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 Histoire résumée de la Guerre de Corée

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Léon C. Rochotte
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MessageSujet: Histoire résumée de la Guerre de Corée   Sam 7 Mar 2009 - 18:46

N'oublions plus jamais
Forgotten no more...
Histoire résumée de la Guerre de Corée 1950 - 1953


Extraits de: "The Korean War Veterans Memorial Story" de Carol M. HIGHSMITH et Ted LANDPHAR (1995)
CHELSEA PUBLISHING Inc. WASHINGTON D.C.
Traduit de l'Américain (Février 1997) par Léon C. ROCHOTTE, Ancien Représentant MARINE au Conseil National de l'A.N.A.F.F. ONU - R.C. (Association Nationale des Anciens des Forces Françaises de l'ONU et du Régiment de Corée) Membre de la B.K.V.A. - South London Branch (British Korean Veterans Association)

- Une action de "police"...

Ce ne fut pas appelé une "Guerre". Mais une "action de police" sur la péninsule coréenne, certes ressentie comme une vraie guerre par les hommes et les femmes qui y furent engagés, une sale guerre, une guerre effrayante. Plus de 54.000 Américains moururent dans ce conflit de 1950 à 1953, ou plus tard de leurs blessures. Un demi million de Sud-Coréeens et d'autres combattants des forces de l'ONU tombèrent. Plus d'un million de GI's et de leurs Alliés furent blessés, marqués à jamais par leurs cauchemars et par leurs terrifiants souvenirs (1) . Ce fut la dernière guerre de fantassins, face à un ennemi mugissant, submergeant tout, attaquant en force, baïonnette contre baïonnette. Les dernières tranchées. Les derniers trous de tirailleurs. La dernière guerre en noir-et-blanc. Regardez bien les photos de guerre couleur cendre, regardez les yeux charbonnés de ces soldats, submergés de fatigue et miroitant de larmes. Mais d'une résolution d'acier.
Les ans ont estompé le souvenir de cette époque. Nous l'avions appelé la "Guerre oubliée", The Forgotten War, et même alors qu'elle faisait rage, elle sortait totalement de la conscience d'une Nation fatiguée par la deuxième guerre mondiale et désireuse de revenir au plus vite aux bonnes choses de la vie.

(1) Note du Traducteur: Dans les Forces de l'ONU, c'est, entr'autres:
pour les Britanniques: 1.065 Tués, 2.593 blessés, 702 prisonniers
pour les Français: 287 Tués (dont 17 Coréens), 1.350 Blessés, 7 Disparus, 12 Prisonniers.


C'était une querelle lointaine, un point chaud fâcheux dans une Guerre Froide, menée à la fois à coup de discours par les diplomates et à coups de fusil par l'infanterie. Sauf pour les veuves et les familles, il ne s'agissait plus de la fervente croisade menée et gagnée hier par une Nation tout entière. Certes, aucune voix ne s'était encore élevée dans le sens d'un pacifisme exacerbé, mais il ne s'en était élevé pas davantage dans le sens d'une adhésion collective nationale. Les "Yellow Ribbons", c'était pour une guerre passée.

Pour les enfants à l'école, Mac ARTHUR, RIDGWAY, CLARK, sont des vieux gars, morts, et encore faut-il que leurs noms aient été retenus. Les Vétérans d' INCHON et de la Poche de PUSAN, ceux du "Bol de Punch", du piton de la "Côte de Porc", ceux des crêtes du "Crève-cœur", et ceux de cent autres lieux en CORÉE plus bourbeux, plus infects et plus gelés les uns que les autres, se sont dissous dans les mémoires ou s'en sont allés...

Mais maintenant, ces magnifiques Combattants qui brandirent l'étendard de la Liberté, on ne pourra plus jamais les oublier: le très allégorique Mémorial des Vétérans de la Guerre de Corée inauguré le 25 Juillet 1995 à WASHINGTON (D.C.) par les Présidents CLINTON et KIM YOUNG-SAM est l'hommage, tardif, de toute une Nation aux héroïques exploits des Combattants, comme aux services de tous ceux dont l'appui a fait que l'héroïsme soit rendu possible. Non, il ne s'agit pas de quelconques bustes de quelconques généraux; il ne s'agit pas non plus d'interminables listes de morts au champ d'honneur, gravées dans le granit; il s'agit d'un salut solennel rendu aussi bien aux artilleurs qu'aux mécanos, qu'aux cuisiniers des bateaux, qu'aux nurses et qu'aux aviateurs, bref, à ces milliers d'hommes et de femmes en uniforme qui repoussèrent l'agression communiste sur une péninsule perdue aux confins du Japon et qui, par contre-coup, taillèrent les premières lézardes dans le totalitarisme communiste en Europe aussi bien que dans le reste du monde.

Peu de mots donc, et pas un nom sur ce Mémorial. Mais des visages, des milliers de visages et surtout dix-neuf formes humaines en tenue de combat, sortant d'un bois, qui nous font entrer dans le réalisme de la bataille et de ses terribles sacrifices. Ce n'est pas non plus un monument à la gloire de la guerre ou de l'héroïsme: c'est la vibrante proclamation d'un message plus large, celui de la ferveur de servir au sein d'une Armée de Citoyens, enracinée dans le cœur même de la Patrie et de la Démocratie.

- Toute l'assistance nécessaire...
Such assistance as may be necessary...

Regardée à travers les lunettes de l'Histoire seulement deux générations après celle de ses Combattants et de ses Morts, la guerre de Corée parait si limitée, si maîtrisée. Si peu marquante. Trois courtes années. Quelques kilomètres carrés de pays dont les combats ne débordèrent point. Certes, ce fut le théâtre d'intrigues internationales dignes de Machiavel, et sans aucun doute, de simagrées politiques interminables; ce fut aussi la crainte du spectre de la guerre atomique. Mais l'un dans l'autre, ce fut une guerre bien proprette, bien démodée pour tout le monde, à l'exception de ceux qui la firent et de ceux qui les aimaient.

La ligne des 38 degrés de latitude Nord ne figurait même pas sur la plupart des cartes, ce n'était pas une limite, pas plus qu'une frontière naturelle et encore moins une ligne stratégique de défense. Mais lorsque pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la victoire commença à basculer clairement dans le camp des Alliés, le Gouvernement U.S. qui n'avait que peu de contacts avec la lointaine Corée mais qui était très nerveux quant à l'expansion soviètique dans le Pacifique, se mit à proposer que, comme çà, ce royaume opprimé depuis si longtemps par le Japon, soit coupé en deux à hauteur du 38ème parallèle dès que la guerre serait gagnée.

Selon l'historien militaire Clay BLAIR "un colonel du Pentagone contempla une carte scolaire pendant une petite demi-heure, et, avec un complet dédain pour la topographie, pour les lignes commerciales ou de communication, pour les limites des institutions politiques ou juridiques locales ainsi que pour celles des propriètés foncières, proposa de trancher le pays en deux à hauteur du 38éme parallèle". L'astuce de l'Amérique était de confier l'occupation de la la moité nord à l'Union Soviétique, alliée de la dernière heure dans la guerre contre le Japon, tandis que les États Unis occuperaient la partie sud, dans le but de désarmer les Japonais et de préparer le chemin à d'éventuelles élections libres en Corée susceptibles de conduire à la réunification d'un pays si longtemps opprimé.

Le lendemain même du jour de la Victoire, les troupes soviétiques pénétrèrent en Corée avançant jusqu'à la ligne arbitraire de démarcation ainsi imaginée. Elles se mirent aussitôt à couper les lignes de téléphone et de chemin de fer, les voies de communication etc., et entreprirent de stopper les mouvements de personnes du Nord vers le Sud. Certes, les Forces U.S. étaient implantées à SÉOUL, comme un peu partout en Corée du Sud, mais la Nation Américaine, fatiguée par la guerre et finalement peu intèressée par cet étrange pays dont elle ne connaissait guère les gens, voulait en sortir et ramener les boys à la maison. Le moyen en fut trouvé à travers la décison de la toute novice ORGANISATION DES NATIONS UNIES appelant à des élections génèrales dans l'ensemble du pays. Les Soviets, provocateurs, refusèrent catégoriquement et l'ONU se contenta d'organiser des élections dans le Sud. C'est ainsi que SYGMANN RHEE, qui avait si longtemps lutté dans son exil, à SHANGAÏ(2), pour chasser l'occupant japonais de sa Patrie, fut placé à la tête d'une très théorique République de Corée unifiée. Mais les Soviets firent comme si de rien n'était, et, ignorant délibérèment les élections, installèrent leur pantin à la tête d'une dictature communiste dans le Nord, à PYONG YANG. Puis ils se mirent à renforcer aussitôt les troupes Nord Coréennes, dont beaucoup de soldats avaient été en leur temps les camarades des Communistes chinois dans leur lutte contre les Nationalistes en Mandchourie.

(2) N.d.T.: C'est à la suite de la "Déclaration d'Indépendance" (noyée dans le sang avec une brutalité inouîe) du 1er Mars 1919 en CORÉE, colonisée depuis 1910 par les Japonais, que SYGMAN RHEE, décidant de continuer la Résistance, créa un Gouvernement Provisoire en exil à SHANGAÏ, dans la Concession Française, le 17 Mars 1919

.Dans le Sud, les Américains, très pressés de s'en aller, ne voulaient pas non plus laisser à RHEE la possibilité de provoquer le Nord. Ils retirèrent donc des mains des troupes de la République de Corée toutes armes offensives, de sorte qu'elles furent réduites à un peu plus que de grosses forces de Police Nationale. Le 1er Juillet 1949, les troupes U.S. s'en allèrent, laissant RHEE avec son armée de papier, 500 conseillers militaires américains et du matériel défensif U.S. Six mois plus tard, ayant totalement abandonné l'idée que les deux Corées pouvaient n'en faire qu'une, les États Unis firent savoir qu'ils pensaient qu'il était temps de tirer le rideau sur leur brève occupation de la Corée, et le Secrétaire d'État Dean ACHESON déclara la Péninsule comme étant en dehors du Périmètre de Défense américain d'Extrême Orient...!

Quand il l'apprit, le leader nord-coréen KIM IL-SUNG pensa qu'on lui offrait là une cible bien facile. Après avoir consulté Moscou, il déploya son armée, placée en alerte maximum, tout le long du 38ème parallèle. À l'aube du 25 Juin 1950, les troupes Nord-coréennes enfoncèrent les lignes, déferlant sur le sol du Sud, balayant une armée démunie de blindés comme d'armes lourdes, et conquirent SÉOUL rapidement. Traitant par des ricanements la résolution des Nations Unies prise en toute hâte qui exigeait la cessation immédiate des combats, le Nord accentua au contraire son attaque des deux côtés de la chaîne de montagnes qui sert d'épine dorsale à la Corée, réduisant en bouillie toute résistance organisée.

Mais comme ladite résolution de l'ONU appelait l'ensemble de ses Membres à fournir à la République de Corée "toute l'assistance nécessaire" pour l'aider à repousser l'envahisseur, ce furent les États Unis qui y répondirent les premiers, "Périmètre de défense" ou pas. L'avance des forces communistes jusqu'à cent milles à peine du détroit de Corée, directement en face du Japon, avait promptement incité Dean ACHESON et le Président TRUMAN à réévaluer l'intérêt stratégique de la Corée. Se rappelant la façon dont Adolphe HITLER tergiversait pendant qu'il envahissait ses voisins, ils convinrent rapidement qu'il était devenu maintenant nécessaire de barrer partout le chemin aux Communistes, même dans des endroits aussi reculés. De sa base de Tokyo, le Commandant en Chef des Forces Armées U.S. d'Extrême-Orient, le Général Douglas Mac ARTHUR, décida d'engager sur le terrain la 24ème Division d'Infanterie U.S., qui se consacrait jusque là à des missions d'occupation de routine au Japon, et , de ce fait, se trouvait largement sous-entraînée et sous-encadrée. À peine le premier bataillon "Task Force Smith" eut-il pris position près de OSAN qu'il fut violemment pris à parti par les forces nord-coréennes. Après avoir tenu sept heures contre d'incessantes attaques et acculé au point d'être près de se rendre, le bataillon préfèra rompre et se frayer un chemin vers le sud. Ce délai cher payé donna cependant assez de temps au flamboyant "général au bazooka", le Maj. Gen. William F. DEAN, commandant la 24ème DI, pour se déployer autour de TAEJON et y tenir les Nord-coréens en respect pendant deux semaines. Le Général fut le dernier à quitter TAEJON et fut fait prisonnier. Cette attitude héroïque permit au reste de la 24ème DI et de la 8ème Armée d'arriver et de commencer à préparer une contre offensive.

Dès les premiers jours d'Août, toutes les côtes coréennes faisaient l'objet d'un blocus naval total par les forces de l'ONU, et les Forces Aériennes combinées d'Extrême-Orient avaient déjà effectuées plus de 10.000 missions de bombardement en soutien de l'action des troupes américano-coréennes et de leurs alliés de l'ONU. Ces frappes avaient notamment comme objectifs les lignes de ravitaillement nord-coréennes, longuement étirées du fait de leur avance rapide. À la fin du mois, des renforts mieux équipés étaient arrivés tant des États-Unis mêmes, que d'Okinawa ou d'Hawaï, et le Lieut. Gen. Walton H. WALKER était enfin en mesure de contenir l'avance communiste sur la rivière Nakton, au Nord et à l'Ouest de PUSAN. Les troupes de l'ONU ne seraient pas rejetées à la mer.

Ne voulant pas se résigner à rester encore longtemps dans la poche de PUSAN le souffre-douleur de cette jubilante bande de Nord-coréens, Mac ARTHUR donna l'ordre de monter une opération amphibie de débarquement (3), très risquée, en plein milieu du dispositif communiste. À l'aube du 15 Septembre 1950, les MARINES débarquaient sur WOLMI DO, île de la baie du port d'INCHON, tout près du 38ème parallèle. Onze jours après, SÉOUL était reconquise, et dans le même temps, une division blindée U.S. qui avait réussi à briser l'encerclement de la poche de PUSAN faisait sa jonction avec la 7ème Division près de OSAN. Non seulement l'offensive Nord-coréenne était stoppée mais elle volait en éclat. Démoralisées, les unités communistes tentaient de profiter du couvert tourmenté de la chaîne montagneuse pour fuir vers le Nord, laissant derrière elles plus de 100.000 prisonniers dans cette guerre non-déclarée.

Les directives de l'État Major Général étaient que les troupes des Nations Unies devaient "détruire les forces armées Nord-coréennes". Elles foncèrent donc vers le Nord, ne marquant qu'une brève pause sur le 38ème parallèle, le temps pour le Général Mac ARTHUR d'obtenir la permission de pénétrer sur le territoire de la Corée du Nord. Le 20 Octobre, PYONGYANG tombait aux mains de l'Infanterie et des Parachutistes. L'avance des troupes de République de Corée en territoire nord-coréen le long de la côte Est était si irrésistible que le port de WONSAN tomba avant que le "X Corps" (x comme x-ray) U.S. ait eu le temps d'arriver pour conforter la victoire. L'avance des forces combinées et l'arrivée de l'armée de la République de Corée sur le fleuve Yalu, à COSAN, sur la frontière mandchoue, mirent la Chine communiste en grand émoi. Il était clair pour elle que le plan de Mac ARTHUR était d'éliminer l'armée nord-coréenne, et d'éradiquer le Communisme de la Corée, pour toujours.

À suivre...
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Léon C. Rochotte
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MessageSujet: Histoire résumée de la Guerre de Corée (suite)   Sam 7 Mar 2009 - 18:48

Suite

Les Chinois étaient déjà venus au secours des vestiges d'une Armée Nord-coréenne qui se faisait mettre en miettes, mais l'observation de leurs concentrations massives en Mandchourie avait été rendue impossible par leur camouflage et l'obscurité des nuits, surtout à cause de la mauvaise volonté des responsables politiques des Nations Unies à autoriser des vols de reconnaissance au-dessus du territoire chinois. Les forces de l'ONU qui faisaient maintenant pression aux frontières mandchoues et soviètiques, encouraient à leur tour le même danger d'attaque surprise que les Nord-coréens avaient connus du coté de PUSAN du fait de lignes d'approvisionnements distendues. Mais Mac ARTHUR fit un rapport à WASHINGTON selon lequel il pensait que les Chinois n'oseraient pas courir le risque d'une guerre mondiale en intervenant en force en Corée. Dans la nuit du 25 au 26 Novembre 1950, ils lui prouvèrent qu'il avait tout à fait tort en attaquant violemment les positions des forces des Nations Unies à l'Ouest des montagnes et celles du X Corps, à l'Est, avec des myriades de combattants. Ces soldats armés d'un équipement léger, se faufilant à travers les profondes forêts, débordèrent puis submergèrent facilement les positions des forces de l'ONU. En un éclair, le programme de Mac ARTHUR fut inversé: plus question de conquête des rives du Yalu, c'était tout le dispositif des Nations Unies qu'il lui fallait sauver maintenant. Il lui était interdit de déchaîner un assaut aérien sur les bases arrières chinoises qu'il appelait "le sanctuaire mandchou", TRUMAN ne voulant pas prendre le risque d'étendre le conflit, même si la Chine l'avait déjà étendu à sa place... Mac ARTHUR ordonna donc la retraite. Plus de 100.000 combattants des Nations Unies de la côte Est refluèrent vers le Sud en direction des ports de WONSAN et de HUNGNAM avec d'horribles pertes en vies humaines et en matériels. Leur sauvetage par l'U.S. Navy compte parmi les plus importantes et les mieux éxécutées des opérations d'évacuation massive par mer de toute l'histoire militaire.

(3) N.d.T.: La contribution française sur mer a été assurée par l'escorteur "La Grandière", un aviso colonial, qui appareilla de SAÏGON le 22 Juillet 1950 pour être intégré à la division des frégates placée sous commandement britannique. Après les missions harassantes d'escorte, de protection navale, anti-aérienne et anti-soumarine des innombrables convois qui déversèrent hommes et matériels dans la Poche de PUSAN, ces bâtiments participèrent aux débarquements d'INCHON, fait d'armes des troupes de l'ONU commandées par Mac ARTHUR, et de WONSAN.


Le Général WALKER se tua dans un accident de jeep deux jours avant Noël, et le commandement des troupes échut au Lieut. Gen. Matthews B. RIDGWAY qui consolida le front à hauteur du 38ème parallèle et ramena ce qui restait du X Corps vers PUSAN en vue d'y reformer une réserve stratégique. Ragaillardis par ce renversement de fortune, les Nord-coréens reconstituèrent instantanément leur armée et rejoignirent les Chinois dans une seconde invasion de la Corée du Sud déclenchée la veille du Nouvel-An. SÉOUL tombait à nouveau le 4 Janvier 1951, répandant des milliers de réfugiés atteints de panique (et d'espions communistes...) dans le circuit des troupes de l'ONU encerclées et déjà passablement épouvantées par le fanatisme des légions chinoises. Pendant ce temps, les discussions diplomatiques confinaient au théâtre de l'absurde avec cette guerre toujours pas déclarée et PÉKIN qui continuait à prétendre qu'il n'avait aucune force combattante en Corée, hormis, peut-être, la dizaine de milliers de "volontaires" d'origine chinoise qui auraient pu se trouver dans la péninsule...

Les forces de l'ONU optèrent pour une tactique "de front élastique", résistant aux assauts des multitudes chinoises, puis décrochant quand elles revenaient en mettant en oeuvre des équipements supérieurs. Mais le souhait de RIDGWAY était de mesurer la réelle capacité offensive des Chinois. Il donna l'ordre aux unités d'un régiment d'élite de livrer bataille à l'est de SÉOUL et de résister jusqu'au bout sans reculer(4). Les pertes furent sévères mais les lignes tinrent bon. Les Chinois avaient mis le paquet, mais ils ne purent jamais reprendre vraiment l'initiative dans ce combat homérique. RIDGWAY enchaîna aussitôt une contre-offensive destinée non seulement à la reconquête du terrain, mais aussi à entreprendre l'effacement du personnel et du matériel ennemis. L' "Operation Ripper" se révèla si probante que SÉOUL fut à nouveau aux mains des forces de l'ONU à la mi-Mars. Et les Alliès, accentuant leur poussée, franchirent à nouveau le 38ème parallèle, à prix élevé...

Dans le même temps, les GI'S américains avaient été très choqués d'apprendre que Mac ARTHUR avait été relevé de son commandement par le Président TRUMAN. Passant outre à son obligation de réserve, le Vieux Guerrier avait proclamé à grands roulements de tambour qu'il fallait porter la guerre dans le sanctuaire mandchou, avait appelé à un blocus des ports chinois, avait créé tout un imbroglio au plan diplomatique par son soutien au leader de la Chine Nationaliste de FORMOSE, le Général TCHANG KAÏ CHECK, et exigeait des renforts massifs du Pays. TRUMAN de son côté voulait éviter de provoquer l'ours soviètique et craignant que des efforts tous azimuts en Corée n'amenuise la force américaine face au rideau de fer en Europe, fit secrètement rechercher une solution de sortie honorable sur la péninsule coréenne. Mais quand, se payant d'audace, Mac ARTHUR demanda la reddition des Chinois, TRUMAN le saqua.

(4) N.d.T.: Il s'agissait du 23rd Infantery Regiment de la Second Division U.S. "Indianhead" à la devise "Second to none" (second de personne). Ce régiment était composé de deux bataillons américains et du Bataillon Français de l'ONU (BF/ONU). Le BF/ONU avait débarqué à PUSAN le 29 Novembre 1950 (sous le commandement du Général de Corps d'armée Raoul-Charles Magrin-Verneray, dit MONCLAR, qui avait troqué ses quatre étoiles pour des galons de colonel), et avait été intègré au 23rd RIUS avec lequel il fut de tous les combats jusqu'en 1953. Le Régiment avait reçu l'ordre de tenir coute que coute les positions assignées en plein territoire ennemi. Luttant farouchement contre la 125ème Division Chinoise tout entière, à 1 contre 60, le 23ème remplit parfaitement sa mission qui était de tester les réelles capacités offensives de l'armée chinoise. Les conditions climatiques étaient extrêmes: jusqu'à -40°C. Ses pertes furent effroyables, mais celles infligées à l'ennemi le furent bien plus encore. Les enseignements tirés par l'État Major furent décisifs dans la poursuite du conflit. Les noms de "TWIN TUNNELS" et de "CHIPYONG NI", principaux lieux de la terrible bataille, resteront gravés à jamais dans l'histoire de la Guerre de Corée. L'Emblème de guerre du Premier Bataillon Français de l'ONU s'enorgueilli de flammes aux noms de ces hauts lieux; il a été remis solennellement à Monsieur le Conservateur du Musée des Invalides le 11 Octobre 1996 par le Président de l'Association Nationale des Anciens des Forces Françaises de l'ONU et du Régiment de Corée (A.N.A.F.F. ONU - R.C.), Monsieur Charles de GUINE, en présence de l'Ambassadeur de la République de Corée en France, S.E. LEE, See-young.

Cependant, les Communistes lancèrent une nouvelle offensive dès le printemps, mais ne purent la soutenir bien longtemps, et furent une fois de plus repoussés vers le Nord par les forces de l'ONU, le long de la dépression montagneuse de la côte Est appelée "Punch Bowl" (Bol de Punch). À l'Ouest, la 8ème Armée placée sous le commandement du Général James A. Van FLEET prenait CHORWON et KUMWAH en Corée du Nord où elle dut attendre du fait du début de la saison des pluies. Comme on s'installait dans une guerre de tranchées, le représentant soviètique aux Nations Unies, Jakob MALIK, proposa l'ouverture de négociations pour un cessez-le-feu et , à KAESONG, on entreprit des pourpalers en vue d'une trêve. Les Communistes se mirent alors à ergoter sur des sujets tels que la taille de la table de négociation, aussi bien que sur l'épineuse question du rapatriement de force des militaires communistes et des civils nord-coréens qui avaient fuit au Sud, de telle sorte que les négociations cahotaient, bloquant, repartant. Mais les troupes de Van FLEET n'étaient pas, elles, dans l'attente d'un règlement diplomatique. Elles remportaient de plus en plus de petites mais très significatives victoires, et étaient même prêtes à avancer encore plus loin, quand RIDGWAY leur intima l'ordre de cesser toute action offensive.

Pendant l'été 1952, le Gen. Mark W. CLARK fut nommé pour remplacer le Général RIDGWAY qui allait prendre le commandement de l'O.T.A.N. en Europe, et, à la même époque, la Guerre de Corée devint un des enjeux majeurs de la campagne présidentielle aux États-Unis. Lorsque le Gen. Dwight D. EISENHOWER, le hèros du D-Day (débarquement en Europe) , promit de mettre fin rapidement aux hostilités s'il était élu, et que, après sa victoire en forme de plébiscite en Novembre, il eut inspecté rapidement le front, la voie était ouverte à un règlement facile de la question. Ainsi qu'il l'écrivit plus tard dans ses mémoires: en l'absence de progrès significatif pour une paix négociée "nous avions la ferme intention d'aller vers l'emploi de -toutes- nos armes sans aucune inhibition, et nous ne voulions plus rester seuls responsables du confinement des hostilités à la seule Péninsule Coréenne". En langage clair, "Ike" brandissait l'arme nucléaire en direction de la Chine. Au début de 1953, une solution semblait à portée de main, mais buta à nouveau sur le problème du rapatriement. Puis RHEE refusa tout règlement qui entérinerait la partition de sa Patrie ou qui forcerait les prisonniers qui ne le souhaiteraient pas à retourner en Corée du Nord. Le Général CLARK signifia alors sans ambage à RHEE que la seule alternative à son acceptation des conditions d'armistice était le retrait total des Forces Armées des Nations Unies, ce qui le livrerait aux loups communistes; le Président vieillissant finit par accepter de faire des concessions et de se tenir coi. Le 27 Juillet 1953, l'armistice fut donc signé à PANMUNJOM par les Communistes mais pas par les Sud-coréens... La zig-zaguante ligne de front finale devint Zône Démilitarisée (DMZ), frontière désormais de facto entre le Nord et le Sud, et le rapatriement des prisonniers put commencer. Les Américains pouvaient enfin reprendre leur marche vers la prospérité sous la houlette de leur génial Président.

On estime que deux millions de soldats Nord-coréens et Chinois sont morts dans les combats ou du fait des maladies qu'ils ont pu contracter pendant le conflit.

Les pertes des Nations Unies sont gravées pour toujours dans la pierre du Mémorial aux Vétérans de la Guerre de Corée à WASHINGTON:

Morts
U.S.A.: 54.246
NATIONS UNIES: 628.833

Disparus
U.S.A.: 8.177
NATIONS UNIES: 470.267

Prisonniers
U.S.A.: 7.140
NATIONS UNIES: 92.970

Blessés
U.S.A.: 103.284
NATIONS UNIES: 1.064.453

LA PAIX A UN PRIX

Freedom is not free

NOS NATIONS RENDENT HOMMAGE À LEURS FILS ET FILLES EN UNIFORME
QUI RÉPONDIRENT À L'APPEL DE LEURS PATRIES POUR ALLER DÉFENDRE UN PAYS QU'ILS NE CONNAISSAIENT PAS
ET UN PEUPLE QU'ILS N'AVAIENT JAMAIS RENCONTRÉ
Présidents CLINTON et KIM Young San, 25 juillet 1995, Washington D.C.
Source: mon site personnel EUROKORVET

Mise à jour 2004.
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