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 Promotion « Lieutenant Youssef ben Brahim »

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Philippe MULLER
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MessageSujet: Promotion « Lieutenant Youssef ben Brahim »   Jeu 12 Aoû 2010 - 0:15

Promotion « Lieutenant Youssef ben Brahim »
Hommage à un soldat de France

Promotion « Lieutenant Youssef ben Brahim ». C’est le nom qui a été donné à la nouvelle promotion d’officiers de l’Ecole d’application de l’infanterie (EAI) de Montpellier. C’est un signe fort. Et qui nous donne à espérer. Malgré la vieille clique gaullarde cuite et recuite dans la haine avec ses complices communistes.

Youssef ben Brahim (1927-1968) est né dans la tribu des Yousfi, dans la région de Saïda (ouest de l’Algérie). En 1954, il rejoint le FLN. On le charge d’une mission de tissal (à la fois agent de liaison et guide). Il assure le transport de fonds, de médicaments, d’armes, entre les Willaya 3 (Kabylie) et 6 (Atlas saharien-Aurès).

Quand il découvre les massacres de masse du FLN (notamment à Melouza où sont assassinés, dans des conditions indescriptibles, 300 hommes « coupables » d’avoir rallié le Mouvement nationaliste algérien, opposé au FLN), son choix est fait. Il est un soldat. Pas un tueur. Il décide alors de se rendre à l’armée française.

A cette époque, Bigeard vient de créer le « Commando Georges » (devise : « Chasser la misère ») qui porte le prénom de l’homme à qui il en a confié le commandement : le capitaine Georges Grillot, un de ses anciens du 3e RPIMa. Grillot est secondé par Armand Bénésis de Rotrou (1). Le « Commando Georges » est composé de fellaghas ralliés. Dont Youssef ben Brahim. Soldat exceptionnel, il est bientôt nommé officier et devient l’adjoint de Grillot. C’est lui qui, parmi les prisonniers, recrutera des ralliés capables de devenir responsables de katibas. Bientôt, le commando compte 130 hommes. Tous français de souche nord-africaine, selon la terminologie de l’époque. Ils sont de tous les combats contre les fellaghas. Avec ce bilan : 1 200 armes récupérées, 1 800 fellouzes mis hors de combat, etc. Déguisé en fellagha, Youssef ben Brahim remontera toute une filière et capturera l’officier « liaison-renseignements » de la Willaya 5.

Après le 19 mars 1962, on connaît l’histoire. L’ordre (De Gaulle, Messmer, Joxe) de lâcher les harkis. Le « Commando Georges » et les familles de ces héros, c’est 2 500 personnes. Sur les 242 hommes que comptait alors le commando, 180 tomberont entre les mains du FLN et la plupart seront tués, là encore dans des conditions qui défient l’imagination (2). Grâce à un officier de l’armée de l’air qui désobéira aux honteuses consignes du gouvernement, Youssef, sa famille (3), son garde du corps, Daho, seront évacués en hélicoptère à Oran et, de là, vers la France. Il était chevalier de la Légion d’honneur, médaillé militaire, titulaire de neuf citations (dont quatre à l’ordre de l’Armée).

Il aura donc fallu près d’un demi-siècle pour que soit enfin honoré un soldat de France, un Français musulman. A Montpellier, la cérémonie s’est déroulée en présence des fils et des filles de Ben Brahim, dont son fils, Akim Ben Brahim, photographe bien connu dans le Sarladais où la famille s’était réfugiée. Cet hommage à Youssef ben Brahim avait été demandé par le général Bigeard. Le destin fera que Bigeard est mort le jour même du baptême de la promotion. Mais ils se sont retrouvés, pour toujours, aux côtés du Bon Dieu.

(1) Auteur d’un livre remarquable dont nous avions rendu compte : Commando « Georges » et l’Algérie d’après (Editions Dualpha).

(2) Huit seront affectés au 8e RI, seize exfiltrés en métropole. Par la suite, quelques rescapés réussiront à regagner la France.

(3) Père de huit enfants, il avait été grièvement blessé d’un coup de hache le 24 janvier 1961. En France, le FLN tentera à trois reprises de l’assassiner. Il déjouera ces tentatives en éliminant neuf des terroristes…

ALAIN SANDERS

Article extrait du n° 7154 de Présent
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