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 Propousk! Mission derrière le rideau de fer

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Claude MILLET
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MessageSujet: Propousk! Mission derrière le rideau de fer   Sam 7 Nov 2009 - 20:10

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Nos exploits méconnus en RDA

Pendant la guerre froide, une poignée de militaires français avaient l’autorisation de circuler en Allemagne de l’Est. Ils furent des agents de renseignements précieux au détriment des Soviétiques, souvent au péril de leur vie.
Saint-Cyrien, officier parachutiste, ancien professeur à l’Ecole de guerre, cadre de la Direction du renseignement militaire (DRM), le général Patrick Manificat a appartenu de 1982 à 1985 à la Mission militaire française de liaison en Allemagne de l’Est (MMFL) comme colonel, adjoint au chef de Mission. Autrement dit, et en vertu d’un accord franco-soviétique remontant à 1947, il a pu circuler sur le territoire de la RDA sans être (en principe) inquiété. Il a voulu se faire l’historien et le chroniqueur de cette expérience trop méconnue de renseignement militaire au cœur de la guerre froide.

Au chat et à la souris avec la Stasi

Signé en avril 1947, l’accord Noiret-Malinine permet à dix-huit militaires français (six officiers et douze sous-officiers), munis d’un Propousk (laissez-passer), de circuler librement dans la zone d’occupation soviétique en Allemagne. Les Britanniques (BrixMix) et les Américains (USMLM) bénéficieront des mêmes facilités que nous. Et en retour, les Soviétiques pourront envoyer des hommes dans les trois secteurs d’occupation alliés.

Conformément aux termes de cet accord, l’Armée rouge met à la disposition des militaires français cinq luxueuses villas à Postdam (réduites à deux après 1958), mais elles seront peu utilisées en raison de leur entière perméabilité aux services de renseignement soviétiques et est-allemands. Le véritable quartier général de la MMFL, sa base arrière, sera donc installé à Berlin-Ouest, au quartier Napoléon. Les liaisons téléphoniques entre Postdam et Berlin-Ouest étant évidemment sur écoute, il arrivera que les Français utilisent avec malice des militaires bretonnants pour perturber les Russes !

Les membres de la MMFL sont issus de l’Armée de terre et de l’Armée de l’air. Les premiers utiliseront de puissantes berlines Mercedes ou des jeeps 4X4 dotées de plaques d’immatriculations spéciales pour mener à bien leurs missions, tandis que les seconds useront de petits avions de reconnaissance dans l’espace aérien demeuré ouvert autour de Berlin. Les équipages terrestres se composent de trois militaires français : un chef de bord (officier), un observateur et un chauffeur. Armés d’appareils photos et de paires de jumelles, ils jouent quotidiennement au chat et à la souris avec la Stasi et les militaires soviétiques pour approcher au plus près, voire pénétrer dans les Zones d’interdiction permanentes (ZIP) et contourner les Zones d’interdiction temporaire (ZIT) mises en places par les Russes et les Allemands de l’Est pour limiter le champ d’action de nos espions.

L’adjudant-chef Philippe Mariotti y a laissé la vie

Assez libres de leurs mouvements, quoique étroitement surveillés, les équipages de la MMFL procéderont pendant quatre décennies à l’observation des mouvements de troupes, manœuvres et relèves des Soviétiques. A l’orée des bois ou le long des autoroutes, ils photographieront sans relâche les nouveaux matériels, comptabiliseront les effectifs blindés, établiront des contacts discrets avec la population est-allemande… En croisant leurs informations avec celles des autres missions militaires alliées, ils seront en mesure de fournir des informations fiables et de première main au commandement français en Allemagne à Baden.
Les accrochages routiers et autres « coups de pression » avec les Soviétiques ou les Allemands de l’Est étaient fréquents et parfois mortels. Le 22 mars 1984, l’un d’eux tourna au drame : l’adjudant-chef Philippe Mariotti, chauffeur d’équipage, conducteur expérimenté, est tué dans un accident de voiture délibérément provoqué sur ordre de la Stasi par un camion militaire « Oural » appartenant à l’armée est-allemande, près de Halle. Un an après, le 24 mars 1985, ce sera au tour d’un Américain, le colonel Nicholson, membre de l’USMLM, de trouver la mort à Grabow, abattu par une sentinelle russe. Ces deux victimes oubliées de la guerre froide seront heureusement les seules pertes que les missions alliées auront à subir, avant tout en raison du grand professionnalisme de leurs membres.
Au-delà de ces missions assez périlleuses, la MMFL eut un rôle de représentation et d’échanges avec les Soviétiques, notamment lors des fêtes nationales immanquablement fêtées avec force vodka par nos adversaires. A la frontière du renseignement et de la diplomatie, la Mission militaire française de liaison a constitué durant quatre décennies une expérience humaine suffisamment marquante pour que les anciens « missionnaires », toutes époques confondues, restent liés par le sentiment commun d’avoir été aux avant-postes de la guerre froide.
Pour le meilleur et pour le pire.
Jacques Cognerais
Propousk ! Missions derrière le rideau de fer, par Patrick Manificat, Lavauzelle, 504 pages, 30 euros.
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