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 Afghanistan : les soldats de la région racontent

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Philippe MULLER
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MessageSujet: Afghanistan : les soldats de la région racontent   Lun 3 Jan 2011 - 20:35

ladepeche.fr Publié le 03/01/2011 09:23 | Sabine Bernède, Serge Boulbès, Frédéric Abéla



Castres se souvient toujours des huit soldats morts en 2008. Le conflit en Afghanistan, où sont engagées à tour de rôle les unités de notre région, est une guerre de plus en plus meurtrière. Alors que de violents combats se déroulent actuellement dans les montagnes à l'est de Kaboul, le colonel Vincent Duthoit, de Muret, raconte le quotidien de ses soldats. Un gendarme toulousain, de retour d'Afghanistan, se remémore ses peurs.

Pas de trêve pour les 3 850 soldats français en Afghanistan. En ce début d'année, de sévères accrochages les opposent d'ailleurs aux talibans dans l'est du pays. Le danger est permanent pour les militaires engagés sous l'égide de l'Otan.

Deux soldats étrangers tués chaque jour : avec 710 militaires morts, l'année 2010 aura été la plus meurtrière depuis 2001, date de l'envoi des troupes américaines et d'un premier contingent français en Afghanistan pour capturer ben Laden et lutter contre le terrorisme islamiste.

Outre les pertes dans les rangs de l'armée et de la police afghanes, les premières victimes du conflit restent néanmoins les civils : 2412 Afghans tués entre janvier et octobre 2010, 3803 blessés. Ils ont été pour la plupart tués lors d'attentats-suicides ou ont été piégés par les bombes artisanales des insurgés.

En 2008, le Parlement a voté la poursuite de l'engagement français dans le pays. En 2009, la force internationale d'assistance à la sécurité (Fias) compte 140 000 militaires en Afghanistan. Le contingent français n'est pas le plus important : ce sont les Etats-Unis qui fournissent les deux-tiers des troupes.

La France a pris le commandement de la région capitale, Kaboul ; elle a aussi déployé 600 hommes en Kapisa, au nord-est. L'armée française organise le transfert progressif des responsabilités de la sécurité aux forces afghanes. Paris compte rendre aux Afghans le contrôle de la vallée de Surobi dès 2011.

Conformément aux décisions prises au sommet de Lisbonne au mois de novembre dernier, les forces de l'Otan prévoient de passer la main aux Afghans d'ici 2014.

D'ici là, les soldats de la coalition doivent avoir sécurisé l'Afghanistan. La guerre se poursuit. Une guerre impitoyable. Comme en témoignent les récits des soldats issus des bataillons de notre région. Dans les montagnes arides autour de Kaboul, le danger est permanent.

Sabine Bernède
Le chiffre : 3 750

Soldats Français > En Afghanistan. Au total, 11 200 soldats français sont engagés à l'étranger sur différents théâtres d'opérations extérieures, souvent pour le maintien de la paix, et souvent aux côtés des forces de l'Otan, comme en Afghanistan.
La phrase

« Nous ne sommes ni une force de colonisation, ni une force d'occupation. Nous sommes ici parce que les Afghans nous l'ont demandé ». Alain Juppé, ministre de la Défense, qui a rendu visite aux soldats français à Kaboul le 25 décembre.
52 soldats français tués

Depuis 2004, 52 soldats français ont été tués en Afghanistan. Le 8e RPIMa de Castres a été le corps le plus touché, avec huit soldats tués dans une embuscade le 18 août 2008.

Le 17e RGP de Montauban a perdu un soldat, Kamel Elward, en 2006. Le 1er RCP de Pamiers a perdu Pascal Correia en 2007. Le 1er RHP de Tarbes déplore la mort de Stéphane Rieu, Steeve Cocol ; le 35e RAP celle de Patrice Sonzogni. Thibault Miloche, originaire de Moissac et engagé au 126e RI, a lui aussi disparu en Afghanistan.
« La tension est permanente, la peur aussi »

Toulouse. Du 11 janvier au 11 juillet 2010, l'adjudant Patrick M., 42 ans, a rejoint les rangs de l'armée française, sur la base de Tora, en tant que technicien en investigation criminelle. Un engagement volontaire en territoire hostile pour ce gendarme toulousain du groupement de gendarmerie de Haute-Garonne qui n'oubliera jamais le souffle des balles frôler son casque dans la région de Surobi, à l'Est de Kaboul, non loin de la vallée de l'Uzbin où, en août 2008, dix soldats français ont été tués par des talibans.

Cet adjudant discret n'oubliera pas non plus les visages lumineux de ces petits Afghans tendant la main aux soldats français qui distribuent dans les villages des fournitures scolaires.

« En six mois, j'ai participé à 40 opérations. Reconnaissances de terrain, sécurisation des chemins et des axes routiers, découverte de caches d'arme. Et surtout, fouille des habitations pour débusquer des talibans. Il s'agissait aussi de monter un laboratoire de police scientifique de premier niveau : recherches d'empreintes sur les explosifs et protection des traces pour les rentrer sur une base de données exploitées par les Américains. Les bombes artisanales enfouies dans le sol constituent un premier danger. »
Convoi attaqué à la kalachnikov

Le gendarme toulousain évoque le souvenir d'une reconnaissance de terrain : « Notre convoi a été visé par des tirs à la kalachnikov. Une roquette est tombée à 10 mètres des blindés. On a essuyé des coups de feu sans savoir d'où ça venait. On a riposté. Personne n'a été touché. »

En Afghanistan, poursuit-il, « la tension est permanente, la peur aussi. On se sent en danger partout. Dès que l'on quitte la base de Tora, tout peut arriver. On peut blaguer entre nous dans le camp. Mais une fois à l'extérieur, c'est la guerre, on est sur le qui-vive, tout le temps. »

Le militaire a rencontré la solidarité et les liens privilégiés noués avec les militaires. « J'étais le seul gendarme au milieu de 800 soldats. Ce sont des soldats professionnels qui ne reculent jamais, ils ont le moral gonflé à bloc. » Il garde en mémoire les paysages de rochers et de sols arides, « ces populations qui vivent dans le dénuement le plus total. »

Pourquoi avoir quitté la caserne toulousaine pour l'Afghanistan ? « Pour l'aventure et le sens de l'engagement, répond le gendarme. C'est une expérience unique à vivre même si on est loin des siens. J'avais acheté un téléphone là-bas pour pouvoir appeler ma famille et la rassurer ».

Recueilli par Frédéric Abéla
interview : Colonel Vincent Duthoit, commandant le Batlog Niel (Pamir) et cdt le 3e Rmat de Muret.
« Les risques du métier »

Quand avez-vous quitté Muret pour l'Afghanistan ?

Nous avons été projetés fin septembre 2010 pour un mandat de six mois. Le Bataillon logistique Niel est composé de 450 soldats venant de plus 50 formations différentes de l'Armée de terre. Parmi ces formations, cinq d'entre elles fournissent près des trois quarts des effectifs dont le 3e Régiment du Matériel de Muret qui, avec une participation de plus de 140 soldats, est le premier contributeur de ce bataillon.

Où vous trouvez-vous actuellement ?

Nous sommes implantés dans le camp de Warehouse, le camp français de Kaboul. La sécurité y est assurée par une double enceinte composée de barbelés et de murs hauts en béton. Elle est renforcée par un réseau de caméras et de détecteurs d'intrusion. Une compagnie d'infanterie géorgienne en assure la garde 24 heures/24. Le confort relatif du camp est appréciable, car nous demandons beaucoup à nos soldats : au-delà des risques encourus, ils travaillent tous les jours, y compris les dimanches et le premier de l'An.

Quelle est votre mission ?

Le Bataillon logistique est principalement implanté à Kaboul. Quelques personnels sont détachés auprès des groupements tactiques interarmes (GTIA) de Surobi et de Kapisa pour assurer un soutien de proximité pour l'ensemble des troupes françaises déployées en Afghanistan. Nous assurons principalement le soutien santé grâce à l'hôpital militaire de campagne déployé sur l'aéroport de Kaboul, le ravitaillement des forces, la maintenance, le soutien des hommes et l'approvisionnement en munitions.

Vos soldats vont-ils dans la région de Kapisa qui est le théâtre de batailles ?

Une dizaine de personnels du Batlog Niel est déployée en permanence en Kapisa mais de nombreux personnels du Bataillon sont amenés à y passer au cours de missions temporaires, de renforts ponctuels ou des convois logistiques à destination de Nijrab et de Tagab. Cette région reste un des théâtres d'affrontements avec des insurgés. Pourtant, ces difficultés résiduelles ne doivent pas masquer les progrès qui y ont été réalisés ni ceux qui sont en cours.

Vous êtes-vous affrontés aux talibans ?

Il est extrêmement rare que nous soyons au contact direct des insurgés. Lorsque nous organisons un convoi logistique, nous prenons toutes les mesures de protection nécessaires pour éviter justement d'avoir des échanges avec des insurgés : reconnaissance des itinéraires, appui aérien du déploiement du Groupement Tactique Interarmes en sécurisation le long de l'itinéraire, etc. Cependant, quelles que soient les mesures de protection prises, chacun d'entre nous est conscient que l'accrochage peut arriver à n'importe quel moment dès que nous sortons du camp. C'est notre métier de soldat et c'est pourquoi nous sommes équipés et entraînés à réagir à une telle éventualité.

Avez-vous eu à déplorer des victimes au sein de votre régiment ?

Aucune, Dieu merci ! Mon prédécesseur n'en a pas eu non plus. Je forme le vœu que cela continue. Je reste vigilant et je demande à chacun de mes soldats de le rester également. Le retour à Muret est prévu courant avril 2011.

Recueilli par S.B.
« Aucune famille ne reste isolée »

Castres. Pascal Cointard, capitaine au 8e RPIMa de Castres (81) connaît bien la dure loi de l'éloignement du soldat de sa famille : son épouse a accouché en 2008, alors qu'il effectuait son premier séjour en vallée de Kapisa en Afghanistan.

Période durant laquelle (août 2008) huit de ses jeunes camarades sont tombés sous le feu de rebelles dans la vallée d'Uzbin alors qu'ils se trouvaient mis à la disposition d'un autre bataillon. Moment cruel évidemment. Moments forts aussi, comme lors du mariage à titre posthume de la compagne d'un militaire défunt.

Le quartier Fayolle a tourné la page mais les missions continuent, et l'expérience de Pascal (deux séjours de 6 mois) lui a valu de se voir confier la formation et le suivi des 34 militaires de son régiment qui se trouvent là-bas jusqu'en février 2011. « Ils ont été longuement préparés. Ils sont issus de plusieurs compagnies pour former ce noyau placé sous mon autorité, précise le capitaine.

Via intranet sécurisé, je communique avec eux toutes les semaines, ainsi que le chef de corps. En Afghanistan, ils participent à la formation des troupes afghanes, au titre de formateurs-instructeurs, dits mentors ou OMLT.

Ce groupe OMLT en zone de Kapisa compte au total une soixantaine de personnels, dirigés par le lieutenant-colonel Stanislas Letondot, du 3e RPIMa de Carcassonne ». Nous sommes donc loin des missions confiées aux hommes du « 8 » en 2008, missions plus opérationnelles. Ce qui permet des liens plus fréquents entre les soldats en Opex (Opération extérieure) et leurs familles.

Le capitaine confirme : « les nouvelles technologies ont révolutionné les liens entre les militaires engagés et leur base arrière. Leurs familles les ont régulièrement soit par téléphone satellitaires soit par mail. Et puis, il existe toujours le courrier interne. C'est bien pour les enfants. Ils leur envoient des dizaines de dessins, surtout en amont de Noël. » En cas de problème, le capitaine a également un rôle de lien avec les familles : « Un repas les a toutes réunies avant le départ. Il y a eu le Noël du « 8 ».

Un autre repas entre nous est prévu le 15 janvier. Pour ces fêtes, je les ai toutes eues au téléphone. Aucune famille est restée isolée. Pour elles, le Nouvel an marque en fait l'approche de la fin de la mission. »

Recueilli par Serge Boulbès
Si loin, si longtemps

Muret. Un petit pavillon près de Toulouse et une tablée d'enfants sages qui dessinent au salon… « Quand est-ce qu'il rentre papa ? » Interrogation récurrente surtout pour les plus petits, « parce qu'à 4 ou 6 ans, on a encore du mal à se situer dans le temps. Alors je fais en fonction des vacances pour leur expliquer qu'après Noël et février il y aura Pâques, puis le retour de papa et le voyage promis à Disneyland », explique leur maman, Marica.

Papa ? Il est officier au 3e Rmat : capitaine Étienne Guillaumat. Et depuis la mi-septembre, il organise les convois logistiques des troupes françaises, en Afghanistan. « C'est la première fois qu'il part si loin, si longtemps, sans revenir, mais ça fait partie du métier », reprend Marica qui s'occupe donc seule d'Olga, 8 ans, Paul, 6 ans, Raphaëlle, 4 ans et Alexis, le petit dernier, dans sa chaise haute. Sans se départir de son sourire. Voulant « rester dans une dynamique positive ». Car oui, le départ a été difficile. Oui, elle est tout de suite plus attentive dès que le mot Afghanistan fuse aux infos, et… évidemment qu'elle pense aussi au pire « à un moment ou un autre ». « Mais tous les jours, ça ne sert à rien » ajoute-t-elle immédiatement, « parce que c'est l'intérêt de tout le monde que ça se passe sereinement. »

La raison aussi pour laquelle elle garde ses livres sur l'Afghanistan « pour plus tard », n'ayant « pas envie que cela devienne obsessionnel ». Noël dans ce contexte ? « Bien sûr qu'on était un peu triste sans Étienne, mais tout s'est très bien passé, et puis il y a la famille, les amis, on est très bien entourés » poursuit-elle. Son smartphone est posé sur la table. « L'objet génial qui m'a changé la vie. »

Photos, vidéos et chansons des petits, conversations sur skype… « on parle surtout des enfants ». Entre les lettres et petits colis, très attendus. Aujourd'hui ? « On sait qu'on en est à la moitié ». La certitude de ce début d'année…

Recueilli par Pierre Challier
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MessageSujet: Re: Afghanistan : les soldats de la région racontent   Mar 4 Jan 2011 - 0:47

710 Soldats tombés en 2010, l'année la plus meurtrière pour les Forces engagées aux côtés des Afghans...

Souhaitons puisque c'est le moment des Voeux que 2011 soit moins cruelle et que tous ceux qui sont actuellement là-bas rentrent sains et saufs.
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Afghanistan : les soldats de la région racontent
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