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 "BOUDAREL le retour" article de l'EXPRESS pour ne pas oublier...

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Claude Millet
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MessageSujet: "BOUDAREL le retour" article de l'EXPRESS pour ne pas oublier...   Jeu 26 Nov 2009 - 11:17


date:Jeudi 26 novembre 2009





Boudarel, le retour

Par Conan Eric, publié le 14/10/1993

La Cour de cassation avait blanchi l'ex-instructeur politique du camp 113. Mais voilà que l'affaire rebondit. Origine? Une plainte en dénonciation calomnieuse déposée par Boudarel en personne. Et dont le juge entend profiter pour faire la lumière sur cette période..

C'est l' «affaire Boudarel II». Le rebondissement inattendu de la polémique qui a agité les anciens d'Indochine en 1991 et 1992. Aux prises avec le spectre d'un revenant - instructeur politique dans un camp vietminh de prisonniers français - plusieurs associations avaient réclamé son inculpation pour «crimes contre l'humanité». Embarrassée, la justice avait choisi de ne pas donner suite. Evacuée habilement par la grande porte (la Cour de cassation), l'affaire revient aujourd'hui par la fenêtre (une plainte en diffamation). Mais elle risque, cette fois-ci, d'aller jusqu'au bout, le juge d'instruction qui en est chargé ayant lancé une vaste enquête sur toutes les traces (notamment militaires) disponibles concernant le camp où officia Georges Boudarel.
La Cour de cassation avait pourtant solennellement mis fin, le 1er avril dernier, à deux années d'une procédure passionnée. Celle-ci avait démarré le 13 février 1991, lorsque Jean-Jacques Beucler,



Lieutenant Jean-Jacques BEUCLER

ancien d'Indochine et ex-secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, annonça avoir démasqué, au cours d'un colloque sur le Vietnam, un Français ex-compagnon de route du Vietminh et instructeur politique du camp 113, où périrent de nombreux soldats français. Georges Boudarel y donnait des cours de rééducation politique à des prisonniers agonisants, accablés par la faim, la dysenterie et le béribéri.



Condamné à mort par contumace, mais rentré en France après une loi d'amnistie, l'ancien communiste, devenu universitaire, avait gardé son nom et acquis une compétence reconnue pour ses connaissances sur le totalitarisme au Vietnam...
La polémique enfla. Les témoignages contre Georges Boudarel, parfois contradictoires, affluèrent. On n'hésita pas à comparer les camps vietminhs aux camps nazis. Le 3 avril 1991, Me Jean-Marc Varaut déposait une plainte pour «crimes contre l'humanité» au nom de Wladislav Sobanski, ancien du camp 113, et de l'Association nationale des anciens prisonniers et internés d'Indochine. De son côté, Georges Boudarel reçut le soutien d'une quarantaine d'universitaires mettant en garde contre une entreprise de révision de l'histoire coloniale française.
L'initiative spectaculaire des anciennes victimes de Georges Boudarel rencontra cependant un accueil mitigé. Tout en respectant leur geste, beaucoup firent remarquer qu'ils engageaient là un processus imprévisible et dangereux: si l'on demandait à la justice de se pencher sur les exactions du Vietminh, on pourrait difficilement l'empêcher de s'intéresser à celles de l'armée française, et notamment au sort exact des milliers de prisonniers vietminhs disparus dans les camps français.
Cette inquiétude fut partagée par le parquet, la cour d'appel de Paris et la Cour de cassation. C'est en effet contre l'avis du parquet qu'en septembre 1991 le juge Lucie Lehoux décida d'instruire la plainte contre Georges Boudarel. Le parquet fit appel, estimant que la loi de 1966 amnistiant les «crimes commis en liaison avec l'insurrection vietnamienne» s'appliquait aussi aux «crimes contre l'humanité». Le juge, qui avait la logique pour elle, considérait au contraire que, de par sa nature, l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité, résultant de textes internationaux, ne pouvait être mise en échec par une loi d'amnistie interne. La cour d'appel adopta la position du parquet. Les anciens d'Indochine déposèrent alors un pourvoi et la Cour de cassation mit un terme définitif à leurs efforts, le 1er avril 1993, en décidant que les actes de Georges Boudarel étaient bien couverts par l'amnistie. Le débat semblait donc clos. A un détail près: une plainte pour «dénonciation calomnieuse» que Georges Boudarel avait déposée contre ses accusateurs. Tout le monde pensait qu'il la retirerait, puisque la procédure contre lui tournait court. C'était mal le connaître.
Lorsque le juge Jean-Pierre Getti lui demande, en mai dernier, ce qu'il compte faire, Georges Boudarel maintient ferme sa plainte: ce procès qu'on lui a cherché, il le veut. En juillet, il peaufine son attaque, tenant même à faire solennellement enregistrer sur procès-verbal une longue «déclaration liminaire». Pour préciser qu'il «ne renie aucunement son engagement auprès des Vietnamiens pour leur indépendance», qu'il «ne nie pas les conditions atroces de la guerre ni le mépris du monde colonial», mais qu'il n'admet pas d' «être accusé de faits inexacts amplifiés par les médias». Selon lui, ses accusateurs «visent une entreprise révisionniste sur une guerre coloniale» et «jouent de l'ignorance du public à propos d'une guerre injuste et lointaine dans l'espace et le temps dans une région malsaine et soumise à un blocus».
Sa plainte est désormais habilement étayée par la réfutation de cinq accusations précises, qu'il a choisies parmi celles qui ont été portées contre lui dans le feu de la polémique, et dont il dit pouvoir démontrer l'inanité. La simple hypothèse - non exclue - d'une condamnation pour diffamation d'anciens du camp 113 par celui qu'ils appellent leur «bourreau» permet d'imaginer les développements que va prendre cette seconde affaire Boudarel. «C'est eux qui ont lancé le processus, précise Me Antoine Comte, avocat de Georges Boudarel. Il faut maintenant aller jusqu'au bout!» Dans la série controversée des rapports entre histoire et justice, un nouveau feuilleton commence donc. Les épisodes risquent d'être riches, car, sur ce terrain miné, le juge Jean-Pierre Getti a pris la décision d'instruire avec minutie le conflit entre les deux parties. Appliquant une méthode éprouvée avec succès dans ses précédents dossiers (Bousquet et Touvier), le juge a confié à la section de recherche de la gendarmerie de Paris une commission rogatoire impressionnante. Les gendarmes doivent notamment établir la liste de tous les militaires français détenus au camp 113 et encore vivants. Enregistrer leurs témoignages. Saisir leurs dossiers de pension d'invalidité dans les archives des Anciens Combattants et leurs dossiers personnels dans les archives militaires de Pau. Entendre les historiens spécialistes de la guerre d'Indochine. Recueillir dans les archives de l'armée de terre les documents relatifs aux camps du Vietminh. Saisir le dossier de trahison de Georges Boudarel dans les archives de la justice militaire du Blanc (Indre)...
L'objectif du juge est de rechercher si les crimes imputés à Georges Boudarel ont existé et, dans l'affirmative, d'apprécier leur contexte idéologique et politique. Afin de savoir si l'on peut parler de «crimes contre l'humanité». Ce qui aboutit très précisément au débat - à l'issue incertaine - que la Cour de cassation avait voulu éviter en avril dernier.

NB: les 3 photos ont été rajoutés par mes soins à l'article de L'EXPRESS

_________________

RASURA_________SER
1er RCP - 257.174

« Il n'y a pas de sens de l'Histoire, il n'y a pas de vent de l'Histoire car ce qui fait l'Histoire, selon notre conception occidentale et chrétienne qui est vérifiée par tous les faits historiques, c'est la volonté des hommes, c'est l'intelligence des hommes, ce sont leurs passions, bonnes ou mauvaises. »Colonel Bastien THIRY procès Petit Clamart
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