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 Marins et Paras sur Diên Biên Phu

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Léon C. Rochotte
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MessageSujet: Marins et Paras sur Diên Biên Phu   Jeu 5 Fév 2009 - 18:10


Un pompon rouge sur le centre de résistance (CR) «Isabelle»

" ...Le 16 mars 1954, un renfort appréciable, transporté par quarante-deux C-47 Dakota est parachuté sur «Simone». Elle est située à environ 3 km au sud du PC principal, à égale distance d’Isabelle.

Un peu plus tard, d’autres «Dak» effectuent une autre livraison, d’un autre genre, mais aussi appréciable que les précédentes, l’Antenne Chirurgicale Parachutée n° 3 du Médecin-lieutenant Résillot. Avec lui sautent son sergent- major Jean Chaumette, le sergent-chef Marie Pétri, les sergents Jean Chassier et Samba Babacar, le caporal-chef Guyollot, le quartier-maitre de 1ère classe (QM1) Jean Segalen et le 1ère classe Le Van Dang, tous largués sur le PC central..."
(Extrait du texte écrit par René BAIL (Journaliste-Auteur)



Carte extraite de :
Pendant le parachutage, les Viêts mitraillent sans arrêt...
À l'atterissage, Jean SEGALEN tombe dans les barbelés entourant Diên Biên Phu. Pendant plus de deux heures, les Viêts qui l'ont repéré ne cessent de mitrailler et d'arroser d'obus de mortier le secteur où il a atterri...

Installée au point d'appui "Isabelle", l'antenne du Lieutenant RÉSILLOT travaille inlasablement de jour et de nuit. Ségalen est partout à la fois; bricoleur, il installe dans les meilleures conditions les galeries et salles de blessés souterraines; anésthésiste-réanimateur, il prépare les opérés, suit les interventions, s'occupe de la réanimation post-opératoire; de plus, en huit transfusions, il donne 2600cc de son propre sang.
Sans trêve ni repos, au mépris absolu du danger, il va relever jusqu'à trois cents mètres de là sous le feu nourri de l'ennemi, des blessés qui gémissent et appellent à l'aide. En particulier un jour un sous-officier est gravement atteint entre les lignes; un éclat d'obus de mortier dans l'aisselle a occasionné une hémorragie grave...
... Ségalen se moquant du bombardement intense et des balles qui giclent de tous côtés bondit au secours de ce moribond. Son pouce dans la plaie, il arrête le sang et tout seul porte le blessé à l'antenne. Son courage, son intitiative et sa rapidité dans l'éxécution ont sauvé une vie de plus.






Dernière édition par Léon C. Rochotte le Lun 9 Fév 2009 - 15:45, édité 4 fois
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http://assoc.orange.fr/france-coree/eurokorvet/eurokorvet.htm
Léon C. Rochotte
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MessageSujet: Re: Marins et Paras sur Diên Biên Phu   Jeu 5 Fév 2009 - 18:40

La Marine perd un deuxième quadrimoteur "PRIVATEER"

Cat-Bi 8 MAI 1954,


DBP est tombé mais la guerre continue et au matin, les équipages des Privateers 28F6 et 28F-8 sont convoqués pour une mission de harcèlement des voies de communication, notamment la R.P. 41...

...Il est 10h20 lorsque le Privateer 28F-6 met le cap à l'Ouest en prenant lourdement de l'altitude. Il est suivi par le 28F-8 de l'EV Boulier qui décolle 10h27...


CONSOLIDATED
PB4Y-2 "PRIVATEER" de la Marine - photo 28F

...Il est midi. Le 28F-8 quitte la zone, alors que le 6 annonce à la radio: -Il me reste une bombe dans la soute. Je vais refaire un passage et observer les résultats.
.... ....

- César 8 à César 6: OK,je rentre.

Il est entre 12 h 10 et 12 h 15. Le 28 F-6 se présente de nouveau pour larguer manuellement la dernière bombe. Le patron armurier, le second-maître Kéromnès, un grand gaillard d'un mètre quatre-vingt, va dans la soute pour effectuer la manœuvre, juché sur la poutrelle, directement au-dessus du vide.

- Des camions sur la route à deux heures, signale alors l'un des membres d'équipage.

- Armez les tourelles, ordonne l'enseigne de vaisseau Monguillon. Sachant que le second-maître mécanicien Stéphan préfère la tourelle de nez, le second-maître Carpentier se dirige vers l'arrière pour armer celle de queue. Les deux hommes se croisent sur la passerelle de la soute à bombe et échangent une accolade. Les blisters de gauche et de droite sont déjà activés, le premier par Kéromnès, l'autre par le second-maître radio Lacrosse.

Aidé par son navigateur, le second-maître Le Coz, Monguillon amorce une descente vers les camions.

Le Privateer évolue alors dans la vallée, plus bas que les sommets environnants et se met légèrement sur la tranche. La tourelle avant puis celles situées de part et d'autre de l'avion, derrière les plans,
commencent à cracher. Les marins peaufinent leur visée grâce aux traçantes. A l'arrière, Carpentier fait de même dès que les camions apparaissent dans son champ de vision. Soudain, des flocons noirs parsèment le ciel et se rapprochent du quadrimoteur qui survole la piste menant à Na San.

- Chef de bord, vous pouvez dégager sur la droite, dit sèchement Le Coz au pilote.
- D'accord, je vais essayer.

L'avion enregistre un soubresaut et vibre. Ayant lu quelques jours auparavant dans un livre de maintenance que la tourelle pouvait se décrocher, Carpentier sort précipitamment pour vérifier. Rassuré, il reprend sa place. Avant de refermer les portes, il aperçoit Lacrosse sortant de son blister, l'air inquiet. Kéromnès ouvre la porte d'accès sur la soute à bombes qu'il repousse aussitôt du pied, des flammes lui ayant léché le visage. En jetant un coup d'œil par le blister droit, il constate que l'aile est en feu. De morceaux de capot moteur se décrochent.

Au moment où il reprend le tir, Carpentier remarque des flammèches qui passent sur le côté de sa tourelle. Etant à ce poste pour la première fois, il suppose qu'elles sont dues aux autres qui tirent. L'une des deux mitrailleuses s'enraye alors. En voulant le signaler à Monguillon, Carpentier constate que la radio de bord ne fonctionne plus. Puis, soudain, plusieurs secousses déséquilibrent le bombardier. Carpentier ouvre précipitamment les
portes coulissantes et une fumée épaisse envahit sa tourelle. Il se hisse par les bras pour dégager les jambes et se laisse tomber en arrière.
D'autres explosions se produisent, projetant une multitude d'éclats. La partie supérieure de sa tourelle explose. Carpentier se redresse péniblement, asphyxié par la fumée. Légèrement blessé au pied droit par un éclat, il se dirige vers l'endroit où sont stockés les parachutes en enjambant la trappe photo ouverte. Lacrosse ouvre la porte qui communique avec le poste avant par la soute à bombes. C'est un véritable brasier. La table au-dessus de laquelle se trouve le dernier parachute commence à brûler. Carpentier l'empoigne, l'accroche sur son harnais puis se dirige vers la trappe photo. Durant une fraction de seconde, il songe à attacher Lacrosse avec lui à l'aide de la sangle de sécurité qui sert à les assurer lorsqu'ils prennent des photos. Mais il y renonce, mesurant les chances de réussite minimes avec le peu de temps dont il dispose, vu l'urgence de la situation.
Après une petite hésitation, il plonge dans le vide la tête la première. C'est le choc de l'ouverture, puis le silence qui surprend après le bruit des moteurs en survitesse.
De son côté, Kéromnès a sauté. La main sur la poignée d'extraction du parachute, il s'est accroupi puis a pivoté dans le vide alors que l'avion était déjà en piqué. Il a tiré avec force la poignée au moment où il avait le ventre
en l'air.
Le Privateer poursuit son piqué. L'aile droite se détache et tombe en tournoyant avec ses deux moteurs, tandis que le bombardier part en vrille et percute le flanc d'une colline. Une fumée noire s'élève dans le vacarme des munitions qui explosent.

La descente semble interminable, sauf les derniers mètres. Keromnès traverse des fourrés, touche le sol, se relève aussitôt et coupe le parachute extracteur. Il entend les cris des Viets qui se sont lancés à sa recherche. Il décide alors de se débarrasser de son pistolet et d'un carnet sur lequel sont notés les différents chargement des bombes du 28 F-6. Il les enterre dans un petit trou duquel il s'éloigne sans tarder. Au sommet de la colline, il se trouve en présence de gamins de douze à quinze ans dont l'un d'eux tient un fusil braqué sur lui. Il tremble de tout son corps et un deuxième serre une grenade dans sa main. Les cris des jeunes s'intensifient et l'un d'eux sort un rouleau de fils électriques. Kéromnès se retrouve ficelé, les bras liés dans le dos, les pieds entravés. Durant sa marche, il peut voir, bien camouflées, de nombreuses batteries de D.C.A. de 37 mm ou de 40 mm.
Introduit dans une grande tente, il se retrouve face à quelques hommes assis derrière une table. L'officier viêt-minh s'exprime dans un français impeccable.
- Combien de personnes y avait-il à bord? demande-t-il. Y avait-il des
Américains? Quelle était votre fonction?

- Photographe, répond Kéromnès, ne voulant pas révéler qu'il était
armurier et mitrailleur.
L'interrogatoire se poursuit sur l'appareil, son origine, sa puissance et son potentiel armement. Kéromnès reste volontairement imprécis dans ces réponses.
Soudain surgit un bodoï tenant une main encore sanguinolente. Il la présente à l'aviateur.
- Vous avez sauté à trois, affirme l'un des Viets. Nous avons capturé un radio, un blond blessé à la jambe, qui a refusé d'être soigné. Il est mort.
- Nous n'avons pas capturé le troisième, mais cela ne saurait tarder,
assure l'officier.

Puis il ajoute:
- Vous avez peut-être faim? Les mains libres, Kéromnès prend son premier
repas en captivité: quelques grains de riz dans un bouillon suspect.

Pendant ce temps, Carpentier échoue dans un sous-bois épais. Il débouche dans une grande clairière où il tombe nez à nez avec un femme portant un
balancier sur l'épaule. Apeurée, elle laisse tout tomber avant de se sauver en criant. Carpentier s'enfuit. Il se sen! traqué. Des signaux sonores émis avec des bambous, retentissent ur peu partout. Après avoir erré dans la brousse, il sera fait prisonnier en fin d'après-midi. A la nuit tombée, il arrivera dans un village où il sera pris en mains par quatre viêt-minh formés en deux équipes et parlant parfaitement le français. Vêtus d'un uniforme vert et coiffés d'un casque flanqué d'une étoile, ils questionneront Carpentier durant cinq jours et cinq nuits sans interruption, exigeant sans cesse qu'il livre les noms des Américains présents dans l'avion. Ils produiront même une liste sur laquelle ils lui demanderont de cocher ceux qui étaient avec lui. Deux gardiens le frapperont avec deux bouquets de bambous écrasés, à intervalles irréguliers, pour le maintenir éveillé. Il sera également
interrogé à l'aide d'une génératrice que ses bourreaux brancheront à l'un de se testicules.

Sept des membres d'équipage du 28 F-6 ont trouvé la mort ce 8 mai 1954: enseigne de vaisseau de 1re classe Pierre Monguillon, pilote chef de bord ; second-maître André Roissat, co-pilote; second-maître Yve Le Coz, navigateur-bombardier; maître Francis Bouyssou, premier mécanicien; second-maître Louis Stephan, second mécanicien; second-maître Jacques Hoog, premier radio; second-maître René Lacrosse, second radio. Les deux rescapés sont les deux armuriers : second-maître Jean Keromnès, premier armurier, et le second-maître Jean Carpentier, second armurier....



CONSOLIDATED
PB4Y-2 "PRIVATEER" de la Marine - photo 28F

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Extraits de l'ouvrage "Aviateurs en Indochine" Diên Biên Phu de Patrick Charles RENAUD, ancien marin.
Éditions Grancher, février 2003

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http://assoc.orange.fr/france-coree/eurokorvet/eurokorvet.htm
 
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