Maurice Blasenhauer ancien du 3e RPC retrouve une véritable sépultureFRANÇOIS-XAVIER CHAUVET | Publié le 29.01.2011, 07h00
Le Parisien
Maurice Blasenhauer reposait au carré des indigents du cimetière des Gonards. Ce matin, Maurice Blasenhauer, mort en 2009 à l’âge de 71 ans, reposera enfin dans une sépulture digne de ce nom au cimetière des Gonards de Versailles. La cérémonie d’inhumation aura lieu à 10 heures. Elle marque l’aboutissement d’un long combat et vient clore une belle histoire d’amitié.
A sa mort, en février 2009, cet ancien combattant parachutiste de la guerre d’Algérie avait été inhumé au carré des indigents.
« Impensable », pour son ami Norbert Boré, 73 ans, qui a tout mis en œuvre pour qu’une sépulture plus décente lui soit offerte. Il a contacté la municipalité de Versailles, qui a accordé une subvention
exceptionnelle de 3300 € pour permettre cette cérémonie.
Leur histoire avait commencé par un fou rire. En mai 1957, partis pour s’engager dans les parachutistes à Mont-de-Marsan (Landes), ils se trompent de train. « On était tous les deux yvelinois, lui de Versailles, moi de Bonnières-sur-Seine, nés le même mois de la même année
(NDLR : avril 1937). On avait 20 ans, on a tout de suite sympathisé », raconte Norbert Boré, qui vit aujourd’hui dans les Ardennes. A l’issue de six mois de stages commando, leurs routes se séparent une première fois.
Maurice est incorporé au 3e RPC (régiment de parachutistes coloniaux), devenu depuis 3e RPIMa (régiment parachutiste d’infanterie de marine). Pour Norbert, sous-officier, ce sera le 6e RPC. Pendant la guerre d’Algérie, les deux hommes se croisent parfois. « C’était rare mais on était contents car ça voulait dire qu’on était toujours debout », ajoute Norbert. Les combats terminés, les deux hommes se
perdent de vue et ce n’est qu’en 2004 que Norbert se décide à renouer le contact. Les retrouvailles ont finalement lieu en 2007. Mais elles n’en resteront qu’au stade des lettres et de quelques coups de téléphone.
Début 2009, c’est la douche froide. « J’ai cherché à le joindre et on m’a dit qu’il était mort. Quand j’ai appris qu’il était enterré au carré des indigents, je me suis dit qu’il était impossible de ne rien faire pour lui. C’était mon ami », conclut Norbert, qui fera le déplacement ce matin.
Le Parisien