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 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-

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Pérignon
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MessageSujet: AFGHANISTAN : L'embuscade de la vallée d'Uzbin...    Jeu 13 Déc 2012 - 23:23

Citation :
AFGHANISTAN : L'embuscade de la vallée d'Uzbin...
Jeudi, 13 Décembre 2012 15:24


C'est le parachutiste Le Pahun qui sera abattu le premier. Il était le voltigeur de pointe de la section. A 50 mètres du col, il est fauché par une rafale. Ses camarades de Carmin 3 retrouveront son corps à l'aube. C'est le début de furieux combats. Damien Buil, le chef de groupe qui est parti le chercher, revient en titubant. "Je suis touché au ventre", dit-il avant de tomber, à découvert, au milieu de la piste. Marchand, Darchy et Gros veulent à leur tour y aller. Soudain surgit un taliban. Darchy vide la moitié de son chargeur sur lui. Pendant ce temps, Marchand tire le blessé derrière le rocher où sont abrités ses camarades. Ils lui enlèvent son casque, son gilet pare-balles percé par les éclats, posent un pansement compressif. Damien veut vivre. Il résiste pour sa femme Aurore, enceinte d'un petit garçon, et pour Lilou, sa fillette de 2 ans et demi.

Les talibans attendaient visiblement les Français. Oui, ils ont su quand ils ont quitté leur base de Tora, puis les ont vus venir de loin, entrer dans la vallée, progresser ensuite à pied vers eux. Ils disposent de fusils-mitrailleurs, de tireurs d'élite équipés de fusils Dragunov à lunette. Ils tirent d'abord sur les premiers éléments français. Ensuite, leurs snipers cherchent à éliminer le chef de la section, l'adjudant Gaëtan Evrard, blessé, et son radio, qui sera tué. Les talibans sont à cinq contre un. Les Français tentent de se regrouper pour se dégager du feu ennemi. Les avions et les hélicoptères américains arrivés un peu plus tard mitraillent les talibans qui essaient alors de s'imbriquer au milieu des Français. C'est presque du corps à corps. Un taliban surgit à 20 mètres de Dussat. Darchy lance une grenade et "sèche" l'insurgé. Au même moment, l'adjudant Evrard est touché à l'épaule. Ils sont quatre soldats à se serrer derrière un petit rocher. Le tireur d'élite Kevin Chassaing réussit à éliminer un sniper à 450 mètres. Mais les talibans ripostent, sautant de rocher en rocher. Alexis Taani, le radio, alterne bouche-à-bouche et massage cardiaque sur un blessé. Une balle lui traverse la main et frappe Buil, qui s'éteint peu après. Les talibans ont compris et concentrent leurs tirs sur ce petit groupe. L'adjudant Evrard est menacé. Taani se dresse devant lui pour faire écran. Des balles claquent dans son dos. Il vient de se sacrifier pour sauver son adjudant. Darchy et Chassaing le traînent sur la piste pendant que trois camarades vident leur dernier chargeur pour les couvrir. Le premier, Darchy, prend une balle dans le tibia. Chassaing tombe, touché à la cuisse. Un second projectile le frappe en pleine tête. Un taliban surgit devant Darchy. Il n'a plus que son pistolet automatique. C'est quitte ou double. A 20 mètres, il vide son chargeur. Le taliban s'effondre.

Des soldats français se sacrifient pour sauver leurs camarades... Le caporal-chef Penon a le genou fracassé par une balle. Blessé, l'adjudant ne peut pas le porter. Il faut courir. L'infirmier préfère rester, lucide sur son état. Il sera découvert mort près du même rocher, après avoir épuisé ses munitions pour couvrir le départ de ses camarades. Plus loin, une balle percute le casque de Garabedian. Il est sonné mais Nicolas Grégoire l'entraîne vers un rocher. Soudain, un cri, une chute : le caporal-chef Grégoire est fauché à son tour. Garabedian se précipite sur lui et reçoit comme une immense claque dans le dos, qui le jette au sol. C'est une volée d'éclats, heureusement arrêtée par son gilet pare-balles. Plus loin, Paul, Hamada et Waetheane progressent accroupis. Une balle casse le bras d'Hamada. Waetheane est lui aussi touché. Il réussit à sauter un muret mais les impacts les poursuivent. Waetheane, touché une seconde fois, a la force de courir s'abriter derrière un rocher. Le groupe lui injecte une dose de morphine et lui fait un garrot. A côté se trouve Anthony Rivière, 22 ans, qui se plaint du ventre. Il n'y a pourtant ni sang ni impact sur son pare-balles. On découvrira que ce jeune Réunionnais a pris dans le tibia une balle qui est remontée jusqu'au foie, provoquant une hémorragie interne fatale. Hamada, lui, ne sent plus son bras droit, retourné dans son dos. Tout seul, il le ramène devant, récupère le garrot tourniquet dans sa trousse, le pose sur la blessure et serre avec les dents. Il renonce à la morphine pour ne pas s'endormir. Lui aussi veut vivre, par amour : sa femme est enceinte.

Les parachutistes français sont parfois si près des talibans qu'ils les entendent parler. Oui, ils descendent de façon espacée et crient pour se parler. A un moment, Gros comprend qu'ils sont arrivés à hauteur du secteur où se trouvent les corps de Buil, Chassaing et Taani. Ils devinent que les talibans dépouillent leurs camarades, récupèrent leurs armes. Marchand les entend rire. Il imagine la curée. Pour lui, c'est trop. Il lance une première grenade défensive quadrillée, qui en couche quatre ou cinq. Du coup, c'est le silence. Il veut jeter la seconde mais, blessé au bras, n'arrive plus à la dégoupiller. Gros voit quatre talibans se redresser au moment de la première explosion. D'une rafale, il en tue deux. Deux autres se mettent à vociférer dans leur radio. Une nouvelle grenade ramène le silence. Il détecte un autre taliban sur la droite, tire, le blesse et en abat un troisième venu l'aider. Les paras ont su rendre coup pour coup pendant des heures.

Au fil des heures, ils ont quand même le moral qui baisse. C'est sûr, mais sans perdre leurs moyens. Ils restent très solidaires. Ils se parlent beaucoup d'un rocher à l'autre. Bien entraînés, ils ont la foi et sont disciplinés. Lorsque le caporal-chef Marchand ne peut plus bouger, il demande à ses hommes d'aller chercher de l'aide. Lui attendra sur place. "Pas question, répondent ses hommes. On ne vous laisse pas." "Ça ne sert à rien", gueule Marchand en leur jetant un caillou. "C'est un ordre !" Les soldats obéissent. Marchand se retrouve seul. Trois talibans descendent dans sa direction. Waetheane, Paul et Garabedian sont couchés dans un talweg. Les insurgés passent sans les voir. Marchand serre plus fort sa grenade, sa dernière arme. Il ne bouge plus. Les talibans ne s'arrêtent pas, le croyant mort. Le caporal-chef hallucine : il pense voir le soleil monter, alors qu'il est en train de se coucher. Au bout d'une heure, il décide de descendre, à son rythme. Mais, juste un peu plus haut, un fusil-mitrailleur tire de courtes rafales pour bloquer le passage. La seule solution, c'est sa dernière grenade. Il se concentre, respire un grand coup, la dégoupille calmement et la lance au plus juste. Abasourdi par ses tirs, le taliban n'a pas entendu la cuillère sauter. Il disparaît dans l'explosion. La voie est libre. Soudain, un hélicoptère américain fonce droit sur lui. Il est à 10 mètres. Marchand croit qu'il va se faire buter pour ses camarades ! De son bras valide, il fait de grands gestes lents. Le pilote hésite, manœuvre un quart de tour à gauche et tire une salve de roquettes loin derrière le caporal-chef, qui entend des cris. L'hélicoptère vient de lui sauver la vie en anéantissant un nid d'insurgés. Il hurle sa rage de vivre et ne peut s'empêcher de crier aux talibans : "Bandes de chiens."

Amitié Para-Colo.D.SCHEMBERG

http://www.asafrance.fr/actualites/2126--afghanistan--lembuscade-de-la-vallee-duzbin
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Ven 14 Déc 2012 - 10:21

Nous avons aussi relayé ce texte qui prend aux tripes sur le site des Veteran Paratroopers Français , il y a les disparus des régiments paras ,il faut cliquer sur la photo de l'insigne régimentaire et les photos défilent, les régiments dissous n'y sont pas . Si des Anciens voient des erreurs où ont des portraits de disparus que nous n'avons pas merci de me contacter par MP . Le site est en évolution et nous ne sommes pas des pro , toutes remarque intelligente est bienvenue en sachant que nous ne voulons pas copier les forums Para existant et que nous sommes motards.
Concernant le règlement du Club il est très contraignant et pénible mais pour ceux qui connaissent il y a des raisons bien précises à ça , et nous nous y tiendront.
Merci.

http://veteranparatroopers.wix.com/veteran-paratroopers
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Dim 18 Aoû 2013 - 19:05

Cinq ans déjà !  Une pensée pour eux...


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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Lun 19 Aoû 2013 - 0:07

Triste souvenir, que st Michel veille sur eux!
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Lun 19 Aoû 2013 - 19:07

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Pérignon
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Mar 18 Aoû 2015 - 10:45

Aujourd'hui 18 août une pensée et, pour ceux qui croient, une prière pour nos dix soldats tombés dans l'embuscade d'Uzbeen

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Pérignon
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Ven 18 Aoû 2017 - 9:25

En ce 18 août, une pensée pour eux, leurs copains, leurs familles....

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Pérignon
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Sam 19 Aoû 2017 - 21:00

8e RPIMa : le drame d'Uzbeen toujours dans les mémoires


Citation :
Castres (81)

C'était hier sa première cérémonie officielle depuis sa prise de commandement du 8e RPIMa. Et non la moindre.

Le colonel Bertrand Debray a présidé une prise d'armes hier au matin afin de commémorer le 9e anniversaire des combats d'Uzbeen en Afghanistan, opération au cours de laquelle huit soldats du régiment castrais ont perdu la vie dans une embuscade.

Un dépôt de gerbes en toute simplicité a suivi une prise de parole forte du patron du régiment castrais : «Devant leurs familles, je veux rendre hommage à ceux des nôtres que nous avons perdus dans cette opération en redisant à quel point nous sommes fiers de leur mémoire et de leur exemple comme de ceux qui ont donné leur vie en 2013 à Bangui en République centrafricaine. Tenir, combattre, remplir la mission, pour la section, pour le chef, pour le régiment, pour la France.»

Cette cérémonie était d'autant plus forte que, hier matin, c'était aussi le moment de la remise des fourragères à quarante nouveaux marsouins-parachutistes qui viennent d'achever leur période d'enseignement et sont dorénavant intégrés pleinement dans le corps et rattachés justement à la nouvelle compagnie qui a été créée cette année au Huit.

Le commandant leur a redit : «Vous pouvez être fiers, je tiens à en témoigner devant vos familles et vos amis ici présents. Eux aussi peuvent et doivent être fiers de votre choix et de vos succès.»

http://www.ladepeche.fr/article-amp/2017/08/19/2630056-8e-rpima-le-drame-d-uzbeen-toujours-dans-les-memoires.html
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Pérignon
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MessageSujet: Il y a aujourd'hui dix ans : Uzbeen   Sam 18 Aoû 2018 - 12:24

Il y a 10 ans, jour pour jour, l’embuscade d’Uzbeen en Afghanistan endeuillait l’armée de Terre, mémoire et honneurs à nos 10 soldats morts au combat.


Citation :
Le 18 août 2008, une section du 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (8e RPIMa) et une section du régiment de marche du Tchad (RMT), accompagnées chacune d’une section de l’Armée nationale afghane (ANA), effectuent une mission de reconnaissance dans la vallée d’Uzbeen. Elles tombent dans une embuscade et engagent de violents combats qui dureront plusieurs heures. C’est l’arrivée d’une unité du régiment de marche du Tchad (RMT) venue en renfort depuis Kaboul et les appuis fournis par la coalition qui permettront de stabiliser la situation et de remporter la bataille.

Les militaires se battent dans des conditions extrêmes. Dix d’entre eux tombent au champ d’honneur au cours de cet engagement et vingt-et-un autres seront blessés.
L’interprète afghan qui travaillait auprès des forces françaises ainsi que deux soldats de l’armée nationale afghane ont également été tués au cours de ce combat.


https://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/embuscade-d-uzbeen-nous-n-oublions-pas

Citation :
Leurs frères d'armes célèbrent aujourd'hui la mémoire des dix d'Uzbeen, à Castres (8e RPIMa, qui perdit huit paras sur le col), Calvi (2e REP, régiment d'origine de l'auxsan Rodolphe Penon mort alors qu'il portait secours), Mayenheim (RMT, régiment de Melam Baouma, tué dans un accident de VAB), mais aussi à Gao, à Cazaux (base de l'EH 1/67 Pyrénées, qui amena renforts et exfiltra les 21 blessés et les 10 morts).

http://lemamouth.blogspot.com/2018/08/lembuscade-duzbeen-il-y-dix-ans.html#more
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NDL
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Sam 18 Aoû 2018 - 18:13

HUFFPOST INTERNATIONAL
18/08/2018 03:20 CEST | Actualisé il y a 7 heures
Uzbin: il y a 10 ans en Afghanistan, la France redécouvrait la guerre lors de cette embuscade

Le tragique bilan de l'époque, 10 tués et 21 blessés, est l'un des plus lourds essuyés par l'armée française depuis la fin de la guerre d'Algérie.


  • Rédaction du HuffPost avec AFP



AFP/Getty Images
Des soldats français dans la valée d'Uzbein en Afghanistan le 16 décembre 2009.


AFGHANISTAN - Dix ans jour pour jour, le 18 août 2008: une embuscade tendue dans la vallée d'Uzbin, dans l'est afghan, coûte la vie à dix militaires français. Au cœur de l'été, les Français prennent conscience que leurs soldats sont engagés dans un conflit dur, dont l'impopularité ne va cesser de grandir.
Attendus par une centaine de talibans embusqués sur les crêtes et bien armés, une trentaine de soldats en mission de reconnaissance livrent un combat acharné pendant plusieurs heures.
Le tragique bilan -dix tués- huit soldats du 8e RPIMa, un soldat du Régiment de marche du Tchad et un infirmier du 2e REP et 21 autres blessés - est l'un des plus lourds jamais essuyés par l'armée française dans une action de combat depuis la fin de la guerre d'Algérie, avec l'embuscade de Bedo au Tchad, en octobre 1970 (douze militaires tués).
La nouvelle fait l'effet d'un électrochoc. "Afghanistan: la France dans la guerre", titre Le Monde daté du 21 août 2008.
"Cet accrochage nous ramène à la réalité des actions de guerre (...) La Nation dans son ensemble vient de prendre conscience qu'envoyer des militaires en opération comporte toujours des risques", commente le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin.

"A ce moment là, les autorités politiques et militaires réalisent que les Français ont oublié que leurs soldats faisaient la guerre, tuaient et pouvaient mourir", explique à l'AFP l'historienne Bénédicte Chéron, spécialiste des relations entre armée et société.
"Ce qui semble évident pour les militaires ne l'est vraiment pas à l'époque pour l'opinion publique, pour qui ces jeunes victimes sont des enfants, pas des combattants", souligne l'auteur de l'ouvrage "Le soldat méconnu. La place de l'armée dans notre société" (Armand Colin).
Le drame braque les projecteurs sur un conflit jusqu'alors peu médiatisé. En quelques mois, des dizaines de journalistes français affluent en Afghanistan. "A partir de septembre 2008, on assiste à un retour des images combattantes à la télévision", analyse Bénédicte Chéron.
Après Uzbin, le gouvernement ordonne le déploiement de moyens militaires supplémentaires, dont des drones, des hélicoptères et des équipements individuels. La polémique perdure toutefois sur les carences de l'armée française, dont le commandement a "péché par excès de confiance", de l'aveu du patron des troupes françaises en Afghanistan, le général Michel Stollsteiner.


Getty Images Au cœur des montagnes en arrière-plan sur cette photo, le 18 août 2008, des soldats français en patrouille dans la vallée d'Uzbeen ont été pris en embuscade par des insurgés afghans.

Opinion hostile
En 2009, les familles de sept victimes d'Uzbin déposent plainte pour déterminer "d'éventuels manquements dans la chaîne de commandement". Le dossier sera classé sans suite.
La même année, un hommage est rendu aux soldats décédés dans l'embuscade, comme on peut le voir sur ces images de l'AFP tournées sur une base militaire française en Afghanistan.
L'embuscade attise parallèlement le débat sur la pertinence de l'engagement français en Afghanistan, où les résultats de la coalition internationale peinent à convaincre.
Selon un sondage réalisé après l'embuscade, 55% des Français sont opposés à la présence de troupes françaises, contre 55% d'opinions favorables en octobre 2001, au début du déploiement des forces internationales dans le pays. L'hostilité des Français à l'égard de l'engagement afghan ne cesse ensuite de croître : 64% se disent contre en août 2009, 76% en août 2011.
Fin 2012, les dernières troupes combattantes françaises se retirent. Entre 2001 et 2014, plus de 70.000 soldats français auront été déployés sur le théâtre afghan. 89 d'entre eux y périront, 700 en reviendront blessés.
Au-delà du seul épisode d'Uzbin, la violence des affrontements en Afghanistan pousse l'armée à s'adapter.
"L'engagement français en Afghanistan marque une évolution majeure pour les armées françaises", qui "ont gagné en maturité au combat", fait valoir Gilles Chevallier dans le "Dictionnaire des opérations extérieures de l'armée française" (Nouveau Monde, 2018).
"Les ondes de choc d'Uzbin amènent certaines composantes à accélérer leur aggiornamento", analyse le colonel Renaud Senetaire dans la revue Fantassins : "En quelques années le service de santé des armées se transforme pour s'adapter à la dureté des engagements, les effets de protection balistique se généralisent, l'intégration interarmées devient la norme".
Ainsi, conclut-il, "au moment du déclenchement dans l'urgence des opérations Harmattan (Libye, 2011) et Serval (Mali, 2013), les armées françaises seront prêtes aux scenarii les plus exigeants".
A partir de la fin des années 2000, les militaires prennent également mieux en compte les blessures psychiques. En 2009, le premier "sas" de décompression pour les soldats de retour de mission voit le jour à Chypre.
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Sam 18 Aoû 2018 - 18:40

Embuscade d’Uzbeen : Nous n’oublions pas

Mise à jour  : 18/08/2018
Il y a 10 ans, jour pour jour, l’embuscade d’Uzbeen en Afghanistan endeuillait l’armée de Terre, mémoire et honneurs à nos 10 soldats morts au combat.
Le 18 août 2008, une section du 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (8e RPIMa) et une section du régiment de marche du Tchad (RMT), accompagnées chacune d’une section de l’Armée nationale afghane (ANA), effectuent une mission de reconnaissance dans la vallée d’Uzbeen. Elles tombent dans une embuscade et engagent de violents combats qui dureront plusieurs heures. C’est l’arrivée d’une unité du régiment de marche du Tchad (RMT) venue en renfort depuis Kaboul et les appuis fournis par la coalition qui permettront de stabiliser la situation et de remporter la bataille.
Les militaires se battent dans des conditions extrêmes. Dix d’entre eux tombent au champ d’honneur au cours de cet engagement et vingt-et-un autres seront blessés. L’interprète afghan qui travaillait auprès des forces françaises ainsi que deux soldats de l’armée nationale afghane ont également été tués au cours de ce combat.
Chacun des militaires morts lors du combat a reçu une citation avec croix de la Valeur militaire à l'ordre de l'armée ainsi que la Légion d'honneur au grade de chevalier à titre posthume lors de la cérémonie nationale d’hommage le jeudi 21 août 2008.

In Memoriam :

 Adjudant Sébastien Devez, 8e RPIMa
Sergent Damien Buil, 8e RPIMa
Sergent Nicolas Grégoire, 8e RPIMa
Sergent Rodolphe Penon, 2e REP
Caporal Melam Baouma, RMT
Caporal Kévin Chassaing, 8e RPIMa
Caporal Damien Gaillet, 8e RPIMa
Caporal Julien Le Pahun, 8e RPIMa
Caporal Anthony Rivière, 8e RPIMa
Caporal Alexis Taani, 8e RPIMa

Droits : Armée de Terre
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Kéo
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Sam 18 Aoû 2018 - 19:13

source DDM
Publié le 18/08/2018 à 03:50



Aurore Buil : «Dix ans après, je suis toujours très en colère»

8e RPIMa

 
Un dépôt de gerbes, le 18 août 2017, par le chef de corps du 8e RPIMa en mémoire des huit soldats morts à Uzbeen./ Photo DDM, JMG.  

Cela fait exactement 10 ans aujourd'hui que dix soldats français dont huitdu 8 e RPIMa de Castres ont été tués lors d'une embuscade par des insurgés en Afghanistan. La commémoration de ce drame aura lieu dans l'intimité du régiment. Dix ans après, Aurore Buil, l'épouse de l'une des victimes témoigne.
Le drame de l'embuscade d'Uzbeen, en Afghanistan, au cours de laquelle huit soldats du 8 e RPIMa ont trouvé la mort il y a tout juste dix ans aujourd'hui, avait provoqué un véritable traumatisme dans la ville de Castres et une blessure profonde au sein du régiment. Les années ont passé mais le souvenir de ces huit hommes engagés dans l'armée française et de ce qui leur est arrivé est toujours bien présent ici, à Castres.
Aurore Buil, 37 ans, l'épouse de Damien Buil, mort lors de cette attaque, a accepté de confier où elle en était dix ans après. Elle est retournée depuis vivre dans sa région de Nouvelle Aquitaine où elle travaille comme personnel civil de la Défense, au sein de l'armée de l'air.

Dix ans après, pouvez-vous décrire l'image que vous avez aujourd'hui de votre époux Damien Buil tombé à Uzbeen ?
Damien reste et restera mon époux et le père de mes enfants. Son souvenir reste très présent dans ma famille et avec
mes amis. Il ne se passe pas un seul jour sans que nous parlions de leur père avec mes enfants. Je garde une très belle
image de mon mari qui était un homme bon, honnête et toujours à l'écoute des autres.
Vous souvenez-vous dans quelles circonstances vous avez appris le drame d'Uzbeen et le décès de votre époux ?
C'était le 19 août 2008, sur mon lieu de travail, à la maison de retraite de Puylaurens où j'étais aide-soignante. C'était le
commandant en second du 8e RPIMa, accompagné d'une amie proche et de deux autres militaires qui m'ont appris le
décès de Damien. Il m'a juste informée que 10 militaires étaient tombés au cours d'une embuscade la veille. Je n'ai pas
réalisé cette terrible nouvelle dans l'immédiat et il a fallu qu'un ami, lui-même en Afghanistan, me dise avoir vu son corps. J'étais alors enceinte de mon petit garçon.
Aviez-vous eu conscience ce 18 août 2008 que ce qui se passait était vécu par les Français comme un drame national ?
Pas du tout. Seules les familles et amis des victimes en avaient conscience. Il semblerait que les Français soient plus
patriotes lors d'une Coupe du Monde de football que lors d'un drame qui se passe à des milliers de kilomètres de chez eux.
Quel souvenir gardez-vous de votre vie à Castres avant le drame ?
Notre vie était très heureuse et comblée. J'étais entourée de mon mari et de ma petite fille ainsi que d'amis très proches.
Mon emploi me plaisait énormément. Nous étions évidemment liés au régiment par le travail et les OPEX de Damien.
Chaque année, le 8 mai, le régiment organise une cérémonie commémorative qui rend hommage à tous les militaires du
8e RPIMa tombés pour la France et je me fais un devoir, en tant qu'épouse, accompagnée de mes enfants et des membres de ma famille, d'y assister. Je sais que la porte du 8e RPIMa nous sera toujours ouverte et je tiens à remercier chaleureusement le régiment pour toute l'aide et le soutien qu'ils m'ont apportés il y a 10 ans et encore aujourd'hui en cas de besoin.
Dix ans après, avez-vous toutes les réponses que vous attendiez sur ce qui s'est passé vraiment dans cette embuscade, l'échelle des décisions et des responsabilités ?
De nombreuses questions restent sans réponse et malheureusement les responsables de cette mission n'ont pas assez
de cran pour parler et avouer les manquements et fautes qui ont entraîné cet assassinat. Un général m'a avoué un jour :
«Nous avons péché par excès de confiance». Tout est dit ! Nos soldats sont partis au combat sous-équipés. Mon mari «avait même dû s'acheter lui-même de l'équipement supplémentaire.
Après avoir vécu ce drame il y a dix ans, avez-vous le sentiment d'avoir tourné la page ?
Je suis toujours très en colère contre les responsables de cette mission mal préparée qui ouvrait tant de portes aux talibans.
Ces responsables ont détruit ma vie de famille, ils ont pris la vie du père de mes enfants. Je ne tournerai jamais la page.
Quel a été votre «moteur» durant toutes ces années pour aller de l'avant ?
Une seule réponse : mes deux enfants, les amours de ma vie ! Je n'oublie pas mes parents et mes amis qui m'ont apporté
tout leur soutien et m'ont permis de me relever.
À l'occasion du dixième anniversaire de l'embuscade d'Uzbeen, un ordre du jour rédigé par le colonel Debray, chef de corps du 8e RPIMa de Castres et commandant actuellement le 43e BIMa en Côte d'Ivoire, sera lu au cours d'un rassemblement régimentaire devant les volontaires présents actuellement au quartier Fayolle à Castres.

Recueillement «en famille»

Cet instant de recueillement se fera «en famille» dans l'intimité du régiment. Compte tenu des projections estivales, tous les volontaires en opération actuellement prendront également un moment de recueillement à la mémoire des combattants tombés à Uzbeen.
Ainsi chaque compagnie du 8e RPIMa actuellement en OPEX (opérations militaires extérieures de la France) ou en MCD (mission coopération défense) procédera à la même lecture. À Abidjan, le colonel Debray lira son ordre du jour devant ses paras. À noter que depuis Uzbeen, il y a eu d'autres morts au Huit (Bangui en 2013). Tous les morts du régiment, et il y en a eu 544 en tout au combat, seront désormais honorés à la même date : le 7 mai, date qui commémore la fin des combats de Dien Bien Phu.


Il y eut 10 tués et 21 blessés Ordre du jour particulier au régiment aujourd'hui

Afghanistan 2008. C'était un lundi, vers 13 h 30. Une section du «8», «Carmin 2», avait été mise à disposition d'un
dispositif interarmes. Elle était dirigée par l'adjudant Gaëtan Évrard. L'accrochage meurtrier s'est produit en haut d'un col.
Situé à environ 2000 m d'altitude. Au pied se trouvait le village de Sper Kunday. Le bilan des combats est lourd : dix
tués, dont huit issus du 8e RPIMa, un légionnaire de Calvi et un caporal du régiment de marche du Tchad ; 21 blessés
dont 17 appartenant au «8».
Les tués sont Nicolas Grégoire, Kévin Chassaing, Damien Gaillet, Julien Le Pahun, Anthony Rivière, Alexis Taani, Sébastien Devez, Damien Buil.
Recueilli par J.-M.G
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Charly71
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Jeu 23 Aoû 2018 - 8:36

Citation :
Dix ans après, avez-vous toutes les réponses que vous attendiez sur ce qui s'est passé vraiment dans cette embuscade, l'échelle des décisions et des responsabilités ?
De nombreuses questions restent sans réponse et malheureusement les responsables de cette mission n'ont pas assez
de cran pour parler et avouer les manquements et fautes qui ont entraîné cet assassinat. Un général m'a avoué un jour :
«Nous avons péché par excès de confiance». Tout est dit ! Nos soldats sont partis au combat sous-équipés. Mon mari «avait même dû s'acheter lui-même de l'équipement supplémentaire.
Après avoir vécu ce drame il y a dix ans, avez-vous le sentiment d'avoir tourné la page ?
Je suis toujours très en colère contre les responsables de cette mission mal préparée qui ouvrait tant de portes aux talibans.

La grande muette a-t-elle tenue compte de ses erreurs de ce jours là pour évoluer ?
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Pérignon
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    Jeu 23 Aoû 2018 - 11:30

" La foudre était finalement tombée. Elle a servi de révélateur de faiblesses structurelles ou circonstancielles de notre armée.
Elle a permis aussi de révéler le courage, la force et la compétence admirables de beaucoup de nos soldats. Retenons les deux."
(Colonel Michel Goya)

A lire :  

L'embuscade d'Uzbin (18 août 2008)   1 Prolégomènes de l'échec - 2 Un col trop loin - 3 Choc et tremblements

https://lavoiedelepee.blogspot.com/
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MessageSujet: Re: 8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-    

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8e RPIMa Hommage aux huit parachutistes embuscade Uzbeen Afghanistan-
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