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 le camp 113 et l'infame boudarel

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MessageSujet: le camp 113 et l'infame boudarel   Dim 8 Fév 2009 - 17:37

Le Camp 113 et l'infâme boudarel




Depuis la chute du rideau de fer, l'ouverture des archives de l'Est apporte de nouveaux éléments au dossier. Ainsi on apprend que tous ne furent pas insensibles au sort du camarade Boudarel, après les crimes contre l'humanité, dont il s'est rendu complice en Indochine. Cette lettre reproduite dans le livre de l'historien d'origine tchèque Karel Bartosek, "Les aveux des archives" (Seuil, 1996) montre comment le comité central du Parti communiste français intervint auprès de son homologue tchècoslovaque pour que ce dernier organise le retour en Europe de Boudarel et lui trouve un emploi en rapport avec ses capacités. La requête du PCF, motivée par la solidarité envers un camarade en difficulté, fut pleinement satisfaite puisque Georges Boudarel obtint un poste à responsabilités à la FSM (Fédération Syndicale Mondiale), basée à Prague.



Mais qui fut cette infame personnage :Biographie de Georges Boudarel
(21-12-1926 - 29-12-2003)

Né le 21-12-1926 à Saint-Etienne (Loire) dans une famille catholique, Geoges Boudarel fait de bonnes études chez les Pères Maristes, puis obtient sa licence de philosophie.

Prend sa carte du Parti Communiste Français en 1946. Nommé enseignant en Indochine, alors qu’il n’a pas encore effectué son service militaire et se trouve en situation de « sursis », embarque sur le SS « PASTEUR » au début d’avril 1948. Débarqué en Cochinchine, il est affecté au Lycée Yersin de Dalat comme professeur de philosophie.

Entre temps, à Saïgon, il établit des contacts suivis avec la cellule du Kominform appelée « Groupe culturel marxiste numéro 106 ».

Il remplit alors diverses missions pour l’Education Nationale : correction du baccalauréat à Hanoï (juin 1949), stage au Collège de Vientiane au Laos (automne 1949), affectation au lycée Marie Curie à Saïgon (fin 1949).

En 1950, il décide de sauter le pas, écrit-il, et rejoint le maquis viet-minh. Il y sert pendant deux ans. Plus tard, il sera appelé sous les drapeaux sur le territoire indochinois et, ne se présentant pas aux autorités militaires françaises, il sera considéré comme « insoumis », et non comme déserteur.

Pendant cette période, il devient membre du Parti Communiste Indochinois qui se transforme peu après, le 3 mars 1951, en Parti des travailleurs (Dang Lao Dong). Il est affecté à la radio « Saïgon-Cholon libre » où il a en charge l’émission en français. Il prend le nom vietnamien de Daï Dong, c’est-à-dire : Fraternité universelle.

Fin 1951, il est désigné pour servir au Nord en vue de faire de la propagande en faveur de la paix et du rapatriement du Corps Expéditionnaire français (CEFEO) auprès des prisonniers que le Viet Minh envisage de libérer pour faciliter la fin des hostilités.

Il est mis en route début 1952 et mettra presque un an à rejoindre le Tonkin, en passant par les pistes de montagne de la Cordillère Annamitique, et en évitant soigneusement les forces françaises.

Le 22 décembre 1952, il arrive au Viet-Bac (Zone « libérée » par le Viet Minh au Tonkin) et se voit nommé Instructeur Politique adjoint au commissaire politique du Camp 113. Il est assimilé à un chef de compagnie (Daï Dôï Truong) avec une rémunération triple, soit trois kilos de paddy par jour. Le kilo de paddy, riz non décortiqué, est alors l’unité monétaire dans les zones occupées par le Viet-Minh.

Il arrive le 7 février 1953 au camp 113, situé à Lang-Kieu non loin de la frontière de Chine, au sud d’Ha-Giang, dans le bassin de la Rivière Claire (Song Lô), à une vingtaine de kilomètres de Vinh Thuy,où il est nommé commissaire politique dans un camp de prisonniers, le camp 113, et est appelé Dai Dong. D'après de nombreux témoignages de rescapés du camp, il s'y serait rendu coupable de tortures contre des soldats de l'Armée française. Durant l'année de son activité au camp 113, sur 320 prisonniers français, 278 ont péri

Il y appliquera consciencieusement le programme de lavage de cerveau conçu par le Dich Van, organisme du gouvernement central chargé de la rééducation politique des prisonniers de guerre.

Il mesure parfaitement les absurdités du système, et parfois même son ignominie, surtout lorsqu’il constate le taux très élevé de la mortalité parmi les captifs : 50%
Il quitte le camp 113 en février 1954 et se voit affecté à l’émetteur radio La voix du Vietnam, situé dans un endroit tenu secret du Tonkin.

En octobre 1954, à la suite des accords de Genève, il rejoint Hanoï où il restera dix ans.

Pour mieux comprendre ce que fut ces Camps j'emprunterais a Thomas Capitaine, Captifs du Viet-Minh. Les victimes de Boudarel parlent, Union nationale inter-universitaire, Paris, 1991 Ouvrage en ligne : http://www.chez.com/archives/
et vous recommande vivement la lecture de son livre en ligne lien ci-dessus

Vous prisonniers ! Si vous rester tranquilles, moi c’est peut-être pas couper les couilles".

Ce fut sur ces paroles peu rassurantes pour l’avenir qu’allait poindre, pour le Caporal Lacassagne et son chef de section, l’aube du 18 octobre 1952. Le dernier point d’appui du poste de Nghia-Lo, siège du P.C. du ler Bataillon Thaï, venait de tomber. La veille, nous avions assisté, impuissants, à la prise du "Piton" tenu par la 4ème Compagnie. Un à un tous les postes du secteur avaient ainsi été enlevés depuis le début du mois. Les portes du secteur NordOuest étaient désormais ouvertes aux forces armées du Viet-Minh.

"Dhivé, mao-len !" , ordonna cette fois le gradé viet après nous avoir, avec l’aide de ses hommes, désarmés. Bousculés, la baïonnette dans les reins, nous fûmes conduits vers le point de rassemblement où nos compagnons d’armes nous attendaient depuis près d’une heure déjà.

Il y avait là mon Chef de Bataillon (Cdt Thirion), son adjoint (Cne Bouvier d’Yvoire), mon Commandant de Compagnie (Cne Boillot), notre toubib (Médecin Lieutenant André), mes camarades sous-officiers, parmi lesquels quelques blessés, des hommes de troupe français, marocains et thaïs. Un certain nombre de têtes connues manquait.

Les poignets liés derrière le dos, ils étaient assis, groupés, serrés les uns contre les autres comme s’ils avaient eu froid, fatigués par les longues nuits de veille et la tension nerveuse du combat à peine terminé. Silencieux, le regard fixe, ils semblaient mesurer toute l’étendue de leur défaite. A quoi pensaient-ils ? Sans doute, tout comme moi, à leur famille. La reverraient-ils un jour ? Nul ne le savait.

Démunis de tout, ayant pour seuls vêtements un slip, un. maillot de corps et la tenue de combat qu’ils portaient, sans chaussures (2) - celles-ci ayant été confisquées à titre de précaution contre toute évasion,- ils étaient anéantis, et ce fut avec le triste sourire de l’homme vidé de son énergie qu’ils nous accueillirent.

Pour la plupart d’entre eux, cet effondrement ne fut que passager, car il convenait en effet de se ressaisir très vite, de faire face à notre nouvelle situation, afin de tenir à tout prix.Dès notre arrivée, nous fûmes conduits chez le Chef de camp. Homme sans âge, de taille moyenne, sec, comme la plupart de ses compatriotes, ni sympathique ni franchement antipathique, il nous souhaita la bienvenue en ces termes : "Je suis heureux de vous accueillir au Camp 113. Je sais tout de vous.. Mais quoi que vous ayiez pu faire avant votre capture, vous serez hébergés, nourris et soignés ici dans les mêmes conditions que vos camarades simples combattants selon les principes humanitaires prescrits par notre vénéré Président. Cette mansuétude à votre égard ne devra toutefois pas vous faire oublier votre position de "criminel de guerre". E vous faudra obéir sans discuter aux ordres des gardes, du surveillant général, de mon adjoint ici présent, français comme vous, mais qui depuis 1945 a choisi le camp de la paix".

Instinctivement, nous suivîmes le regard du Chef de camp pour tenter de distinguer les traits de celui qu’il venait de nommer. Assis à l’écart, dans la pénombre, demeuré silencieux depuis notre entrée afin, vraisemblablement, de mieux nous observer, nous ne l’avions pas remarqué. Son image était trop floue pour nous permettre de le définir. Le Chef de camp ne nous en laissa d’ailleurs pas le temps.

"Monsieur BOUDAREL, dit-il, est chargé, sous ma responsabilité, d’animer ce camp, c’est-à-dire d’assurer votre rééducation politique, d’organiser vos loisirs, de vous donner le goût du travail manuel afin de faire de vous, fils égarés d’un peuple travailleur, épris de liberté, des hommes nouveaux, des combattants de la paix. Je compte sur votre concours et votre bonne volonté. Maintenant, allez rejoindre vos camarades et vous reposer. J’ai donné les ordres nécessaires pour votre installation".

Nous venions d’entendre notre Nième leçon de morale socialiste. En dépit du ton persuasif de la dernière phrase, elle n’avait, comme les précédentes, profité qu’à son auteur, entretenant chez lui, comme un besoin, l’illusion de sa médiocre importance. Quant à son adjoint, il en fut pour ses frais. Blasés à tout jamais par de tels propos, nous étions, mon camarade et moi, restés sans réaction. Sa manière de procéder, d’épier dans l’ombre pour le compte de nos ennemis, le comportement de ses malheureux compatriotes, qu’il allait, par sa trahison, contribuer à avilir, me le rendit d’emblée antipathique.

Asuivre :
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MessageSujet: Re: le camp 113 et l'infame boudarel   Dim 8 Fév 2009 - 17:39

Suite :
mais a quoi ressemblait ce Camp 113 bâti sur une sorte de promontoire boisé, mais débroussaillé, avec, en son milieu, une clairière artificielle aménagée en amphithéâtre, dans lequel des rondins posés directement sur des troncs d’arbres sectionnés faisaient office de bancs. Face à ces bancs, une estrade. Délimitant cet amphi, sur ses côtés est et ouest s’élevaient deux rangées de cagnas, comportant chacune deux bâts-flancs et une allée centrale, dissimulées sous la frondaison. Sur chacun des autres côtés aboutissait un chemin. L’un descendait en un large virage à gauche vers les habitations des autorités et des gardes, puis, plus loin, vers les cuisines et la rivière, l’autre menait tout droit, en pente douce, vers la cagna baptisée "‘infirmerie".

Rien ne délimitait le camp, ni rideau de bambou ni clôture de barbelés ni mirador, c’était superflu. Tout autour de nous, c’était la jungle hostile, avec ses embûches, ses fauves, ses serpents, ses myriades d’insectes de toutes espèces. Approximativement, nous situions le camp à 70 km de la frontière de Chine, à 20 km du grand village de Vinh-Thui (6) placé au point de jonction de notre cours d’eau avec la Rivière Claire, à 200 km de Tuyen-Quang, à 350 km de Vietri poste français le plus proche, à 450 km de Hanoï, à plus de 14-000 km de la France à vol d’oiseau.

Le camp était occupé par quelque 320 prisonniers, tous d’origine européenne, parmi lesquels 7 officiers attendaient depuis des mois leur transfert au Camp N’ 1, une trentaine de sous-officiers dont une dizaine d’adjudants-chefs et d’adjudants. Sur ce nombre, 270 environ survivaient dans des conditions précaires d’alimentation, d’hygiène et de prophylaxie.

A l’infirmerie, véritable antichambre de la mort, 20 squelettes à pieds d’éléphant agonisaient sous un essaim de grosses mouches vertes. Malgré le dévouement de Kemen et sa médication de fortune, ils étaient vaincus par la faim, vidés par la dysenterie, minés par le paludisme, l’avitaminose, les ascaris, la peau rongée par les champignons de la dartre annamite, de la bourbouille et du hong-kong-foot. Parmi ceux qui n’avaient plus aucune réaction et qui allaient mourir le soir même ou dans la nuit, certains avaient les lobes d’oreilles et la base des narines entamés par les rats. C’était un spectacle affreux.

Dans les cagnas, le reste de l’effectif atteint des mêmes maladies, à un degré moindre peut-être, mais cependant d’une autre non moins mauvaise : "la maladie du bât-flanc" (mauvaise habitude consistant à rester allongé en dehors des heures normales de repos), se préparait à remplacer, à plus ou moins brève échéance, à l’infirmerie, leurs camarades qui allaient mourir.
Notre emploi du temps s’établissait, en principe, de la manière suivante: Les matinées étaient consacrées aux corvées courtes, corvée de bois, lessive, débroussaillage, etc. La corvée de bois avait lieu tous les jours (le bambou brûle vite), la corvée de riz tous les dix jours environ (distance variable, 15 à 25 km). L2 corvée de sel (30 à 40 km), de loin la plus pénible, la plus harassante, le plus souvent conduite par BOUDAREL, durait deux, trois et parfois même quatre jours. L’équipe qui y participait perdait à chaque fois deux, trois ou quatre hommes en cours de route ou après le retour au camp, un nombre analogue un ou deux jours plus tard. Les après-midi étaient consacrées à l’éducation politique par BOUDAREL, aux séances d’autocritique, auxquelles je ne me suis jamais plié, n’ayant rien à me reprocher. Mais il n’en était pas de même de nombreux autres camarades, qui s’accusaient d’exactions invraisemblables, puis juraient sur leurs grands dieux qu’ils allaient passer le reste de leur captivité à s’amender, à se repentir dans le but avoué d’entrer dans les bonnes grâces de leur laveur de cerveau, avec l’espoir de faire partie de la prochaine libération anticipée. Les meetings coîncidaient avec les bonnes nouvelles du front ou les exploits des stakhanovistes russes. Les soirées étaient meublées soit par des veillées au cours desquelles alternaient chants et sketchs, soit par des discussions au sein des groupes.

Tous ceux qui pouvaient tenir debout participaient aux corvées et aux activités du camp. "Si pas travailler, c’est pas manger telle était la devise du surveillant général.

Notre bonne ou mauvaise volonté à admettre la vérité enseignée conditionnait tout le système. C’est pourquoi, les lendemains des cours ou meetings sans résultats satisfaisants, on voyait s’allonger la corvée de bois de 4 à 5 km, la corvée de riz de 10 à 20 km. Pour la même raison, la quantité de riz aux repas diminuait, le cube de viande de buffle disparaissait bientôt du menu sous prétexte de pénurie momentanée. Par contre, lorsque des progrès étaient constatés dans notre éducation, le phénomène inverse se produisait. Dans ces moments-là - ils étaient rares - les autorités auraient facilement sacrifié deux ou trois chèvres. Bref, comme notre estomac, le système était élastique.

Bien que supérieure de 200 à 250 grammes à celle servie dans les camps de représailles et qui m’avait fait perdre 20 kilos en cinq mois, la ration alimentaire quotidienne était nettement insuffisante pour maintenir les corps, déjà vidés de leur substance, en état de résister aux fatigues journalières, aux maladies, à la rigueur du climat.

Cette ration représentait une certaine quantité de denrées alimentaires correspondant à la valeur en piastres "Ho-Chi-Minh" d’un kilo de riz. Ce qui ne voulait pas dire que chaque prisonnier percevait un kilo de riz par jour. C’était plus subtil et plus compliqué que cela. Théoriquement - je dis bien théoriquement - la ration homme-jour se- décomposait comme suit

Riz = 600 g

Sel = 5 à 10 g

(perceptions très irrégulières, souvent un mois sans)

Viande = 10 à 20 g de viande de buffle

Légumes = pratiquement inexistants, à part une fois de temps en temps, 1 des liserons d’eau, des racines de manioc, des feuilles de courges, des herbes comestibles.
Je m'arreterais ici pour vous laissez lire ce récit poignants du courage de ces Hommes du simple deuxième classe à l'officier supérieur qui tinrent tête a ce traitre de Boudarel et des Viètminh et où tant d'entre eux sont mort dans des conditions inhumaine


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