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 INFIRMIERES AUX COMBATS....

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junker
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MessageSujet: INFIRMIERES AUX COMBATS....   Jeu 3 Mar 2011 - 13:03





Infirmières en Indochine..

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La "rue sans joie",une étroite bande de terre au nord de Hué,coincée entre mer et chaîne annamitique,grenier à riz traversé par le canal Impérial,la Route Colonial N° 1 qui va de Saigon à Hanoî,et la voie ferrée qui suit le même trajet ou qui allait,parce que ,sauf de courts trajets ,tout est coupé.

On ne circule qu'en convois souvents attaqués et le train blindé, la Rafale,est lui-même tributaire d'escortes.Lorsque la voie est libre,il ne circule que sur une cinquantaine de km.Lui aussi saute régulièrement,ou ce sont les ponts,malgré des postes alignés tout au long du parcours,des barbelés,des autodéfenses(on est dans la zone catholique du Viêt-Nam,prés du lourdes vietnamien) et des patrouilles blindées.

Avec moins de publicité qu'au Tonkin,on y meurt des combats,surtout en saison de récoltes,des mines ou moins glorieusement d'amibiase,et de palu?

On y a pas d'adresse mais des numéros de secteurs postaux et nous, les femmes plus de nom:on est"les filles"sans rien de péjoratif,un peu comme les savants de la grande armée en Egypte étaient"les Anes".

Avec philosophie,on constate trés vite qu'ici"le bon Dieu" est trop haut, la France trop loin,qu'il est indispensable de savoir se dem....
,pardon,débrouiller"(même trés bien élevées,on apprendra vite les "gros mots").
Rien n'à préparé les jeunes filles engagées à ce qui les attend .la plupart sort des écoles d'infirmières et a peu d'expérience de cette guerre,du milieu militaire( ou elles ont été embarquées sans formation préalable)ou encore de ce travail:le contact quotidien avec des morts souvent atroces, les blessures terribles:ces jeunes hommes que l'on voit partir le matin sur leur AM.(il y a deux unités blindés dans le secteur) pour" l'ouverture" et qu'on reverra en morceaux deux heures plus tard,jambes broyées,ventres éclatés,crânes sanglants,dont il va falloir s'occuper,panser,opérer,tirer d'affaire avant de pouvoir les évacuer sur les grands centres ,aider à mourir,consoler(si on a le temps);lorsque dans leur agonie ils vous prennent pour leur mère leur soeur,leur épouse,et à qui, plus souvent qu'à notre tour,on fermera les yeux.

Bien sûr,pas question de ces soutiens psychologiques tellement à la mode,nos états d'âme....qui cela peut'il intéresser?De toute façon,on est volontaires dans une armée de métier.

Il faut tenir ,on tiendra......

On sort de la guerre où l'on est entrée adolescente.On a connu le froid, la peur,la faim, les semelles de bois,on est solides ou on fait comme si....

Nous avons tenu le 19 mars 1952,avec une seule équipe médicale; un chirurgien,un médecin généraliste,une anesthésiste(éther,chloroforme,penthiobarbital)une infirmière,des infirmiers prêtés par les bataillons,dont un légionnaire qui fut médecin dans une autre vie et d'autres lieux plus froids.

Puis on obtient du renfort par les Vietnamiennes des BMC....qui vont travailler pendant 72 heures au coude à coude avec les quelques religieuses d'un communauté voisine, pour laver,faire boire ceux qui le peuvent,passer bassins et urinaux, essuyer sang et sueur,faire des lits de fortune.

Une opération était partit de bon main ravitailler un poste situé sur la route coloniale 9 desservant ce qui sera, lors de la "guerre américaine",la colline de Kerdan et qui monte,dans un superbe décor de montagnes,sur le Laos.

Nous sommes "en base arrière"et nous attendons lorsqu'une jeep arrive avec deux blessées nous racontant le désastre: l'opération est tombée dans une embuscade peut-être prévisible,mais pas prévue.

L'unité Vietminh 95,une unité d'élite que tous redoutent,est là alors qu'on la croyait loin.
Piste minée,attaque brutale; avant que la riposte ne s'organise ,les gens tombent et les ambulances ont des diffilcultés à ramasser les blessés ,malgré le courage des ambulanciers .

Maggi,notre ambulancière admirable ,tentera de passer pour ramener deux tirailleurs de plus et rentra sur les jantes,ses pneus crevés,son ambulance criblée de ballesz et d'impacts de grenades.

Malgré l'interdiction qui lui en est faite ,elle repartira avec un autre véhicule et beaucoup de blessées lui devront la vie.

Nous allons opérer,opérer,sans arrêt,en avalant en vitesse entre deux portes on-ne-sait quoi.

Ma collègue prélève du sang sur des gens épuisés mais volontaires,dans des odeurs de salpêtre des mines,de sang,de sanies.

On groupe en vitesse, pas le temps de procéder à des examens que l'on a pourtant appris à considérer comme indispensable.
Heureusement on ne parle pas encore de sida!!!!

Je réanime,endors,réveille et.... au suivant.Plus de sérums,on visite rapidement des caisses laissées par les Japonais et encore marquées US.Army Corregidor pour récupérer ce qui est récupérable:pansements,gaze,bandes,quelques ampoules de sérum périmé,qu'on utilisera quand même.

les groupes électrogènes surchauffés tombent en panne les uns aprés les autres .

On finira avec des lumignons à huile au risque de tout faire sauter,tant cette ancienne salle de classe,transformée en salle d'opérations et sans ventilation est saturée de vapeur d'éther.

Il y fait plus de 40°.Plus d'oxigène,utilisé pourtant au compte-goutte,il faudra en mendier une bouteille au service du matériel,petite formation,elle même "en manque".

Le bilan sera terrible...mais qui en parlera? le Bon Dieu est trop....les journaliste au Tonkin !

La rue sans joie,au fait,où était-ce ?

Mme Y.Buzaud..


C'est beau à lire !!!la récompense n'à pas était en valeur des services du dévouement de toutes ces Infirmières si dévoués !!!.
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