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 VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..

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junker
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MessageSujet: VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..   Jeu 10 Mar 2011 - 9:59

La bataille de Diên biên phu (qui dura 170 jours ,dont 57 de combats ininterrompus )
vit nos meilleures troupes -paras, légion -subir des pertes énormes. Pour combler les vides ,on fit appel à des volontaires.

Le seul moyen de les acheminer étant la voie aérienne. Ils furent parachutés.


Ce fut le cas d'un gars de Saint-Xandre ,petit village proche de Villedoux et ami de mon cousin (voir la photo , Constant Spanoudakis à gauche ).


Lorsque l'on demande à Constant Spanoudakis pourquoi il s'est porté volontaire pour sauter sur Diên Biên Phu , alors que la situation était désespérée et que la chute du camp retranché n'était plus qu'une question de jour, il répond: " Je voulais revoir une région que je connaissais pour y avoir été en opérations et que j'aimais beaucoup. Je ne m'etais pas posé la question de la survie du camp !".


" J'ai été parachuté de nuit le 31 avril 1954 , en compagnie de camarades provenant de diverses unités d'Indochine. Il y avait des légionnaires, des tirailleurs, (dont je faisais partie) des tringlots, des artilleurs , des paras en traitement pour blessures, des évadés de l'hôpital et qui voulaient rejoindre leurs camarades ".
" Etions nous fous ?.. Non ! Inconscients ? Oui sans doute ".


" Partis de l'aréodrome de Bac Mai, prés de Hanoi, nous avons pris le chemin de l'enfer sans nous en douter. Au commandement du largueur, "debout, accrochez ". nous nous sommes levés et nous avons obéi aux ordres comme on nous l'avait appris lors du bref entrainement au sol que nous avions subi."


" Attendant le fatidique "GO " qui allait nous précipiter vers l'enfer que nous devinions en bas.. Les lueurs des explosions et des traceuses de la DCA viêt qui montaient vers nous en grappes lumineuses étaient là pour nous éclairer. Sans jeu de mots ".


Et lorsqu'on lui demande s'il a eu peur au moment de sauter, le volontaire de la dernière chance répond: " c'est vrai, je n'étais pas trés rassuré, car j'étais le seul a ne pas être armé. On m'avait confié un rôle à part. J'étais chargé d'achminer deux musettes de courrier dont une de documents officiels destinés à l'état -major. "


" C'est dans cet équipage que j'ai passé la porte du DC3 quand mon tour est arrivé. Comme on me l'avait appris à l'entrainement , j'ai lancé mon pied droit le plus loin possible devant moi, puis j'ai croisé les bras sur ma poitine. Un grand choc dans les épaules, et on descend..."



" J'ai atterri en pleine bagarre dans une tranchée vide, entre les Viêts et les Français.Là, j'ai trouvé une grenade qui traînait, ce qui m'a rassuré. Conduit au PC pour y remettre mon courrier, j'y suis arrivé serrant toujours ma grenade dans une main. Aprés j'ai était affecté à un fusil -mitrailleur 24/29 ,arme que je connaissais bien ".


" Lorsque le jour est venu, j'ai été atterré par le désastre. Le paysage était lunaire, tellement les cratères étaient nombreux, L'artillerie viêt nous pilonnait en permanence et les " bô dôi "attaquaient sans relâche, malgrés les lourdes pertes que nous leur infligions ".


Le 7 mai c'est fini. Aprés 170 jours de combats incessants, la garnison de Diên Biên Phu prenait la piste qui menait au camps de la mort, à 700 km au nord, vers la frontière de Chine. Une longue marche qui a vu beaucoup de prisonniers mourir d'épuisement. " Au camp 113, où j'étais détenu, nous étions 300 environ ".


" Ce fut une épreuve épouvantable à supporter, la dysenterie faisait des ravages et nous mourrions de faim. Psychologiquement, ce n'était guère mieux car nous étions soumis à un lavage de cerveau permanent. Des commissaires politiques nous rabâchaient contamment les même slogans et ceux qui se rebellaient étaient exécutés publiquement. Pour survivre, mieux valait faire profil bas. Nous étions les valets de l'impérialisme...qui bénéficieraient de la grande clémence de l'Oncle HÔ si nous reconnaissions nos fautes. Ces séances de rééducation étaient quotidiennes, dispensées par des commissaires qui n'étaient pas tous vietnamiens !!".



Constant SPADOUNAKIS ,ce souvient en particulier d'un Français à l'accent bordelais parmi les tortionnaires dont il eut à subir les harangues. Les camps de prisonniers du Viêt-Minh furent pires que ceux des camps de concentration nazis. Le pourcentage de décés y fut de beaucoup supérieur. En témoignent les chiffres.

Sur 11 721 soldats capturés, 3 290 furent libérés. 7 801 ne sont pas revenus ! Et ceci en trois mois seulement, puisque les survivants de la garnison de Diên Biên Phu furent libérés aprés les accords de juillet 1954.


Ce Français, Gorges Boudarel ,était professeur d'histoire au lycée Marie Curie à Saigon et passa au Viêt-Minh en 1949 par conviction politique.Condamné à mort par coutumace, il revint en France aprés l'amnistie de 1966. Bénéficiant de protections corporatistes, il fut admis au CNRS et ne fut jamais inquiété pour sa trahison. Ce que les anciens d'Indochine ont toujours déploré. Il est décédé en 2003...
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junker
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MessageSujet: Re: VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..   Jeu 10 Mar 2011 - 10:04

Constant Spanoudakis , à droite , à reçu la Légion d'Honneur en 1987...
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MessageSujet: Re: VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..   Jeu 10 Mar 2011 - 10:26

Si beaucoup trop de Braves sont morts dans cette abominable cuvette, il y a des salauds qui ont fini leurs jours tranquilles !

Nous connaissons moins ceux qui sévissaient en Indochine, mais il y en eut tout de même....
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Javelin
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MessageSujet: Re: VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..   Jeu 10 Mar 2011 - 14:49

Mes respects ! Premier saut de nuit et en pleine bagarre !
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junker
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MessageSujet: Re: VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..   Jeu 10 Mar 2011 - 18:42

il faut être jeune et plein d'insouciance pour faire des actions de bravoure comme celle-ci ,c'est le saut vers l'inconnu et souvent la mort au bout du chemin ou de la piste...!
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Jean-Pie
Invité



MessageSujet: Un de mes cousins....   Dim 6 Mai 2012 - 17:34

J'ai l'Honneur d'etre cousin d'un des volontaires pour un saut sur Dien Bien Phu. Il en est revenu...40Kg pour 1,75m. C'est lui qui m'a donné envie d'etre volontaire parachutiste (classe 64 2/C, brevet parachutiste 230143). Mon REVE : aller à Dien Bien Phu, là où mon cousin s'est battu.
Paramicalement.
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MessageSujet: Re: VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..   

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VOLONTAIRE pour un SAUT sur DIEN BIEN PHU..
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