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 DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE

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Philippe MULLER
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MessageSujet: HOMMAGE :L'honneur d'un commandant   Lun 21 Nov 2011 - 21:39

SOURCE = ASSOCIATION SOUTIEN À L'ARMÉE FRANÇAISE Lundi, 21 Novembre 2011 15:49 :

Citation :


Figaro Magazine, par Etienne De Montety


L'ancien officier parachutiste doit être élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy. Comment le proscrit de la guerre d'Algérie est-il devenu l'une des personnalités les plus respectées de la France
de 2011 ?

A quoi pouvait bien penser le commandant de Saint Marc dans le fourgon cellulaire qui l'emmenait à la prison de la Santé, au lendemain du putsch d'Alger en avril 1961 ?

A l'honneur, cette noble notion qu'il avait découverte dans Corneille lorsqu'il était lycéen à Bordeaux, et qui avait pris réalité en lui, année après année, tandis qu'il faisait son métier de soldat. Condamner à une mort certaine des hommes qui avaient choisi de servir la France, était-ce compatible avec l'honneur, c'est-à-dire avec l'idée qu'on se fait de sa condition d'homme ?

Lire la suite ICI

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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Jeu 24 Nov 2011 - 19:50

Bonsoir à tous,

La cérémonie aura lieu lundi 28 novembre 2011 à 10h aux Invalides.
La santé du Commandant lui permet ce déplacement.
La décoration lui sera remise par le Président de la République.

(info Madame de St Marc par téléphone il y a 3 minutes)
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HAUTRIVE ALAIN
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MessageSujet: Hélie de Saint Marc   Lun 28 Nov 2011 - 8:47

C'est aujourd'hui aux Invalides que sera célébrée la cérémonie de cette haute disctinction. J'en suis très content et fier pour ce très grand soldat dont j'ai lu tous les livres et pour qui j'ai une grande admiration. Dans son livre "La vraie Bataille d'Alger" le général Jacques Massu dit de lui: "un être pur et merveilleux".
J'avais fait une demande pour assister à cette cérémonie, ma demande avait été paraît-il acceptée et je devais recevoir un email me le confirmant et me précisant le lieu et l'heure. Malheureusement, je n'ai rien reçu.
Est-ce notre grand reporter-photographe Claude Millet y sera et fera de très belles photos comme d'habitude ?

Un ancien du GCCPM - brevet 115.326
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Lun 28 Nov 2011 - 11:45

c'était à 10H aux Invalides
Je l'avais précisé dans un autre message ici :
http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/t10168-helie-de-saint-marc-grand-croix-de-la-legion-d-honneur
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Pérignon
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Lun 28 Nov 2011 - 13:44

Lima5operateur a écrit:
c'était à 10H aux Invalides

Exact !


Crédit : Jean-Marc Tanguy

Source : http://lemamouth.blogspot.com/2011/11/helie-de-saint-marc-decore-par-nsarkozy.html


Citation :
JORF n°0274 du 26 novembre 2011 page 19953


DECRET
Décret du 25 novembre 2011 portant élévation

NOR: DEFM1131086D


Ministère de la défense
et des anciens combattants


Par décret du Président de la République en date du 25 novembre 2011, pris sur le rapport du Premier ministre et du ministre de la défense et des anciens combattants et visé pour son exécution par le grand chancelier de la Légion d'honneur, vu la déclaration du conseil de l'ordre en date du 18 novembre 2011 portant que la présente élévation est faite en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, le conseil des ministres entendu, est élevé dans l'ordre de la Légion d'honneur, pour prendre rang à compter de la date de la remise réglementaire des insignes, le militaire n'appartenant pas à l'armée active désigné ci-après :


A la dignité de grand'croix
Sans traitement
ARMÉE DE TERRE


Denoix de Saint Marc (Marie, Joseph, Elie), 11 février 1922, chef de bataillon. Grand officier du 29 mars 2003.


ECPAD
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Fombecto
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Lun 28 Nov 2011 - 20:14

En l'honneur des officiers français embastillés pour la prise d'ALGER en 1961:
C'était leur 2e PUTSCH et il ont été punis par celui-là même, le général de Gaulle qui a profité du 1er putsch de mai 1958 pour prendre le pouvoir légalement.


Les paroles exacts ne sont presque pas audibles, quelqu'un possède-t-il les paroles.
Merci d'avance

_________________
« A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique. A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement. Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme. Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus. » Maréchal de Lattre de Tassigny (mort le 11 janvier 1952).
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Pérignon
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Lun 28 Nov 2011 - 21:48

Fombecto a écrit:

Les paroles exacts ne sont presque pas audibles, quelqu'un possède-t-il les paroles.
Merci d'avance

Non rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le mal qu’on m'a fait
Ni la prise du Corps d’Armée d’Alger
Non rien de rien
Non je ne regrette rien
Au REP les officiers
Sont tous fiers du passé.

Le 18 janvier
Résignés à en baver
Mise au trou de Gouraud
Charles les a à zéro.
Le 31 janvier
Postés près du QG
La prise de la radio
Je repars à zéro.

Refrain.

A minuit l’régiment
Démarrait pour Oran
Kerville terrorisé
De Poully affolé.
Contingent loyaliste
Patrons antigaullistes
Bouillantaient contre nous
On se retrouve au trou.

Non rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni la folle équipée
Ni [?]
Non rien de rien
Non je ne regrette rien
Et tous les officiers
Sont prêts à recommencer.
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Fombecto
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Lun 28 Nov 2011 - 22:45

Merci Perignon!

_________________
« A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique. A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement. Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme. Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus. » Maréchal de Lattre de Tassigny (mort le 11 janvier 1952).
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Mar 29 Nov 2011 - 9:10

Heureusement que cette cérémonie a été relatée sur le Forum,car les médias n'en n'ont fait que peu d'écho...si ce n'est pour dire que cette remise de la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur à Hélie Denoix de Saint Marc était inconvenante!!!
La remise d'insignes de l'Ordre est sans doute moins inconvenante pour les chanteurs ou les sportifs...
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Mar 29 Nov 2011 - 9:14

En parlant d'inconvenant, vous connaissez ça ?
http://vous-avez-dit-bigeard.over-blog.com/
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Mar 29 Nov 2011 - 9:31

C'est ignoble!
Les auteurs de cet article n'ont certainement pas vécus ces événements d'Algèrie....Dommage qu'ils ne se soient pas trouvés rue d'Isly lors de l'explosion de bombes !
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Mer 30 Nov 2011 - 10:06

Eloge au Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc
par le Général CA Bruno DARY, Gouverneur Militaire de Paris

Mon ancien, mon commandant, et, si vous le permettez en ce jour exceptionnel, mon cher Hélie ! Nous vivons à la fois une journée exceptionnelle et un moment paradoxal : qui d’entre nous en effet n’a pas lu un seul de vos livres, sans avoir eu, la dernière page tournée, un goût amer dans la gorge ? La guerre est toujours une tragédie et vos livres nous rappellent que l’histoire est souvent une tragédie ; ils m’ont ramené un siècle plus tôt, quand le capitaine de Borelli, officier de Légion, alors au Tonkin, écrivait à ses hommes qui sont morts :

Quant à savoir, si tout s’est passé de la sorte, Si vous n’êtes pas restés pour rien là-bas, Si vous n’êtes pas morts pour une chose morte, Ô, mes pauvres amis, ne le demandez pas !

Et pourtant, aujourd’hui, il n’est pas besoin d’interroger tous les présents, pour affirmer que tous sans exception sont très heureux de vivre ici ce moment exceptionnel ; ils sont heureux pour notre pays, incarné par sa République et son Président qui vient de vous décorer ; ils sont heureux pour la France, qui montre aujourd’hui qu’elle sait à la fois pardonner et reconnaître chacun selon ses mérites ; ils sont heureux pour vous, pour l’honneur qui vous échoit, pour le témoin que vous êtes, pour les mystères que vous avez soulevés, pour le courage que vous avez toujours montré ! Alors, permettez-moi d’être leur porte-parole et d’essayer d’exprimer tout haut ce que beaucoup ressentent intérieurement. Je parlerai au nom de ceux qui vous entourent et de ceux qui auraient aimé être là ; je parlerai au nom de tous ceux qui vous ont précédé, ceux qui sont partis, au hasard d’un clair matin, dans les camps de concentration, dans les brumes des calcaires tonkinoises, ou sous le soleil écrasant d’Afrique du Nord. Comme je ne peux les citer tous, j’évoquerai simplement le nom des trois derniers, qui nous ont quittés récemment, le commandant Roger Faulques, héros de la RC4, le major Otto Wilhelm, qui eut l’honneur de porter la main du Capitaine Danjou en 2006 à Camerone, et puis, le caporal Goran Franjkovic, dernier légionnaire à être tombé au combat, voici 15 jours en Afghanistan

Parmi ceux qui se réjouissent aujourd’hui avec vous, je veux citer en premier lieu, les légionnaires, vos légionnaires, ceux d’hier qui ont marqué toute votre vie et ceux d’aujourd’hui qui étaient sur les rangs et sous les armes durant la cérémonie. Vous avez dit et écrit que vous aviez vécu avec eux, les heures les plus fulgurantes de votre vie ! Eh bien, ils sont tous là, les petits, les sans-grade, les sans-nom, les oubliés de l’histoire ! Ceux dont les noms ne figureront jamais sur un monument aux morts ! Ceux qui montent à l’assaut sans hésitation, ceux qui se battent la peur au ventre, mais le courage dans le cœur, et ceux qui sont tombés sans un cri ! Ils ont bâti la gloire de la Légion et de notre armée avec leur peine, leur sueur et leur sang. Parmi eux, comment ne pas évoquer vos légionnaires du 1e REP, ceux des champs de braise et des brûlures de l’histoire, ceux qui, une nuit d’avril 1961, vous ont suivi d’un bloc parce que vous étiez leur chef ! Quand j’exerçai le commandement de la Légion étrangère, nous avons évoqué plusieurs fois ensemble cette aventure, votre sentiment et votre peine à l’égard de la Légion d’avoir entraîné des soldats étrangers dans une affaire française ; car la Légion, elle aussi, a payé le prix fort ! Avec les légionnaires, figurent aussi leurs chefs, vos camarades, vos frères d’armes, ceux de tous les combats, ceux du 2e BEP de Raffalli, du 1e REP de Jeanpierre, et puis, Hamacek, Caillaud et votre cher et fidèle ami, le Cdt Morin, camarade de lycée et compagnon de déportation. Ils ont partagé vos joies, vos peines, vos craintes, vos angoisses, vos désillusions et vos espérances.

Sont heureux aujourd’hui, les jeunes officiers, ceux de la 4e génération du feu, ceux qui ont longtemps monté la garde face au Pacte de Varsovie, puis, une fois la menace disparue, une fois la Guerre froide gagnée, sont repartis dans de nouvelles aventures, en opérations extérieures, imprégnés de vos écrits, de votre expérience, de vos interrogations, de vos encouragements et de vos messages d’espoir ; ils sont repartis dans des circonstances bien différentes, mais, comme vous, ils ont toujours cherché à servir de leur mieux, guidés par leur devoir et leur conscience!

Et puis, parmi ceux qui se réjouissent, il y a ceux qui, un jour dans leur vie, ont dit ‘‘non’’, fatigués des scènes d’horreur, des années d’occupation et des humiliations répétées. Contre toute logique, contre l’air du temps, contre l’attrait du confort et la sécurité du lendemain, ils ont dit non, et ils ont assumé leur décision en mettant leur peau au bout de leur choix ; dans ce long cortège, Antigone a montré le chemin, d’autres ont suivi et habitent encore ici, dans l’aile opposée des Invalides, celle d’Occident ; ce sont les Compagnons de la Libération, vos frères d’armes de la 2e Guerre Mondiale, venus de partout et de nulle part, et qui, comme vous ont dit non, quand ils ont vu la France envahie.

Se réjouit aujourd’hui avec vous la foule silencieuse de ceux qui ont connu la souffrance, dans leur corps, dans leur cœur ou leur âme ; il existe un lien mystérieux, invisible, profond, indélébile qui unit ceux qui ont souffert. La marque de la douleur vous confère cette qualité de savoir regarder la vie autrement, de relativiser les échecs, même importants, de rester conscients que tout bonheur est fragile, mais aussi de savoir apprécier les joies simples de la vie, le regard d’un enfant ou d’un petit-enfant, le sourire d’une femme, la fraternité d’armes des camarades, l’union des âmes des compagnons.

Vous rejoignent aujourd’hui dans l’honneur qui vous est rendu, ceux qui, comme vous, ont connu la prison, la prison qui prive de liberté, et surtout la prison qui humilie, isole, brise, rend fou, et détruit l’être dans le plus profond de son intimité ; comment ne pas évoquer ce mineur letton du camp de Langenstein, prisonnier anonyme et qui vous a sauvé la vie ? Entre eux aussi, il existe un lien mystérieux : je me souviens de ce jour de septembre 1995, lorsque je vous ai accueilli au 2eREP à Calvi, je vous ai présenté le piquet d’honneur, et au cours de la revue, alors que vous veniez de vous entretenir avec plusieurs légionnaires, vous avez demandé, avec beaucoup de respect et de pudeur, à l’un d’eux : « Mais, si ce n’est pas indiscret, vous n’auriez pas connu la prison? » Et, malgré son anonymat, il vous répondit que c’était bien le cas…

Et puis, parmi la cohorte immense, il y a ceux qui croyaient au ciel, et ceux qui n’y croyaient pas, tous ceux qui ont été ébranlés dans leur foi et leurs certitudes, pour avoir vu, connu et vécu l’horreur ; ceux qui ont douté qu’il pût exister un Dieu d’amour, pour avoir hanté les camps de la mort, qu’il pût exister un Dieu de fidélité, pour avoir dû abandonner un village tonkinois, qui avait cru à votre parole, ou qu’il pût exister un Dieu de miséricorde, pour avoir été victime de parjures. Et pourtant, au soir de votre vie, vous restez persuadé que rien n’est inutile et que tout est donné, que si le passé est tragique, l’avenir est plein d’espoir, que si l’oubli peut envahir notre mémoire, le pardon ne pourra jamais assaillir notre cœur ; c’est ce que vous avez appelé : ‘‘l’Aventure et l’Espérance’’

M’en voudrez-vous beaucoup si, parmi ceux qui se réjouissent en ce jour, je parle aussi des femmes ? Celles que l’on évoque souvent dans nos chants de légionnaires, Eugénie, Anne-Marie, Véronika ; celles dont les prénoms ont servi à baptiser les collines de Dien-Bien-Phu ; celles qui ont toujours tenu une place particulière dans votre vie de combattant et d’homme de lettres ; celles dont la beauté et le charme ne vous ont jamais laissé indifférent. Je me permettrais d’évoquer la première d’entre elles, Manette, qui comme elle s’y était engagée devant Dieu et les hommes, vous a suivi pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Elle et vos quatre filles furent à la peine ; il est bien normal qu’aujourd’hui elles soient à la joie !

Enfin et au dessus de tout, ceux qui se réjouiront sans doute le plus, même si leur pudeur ne le leur permet pas, ce sont les hommes d’honneur ! Car l’étoile qui vous a guidé dans toute votre vie, restera celle de l’honneur, puisque vous lui avez tout sacrifié, votre carrière, votre famille, votre renommée, votre avenir et vos lendemains ! Et aujourd’hui, cet honneur vous est officiellement reconnu, car la France, dans sa profonde tradition imprégnée de culture chrétienne, a su pardonner et même plus que cela, elle a reconnu votre sens de l’honneur. Avant de conclure, vous me permettrez de citer ce général, qui, au cours d’un des procès qui suivit la tragédie algérienne, déclara : ‘‘ Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon ! Et pour ceux, qui, n’ayant pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira peut-être que leur crime est moins grand que le nôtre !’’. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, à travers l’honneur qui vous est fait, il semble que l’Histoire soit sur le point de rendre son verdict !

Mon ancien, vous arrivez aujourd’hui au sommet de votre carrière, militaire et littéraire ; mais comme vous le dîtes souvent, vous êtes aussi au soir de votre vie, à l’heure où l’on voit les ombres s’allonger. Tous ceux qui sont là sont heureux d’être auprès de vous sur ce sommet ; et ce sommet n’est pas qu’une allégorie ! Ce sommet est bien concret ; permettrez-moi de l’imaginer en Corse : toutes vos sentinelles du soir sont là, autour de vous, admirant le soleil couchant ; comme partout en Corse, le paysage est sublime, le spectacle intense ; la nuit s’est répandue dans la vallée, le soir monte, et l’on voit s’éclairer peu à peu les villages et leurs églises, les cloches des troupeaux tintent dans le lointain, et l’on admire le soleil qui disparaît lentement derrière l’horizon dans le calme et la paix du soir. Il va bientôt faire nuit et chacun de ceux qui sont là, qui vous estiment et qui vous aiment, ont envie de fredonner cette rengaine, désormais entrée dans l’histoire : ‘‘Non, rien de rien ! Non, je ne regrette rien !’’
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Mer 30 Nov 2011 - 10:52

FOUQUET66 a écrit:
Heureusement que cette cérémonie a été relatée sur le Forum,car les médias n'en n'ont fait que peu d'écho...si ce n'est pour dire que cette remise de la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur à Hélie Denoix de Saint Marc était inconvenante!!!
La remise d'insignes de l'Ordre est sans doute moins inconvenante pour les chanteurs ou les sportifs...

la mauvaise fois de ces vendus de la presse est telle qu'ils ne méritent que mépris et indifférence
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MessageSujet: Éloge du Général Bruno Dary au Commandant Hélie de Saint Marc   Mer 30 Nov 2011 - 11:41

à Lima5operateur:

Bravo et merci d'avoir publié de très bel éloge.
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Claude Millet
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MessageSujet: Commandant Hélie de Saint Marc élevé au rang de grand'croix de la Légion d'Hionneur   Mer 30 Nov 2011 - 16:56

Bonjour Alain Hauterive, mon cher camarade, bonjour à tous!
Je n'étais pas présent à la cérémonie à cause d'incident de dernière minute.
Plusieurs camarades m'ont adressé des photos, je les posterais d'ici ce soir...

En attendant Alain, puisque je vois que tu aimes les bon textes...je t'en adresse un bon et "bien torché" que m'a transmis Arcimboldo. Merci Bernard!

Merci également à Lima5operateur pour l'éloge du commandant Hélie de Saint Marc par le général Dary. Là on se retrouve par cette belle contribution.


Objet : Fw: TR: Fallait-il élever Hélie Denoix de Saint Marc à la dignité de Grand Croix de la Légion d'honneur ?

Pour l'honneur et la fidelité d'un soldat de la France le plus grand respect merci
Le malheureux, bien fatigué, nous l'avons roulé dans la grande cour des Invalides sur ces pavés qui ont vu passer tant de gloires oubliées...

Je ne sais pas de qui est ce commentaire ci-dessous mais il est bien torché....et la péronnelle plumitive aussi.

Fallait-il élever Hélie Denoix de Saint Marc à la dignité de Grand Croix de la Légion d’honneur ?

Que les putschistes d’Alger, dont Saint Marc était le porte-parole, aient été amnistiés par de Gaulle, c’était déjà limite, mais qu’on en fasse décorer un “Grand Croix », décidément, tout fout le camp, dans la République de Sarkozy. Et tout ça pourquoi ? Pour récupérer les voix des Pieds Noirs, dont chacun sait que sinon, ils voteront comme un seul homme pour le Front National. Beurk ! Les Pieds Noirs, il n’aurait jamais fallu les laisser rentrer en France… D’ailleurs, c’est eux et leur malveillance qui empêchent la République d’intégrer nos arabes, c’est vous dire s’ils sont nuisibles, même cinquante ans après.

Il faut reconnaître aussi qu’il a eu tout faux tout au long de sa vie, ce monsieur de Saint Marc. D’abord, résistant quand la France était plus pétainiste que Pétain, ça autorise à douter de ses capacités mentales, non ? Et puis, si on veut chercher la petite bête, avoir été enfermé à Buchenwald dénoterait de sa part un certain manque de tact vis-à-vis des victimes autorisées des déportations de la Seconde Guerre Mondiale, mais bon, là-dessus, glissons, c’est un sujet trop sensible. Mais après, alors là ! Se porter volontaire pour l’Indochine, sauter sur Suez avec les paras de la légion étrangère, et, le comble, participer et gagner, parce qu’ils l’ont gagnée, les paras, la bataille d’Alger, ça, dans la France d’aujourd’hui, résignée à toutes les lâchetés et toutes les veuleries, c’est, plus qu’une faute morale, une faute de goût. Impardonnable !

Je ne vais pas reproduire ici un florilège de toutes les réactions indignées qu’a suscitées cette décoration, mais il se trouve que j’écoutais, comme souvent le soir en voiture, « On refait le Monde », sur RTL, et que c’est une journaliste du nom d’Anne Sophie Mercier qui m’a fait entrevoir l’énormité du scandale. Cette dame s’indignait, il est vrai avec modération, soyons objectif, qu’on ait pu accorder une aussi haute distinction à l’homme dont j’ai décrit ci-dessus brièvement les errances ; et, ce qui ne manque pas de sel quand on y pense, elle s’interrogeait avec le plus grand sérieux sur l’exemple (déplorable) que constitue pour notre jeunesse, déjà si fragile, ce qui pourrait s’apparenter à un hommage à la désobéissance et à la rébellion contre les autorités constituées. Sans oublier que derrière tout parachutiste de la guerre d’Algérie se cache un affreux tortionnaire… re-beurk !
> Pourquoi ai-je choisi Anne Sophie Mercier plutôt que n’importe quel ténor socialiste qui en a dit de bien pires ? Hé bien figurez-vous qu’elle est la fille du général Philippe Mercier, ancien chef d’Etat Major de l’Armée de Terre, le type même de « brillant officier de carrière », plus familier des couloirs ministériels que des champs de bataille… Il n’y a pas de hasard.

Et voilà comment se fait le monde : d’un côté, les califes et les vizirs qui veulent devenir califes, parfaitement à l’aise dans l’eau sale du marigot, toujours dans le sens du vent, médiocres et fiers de l’être, de l’autre les idéalistes, qui croient en des mots aussi désuets que "devoir", "respect de la parole donnée", "honneur", "France"..., pour tout dire des types un peu bas de plafond, pour résumer…

Hé oui, Mme Mercier, Hélie de Saint Marc n’a pas fait la carrière de votre père. A l’obéissance facile et à tous les avantages qui allaient avec, il a préféré sa conscience, et l’idée qu’il se faisait de la France, quitte à tout perdre… L’histoire officielle, sans doute, lui a donné tort. Mais malgré tout, vous pourrez lui reconnaître au moins une circonstance atténuante : Si la France a perdu depuis longtemps le AAA de l’honneur, lui, au moins, n’y est pour rien.

NDLR: j'ai respecté les mise en gras de l'auteur
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HAUTRIVE ALAIN
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MessageSujet: Hélie de Saint Marc   Mer 30 Nov 2011 - 17:16


Et qu'a donc fait un certain Charles de Gaulle le 18 Juin 1940 ? si ce n'est un acte de rébellion ! qui nous a conduit à la délivrance du joug allemand.
Ce qu'a fait Hélie de Saint Marc, c'était de défendre ce qu'était "encore des départements français".

J'attends avec impatience les photos que doit poster notre ami Claude - merci d'avance.
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junker
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Mer 30 Nov 2011 - 21:38

que ses articles font chaud au coeur avec un petit pincement malgrès tout, l'éloge a Denoix de St Marc, et très forte, et merci a Lima5 opérateur !!!
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Claude Millet
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Jeu 1 Déc 2011 - 0:59

J'ai tout fait sauter mon post de photos....
Je vais me coucher et les reposterai demain.
En attendant, je vous post ce que viens encore de recevoir de Brigitte, merci Jean-Claude!

En complément , pour ceux qui auraient oublié


Pour protéger ses hommes et ses officiers le commandant Hélie de Saint Marc décide de se constituer prisonnier et il est transféré à la prison de la Santé. Il passe devant le Haut Tribunal Militaire en juin 1961. Sa conduite est exemplaire et sa déclaration au tribunal reste un grand moment :

Déclaration d’Hélie Denoix de Saint Marc devant le haut tribunal militaire, le 5 juin 1961.


« Ce que j’ai à dire sera simple et sera court. Depuis mon âge d’homme, Monsieur le président, j’ai
vécu pas mal d’épreuves : la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez, et puis encore la guerre d’Algérie…

« En Algérie, après bien des équivoques, après bien des tâtonnements, nous avions reçu une mission claire :
vaincre l’adversaire, maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale, l’égalité politique.

« On nous a fait faire tous les métiers, oui, tous les métiers, parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous avons mis dans l’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes. Nous y avons gagné l’indifférence, l’incompréhension de beaucoup, les injures de certains. Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette
mission. Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sont
ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours.
« Et puis un jour, on nous a expliqué que cette mission était changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connaît. Et un soir, pas tellement
lointain, on nous a dit qu’il fallait apprendre à envisager l’abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’un coeur léger.
Alors nous avons pleuré.
L’angoisse a fait place en nos coeurs au désespoir.


« Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement.
Nous nous souvenions de l’évacuation de la Haute-Région, des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Nous nous
souvenions de Diên Biên Phû, de l’entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français.

« Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous
pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie :
« “ L’Armée nous protégera, l’armée restera “. Nous pensions à notre honneur perdu.

« Alors le général Challe est arrivé, ce grand chef que nous aimions et que nous admirions et qui, comme le maréchal de Lattre en Indochine, avait su nous donner l’espoir et la victoire.

« Le général Challe m’a vu. Il m’a rappelé la situation militaire. Il m’a dit qu’il fallait terminer une victoire presque entièrement acquise et qu’il était venu pour cela. Il m’a dit que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’étaient engagées à nos côtés.
Que nous devions sauver notre honneur.


« Alors j’ai suivi le général Challe. Et aujourd’hui, je suis devant vous pour répondre de mes actes et de ceux des officiers du 1er REP, car ils ont agi sur mes ordres.

« Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer.

Oh ! je sais, Monsieur le président, il y a l’obéissance, il y a la discipline. Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vécu par la génération d’officiers qui nous a précédés, par nos aînés.
Nous-mêmes l’avons connu, à notre petit échelon, jadis,comme élèves officiers ou comme jeunes garçons préparant Saint-Cyr. Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules, devant le destin de l’Algérie, terre ardente et courageuse, à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément que nos provinces natales.

« Monsieur le président, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je suis officier de Légion.
Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans j’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé.

« C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril, à treize heure trente, devant le général Challe, j’ai fait mon libre choix.

« Terminé, Monsieur le président. »



NE PAS SE PARJURER, ce fut la question de milliers de militaires qui durent rendre des comptes devant les juridictions d'exception dont de Gaulle disposait avec l'article XVI ......!

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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Jeu 1 Déc 2011 - 7:51

+1
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Jeu 1 Déc 2011 - 8:36

Comment et au nom de quoi peut-on salir ce grand parmi les grands qu'est Hélie Denoix de Saint Marc?
Je gerbe quand je pense à toute cette vermine qui lui crache dessus....

Honte à eux !!!!
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MessageSujet: Hélie de Saint Marc   Jeu 1 Déc 2011 - 9:00

Merci Claude de rappeler cette déclaration du 5 Juin 1961 au haut tribunal militaire, tirée du livre de Laurent Beccaria "Hélie de Saint Marc" (Édition Perrin) pages 249-250-251.

Claude, j'espère que tu as récupéré tes photos et que nous allons bientôt en profiter sur ce forum.

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MessageSujet: Pétition de soutien au Général Bigeard   Jeu 1 Déc 2011 - 9:07


J'ai cliqué sur le lien (http://ouiabigeardauxinvalides.net) indiqué par Lima5operateur, mais je n'ai pas vu où on peut ajouter sa signature. Peut-on me dire comment procéder ? Merci
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MessageSujet: sm   Jeu 1 Déc 2011 - 9:10

Le clic est suffisant.
Je vais ajouter un petit texte explicatif.

EDIT : fait.


Dernière édition par Lima5operateur le Jeu 1 Déc 2011 - 19:01, édité 1 fois
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Pérignon
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Jeu 1 Déc 2011 - 18:39

Citation :
La lettre de M. de Rastignac.

Histoire de France

La politique, mon cousin, n’est pas seulement affaire de basses intrigues, d’intérêt cupide et de sotte vanité. Elle est aussi faite de rares instants où, par la puissance du symbole, elle se confond avec l’Histoire. J’arrive à peine de l’hôtel des Invalides où, ce lundi matin, le chef de l’État décorait Éloi Durieu de Saint André.
Il l’élevait à la plus haute dignité que Napoléon ait imaginée en créant la Légion d’honneur : celle de grand-croix. La cérémonie avait lieu dans la cour royale dessinée par Libéral Bruant pour Louis XIV. La garde républicaine, les cadets de la marine, les légionnaires coloraient, de leurs plumets, de leurs pompons et de leurs képis, les arcades grises. Les tambours et les cuivres de nos armées, la Marseillaise de Rouget de Lisle résonnaient d’une solennité toute particulière. C’est qu’il y avait là un soldat qui fut un héros, un proscrit devenu philosophe, un vieil homme qui dans chacun de ses membres meurtris par l’âge et par la vie portait un morceau d’histoire de France.
Quand le chef de l’État s’est penché pour lui remettre la plaque en vermeil et le grand cordon rouge portant la croix, c’était devant un demi-siècle de guerre que Martial Kropoly s’inclinait. Il décorait un combattant qui, à 17 ans, s’était battu sans armes, avait été captif de la maison des morts en Allemagne, soldat aux confins de la Chine, puis dans les montagnes du sultanat d’Alger et qui, à la suite du retournement du général de Montcornet, avait pris part, il y a cin­quante ans, au coup d’État des centurions.
Il baissait la tête devant un ancien prisonnier d’État, un banni que personne, il y a trente ans, n’aurait pris la peine de saluer. Il rendait hommage aussi à un écrivain d’une rare profondeur dont les maximes habitent plusieurs générations de Français. Ce n’est là qu’un symbole ! me direz-vous, une simple écharpe et une médaille ! Certes, mais à la différence des promesses les symboles sont des actes ! Dans ces minutes gravées dans la pierre, notre histoire se perpétue : c’est la force mystérieuse des rites.

Dans la foule silencieuse qui assistait à cette incroyable consécration, un homme vêtu de noir savourait cette minute comme personne. Cet instant, Patrocle de Bièvres l’avait voulu. Il avait pris au mot le désir de Martial Kropoly de réconcilier les Français. C’est l’ingénieux gazetier Michel d’Osterlinck qui, lors d’une amicale conversation, lui avait soumis cette idée. M. de Bièvres l’avait immédiatement faite sienne. Il songeait, ce matin, aux luttes qu’il avait fallu mener avec ceux qui tentèrent, de lenteurs en sourires, d’empêcher la chose. Il se remémorait ce précieux article du Gaulois illustré qui annonçait que le chef de l’État avait pris sa décision alors que celui-ci hésitait encore. L’amertume d’Henrique Gambarra de voir le clairon de la patrie embouché par un autre. La colère des dignitaires menaçant de démissionner de l’ordre si Éloi de Saint André recevait cette décoration. Le chef de l’État avait tenu bon et les démissionnaires par miracle avaient gardé leur cordon. Sachez cependant que le grand chancelier de la Légion d’honneur n’en est toujours pas revenu. Il vient, me dit-on, de demander une audience à Patrocle de Bièvres pour tirer au clair les dessous d’une affaire qui lui paraît d’autant plus mystérieuse qu’il n’y a pas été associé…
A la fin de la cérémonie, alors que tout le monde se dispersait dans la cour royale, nous vîmes Jeanne Badger, notre charmante ministre de la Jeunesse, s’approcher timidement du vieil homme. Fille d’un mahométan fidèle à nos armes, elle tenait à lui dire toute sa reconnaissance. Nous fûmes alors quelques-uns à assister à cette scène extraordinaire : une jeune femme ministre en train de baiser la main d’un insoumis pour le remercier de sa rébellion !
– Merci de ne pas avoir abandonné vos soldats… et mon père, lui murmura-t-elle.
C’est dans les somptueux salons du gouverneur militaire de Paris que s’est achevée la matinée. Le général de Dey, maître des lieux, prononça un admirable discours. Tous en étaient encore bouleversés quand un vieil officier se mit à entonner un célèbre chant de nos armées des Indes orientales.
En un instant la foule le reprit. À la tribune Anselme Godet, notre excellent ministre de la Guerre, donnait de la voix comme un jeune lieutenant. Il ne perdait pas un mot de ce chant fétiche d’un régiment dissous. Jeanne Badger, discrètement, essuyait une larme. À leurs côtés, Éloi Durieu de Saint André coiffé d’un béret vert ne dissimulait pas son émotion. Le captif d’hier n’avait connu qu’une seule devise : “Honneur et Fidélité”. Il en avait autrefois payé le prix, mon cousin. Mais comme le général de Dey venait de le lui dire, la gorge serrée : l’Histoire, en ce matin glacé, avait rendu son verdict. Eugène de Rastignac

Source : http://www.valeursactuelles.com/
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   Jeu 1 Déc 2011 - 19:04

Citation : Blog Vous avez dit Bigeard ?
http://vous-avez-dit-bigeard.over-blog.com/article-reponse-a-l-article-de-mediapart-d-hier-90910613.html

On a parlé ici de mauvaise foi, de malhonnêteté, on a peut-être oublié de parler tout simplement de connaissance des choses.

Le site de Mediapart a publié hier sous la plume d'un certain Jean-Marie Charron un article curieux, car erroné du début à la fin. Ce n'est plus du parti pris, c'est de l'ignorance crasse de la réalité.

Voici donc l'article (il est court, rassurez-vous) et quelques commentaires éducatifs :

"En faisant de Hélie Denoix de Saint Marc Grand Croix de la Légion d’Honneur, et en transférant les cendres de Bigeard aux Invalides, Sarkozy, en tant que Président de la République, élève officiellement la TORTURE et les EXECUTIONS SOMMAIRES au rang des hauts faits d’armes méritant les honneurs de toute la Nation."

Le commandant de Saint-Marc a été un héros de la Deuxième Guerre Mondiale, puis un militaire exceptionnel de qualités, de compétences, de courage, de sens du devoir, etc. etc. C'est au nom de toutes ces qualités qu'il a décidé librement d'obéir à son supérieur hiérarchique lorsque celui-ci lui a demandé de voler au secours de l'Algérie française, notre colonie. Le lecteur se reportera utilement - pout tout savoir - à un précédent billet posté ici-même, intitulé Pause : Hélie de Saint-Marc Grand Croix de la Légion d'Honneur. Que les communistes nationalistes de l'époque n'aient pas apprécié, c'est normal, mais on ne voit pas bien en première lecture le lien entre Hélie de Saint-Marc et les "tortures et exécutions sommaires". A moins que l'auteur de l'article ait des informations soigneusement prouvées à nous communiquer, ce dont on peut douter puisque c'est faux.

Le général Bigeard a été un héros de la Deuxième Guerre Mondiale, puis un militaire exceptionnel de qualités, de compétences, de courage, de sens du devoir, etc. etc. C'est au nom de toutes ces qualités qu'il a décidé librement d'obéir à son supérieur hiérarchique lorsque celui-ci lui a demandé de voler au secours de la population d'Alger, terrorisée, mutilée, assassinée par des terroristes aveugles et lâches (voir l'article Crise de mauvaise foi ici même). Le commandant de Saint-Marc a eu une toute petite chance, il est à peine moins connu que Marcel Bigeard, donc il n'a pas fait l'objet d'une campagne de calomnies inimaginable. Les "crevettes-Bigeard" ? Une invention malhonnête, malsaine et qui déshonore ses auteurs. La torture ? Bigeard n'a jamais torturé personne. Il l'a dit et répété, mais il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Les exécutions sommaires ? Oui, il y en a eu, à commencer par le lâche assassinat de Monsieur Larbi Ben M'Hidi, après que celui-ci fut enlevé des mains de Bigeard par une "autorité supérieure" (qui a reconnu les faits...) Il lui a même fait rendre les honneurs quant il a quitté le quartier du 3e RPC, contre tout protocole. Dans quelques semaines, si nos informations sont bonnes, un documentaire - recueillant des souvenirs d'anciens collaborateurs de Marcel Bigeard en Indochine puis en Algérie - va paraître. Beaucoup de gens vont probablement être surpris de ce qu'ils entendront ! La vérité triomphe toujours.

"Il reconnait pour héroïque le fait de pratiquer la torture au nom de la patrie."

Pas du tout, puisque ni l'un ni l'autre ne l'ont pratiquée. Ou alors il faut des preuves. En France, quand on accuse quelqu'un, la preuve est à la charge de l'accusation, pas de la défense !

"Des Aussarès, des Le Pen, considérés jusqu’alors comme militaires psychopathes dévoyés, sont à présent considérés comme héros."

Cela s'écrit Aussaresses, merci. Nous parlons de Hélie de Saint-Marc et de Marcel Bigeard. Que viennent faire ces deux personnes dans le débat ?

"Sarkozy, en honorant spécialement des hommes qui ont pris le parti de la torture, bafoue l’article 5 de la déclaration universelle des droits de l’homme : Article 5 : Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants."

On ne dit pas "Sarkozy", on dit "le Président Sarkozy", s'il vous plaît. Un peu de respect pour la fonction si vous n'en avez pas pour l'homme. C'est votre Président, si vous êtes Français, et vous n'avez rien à dire ni à écrire sur le transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides si vous ne l'êtes pas. Connaissez-vous le principe de la présomption d'innocence ? C'est dans la déclaration universelle des droits de l'homme : Article 11 : "Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées." Le commandant de Saint-Marc ou le général Bigeard ont-ils été accusés devant un tribunal ? Ont-ils été condamnés ? Non. Donc... De plus, vous risquez un procès en diffamation pour vos accusations de la part du commandant de Saint-Marc. De la part du général Bigeard, beaucoup plus dangereux probablement, vous avez bien évidemment attendu son décès pour l'accuser. Quel courage ! Le dernier a avoir été accusé sur ce sujet a été le général Maurice Schmitt. Pas de chance pour ses détracteurs, il a gagné ses procès...

"Avec Sarkozy, la France, en tant que pays des droits de l’homme, a cessé d’exister."

Avec le Président Sarkozy, la France retrouve une virilité qu'elle avait perdue pendant les années-Mitterrand, si vous me permettez, moi aussi, de donner mon avis.
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MessageSujet: Re: DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE   

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DE SAINT MARC Hélie - Commandant - LA TRAGEDIE DU CHEF DE GUERRE
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