1939 que l’idée d’un insigne pour le régiment prend corps. Le 6 février, le colonel Juin de Baissé engage les officiers du régiment à lui soumettre un projet. C’est le dessin du sous-lieutenant LACROIX, futur commandant de la Garde Républicaine, qui est retenu. La maison Arthus-Bertrand est chargée de la réalisation de l’ouvrage ; le 17 Novembre 1939, elle livre un premier lot d’insignes que les dragons arborent fièrement. Mais la tourmente de 1940 rend futile toutes préoccupations de traditions et d’esthétique.
Dès la reconstitution du régiment en 1944, le commandant LESAGE, chef de corps, décide de lui redonner son insigne. L’émail vert foncé faisant défaut, le régiment doit accepter que l’insigne soit réalisé en vert amande…
« Nous irons plus chez Arthus-Bertrand
les lauriers sont coupés.
Monsieur DRAGO que voilà
les tous supprimés.»
Cette mauvaise parodie d’une comptine bien connue résume admirablement la triste aventure de l’insigne du 13° dragons.
C’est le 9 Décembre 1952 que le lieutenant-colonel ROLAND, commandant le 13° RDP à Castres, demande l’homologation de l’insigne du régiment. Cette formalité n’existait pas lorsque l’insigne original avait été créé en 1939.
L’homologation est accordée le 24 janvier 1953, sous le numéro G 983. Elle est accompagnée d’une description qui correspond au modèle Arthus-Bertrand mais avec de l’émail blanc pour le soleil.
Cette description est suivie de la précision : “couleurs des dragons de l’impératrice”. (Les dragons de l’impératrice portent l’habit vert clair avec le plastron blanc, le soleil blanc ne se justifie qu’avec un fond vert clair).
Les différences entre l’insigne Drago et celui d’Arthus-Bertrand sont nombreuses : - Les lauriers ont complètement disparus de la bordure qui est lisse - l’inscription « 13° DRAGONS » n’est plus gravée sur listel mais sur la bordure – Aigle à tête tournée à dextre au lieu de senestre- soleil émaillé blanc au lieu de crème – monogramme de l’Impératrice Eugénie réduit – rayons inférieurs du soleil raccourcis, pointes reposant sur la bordure - tache d’émail rouge simulant la coiffe intérieure de la couronne – bombement de l’insigne moins accentué – faisceau de Jupiter noir au lieu d’être du même émail que le soleil – bord de la couronne garni de perles émaillées – dernière différence, mais non la moindre, remplacement des aigles de la couronne par des fleurs de lys.
Il existe plus de 200 modèles différents de cet insigne. Il a été recensé pour le moment 128 variantes d'Impératrices par les matrices ou les traitements de surface plaqué or, argent et 78 différentes par des détails d'émaillages.
Voici, pour le plaisir des yeux un modèle DRAGO OLIVIER METRA de 1952 en argent avec le fermoir à baïonnette. La quantité de tirage de ces insignes était, en principe d'un pour mille et ils étaient réservés de droit au chef de corps. On remarque que l'homologation n'y figure pas encore. Au dessous se trouve l'Impératrice d'origine, une Arthus-Bertrand provenant de la première série avec l'entre patte de l'Aigle Impériale noir...

Bien cordialement
RAGUS60
