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 cao bang ,origine,les faits et les coséquences

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MessageSujet: cao bang ,origine,les faits et les coséquences   Lun 26 Jan 2009 - 17:29

Cao Bang, origine, les faits, les conséquences

voici l'analyse du Général de Corps d'Armée Georges Longeret point de vue qui ma semblé intéréssent

Dossier: Cao Bang, origine, les faits, les conséquences
Général de Corps d'Armée Georges Longeret, Promotion Veille au Drapeau (1943)



Jusqu’au début de 1945 et malgré la défaite de 1940, la France avait pu conserver l’essentiel de ses positions en Indochine. Le Japon s’était limité à une occupation partielle afin de contrôler les ports et les principales voies de communication, particulièrement à la frontière de Chine. Pendant cette période, le parti communiste vietnamien avait très habilement profité de la situation en créant une Ligue nationaliste, le Viêt-minh en 1941, et en entreprenant un travail en profondeur afin d’organiser des bases refuge et d’obtenir la complicité d’une partie de la population Tho, principale ethnie de la zone frontière entre Cao Bang et Lang Son.



L’évolution générale des événements en Asie du Sud-Est en 1945 fut très favorable au Viêt-minh. En effet, confronté à l’offensive des forces américaines dans le Pacifique et à celle des forces chinoises sur le continent, le Japon élimina brutalement la souveraineté française en Indochine le 9 mars. A la frontière de Chine, le dispositif militaire français fut anéanti en vingt-quatre heures dans des conditions dramatiques. Quelques mois plus tard, la capitulation japonaise en août 1945, permit au Viêt-minh de s’emparer du pouvoir de fait à Hanoï et à Saïgon tout en mobilisant la population vietnamienne dans un grand élan nationaliste.



En France, le gouvernement du général De Gaulle avait décidé de rétablir la souveraineté française en Indochine et préparé un Corps expéditionnaire de trois divisions dès la fin de la guerre en Europe. Ainsi dès septembre 1945 une première unité française débarqua à Saïgon avec la division anglaise chargée par les alliés de réoccuper le Vietnam au sud du 16e parallèle tandis que les armées nationalistes chinoises commençaient à réoccuper la partie nord.

L’amiral Thierry d’Argenlieu, haut-commissaire, et le général Leclerc, chef du Corps expéditionnaire, rétablirent rapidement la souveraineté française en Cochinchine mais il fallut attendre le 6 mars 1946 pour que le général Leclerc puisse débarquer à Haïphong avec la 9e Division d’Infanterie Coloniale face aux troupes chinoises d’occupation et au pouvoir viêt-minh. Lang Son fut réoccupé en juillet 1946. A la fin de l’année le Viêt-minh avait déclenché une attaque générale contre toutes les positions françaises au Tonkin, évacué auparavant par les armées nationalistes chinoises. L’échec de l’offensive avait contraint le gouvernement de Ho Chi Minh ainsi que ses forces armées, environ 30 000 hommes, encore médiocrement équipés, à se réfugier dans la Haute Région. L’opération Léa, conduite début octobre 1947, après l’arrivée de renforts, avait pour but principal de disloquer la zone d’implantation viêt-minh entre le fleuve Rouge et la frontière de Chine de Thai-Nguyen à Cao Bang. Après l’opération Léa, le dispositif établi sur la RC 4, dont le tracé sinueux et très tourmenté, souvent escarpé, longe la frontière de Chine de Lang Son à Cao Bang sur près de 100 kilomètres, fut maintenu et développé. Deux secteurs furent créés comprenant une centaine de postes, recrutant des partisans et ralliant les populations des villages environnants. C’était le deuxième grave échec subi par le Viêt-minh depuis le retour des unités françaises au Tonkin.



Trois ans plus tard, en octobre 1950, l’évacuation de Cao Bang par la RC 4 a tourné au désastre, provoquant la perte de plus de 8 de nos bataillons et donnant au Viêt-minh sa première victoire retentissante. Mon propos est de souligner les principales causes de ces tragiques événements et d’évoquer quelques-uns de leurs prolongements.



L’insuffisance des moyens engagés au Tonkin à partir de 1947 est à l’origine des difficultés rencontrées par le commandement pour prolonger la stratégie développée avec l’opération Léa : détruire les unités régulières viêt-minh en Haute région tout en assurant le contrôle de la frontière de Chine. En raison de la faiblesse des moyens de renfort envoyés par la métropole en 1948 et 1949, le général Blaizot, commandant en chef, ne put engager aucune opération d’envergure en Haute région pendant ces deux années. De son côté, le Viêt-minh s’en prit dès fin 1947 au dispositif implanté ainsi qu’aux convois de ravitaillement. Le poste de Phu Tong Hoa, installé par une unité du 1er Régiment d’Infanterie Coloniale fut attaqué à deux reprises. Une nouvelle attaque se produisit en juillet 1948. Le poste tenu par une compagnie du 3e Régiment Etranger d’Infanterie résista victorieusement aux assauts de quatre bataillons viêt-minh malgré la perte de plus de la moitié de son dispositif défensif au cours de la nuit et la mort de trois des officiers sur quatre.

Jusqu’en 1949 les effectifs des secteurs de Lang Son et de Cao Bang restèrent stables, les unités se consacrant à la protection des convois, à la défense des implantations ainsi qu’aux actions de renseignement et de contre-guérilla face à un adversaire pugnace, utilisant parfaitement toutes les ressources du terrain chaotique de la Haute région, et infligeant peu à peu des pertes sensibles aux unités de la RC 4. Pendant cette période, les négociations entreprises entre le Viêt-minh et les autorités françaises en Indochine puis en France avaient échoué, butant sur le problème de la conception de l’indépendance, compliqué par le statut particulier de la Cochinchine et par l’attitude des dirigeants viêt-minh, proclamant leur désir de paix sans cesser de conduire la guérilla, convaincus que seul le conflit armé leur permettrait d’imposer leur pouvoir révolutionnaire dans tout le pays. La recherche d’une solution politique différente par le gouvernement français aboutit à des négociations avec l’ex-empereur Bao Dai qui furent longues et difficiles et contribuèrent à freiner l’effort militaire français au Tonkin.

En outre l’instabilité politique à Paris et les divergences de vue sur la stratégie militaire à conduire en Indochine privèrent le commandant en chef de toute initiative importante. Devant cette situation et compte tenu de l’évolution rapide de la guerre civile en Chine qui laissait prévoir l’arrivée des troupes communistes chinoises à la frontière avant la fin de l’année, le général Blaizot établit un plan d’action en juin 1949 afin de resserrer le dispositif sur le delta du fleuve Rouge et de mettre sur pied des forces mobiles constituées en partie grâce au retrait du secteur de Cao Bang. Ce plan reçut l’approbation du général Revers envoyé en mission en Indochine par le gouvernement français. Il fut mis à exécution en juillet et août 1949 sauf pour la garnison de Cao Bang dont le maintien fut décidé par le général Carpentier nouveau commandant en chef à partir de septembre en accord avec le Haut commissaire Pignon et le général Alessandri commandant la zone opérationnelle du Tonkin, en justifiant cette décision par le devoir pour la France de manifester sa volonté de défendre l’Indochine contre toute attaque extérieure.

Les troupes communistes chinoises parvinrent à la frontière en décembre précédées par des unités nationalistes en fuite, recueillies et désarmées à leur arrivée au Tonkin. Cao Bang et Dong-Khê isolés et ravitaillés par air ne constituaient plus que deux môles destinés à freiner une éventuelle attaque en force venant de Chine.

Au début de 1950, Mao Tsé Toung et Ho Chi Minh établirent un accord de coopération militaire qui fut approuvé par Staline et qui permit une augmentation rapide de l’aide apportée aux forces viêt-minh. Sur le terrain nos unités éprouvèrent des difficultés croissantes entre That-Khê et Lang Son et le 25 mai une attaque menée contre la citadelle de Dong-Khê par plusieurs bataillons viêt-minh permit la prise du poste tenu par deux compagnies du 8e Régiment de Tirailleurs Marocains. Le 3e Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes audacieusement largué sur la citadelle le lendemain parvint à reprendre le poste qui fut réoccupé par deux compagnies de Légion Etrangère. A la suite de cet échec viêt-minh, Mao Tsé Toung chargea le général Chen, commandant les forces du Yunnan, de prendre en mains la formation et la modernisation des forces viêt-minh en coiffant ces dernières par de nombreux instructeurs et techniciens. En quelques mois un Corps de bataille de trente bataillons d’infanterie et de cinq bataillons d’artillerie fut entièrement armé, équipé à neuf et entraîné dans la région à l’est de Dong-Khê. Il faut souligner qu’à ce moment la guerre de Corée venait de se déclencher et que les Chinois avaient intérêt à disposer de forces alliées à leur frontière sud.

à suivre
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MessageSujet: Re: cao bang ,origine,les faits et les coséquences   Lun 26 Jan 2009 - 17:32

Suite :
Devant cette situation et compte tenu de l’inquiétude manifestée à plusieurs reprises par le gouvernement français, le commandant en chef fit étudier les modalités du repli de Cao Bang qui pouvait s’opérer soit par la RC 4 jusqu’à Lang Son, soit par la route directe vers Hanoï par Thai-Nguyen ou encore par voie aérienne. Finalement, le 16 septembre, le général Carpentier choisit l’option RC 4. Il décida aussi de lancer auparavant une opération engageant cinq bataillons, pour réoccuper Thai-Nguyen avant l’abandon de Cao Bang, et vient à Hanoï donner ses directives au général Alessandri, commandant la zone opérationnelle du Tonkin, qui dut exécuter le plan malgré son opposition réaffirmée au retrait de Cao Bang. Le colonel Constans, commandant la zone frontière à Lang Son fut chargé de l’opération du retrait avec le renfort d’un groupement de forces de cinq bataillons, l’un aérotransporté à Cao Bang, les quatre autres rassemblés à That-Khê sous les ordres du lieutenant-colonel Lepage. Or le même jour, une attaque menée par deux régiments d’infanterie disposant d’un puissant soutien d’artillerie se déclencha contre Dong-Khê. Le poste fut pris le 18 septembre au matin après plusieurs assauts.

Malgré la perte de Dong-Khê qui donnait un important avantage au Corps de bataille viêt-minh disposé de part et d’autre de la frontière à moins de deux jours de marche de cette citadelle, l’ordre d’évacuation de Cao Bang par la RC 4 fut maintenu et le groupement Lepage fut chargé dans un premier temps de reprendre Dong-Khê. Parti de That-Khê le 30 septembre le groupement, comprenant le 1er Bataillon Etranger Parachutiste, les Ier et IIe Tabors et un bataillon du 8e Régiment de Tirailleurs Marocains, arriva devant Dong-Khê le 1er octobre après-midi sans pouvoir s’emparer du poste dans la soirée ni le lendemain en raison des fortes positions viêt-minh couvrant la citadelle et d’une puissante contre-attaque adverse.

L’ampleur de l’échec de l’opération d’évacuation de Cao Bang découla des ordres reçus en fin de journée par radio de Langson alors que les missions d’appui aérien effectuées dans la cuvette de Dong-Khê signalaient de très importantes colonnes de soldats vietminh progressant vers les positions atteintes par la colonne Lepage et qu’il était encore temps de suspendre le retrait par la RC 4 de la garnison de Cao Bang. Celle-ci comprenant le 3e Tabor, le 3e bataillon du 3e Régiment Etranger d’Infanterie, le 1er Bataillon des Forces Indochinoises, et des centaines de civils sous les ordres du lieutenant-colonel Charton, dut quitter la ville le 3 octobre au matin. Pendant ce temps, la colonne Lepage avait commencé un mouvement tournant dans un terrain extrêmement difficile pour se porter vers la colonne Charton par l’ouest de Dong-Khê. Simultanément, les forces viêt-minh attaquaient en force les deux bataillons restés en position qui durent se replier dans la nuit vers l’ouest sans avoir pu évacuer leurs blessés en direction de That-Khê.

Le groupement Lepage, très éprouvé par les assauts viêt-minh à l’ouest de Dong-Khê, devait aussi faire face à une manœuvre d’encerclement par le sud tandis que le groupement Charton progressait de plus en plus difficilement. Le 7 octobre les deux groupements tentaient au cours de combats au corps à corps de percer le dispositif viêt-minh mais en vain. Deux commandants de bataillon tués, les chefs de bataillon Segrétain et Forget, les unités réduites à quelques éléments, tous les autres personnels blessés, tués ou disparus, le lieutenant-colonel Charton blessé et prisonnier, les deux colonnes avaient cessé d’exister en fin de journée, les rescapés tentant sur ordre de s’infiltrer vers That-Khê, alors que d’autres unités viêt-minh avaient déjà entrepris de barrer la RC 4 au nord et au sud de la ville. Le 8 octobre, le 3e Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes était largué au nord de la ville avec la mission de faciliter le repli de deux compagnies de Légion détachées la veille en recueil des éléments rescapés des deux colonnes. Le 10 octobre That-Khê était évacué de nuit, sous le feu, tandis qu’un régiment viêt-minh se déployait entre That-Khé et Lang Son pour intercepter les unités se repliant par la RC 4. Grâce à la belle défense de plusieurs postes autour de Na-Cham, la tête de la colonne put atteindre Lang Son, mais le 3e BCCP et une compagnie du 3e REI disparurent aussi, après trois jours d’épuisants combats.

L’évacuation de Cao Bang engagée dans des conditions très risquées a constitué un dramatique échec. Plus de huit bataillons ne disposant que d’un appui aérien très limité par les mauvaises conditions météorologiques, sans ravitaillement ni moyens d’évacuation sanitaires se sont heurtés à un corps de bataille1 totalement modernisé et entraîné, puis préparé par l’armée communiste chinoise à l’attaque de Dong-Khê et à l’offensive ultérieure.

De part et d’autre, la valeur et l’ardeur des combattants ont provoqué des combats très meurtriers, mais la puissance de feu et le nombre étaient largement en faveur des unités viêt-minh. Du côté français, sur 6 500 hommes engagés, seuls 1 500 ont pu échapper à la mort ou à la captivité. Du côté viêt-minh sur environ 25 000 hommes engagés les pertes n’ont pas été chiffrées, mais elles ont été sans doute très sévères, car il a fallu plusieurs mois pour que les unités se reconstituent et puissent entreprendre de nouvelles opérations.



La nouvelle de la tragédie de la RC 4 a été douloureusement ressentie dans le Corps expéditionnaire, suscitant des réactions d’incompréhension et des interrogations sur la conception et la conduite de l’opération. Cette situation s’est heureusement transformée avec l’arrivée du général de Lattre de Tassigny début décembre 1950, nommé à la fois Haut-Commissaire en Indochine et Commandant en Chef. Je servais à cette époque au 2e Bataillon Etranger Parachutiste depuis quelques mois et je peux témoigner de l’extraordinaire impact que son arrivée à Hanoï, le 19 décembre, a eu sur le moral des unités au Tonkin. En réserve générale à Hanoï, notre bataillon a eu le privilège de rendre les honneurs au général de Lattre à son arrivée au terrain d’aviation de Gialam, puis de défiler devant lui en fin d’après-midi autour du Petit Lac et enfin, pour les commandants de compagnie groupés autour de leur nouveau chef le capitaine Raffalli2, de l’entendre à la maison de France devant les autorités civiles et militaires de la ville s’adresser à ses officiers dans une allocution qui a marqué toutes les mémoires par la force de conviction et la foi en l’avenir qui l’animaient. Les mots « C’est pour vous les lieutenants et les capitaines que je suis venu en Indochine, désormais vous serez commandés » ont suffi à redonner le moral aux unités.

Moins d’un mois plus tard, après avoir galvanisé les énergies, réorganisé le commandement et les forces, le général de Lattre dirigeait lui-même la première bataille contre les forces du général Giap s’engageant vers Hanoï et leur infligeait une cuisante défaite. A cette occasion, le général de Lattre a souligné que les combats de la RC 4 avaient fortement affaibli le Corps de bataille adverse, retardé son offensive vers le Delta et permis ainsi la victoire de Vinh-Yen.

Le 19 octobre 2000, un hommage solennel a été rendu aux combattants de la RC 4 dans la cour de l’Hôtel National des Invalides en présence des drapeaux et fanions des unités qui avaient participé aux combats de 1950, d’une compagnie d’honneur interarmées et de nombreux survivants ainsi que des familles des combattants. L’évocation historique des opérations a été complété par des témoignages.



Le souvenir des héroïques soldats de la RC 4 ne doit pas être oublié car ils ont donné un très haut exemple : dans les pires conditions, ils sont allés jusqu’au bout de leurs moyens et de leurs forces pour tenter malgré tout de remplir leur mission et pour l’honneur du Drapeau.
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MessageSujet: cao bang la premiere défaite   Lun 26 Jan 2009 - 17:35

CaoBang : la première défaite

N° 401 Semaine du 25 décembre 2004 au 31 décembre 2004

Le désastre de la première bataille d'envergure que livra le corps expéditionnaire français face au Vietminh annonça la gravité de la situation au Vietnam</A> français

Installée à l'extrême nord du Vietnam, dans une dépression entourée de montagnes abruptes, la ville de Cao Bang est le terme de la route coloniale n° 4 (RC4), qui longe la frontière chinoise depuis le golfe du Tonkin. En apparence solidement tenue par le corps expéditionnaire français, elle a pourtant connu, en octobre 1950, une évacuation désastreuse qui est aussi la première défaite française en Indochine.

En 1949, les 116 km qui séparent Cao Bang de Lang Son sont en pleine zone vietminh. Le ravitaillement de la ville est une épreuve pour le corps expéditionnaire français : l'itinéraire est jalonné de points d'appui, mais il est difficile de contrôler la jungle, d'où l'ennemi surgit pour tendre des embuscades de plus en plus meurtrières.

Dans son rapport d'inspection, le général Revers avait préconisé, dès le mois de juin, l'évacuation de la place, qu'il jugeait trop exposée. L'opération avait été différée, mais la situation ne cessait de se dégrader. A partir de janvier 1950, Cao Bang ne peut plus être ravitaillée que par voie aérienne.

Le général en chef Carpentier décide, enfin, que Cao Bang sera abandonnée au début de l'automne, une fois la saison des pluies terminée. Trois voies de dégagement s'offrent alors aux Français : l'avion</A>, la route coloniale n° 3 et la route coloniale n° 4. La première solution n'est pas retenue car on craint de sacrifier les dernières unités nécessaires pour tenir le terrain ; on se contentera de faire partir un maximum de civils par des appareils qui, au retour, apporteront des renforts. La RC3, elle, relie directement Cao Bang à Hanoi, mais à travers une zone souvent difficile, d'où la présence française a complètement disparu. C'est donc la RC4 qui est choisie. Certes, on sait que la route est très dangereuse jusqu'à That Khe, mais le général Carpentier compte sur l'effet de surprise pour que l'évacuation se passe bien.

L'état-major élabore alors un double bluff : il organise un important mouvement de troupes pour faire croire qu'il est déterminé à défendre Cao Bang, et fait précéder le retrait français d'une opération de grand style visant à prend Thai Nguyen, bourgade en bsage du delta du fleuve Rouge, donnée comme la capitale d'Hô Chi Minh. Mais, au moment où l'évacuation doit commencer, une nouvelle difficulté surgit : le Vietminh vient de couper la route entre That Khe et Cao Bang en anéantissant le poste de Dong Khe.

Le commandement français décide alors qu'une colonne de soldats, partant de Lang Son, va se diriger vers l'ouest, reprendre Dong Khe et se porter ensuite à la rencontre de la garnison de Cao Bang, qui évacuera la ville le plus rapidement possible. Trois officiers ont la responsabilité de l'opération : le lieutenant-colonel Lepage, placé à la tête de la colonne ; le lieutenant-colonel Charton, légionnaire baroudeur, qui commande Cao Bang ; le colonel Constans, personnage mondain et ambitieux, qui dirige toute l'affaire</A> depuis son PC de Lang Son.

L'opération commence mal. Lepage n'arrive pas à reprendre Dong Khe. Malgré cet échec, l'évacuation de Cao Bang débute le 3 octobre, mais la marche rapide, en forme de raid, souhaitée par Carpentier se transforme en lente progression. Sur ces entrefaites, la colonne Lepage, sérieusement malmenée par l'ennemi, demande de l'aide. Charton reçoit ordre de se porter à son secours. Abandonnant une partie de son matériel et de ses hommes, il se jette alors dans la jungle, avançant le plus souvent au coupe</A>-coupe, traversant crêtes et ravines.

Le Vietminh, lui, connaît bien le chaos calcaire des environs de Dong Khe : cette zone difficile, qui sert traditionnellement de refuge aux hors-la-loi de la société vietnamienne, est l'un de ses tout premiers repaires. Combattant en ordre dispersé et dans la plus grande confusion, les deux colonnes françaises sont détruites. Les prisonniers partent vers des camps qu'il faut organiser en pleine forêt et d'où moins de la moitié sortiront vivants en 1954. L'opération avait été menée par un commandement français qui continuait à penser que l'adversaire, certes habile à l'embuscade, était incapable de mener une action d'envergure. Concentrant une bonne partie de ses forces dans le secteur, Vo Nguyen Giap, chef des armées vietminh, venait de faire la démonstration de son habileté et de sa puissance de feu.

La première bataille d'envergure qu'affronte le corps expéditionnaire français, habitué à la routine de la guérilla, tourne au désastre. That Khe est en passe d'être investie. Son évacuation, qui mêle combattants français et civils indigènes, se fait dans la confusion la plus totale. A présent se pose la question de la grande place de Lang Son.

Constans persuade ses supérieurs d'abandonner immédiatement une ville qui n'est pas encore menacée.

Désormais, la frontière entre le Vietnam et la Chine est ouverte, rien ne vient plus entraver le passage des hommes et des armes. Délaissant sa superbe de naguère, le commandement est passé en quelques jours d'une assurance excessive au pessimisme le plus affirmé. Il n' est plus question que du déferlement prochain des « Viets » sur Hanoi et le delta. Foin des discours qui répétaient depuis des mois que la pacification du pays allait bon train et qu'une solution politique était trouvée depuis qu'on avait accordé, en 1949, l'indépendance à l'Etat du Vietnam dirigé par l'ex-empereur Bao Dai. En fait, le régime de Bao Dai ne tient que par l'appui du corps expéditionnaire. Plus grave encore, l'affaire d'Indochine échappe au seul cadre de l'Union française et devient un élément de la guerre froide. Les 19 et 22 novembre 1950, l'Assemblée nationale s'interroge sur le bien-fondé du combat</A> mené en Asie : « Non seulement vous trahissez les soldats en leur faisant faire une guerre contraire à l'intérêt de la patrie, mais encore vous voulez les livrer à Truman et à MacArthur, dont les vieux yeux ont besoin de cadavres ! » s'écrie le député communiste Charles Tillon.

Pierre Mendès France, alors député, crée le choc : selon lui, Cao Bang est un révélateur. La guerre s'aggravant, la France se trouve devant une alternative : intensifier son effort ou négocier avec Hô Chi Minh. Or, la première solution n'est pas réaliste : elle impliquerait l'envoi du contingent et de nouvelles dépenses. Reste la possibilité de la paix immédiate. Cette argumentation impressionne une partie de l'Assemblée, notamment les socialistes, que l'Indochine, « ce remords constant du parti » (Jacques Fauvet), a toujours embarrassés.

Paul Coste-Floret, ministre de la Guerre puis ministre de la France d'outre-mer de janvier 1947 à octobre 1949, se livre à une réfutation en règle des thèses de Mendès France. Impossible d'augmenter les effectifs ? Mais il suffit de faire appel au recrutement indochinois. Inacceptable, la charge financière ? Mais on peut compter sur l'allié américain. Il faut donc continuer, mais en vietnamisant et en américanisant la guerre. Tel sera désormais le leitmotiv des responsables français. En montrant la gravité de la situation en Indochine, la défaite de Cao Bang a forcé la classe politique à poser la question de l'engagement français sur le fond. La solution de Pierre Mendès France a le mérite de la netteté, mais il n'est pas au pouvoir. Les dirigeants de la IVeRépublique, pris par la logique de leurs choix antérieurs, décident de poursuivre la guerre. Elle durera encore trois ans et demi

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