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 Peu de gens m'ont impressionné. Sauf des sans-grade, car il y a souvent des grands types chez les petits.

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Rasura
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MessageSujet: Peu de gens m'ont impressionné. Sauf des sans-grade, car il y a souvent des grands types chez les petits.   Jeu 5 Nov 2009 - 15:37

Héros des guerres d'Indochine et d'Algérie, le général Marcel Bigeard vient de sortir, à 93 ans, son seizième livre (1).


«Je n'aurais jamais pensé que je pourrais finir comme ça… Comme un vieux con infirme…» A 93 ans, le héros des guerres d'Indochine et d'Algérie, général le plus décoré de France, parachuté sur Diên Biên Phu, cinq fois blessé et trois fois évadé, ne peut plus se déplacer sans sa «2 CV» , le fauteuil roulant posé à la gauche de son bureau. Pour ce type d'une grande bravoure, doté d'un physique et d'une énergie hors du commun, pour cette force de la nature qui, une fois à la retraite, faisait ouvrir la piscine municipale pour nager à l'aube, c'est un calvaire de ne plus pouvoir dévaler l'escalier de bois de sa maison de Toul, son village natal, en Lorraine.

«Être et durer.» Il se lève chaque jour pour honorer cette devise.

Combattre pour gagner cette dernière bataille, la plus difficile de toutes, contre la vieillesse. «Jamais je n'abandonne, et je me battrai jusqu'à mon dernier souffle» , prévient-il. Parfois, il tombe. Mais ne se casse jamais. «Je mets toujours mes bras le long du corps et je me laisse glisser. Un vieux réflexe de para.» Si les jambes ne suivent plus, l'esprit et la verve du général tiennent encore tête à la vieillesse. En 2006, Adieu ma France devait être son dernier livre, une sorte de testament… Mais comme s'il n'arrivait pas à tirer sa révérence, il vient d'en écrire un nouveau, Mon dernier round. Car «ce vieux connard de Bigeard» a encore besoin de parler,de râler, de pousser ses légendaires «coups de gueule» . Et Dieu sait que de la Seconde Guerre mondiale à l'Afrique en passant par l'Indochine et l'Algérie - «trente ans de sauts en parachute, dont vingt ans dans la guerre» - ils furent nombreux. Sa réputation de trublion au franc-parler, il y tient comme à la prunelle de ses yeux. «Aujourd'hui encore, ça emmerde le pouvoir d'avoir un Bigeard vivant», dit-il fièrement.
Avec l'âge, le «con glorieux» né en 1916 - l'année de la bataille de Verdun - employé de banque à 14 ans, soldat sorti du rang devenu général, homme d'action qui fut aussi député et secrétaire d'État, aime toujours tenir le premier rôle. Il parle volontiers de lui à la troisième personne, fait visiter le «bureau d'en bas» , sorte de musée Bigeard où sont exposés des bustes à son effigie, des plaques de rue à son nom et des photos. Y compris celle du 14 juillet 1956 «lorsque j'ai défilé, en tête, sur les Champs-Élysées, avec 150 000 Parisiens qui applaudissaient frénétiquement Bigeard» . Il sait que certains songent pour lui à des funérailles nationales et il aime ça, même s'il s'en défend. Jamais il ne se lasse de lire à haute voix quelques-unes des milliers de lettres qu'il reçoit chaque année et qu'il range avec soin dans des classeurs, entre une corne d'éléphant et les seize livres écrits par lui. Quand on lui demande s'il a été marqué par de grands militaires, il hésite, fait la moue. «C'est Bigeard le plus connu ! Vous savez, à 20 ans, j'étais antimilitariste.
D'une certaine manière, je le suis resté. Dans l'armée, peu de gens m'ont impressionné. Sauf des sans-grade, car il y a souvent des grands types chez les petits.»

« Barack Obama me plaît»

Si le précédent livre évoquait surtout cette France dans laquelle il ne se reconnaît plus, Mon dernier round traverse au galop les grandes crises internationales. De l'Irak à l'Afghanistan en passant par le Pakistan et l'Iran, le général donne son avis sur tout. Homme d'action surtout, il n'a jamais été un grand théoricien, mais a toujours dit ce qu'il pensait. Dépliant les organigrammes tracés à l'encre noire, destinés à démanteler les réseaux des fellagas algériens, il assure fièrement : «Les méthodes de contre-insurrection employées aujourd'hui par (le général américain) Petraeus, elles viennent de Bigeard. J'étais pas en retard… Je pensais déjà que la meilleure façon de vaincre les résistants n'était pas de leur couper les couilles mais d'essayer de les connaître grâce au renseignement et aux méthodes de police. C'est comme ça qu'on a gagné la guerre militairement.» En Algérie, la guerre de contre-rébellion s'accompagnait volontiers de la torture, mais de cela, Bigeard n'aime pas parler. Il préfère s'interroger sur les chances de succès de la contre-insurrection en Afghanistan. «Petraeus, c'est un chef américain qui a du pétrole. Mais un outil de contre-guérilla, ça ne se prépare pas en cinq minutes.» Les différences entre l'Algérie et l'Afghanistan lui sautent aux yeux : «En Algérie, on pouvait se déplacer partout. En Afghanistan, les talibans dominent le pays. La rébellion afghane est plus dure, le pays plus hostile. L'armée française n'a pas les mêmes moyens qu'avant. Petraeus a lu Bigeard, mais il n'a pas assez d'hommes pour nettoyer le pays…»
La guerre a-t-elle changé ? «Aujourd'hui, la France a du mal à supporter de perdre des hommes. À Diên Biên Phu, on avait 40 morts par jour. Moi, je pense que si on ne supporte pas les conséquences de la guerre, mieux vaut ne pas la faire.»
S'il n'a pas de modèle militaire, Bigeard a des coups de cœur politiques. Il est épaté par Obama. On s'attendait à ce qu'il le trouve trop mou, mais non.
«Ce gars-là me plaît. Il est beau et noir. Il a une vie de famille solide.
C'est un homme qui défend la liberté. Il a les moyens de rester dans l'histoire.»
C'est la France qui clôt ce dernier livre. Il l'avait déjà écrit dans son précédent ouvrage : Bigeard est déçu par son pays. «On donne des leçons à tout le monde, mais on est incapables de retrouver nos valeurs. Comment un pays peut-il aller de l'avant, se relever, avec toutes ces salades politiques ?» Parce qu'il est urgent, dit-il, de s'unir face au danger, il appelle de ses vœux une sorte de «front populaire» et prévient
qu'il faudra pour s'en sortir «de la sueur et du sang» . «Je vais casser ma pipe et je ne serai pas mécontent. Car j'ai trop aimé la France pour accepter ce qu'elle est devenue.» Il avait déjà dit ça la dernière fois. Et puis il avait encore écrit un livre…

(1) «Mon dernier round » . Marcel Bigeard.
Éditions du Rocher. 271 pages. 19 euros.
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