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 Lettre à M. Macron d' un Officier de réserve issu de Cherchell

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Claude Millet
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MessageSujet: Lettre à M. Macron d' un Officier de réserve issu de Cherchell    Mer 8 Mar 2017 - 18:32

Lettre à M. Macron d' un Officier de réserve issu de Cherchell
 
 
 
LETTRE D’UN PARISIEN APPELÉ DU CONTINGENT A L’ADRESSE DE MONSIEUR MACRON CANDIDAT A L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE.
 
A l’aube de mes huit dizaines Monsieur Macron, je croyais avoir tout vu, tout entendu et tout supporté de cette « sale guerre coloniale » comme cette gauche "anti-France" l’a qualifiée pendant cinquante ans. Elle poursuit son oeuvre de désinformation avec toujours ces mêmes clichés mensongers. J’avais malgré tout l’espoir de voir enfin écrire l’histoire, la véritable avec un grand H. C’était sans compter sur cette fin de mandat présidentiel.
Cette « sale guerre », à laquelle j’ai participé comme 1 million et demi de jeunes de vingt ans. Officier de Réserve, Sous-Lieutenant chef de section de combat pendant dix-neuf mois sur les vingt-neuf de ma conscription en Algérie, m’ont permis d’avoir un « aperçu »de ce qu’était ce pays à l’époque.
Cette « sale guerre » où les patriotes CGT et communistes sabotaient nos armes et munitions dans les arsenaux pour faire des victimes supplémentaires dans nos rangs.
Cette « sale guerre » Monsieur Macron où le comité d’accueil de dockers nous insultait en arrachant nos galons comme ils l’avaient fait à ceux qui rentraient d’Indochine quelques années plus tôt. Cela pour nous aider à chasser sans doute de nos nuits sans « cellules psychologiques » les fantômes des camarades tombés à nos côtés.
Cette « sale guerre » que vous les hommes politiques nous faites porter comme une croix en rejetant la faute et ses conséquences sur les Français d’Algérie (devenus Pieds noirs à partir de 1962) ainsi que sur l’armée tout entière pour vous refaire une virginité à bon compte.
Dois-je vous rappeler Monsieur Macron que nous avons exécuté la guerre que les gouvernements successifs de 1954 à fin 1962 nous ont commandé de faire. Les socialistes et d’autres portent une large responsabilité dans ce drame humain.
Cette « sale guerre » qui a mis quarante ans pour avouer son nom présente un bilan effroyable : 27 000 morts et 70 000 blessés dans les rangs des militaires de carrière et du contingent, des dizaines de milliers de harkis tués au combat ou massacrés après leur abandon par la république, plus de 3 000 civils des deux communautés assassinés ou disparus et jamais recherchés après le « fallacieux cessez-le-feu » unilatéral.
Alors pour « effacer » cela Monsieur Macron nous avons assisté après le voyage en Algérie de votre mentor « président normal » à une série d’humiliations que je vous résume : La reconnaissance du 19 mars et de ces iniques Accords d’Evian, geste qu’aucun Président de la République n’avait osé accomplir. Puis le drapeau algérien et sa garde (nous avons échappé à une Cie sur les Champs Élysée), le navire école « Le Soummam » (tout un symbole pour ceux qui connaissent l’origine de cette guerre) pour la revue navale à Toulon, les gerbes de fleurs au monument des martyrs du FLN à Alger pour couronner ce 14 juillet réconciliateur.
Il ne restait plus Monsieur Macron qu’à décrocher la REPENTANCE portée en bandoulière et tant attendue par Alger.
La dette de sang de la France viendra plus tard avec quelques arrangements (visas, contrats pétroliers et gaziers, dette Sécu, etc...) Voilà Monsieur Macron la dernière tâche qu’il restait à accomplir pour parachever ce quinquennat mortifiant.
En apprenant votre voyage en Algérie je craignais le pire et le pire est arrivé. Après avoir visionné vos entretiens et interview avec les autorités algériennes, c’est une colère froide, une sourde exaspération et une immense tristesse qui m’ont envahi. Vous veniez de réaliser à la puissance dix ce que je redoutais. Sur le moment (l’âge étant là) je pensais avoir mal entendu ou mal compris vos propos. Une relecture me confirmait l’impensable et l’inexcusable. A quatre reprises vous marteliez « LA COLONISATION EST UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ » que cette colonisation était « UNE VRAIE BARBARIE » à l’endroit du peuple algérien qui avait subi
ces atrocités : de quoi enflammer nos banlieues. Vous présentiez en conséquence « DES EXCUSES » (en notre nom sans en avoir le mandat) à ceux qui avaient subi ces violences.
La boucle était bouclée, vous veniez d’exécuter la « sale besogne ». Le poulain courageux avait gagné ses galons de super candidat à la magistrature suprême.
Dans cette pêche miraculeuse aux voix depuis Alger Monsieur Macron je crains que vous soyez surpris du contenu de vos filets. Cette monstrueuse provocation et insulte à l’adresse de tous ceux qui ont fondé, bâti, défendu jusqu’à la mort cette portion de France qu’était l’Algérie que vous n’avez pas connue est une honte pour notre pays. Les Français d’Algérie et pas seulement, l’armée dans son ensemble, les associations d’anciens combattants (hormis la FNACA) ne vous le pardonneront pas. En d’autres temps, de telles actions ou propos auraient été assimilés à de la trahison. Je vous pose une question Monsieur Macron : Les officiers de SAS qui administraient, soignaient, enseignaient, protégeaient du FLN les populations regroupées, gardaient et assuraient la répartition de la nourriture étaient-ils des colonisateurs sanguinaires ?
Les moines de Thibirine lâchement assassinés et décapités en 1996 étaient-ils des tortionnaires évangélisateurs ou des hommes de paix et d’amour pour les Algériens et leur pays ? Au vu de l’état actuel de l’Algérie que vous n’avez pas visitée, vous auriez pu poser cette question à vos interlocuteurs : Qu’avez-vous fait Messieurs en cinquante ans de votre indépendance ???
Pour franchir avec succès les portes de Sciences Po et de l’ENA je vous l’accorde il faut une certaine intelligence. Pour franchir celles de l’Élysée les Français (les vrais) attendent aujourd’hui d’autres qualités d’un chef d’Etat. Ils attendent de la fierté et de l’honneur, du patriotisme pour leur pays, de la rigueur dans la vérité, de l’honnêteté intellectuelle, de la justice (la vraie) de la sensibilité avec un coeur plutôt qu’un coffre-fort Rothschild. Mais par-dessus tout Monsieur Macron, il faut du COURAGE celui dont vous avez manqué en piétinant et salissant la mémoire des morts et la dignité des survivants qui ont suffisamment souffert. Ils en ont payé la note en abandonnant les tombes de leurs aïeux à la démolition, les biens de toute une vie et leurs racines.
Tout cela non pas pour un plat de lentilles Monsieur Macron mais des voix pour accéder au POUVOIR à n’importe quelles conditions même les plus lâches. Pour vous racheter devant le torrent de protestations, vous avez renchéri et sombré dans une grotesque pantalonnade en reprenant les propos de celui qui avait « tout compris » mais n’aimait que lui-même. Ce grand homme par la taille, les Pieds noirs s’en souviennent et c’était le seul fantôme à ne pas leur ressortir du placard.
En conclusion Monsieur Macron, je m’interroge comme bon nombre de mes camarades qui ont laissé comme moi leur jeunesse et leurs illusions dans les djebels, sur l’inconséquence et la portée de votre prestation à Alger. Avec les clés de l’Élysée vous devenez le commandant en chef de la grande muette (de moins en moins silencieuse) et détenteur du feu nucléaire. Permettez-moi Monsieur Macron d’être inquiet avant de disparaître pour l’avenir de mes petits-enfants.
« Le courage est la première des qualités humaines
Car elle conditionne toutes les autres. »
ARISTOTE
 
En pièces jointes Monsieur Macron quelques réflexions à méditer et qui peuvent vous être utiles dans… La suite de votre carrière, si vous poursuivez en politique.
 
Aix en Provence le 22 février 2017
Gérard Bourgeonnier
 
Merci à Jacky Alaux

_________________

RASURA_________SER
1er RCP - 257.174

« Il n'y a pas de sens de l'Histoire, il n'y a pas de vent de l'Histoire car ce qui fait l'Histoire, selon notre conception occidentale et chrétienne qui est vérifiée par tous les faits historiques, c'est la volonté des hommes, c'est l'intelligence des hommes, ce sont leurs passions, bonnes ou mauvaises. »Colonel Bastien THIRY procès Petit Clamart
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Bacchus
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MessageSujet: Re: Lettre à M. Macron d' un Officier de réserve issu de Cherchell    Jeu 9 Mar 2017 - 0:15

Excellent, bravo au bon sens des anciens de l'Ecole de Cherchell.
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Lettre à M. Macron d' un Officier de réserve issu de Cherchell
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