Mis au point conjointement par le 35ème RAP et le 5ème RHC, le « raid d’artillerie » a été conçu et expérimenté au plus fort de la guerre du Tchad, quand la participation libyenne fut avérée.
Cette manœuvre consistait, au départ d’un porte-avions naviguant au large, à pouvoir effectuer un raid sur un pays côtier à 100 ou 150 km à l’intérieur pour exécuter des tirs de mortier de 120mm en moins d’un quart d’heure, puis regagner les eaux internationales.
Longtemps classifié « secret défense », ce nouveau concept tactique s’est rapidement étendu à l’ensemble des opérations sur tous les théâtres d’opérations. Effectuée de façon ponctuelle sur renseignements (CRAP ou EOP), cette opération consiste à effectuer des héliportages à des distances pouvant aller jusqu’à 250 km, en transportant dans la soute des hélicoptères les mortiers, les munitions, les équipes de pièce et l’équipe de tir. Cela nécessite l’aménagement préalable de la soute de l’hélicoptère et le conditionnement du mortier en trois fardeaux. Les opérations de chargement et d’installation du mortier à bord du Puma, puis de déchargement et de mise en batterie, font l’objet d’un long et minutieux entraînement ou rien n’est laissé au hasard. La rapidité est le souci dominant de ce genre d’action.
Le raid d’artillerie s’effectue par batterie ou demi-batterie. Dans le cas d’une batterie héliportée, il nécessite sept Puma 330 protégés par deux SA 341 Gazelle. Chaque appareil transporte une pièce avec son équipe et 30 à 40 coups. Après un vol tactique et le poser, les artilleurs parachutistes débarquent leurs pièces, effectuent un tir préparé ou de circonstance avant de démonter et rembarquer.
Sur place, l’action dure entre 7 et 10 minutes.
Le rais d’artillerie qui fut longtemps l’apanage du seul 35ème RAP s’est maintenant étendu à toutes les SML de la FAR, parachutistes ou non. Sans cesse amélioré, il constitue toujours le type d’action commando idéal mené par une unité d’artillerie.