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 la rc4

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MessageSujet: la rc4   Lun 26 Jan 2009 - 17:15









la RC4 et ses postes et fortins




La route coloniale 4, ou RC 4, est une ancienne route d'Indochine qui a eu une importance stratégique majeure pendant la guerre d'Indochine. Située à l'extrémité nord de l'Indochine (Tonkin) et longeant la frontière avec la Chine</A> sur 200 km, la RC4 a souvent été l'objet de combats avec les Légionnaires (Pavillons noirs, Japonais, Viet Minh).
Cette route, qui reliait Lao Kay à Monkay, permettait le ravitaillement les places fortes de Lang Son, Na Cham, That Khé, Dong Khê et Cao Bang, et permettait les liaisons avec Hanoi, la capitale du Tonkin, via la RC1. Elle était surnommée "la route sanglante".
La Légion est principalement chargée de nettoyer et d'occuper les grands centres et les axes routiers, découvrant la vie austère des postes isolés, …Le 14 septembre 1946, la France signe un cessez-le-feu avec Hô Chi Minh. Il sera vite rompu. Les Vietminh attaquent les garnisons du Tonkin. Des éléments des 2ème et 3ème R.E.I. sont envoyés en renfort pour reprendre Hanoï, Haiphong et Haiduong.
La "13" quant à elle, intervient en Cochinchine.L'armée réguliére, la Chu Luc, compte désormais 100 000 combattants répartis en 70 bataillons. 36 de ces bataillons forme 4 divisions (Dai Doan). Les forces régionales rassemblent 40 000 hommes en 33 bataillons et 60 000 autres agissant localement. Malgré son échec de Phu Tong Hoa, Giap décide de maintenir la pression sur les postes français au nord du Tonkin.
En octobre 1948, la RC3 doit étre abandonnée, y compris la forteresse édifiée par les légionnaires de la 4e compagnie du capitaine Mattei sur un piton rocheux dominant Ban Cao, une vingtaine de kilométres au sud-est de Cao Bang.
Les postes qui s'égrenent sur les 116 kilométres de la RC4 entre Cao Bang et Langson, apparaissent tout aussi inutiles et vulnérables. Les destructions, les piéges et les embuscades se multiplient, prélevant un lourd tribus sur les convois de ravitaillement, notamment au nord de Na Cham ou la route est encaissée entre des massifs calcaires recouverts de jungle. Protégée par de puissantes fortifications bétonnées et ses légionnaires, Cao Bang reste cependant un objectif trop couteux à prendre pour le Viet minh.
Son choix se porte sur le gros poste de Dong Khé qui succombe dans la nuit du 26 au 27 sous l'assaut de 3 bataillons. Le 3e BCCP saute directement sur les assaillants. Surpris, ceux-ci perdent 300 tués et décrochent en désordre.

En janvier 1947, arrive en renfort le 1er R.E.C. au centre Annam, suivi du 3/13 pour dégager Hué et Touranne .Les Vietminhs se renforcent et s'allient aux Chinois. Leurs unités vont en Chine</A> s'entraîner.Le gros des combats se déroule au Tonkin et en cette année 1950, la RC4 devient un coupe</A>-gorge. Il est donc envisagé d'évacuer les postes de la RC4 mais la décision traîne.La sécurité de la RC4 est confiée depuis quelques mois au 3ème R.E.I. sous les ordres du LCL Charton.La suite vous la connaissez mais en voici un résumé:L'ordre d'évacuer Caobang pour Dong-Khé est donné. Une colonne se prépare. Dans le même temps, Dong-Khé, défendu par la 2/3ème R.E.I., est attaqué par les Viets et cède après 2 jours.Une colonne incluant le 1er B.E.P. (au ordres du CDT Segrétain) part alors de That-Khé sous les ordres de Lepage avec pour but de reprendre et tenir Dong-Khé jusqu'au passage de la colonne du LCL Charton.La colonne Lepage, malgré l'anéantissement du 1er B.E.P., se casse les dents près de Dong-Khé et est encerclée.La jonction des deux colonnes se fait sous le feu. Le replit continue.
Le 7 octobre 1950, le 3/3ème R.E.I., aux ordres du CDT Forget, est anéanti à son tour sur l'arrière.
Après être passés d'embuscade en embuscade, les rescapés arrivent enfin à Langson.








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MessageSujet: Re: la rc4   Lun 26 Jan 2009 - 17:17

Chronologie des événements de la bataille de Dong Khê et de La route coloniale 4, ou RC 4,










25 au 27 mai 1950 : prise de Dong Khê (2e et 3e compagnies du BM de 8e RTM, 146e CLSM) par la brigade 308 Viet Minh (TD 88 et TD 102). Prise de conscience de l'état major français des modifications de la menace : le Viet Minh dispose maintenant d'une armée puissante équipée d'artillerie.
27 mai 1950 : à partir de 17h00, le 3e GCCP du commandant Decorse est parachuté directement sur Dong Khê . Le soir la ville est reprise. Le 10e Tabor marocain rejoint Dong Khê le 31 mai.
2 septembre 1950 : l'état major français prend la décision d'évacuer Cao Bang. L'opération est confiée au colonel Constans qui commande la ZFNE à Lang Son. Le colonel Charton doit évacuer Cao Bang et rejoindre la colonne de soutien du colonel Lepage.
15 au 18 septembre 1950 : prise de Dong Khê (5e et 6e compagnies du II/3e REI) par le Viet Minh (TD 102 et TD 36).
16 septembre, mise en route vers That Khé de la colonne Lepage, constituée du BM du 8e RTM et du GTM (1er, 3e et 11e Tabors marocains).
17 et 18 septembre, le 1er BEP saute sur That Khé.
23 septembre, le 3e Tabor est aérotransporté sur Cao Bang afin de renforcer la garnison et de tromper l'ennemi sur les intentions de l'état major.
24 septembre, le groupement "Bayard" effectue une opération sur Poma, au nord-est de That Khê. Le 1er BEP et le 1er Tabor accrochent le TD 246 et le régiment de régionaux "Chu Luc" de la brigade 308. Les deux bataillons doivent se replier sur That Khé.
29 septembre, début de l'opération de diversion "Phoque" sur Thaï Nguyen à 200 km au sud de Cao Bang sur la RC3. Confiée au colonel Gambiez elle met en oeuvre un effectif de 4500 hommes, soit 7 bataillons, une Dinassaut et l'ensemble des moyens aériens du Tonkin. Le 7e BCCP saute sur l'objectif le 30 septembre. L'opération est un échec : l'ennemi n'est pas au rendez-vous !
1er octobre, début de l'opération "Tiznit" : les 1er et 11e Tabors, le BM du 8e RTM, le 1er BEP et les partisans doivent rejoindre Dong Khê. Le 1er BEP accroche les forces rebelles à Loung Phai et tente en vain de reconquérir Dong Khê avec des effectifs réduits.
Le 2 octobre, une nouvelle tentative est stoppée par l'état major : c'est le début de l'opération "Thérèse". La colonne Lepage a pour mission de couvrir l'abandon de Cao Bang et de faire la liaison avec la colonne Charton à Nam Nang au nord-ouest de Dong Khê. Ce même jour, le TD 246 anéantit la 1re compagnie du BM du 8e RTMnà Na N'Gaum.
Dans la nuit du 2 et 3 octobre les 58e et 59e Goums du 1er Tabor sont attaqués par le TD 209 au sud-ouest de Dong Khê. Le 5e Goum du 11e Tabor est quant à lui harcelé par le TD 246 sur le Na Kéo, il devra son salut à l'intervention du 1er BEP mais sera quasiment décimé.
Le 3 octobre, Lepage rassemble les 2e, 3e et 4e compagnies du BM du 8e RTM et le 1er Tabor sur les cotes 760 et 765 au sud-ouest de Dong Khê. Ces 1300 hommes doivent lui permettre d'établir le contact avec la colonne Charton tandis que le 1er BEP et le 11e Tabor, regroupés sur le Na Kéo et formant le sous-groupement Delcros, restent en protection au sud de Dong Khê. Ils résistent toute la journée du 3 mais doivent décrocher le soir faces aux attaques répétées des TD 36 et TD 246.
Du 3 au 4 octobre : le sous groupement Delcros essaie de rejoindre Loung Phai mais, attaqué au niveau du « Boulevard de la 73/2 » par le TD 246, il doit faire demi-tour et retrouver le gros de la colonne sur la cote 765.
Le 3 octobre, la colonne Charton quitte Cao Bang après avoir détruit les fortifications et les munitions restantes. La progression est fastidieuse du fait des destructions effectuées par le Viet Minh et de la présence de nombreux civils.
Le 4 octobre, sous la pression du TD 246, le 8e Goum doit quitter Loung Phaï et rejoindre la cote 608. Le 3e Goum quant à lui tient la côte 703 plus à l’est.
Le 4 octobre après midi, Lepage replie l'ensemble de ses troupes autour des cirques de Coc Xa : 1er et 11e Tabors et BM du 8e RTM.
Le 4 octobre, sur ordre, la colonne Charton quitte la RC4 par la piste de Quang Liêt afin de retrouver la colonne Lepage.
Le 5 octobre à 18 heures, la section du lieutenant Tchiabrichvili de la 1e compagnie du 1er BEP est anéantie sur la cote 533 par le TD 88.
En fin de soirée, le 1er BEP part rejoindre le reste du groupement Bayard.
Le 5 octobre, un détachement de partisans, aux ordres du capitaine Morichère, constitué des 136e, 138e et 142e CLSM est accroché à Quang Liêt.
Le reste de la colonne Charton bifurque sur la cote 570.
La 140e CLSM reste quant à elle avec la colonne de civils.
Le 6 octobre au matin, le 1er BEP rejoint la colonne "Bayard".
Le dispositif Le page, rassemblé à Coc Xa, est entièrement encerclé par les force Viet Minh (TD 36, 88, 102 et 174).
Le 6 octobre, la 142e CLSM de Mentec s’installe en défense sur la côte 590 et est rejointe par les 136e et 138e CLSM qui ont été accrochées en tentant d’atteindre la côte 477.
Finalement c’est le 3e Tabor qui parvient à occuper la côte 477 évacuée par l’ennemi.
Le 6 octobre, le groupement Labaume – indicatif « Rose », constitué à partir de la garnison de That Khé (CCB, 7e et 8e compagnies du II/3e REI), de parachutistes Thô et d’éléments du 11e Tabor rejoignent la cote 608 afin d’établir un recueil.
Le 7 octobre à partir de 3 heures du matin, le 1er BEP tente de percer l’encerclement au niveau de « la source »: dans l’ordre le peloton d’élèves gradés, la 2e compagnie puis la 3e compagnie sont anéantis. Le 1er BEP n’existe plus ! C’est au tour du 1er Tabor, 59e Goum en tête, de s’élancer et d’ouvrir le passage. Le reste de la colonne, qui a abandonné les blessés avec les médecins, s’engouffre dans la brèche et rejoint la côte 477. La 1re compagnie du 1er BEP, qui tente de passer par les crêtes, est elle aussi accrochée mais réussira néanmoins à s’échapper de Coc Xa et à rejoindre Lepage.
Le 7 octobre au matin, la 138e CLSM de Morichère rejoint Charton et est envoyée en protection sur les crêtes qui dominent Ban Ca.
Entre temps, le TD 88 a pris la côte 477 en délogeant le 36e Goum mais n’a pas réussi à vaincre le 51e Goum.
La côte 477 est reprise par le III/3e REI qui perd son chef le commandant Forget.
Les rescapés de Coc Xa, dont Lepage, rejoignent la colonne Charton.
L'après midi du 7 octobre, l’ensemble des deux groupements tente de rejoindre That Khé. Charton tombe sur le TD 174 au niveau de Ban Ca où il est fait prisonnier. Les rescapés du 1er BEP (150 hommes environ) tentent quant à eux de passer par l’est. Ils sont stoppés par le TD 174 et perdent leur chef le commandant Segrétain. De même, la colonne Lepage essaie de rejoindre la côte 608 mais est disloquée au gré des combats (TD 88 puis 174). Lepage est capturé le 9 octobre.
8 octobre à 18 heures, le groupement de parachutistes, constitué du 3e GCCPnet d’une compagnie de marche du 1er BEP saute sur That Khé. Il reçoit pour objectif d’atteindre le pont Bascou au nord de That Khé afin de protéger le groupement « Rose » dans sa retraite.
Le 8 octobre à 21 heures, sur ordre, le groupement « Rose » se replie sur la côte 703.
Le 9 octobre, après quelques accrochages, le groupement de parachutistes et le groupement Labaume, renforcés des 3e et 8e Goums, font leur jonction.
Le 10 octobre à partir de 23 heures, évacuation de That Khé. Le groupement de parachutistes, resté en arrière, est assailli par les troupes rebelles.
Traqué pendant 3 jours par le TD 246, le TD 174 et un régiment "Chu Luc" le groupement est finalement anéanti.
Le 17 octobre, cédant à la panique, le colonel Constans évacue Lang Son et laisse au rebelles suffisamment de matériel pour équiper une division.


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MessageSujet: Re: la rc4   Lun 26 Jan 2009 - 17:22

Coc Xa : Le sacrifice du 1er BEP





Coc Xa : Le sacrifice du 1er BEP


Dans la nuit de 4 au 5 Lepage ordonne à Segrétain de quitter la côte 477 pour le rejoindre dans la vallée. Les légionnaires doivent descendre une pente abrupte déjà périlleuse de jour. Dans l’obscurité, une dizaine d’entre eux se tuent en tombant dans le vide. A l’aube, lorsque le BEP rejoint Lepage, il lui reste un peu plus de 300 survivants.
La journée du 5 est passée à la vaine recherche de la situation de l’ennemi et du débouché qui pourrait permettre une sortie en force pour faire la jonction avec Charton. Idem le lendemain. Lepage voudrait attendre le 7 pour pouvoir tenter une sortie en profitant d’une couverture aérienne mais à 22h45 il reçoit de Langson un message lapidaire : « Décrochez cette nuit ou jamais ».
Une nouvelle fois le chef du groupement Bayard place tous ses espoirs dans le BEP en lui demandant d’ouvrir la voie. A 3h du matin c’est contre un mur de feu que s’élancent les paras, pour une mission suicide. Chaque pierre, chaque arbre, chaque trou semble cacher un bo doï. A court de munitions les bérets verts lancent leurs dernières grenades, chargent à la baïonnette, au couteau</A>. « Chaque mètre nous coûta un homme » dira plus tard le capitaine Jeanpierre. Quatre fois touché le lieutenant Faulques s’écroule. Laissé pour mort il recevra les premiers soins par l’ennemi qui le rendra une dizaine de jour plus tard. Au bout de quelques minutes il ne reste qu’une centaine de paras encore debout. Terrorisés, les goumiers s’élancent à leur tour et finissent par percer. La cuvette de Coc Xa se vide sans la moindre cohésion. Il ne reste au groupement Bayard que 560 hommes.
Les erreurs commises :La décision d'évacuer Cao Bang avec l'ensemble</A> des matériels et avec une colonne de civiles a gêné et ralenti la progression. La poursuite de l'évacuation de Cao Bang par la RC4 alors que la citadelle de Dong Khê était toujours aux mains de l'ennemi était particulièrement risquée. Le choix de rassembler l'ensemble de la colonne Lepage dans la vallée de Coc Xa. L’opération de diversion « Phoque », aux résultats décevants, a monopolisé 7 bataillons et les forces aériennes du Tonkin qui auraient permis de secourir les forces engagées sur la RC4. Le sacrifice inutile du BEP le 7 octobre, alors qu’il était certainement plus sage d’attendre l’aube et un appui aérien ou même l’aide de la colonne Charton toute proche. Anéanti presque entièrement le 8 octobre il est dissout le 31 décembre. Ses pertes sont de 21 officiers, 46 sous-officiers et 420 légionnaires dont le chef de corps</A> le chef de bataillon Segrétain.

<LI>1er BEP – effectif 576 hommes - Chef de bataillon Segrétain adjoint Capitaine Jeanpierre.

  • CCS Lieutenant Deborde.
  • 1re compagnie - Capitaine Guarrigues.
  • 2e compagnie - Capitaine Bouyssou.
  • 3e compagnie - Capitaine de saint étienneSsaintaint Etienne.
</LI>
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MessageSujet: Re: la rc4   Lun 26 Jan 2009 - 17:24

l’opération de dégagement de Cao Bang et Les colonnes Charton et Lepage





Les colonnes Charton et Lepage
Malgré la chute de Dong Khé ( le 18 septembre Dong Khé cesse d’être française. Elle ne le sera jamais plus. Seuls 9 légionnaires parviendront à rejoindre That Khé 5 jours plus tard, suivis quelques temps après par un sergent et 2 caporaux évadés.) Alessandri fait part à un lieutenant-colonel Charton furieux car il n’en voit pas la nécessité, du maintien de l’opération de dégagement de Cao Bang. Charton est le « patron » de la forteresse, une légende vivante de la Légion. La garnison se compose du 3/3 REI (600 hommes) du commandant Forget, de 600 goumiers du 3e Tabor, d’une section du génie, d’une section d’artillerie et d’un bataillon de partisans. Ce sont donc 1600 hommes, ralentis par leurs véhicules peu adaptés à l’état exécrable de la RC4 et 600 civils inquiets de l’arrivée du Viet Minh qui quittent Cao Bang dans la nuit du 2 au 3 octobre, après avoir détruit 150 tonnes de munitions et les fortifications de la place. La jonction avec la colonne de soutien doit se faire au Km 22, à Nam Nang.
La colonne de soutien est désignée « Groupement Bayard », commandé par le lieutenant-colonel Lepage. Il est artilleur, donc pas nécessairement le choix le plus évident pour une opération de ce type. Pour commencer l’état-major ne confie pas à Lepage la totalité de ses objectifs. Pour l’heure il doit reprendre Dong Khé en partant de That Khé avec à sa disposition les 1er et 11e Tabors et un bataillon de marche du 8e RTM. La colonne quitte Langson le 16 septembre, rejointe par le 1er BEP du capitaine Segrétain parachuté les17 et 18 septembre à That Khé.
L’ignorance dans laquelle est tenue Lepage quant à l’objectif final de sa mission ne va pas le pousser à utiliser au mieux les moyens opérationnels dont il dispose et conduire le groupement Bayard vers un désastre.
En fin d’après-midi le gros de la colonne (environ 2000 hommes) se prépare à traverser les 8 Km de terrain hostile à tout point de vue qui devraient lui permettre de rejoindre l’ancienne piste. A 17h30 la Cie Feuillet du 8e RTM est purement et simplement balayée par une attaque en force alors qu’elle s’apprêtait à quitter la RC4.
A 21h, le 11e Tabor du commandant Delcros est violemment chassé de sa position de Na Keo malgré les lourdes pertes qu’il inflige aux bo doïs. Segrétain comprend que l’ennemi va se contenter de le fixer à Na Pa et lancer le gros de ses troupes à l’assaut de Lepage. Avec ses 500 à 600 bérets verts (sur un effectif initial de 800) et le renfort d’une compagnie de tabors rescapés il lance à 22h l’assaut à 1 contre 20 au milieu des broussailles et des rochers de Na Keo. Les paras et les marocains parviennent à s’accrocher à mi-pente malgré des trouées terribles dans leurs rangs sans pouvoir réellement se fixer. Segrétain parvient à contacter Lepage par radio et lui annonce qu’il va décrocher à l’aube ce que Lepage refuse. Après de longues et houleuses palabres Lepage cède et finit par autoriser le patron du BEP à le rejoindre. Celui-ci refuse car il tient à évacuer la centaine de blessés qui sont avec lui par les goumiers encore valides par le col de Luong Phaï, plus au sud. La colonne tombe dans une embuscade avant même d’avoir atteint la route. Les brancardiers sont abattus avec leurs blessés. Les survivants refluent sur le BEP qui fonce droite devant lui, laissant sur place une nouvelle trentaine de blessés. Le 3 octobre en fin de journée les 400 survivants du BEP et quelques goumiers, sans vivres, sans eau et sans sommeil depuis 2 jours atteignent la côte 765 à 2 Km au Sud-Ouest de Dong Khé. A 17h un nouveau contact radio est établi avec Lepage qui leur ordonne de les rejoindre à Coc Xa, 2 cavités naturelles reliées par un étroit tunnel, seul endroit qu’il estime défendable en attendant l’arrivée de Charton. Car à cette heure c’est Lepage et sa colonne de secours qui attendent d’être secourus !
Jusqu’au crépuscule les hommes du BEP cherchent à tâtons un chemin qui pourrait les mener à Coc Xa. Ils s’arrêtent au bord d’une falaise abrupte et impraticable au sommet de laquelle Segrétain a un violent échange radio avec Lepage qui veut voir les paras dans la cuvette dans la nuit. Segrétain refuse et coupe le contact. A l’aube du 4, Faulques trouve une étroite crevasse qui descend vers la vallée. Deux heures plus tard le restant du BEP s’installe sur la côte 477 et attend. Les Viet-Minhs aussi attendent… La colonne Charton.
De son côté Charton est parti comme prévu. La 1ère journée se passe sans incident ; au crépuscule la colonne a parcouru 16 Km et s’étire sur trois. Personne à l’état-major ne songe à avertir Charton de la déroute subie par le groupement Bayard et de la possibilité qu’il a, les renseignements l’affirment, de prendre de vitesse les Viets qui n’occupent pas encore la portion de route entre Cao Bang et Dong Khé.
Le 4 au matin le haut-commandement lui donne l’ordre de se porter à la rencontre de « Bayard » par la piste de Quang Liet. Charton détruit ses véhicules, ce qui le ralentit d’autant et met plusieurs heures pour trouver l’entrée de la piste, depuis longtemps abandonnée. La progression s’avère par la suite dramatiquement lente car il faut ouvrir la route au coupe-coupe. Le 3/3 REI est quasiment immédiatement accroché par l’ennemi et Charton doit déborder par les crêtes pour pouvoir poursuivre sa marche.
Dans la nuit du 4 au 5 un contact radio direct enfin établi avec Lepage lui fait prendre conscience de la gravité de la situation. Rendez-vous est pris à l’aube du 6.
La journée du 5 est plus une lutte contre la nature que contre l’ennemi. La colonne ne progresse que de 5 Km. Le lendemain, dans une pagaille de plus en plus indescriptible elle n’en parcourt que 6, le REI n’atteignant la côte 590 qu’au prix de durs combats d’arrière-garde.
Lepage prend le commandement des 2 colonnes dans l’après-midi du 6 et ordonne à Charton de l’attendre alors même que celui-ci pense pouvoir faire la jonction avec les nouveaux renforts en provenance de That Khé.
Quinze bataillons (entre 20 et 30 000 hommes) encerclent alors les 2 groupements.
Dans la nuit de 4 au 5 Lepage ordonne à Segrétain de quitter la côte 477 pour le rejoindre dans la vallée. Les légionnaires doivent descendre une pente abrupte déjà périlleuse de jour. Dans l’obscurité, une dizaine d’entre eux se tuent en tombant dans le vide. A l’aube, lorsque le BEP rejoint Lepage, il lui reste un peu plus de 300 survivants.
La journée du 5 est passée à la vaine recherche de la situation de l’ennemi et du débouché qui pourrait permettre une sortie en force pour faire la jonction avec Charton. Idem le lendemain. Lepage voudrait attendre le 7 pour pouvoir tenter une sortie en profitant d’une couverture aérienne mais à 22h45 il reçoit de Langson un message lapidaire : « Décrochez cette nuit ou jamais ».
Une nouvelle fois le chef du groupement Bayard place tous ses espoirs dans le BEP en lui demandant d’ouvrir la voie. A 3h du matin c’est contre un mur de feu que s’élancent les paras, pour une mission suicide. Chaque pierre, chaque arbre, chaque trou semble cacher un bo doï. A court de munitions les bérets verts lancent leurs dernières grenades, chargent à la baïonnette, au couteau. « Chaque mètre nous coûta un homme » dira plus tard le capitaine Jeanpierre. Quatre fois touché le lieutenant Faulques s’écroule. Laissé pour mort il recevra les premiers soins par l’ennemi qui le rendra une dizaine de jour plus tard. Au bout de quelques minutes il ne reste qu’une centaine de paras encore debout. Terrorisés, les goumiers s’élancent à leur tour et finissent par percer. La cuvette de Coc Xa se vide sans la moindre cohésion. Il ne reste au groupement Bayard que 560 hommes.
Sur les crêtes Charton comprend que la tentative de décrochage se passe mal. C’est à 6h que l’attaque à laquelle il s’attend débute par un pilonnage au mortier. Autour de la côte 477 le 3e Tabor est violemment pris à partie et chassé de ses positions vers 7h malgré une résistance acharnée. Le 3e REI contre-attaque immédiatement et reprend un des pitons avant de rester accroché devant un second sans cesse renforcé par de nouvelles troupes ennemies. En pointe avec ses hommes le commandant Forget est touché à la cuisse, au bassin, à la poitrine et à la tête. Ses derniers mots avant de mourir seront « Je meurs fier de mon bataillon ».

Après 2 tentatives de percée infructueuses par l’Ouest la colonne Charton entre en contact avec les rescapés du groupement Bayard provoquant un désordre général. La mêlée est indescriptible. Lepage et les officiers survivants tentent de reprendre le contrôle de leurs hommes quand la côte 477 est finalement prise. Ne supportant plus l’inactivité née du chaos ambiant Charton entraîne avec lui une poignée d’hommes et d’officiers pour la reprendre. Blessé à plusieurs reprises il est capturé par l’ennemi.
Pour le reste des 2 colonnes toute résistance organisée est désormais impossible. Lepage et ses officiers optent pour une percée par petits groupes.
A 19h le BEP tente sa chance. Il est pris en embuscade vers 4h du matin. Grièvement blessé, Segrétain ordonne à ses hommes de l’abandonner. Il mourra peu après.
A 8h du matin Lepage est à son tour pris en embuscade et capturé.
Les lieutenants-colonels Charton et Lepage partent en captivité. Ils seront libérés en septembre 1954.




La route coloniale 4, ou RC 4, est une ancienne route d'Indochine qui a eu une importance stratégique majeure pendant la guerre d'Indochine. Située à l'extrémité nord de l'Indochine (Tonkin) et longeant la frontière avec la Chine sur 200 km, la RC4 a souvent été l'objet de combats avec les soldats français (Pavillons noirs, Japonais, Viet Minh).
Cette route, qui reliait Lao Kay à Monkay, permettait le ravitaillement les places fortes de Lang Son, Na Cham, That Khé, Dong Khê et Cao Bang, et permettait les liaisons avec Hanoi, la capitale du Tonkin, via la RC1. Elle était surnommée "la route sanglante".
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