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 Une belle passe d'arme....

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Sergent LOMBART
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MessageSujet: Une belle passe d'arme....   Mer 22 Oct 2008 - 18:41

Une belle passe d'arme....

A la suite des articles de Michel Droit parus en juillet et août 1977, sur les années 1953 et 1954, le général Navarre nous a envoyé un important courrier que nous ne pouvons publier intégralement, mais dont nous publions tous les passages pouvant apporter des précisions intéressantes sur ces pages de notre histoire. Voici ce qu'il nous écrit :

Historama a publié dans ses numéros de juillet et d'août 1977, sous la rubrique «ce quart de siècle», des articles de M.Michel Droit où sont évoqués l'occupation et la bataille de Diên Biên Phu, ses conséquences, puis les conditions dans lesquelles la France a mis fin, pour sa part, à la guerre d'Indochine.
«Il s'agit là d'un ensemble de questions très complexes, où les problèmes militaires et politiques intérieur ou extérieur s'interpénétraient étroitement.
«Il était certes difficile de les résumer en quelques pages. Mais en s'appuyant sur une documentation valable, un véritable historien aurait pu écrire à ce sujet un article sérieux, c'est-à-dire survolant les faits, allant au fond des choses et, sur les points contestés, présentant objectivement le pour et le contre.
«Or M.Michel Droit n'a su (c'était évidemment plus facile) que faire des événements un résumé approximatif et simpliste, d'où ne se dégage aucune vue d'ensemble. Et il a cherché dans la presse de l'époque ou dans des écrits sans valeur historique de quoi agrémenter son texte.
«Ce qu'il a trouvé n'est guère qu'un échantillonnage des erreurs matérielles, des jugements sans fondement, des contre-vérités et des déformations de la vérité qui abondent dans les «sources» auxquelles il a puisé.
«Il n'est pas possible de discuter ici en détail les entorses de toute sorte à la vérité que contiennent les articles en question : en effet, s'il était facile de formuler en quelques mots de fausses informations, les réfuter valablement exigerait des développements qui entraineraîent trop loin.
«Je pense cependant en avoir assez dit pour que les lecteurs d'Historama sachent que ce qui leur a été présenté, par M. Droit, comme de l'histoire, en est en réalité très loin.


Dans une autre lettre, le général Navarre reprend quelques-uns des points sur lesquels il est en désaccord avec Michel Droit. Nous reproduisons, ci-après, les passages incriminées et la réponse du général Navarre.

Michel Droit
En mai , le général Henri Navarre a été nommé commandant en chef du corps expéditionnaire d'Indochine, en remplacement du général Salan, avec pour mission d'amener le Viêt-minh à négocier la paix, afin de permettre à la France de trouver ce qu'on commence à appeler une «sortie honorable ».

Général Navarre
Erreur. Aucune «mission» ne m'a été donné ( le gouvernement ne sachant absolument pas ce qu'il voulait). C'est moi qui me suis fixé le but d'une «sortie honorable». Le gouvernement l'a admis tacitement sans s'engager par écrit.

Michel Droit
Pour montrer de quoi il est capable, Cogny lance aussitôt, en juillet, dans le plus grand secret, une fulgurante opération aéroportée sur Langson, abandonnée au Viêt-minh trois ans plus tôt. Bigeard et Ducourneau mènent le jeu. D'énormes quantités de matériel russe et chinois, entreposées dans des grottes, sont détruites. Il y en a moins peut-être qu'on le dira. Mais suffisamment pour que cela ait valu le déplacement.

Général Navarre
Opération décidée par moi et dont tous les détails m'avaient été soumis.

Michel Droit
Cogny admet que Diên Biên Phu soit considéré comme une base secondaire, mais certainement pas comme une position-clé à partir de laquelle serait livrée une bataille décisive. Son obsession est la défense du delta, et toute ponction de troupes qui risquerait d'y affaiblir son dispositif, a, d'avance, sa réprobation.

Général Navarre
Thèse répandue après la chute de Diên Biên Phu par le général Cogny, mais contre-vérité absolue. C'est lui qui m'a proposé l'occupation de Diên Biên Phu et son organisation en «position clé» près la défense du Laos. Il était entièrement d'accord pour que nous y livrions bataille (il a fait dans ce sens de multiples déclarations).

Michel Droit
Que fait-il donc à Diên Biên Phu, le spahi Christian de Castries, assumant, avec ses cinq galons argent de colonel de cavalerie, un commandement qui est, au moins, celui d'un général de division?
Eh! bien, il fait précisément ce qu'aucun général de ce rang n'a été tenté de faire, à la tête de 11 000 hommes, dont 40% de légionnaires. Ajoutons que Christian de Castries est aussi peu préparé que possible, en fonction de son tempérament et de son passé militaire, à subir un siège au fond d'une cuvette cernée de hautes collines, c'est- à-dire à devoir s'accrocher au terrain plutôt que d'aller conquérir celui-ci à la tête d'un Groupement mobile de blindés.

Général Navarre
Accumulation de contre-vérité.
a) Cela veut dire sans doute (c'est en effet un «bobard» assez répandu) que des généraux avaient refusé de prendre le commandement à Diên Biên Phu. Complètement faux.
b) Les qualités de «fonceur» de de Castries ne s'opposaient en rien à ce qu'il fût capable de «s'accrocher au terrain». Personne en Indochine n'était plus apte que lui à faire face à une situation imprévisible dont seuls des vétérans de 14-18 avaient eu l'expérience.

Michel Droit
Au nord et au nord-est Gabrielle et Béatrice, au sud Isabelle constituent les ultimes bastions destinés à renforcer davantage encore la protection de l'ensemble.

Général Navarre
Faux. «Béatrice et Isabelle» étaient des positions avancées.

Michel Droit
Cette fois, l'objectif est Gabrielle, à l'extrême-nord du dispositif, tenu par un bataillon de tirailleurs algériens dont le commandant est tué presque aussitôt.

Général Navarre
Faux. Il n'a été que blessé.

Michel Droit
Une contre-attaque est alors tentée pour reprendre la position. Elle échouera et les légionnaires qui l'ont conduite ne pourront que recueillir les derniers défenseurs.

Général Navarre
Faux. Ce ne sont pas des légionnaires qui ont contre-attaqué. Malheureusement d'ailleurs.

Michel Droit
Moyennant quoi, le commandant Piroth a refusé les renforts d'artillerie qu'on lui offrait.

Général Navarre
Faux. On ne lui a pas «offert» de renforts car son artillerie était très suffisante en nombre de pièces (trop technique et trop long à développer ici) .

Michel Droit
Un DC 3, à bord duquel se trouve le général Cogny, tourne au dessus de la cuvette et tente de se poser. Il doit y renoncer.

Général Navarre
Totalement faux.

Michel Droit
Eisenhower est bienveillant mais plus réservé. Dés le début, il a jugé l'opération en militaire, et considéré l'installation du camp retranché comme une absurdité.

Général Navarre
Certainement faux. Eisenhower avait en Indochine un représentant militaire très écouté, le général O'Daniel qui, très partisan de Diên Biên Phu, lui envoyait des rapports très favorables (qu'il me montrait souvent). Si Eisenhower a exprimé l'avis que lui prête Michel Droit, ça n'a pas pu être que quand les choses se furent gâtées (c'est-à-dire à une époque où florissait le «Je l'avais bien disme»).

Michel Droit
Brohon expose à Navarre le plan de l'amiral Radford. Le commandant en chef l'écoute avec attention. Pourtant, est-ce la stabilisation provisoire des combats autour du camp retranché qui lui fait croire à une fatigue de Giap et de ses soldats évidemment très éprouvés par les pertes subies, et en tire-t-'il des raisons d'optimisme sur la suite des évènements? Ou bien, comme on le dit, craint-il,
réellement, de voir le Tonkin submergé par une action chinoise qui répondrait à l'initiative américaine ? En tout cas, Navarre charge le porte-parole du général Ely de dire à son chef et au gouvernement que, puisqu'on veut bien lui demander son avis sur l'opportunité d'une telle action, cet avis est défavorable.
De retour à Paris, le colonel Brohon fait connaître la réponse du général Navarre. Mais à peine en a-t-il rapporté les termes qu'un câble arrive de Hanoï. Le commandant en chef y dit exactement le contraire de ce qu'il a chargé Brohon de transmettre à ceux qui l'avaient envoyé.

Général Navarre
Résumé très approximatif aussi et faux en ce qui concerne la fin. Je n'ai jamais donné d'avis défavorable à «Vautour» et ai seulement demandé un délai (quelques heures) pour étudier avec mon adjoint «Air» certains aspects accessoires de l'affaire.

Michel Droit
Castries a été promu général par le Conseil des Ministres. Son nom est devenu, à travers le monde, synonyme d'héroïsme désespéré. Mais sur le terrain, il ne commande plus guère, laissant cette responsabilité, chacun pour soi, à la poignet de chefs de bataillons et colonels qui lui reste.

Général Navarre
Il est faux que Castries ait le moins du monde abdiqué son commandement, comme l'insinue ce passage. Légende alimentée par des racontars subordonnés, voulant se faire mousser, et colportée par des journalistes.

Michel Droit
Et pourtant, Navarre affecte de considérer que, s'il a perdu une bataille, il est loin d'avoir perdu la guerre.

Général Navarre
«Affecte» veut aussi être malveillant. J'étais (et reste) convaincu que la chute du camp retranché ( contenant moins de 4 % des effectifs d'Indochine) n'imposait pas, du point de vue militaire, la fin de la guerre.

Michel Droit
Navarre n'en reviens pas qu'on ai résolu de se priver de ses services.

Général Navarre
Là aussi, appréciation malveillante et gratuite. J'avais, à deux reprises, demandé que l'on se «prive de mes services» si m'étaient imposées certaines mesures que je ne voulais pas exécuter.

Michel droit
En outre, le nouveau chef du gouvernement français n'hésite pas à déclarer qu'en cas d'échec il renforcera le corps expéditionnaire et enverra en Indochine trois division formées d'hommes du contingent, avant de remettre sa démission au président de la République.

Général Navarre
Bluff verbal auquel le Viêt-minh, parfaitement renseigné, n'a pas cru un instant.

Michel Droit
Cette énergie impressionne les américains et ceux-ci font aussitôt connaître les conditions auxquelles ils sont prêts à garantir les accords : intégrité et indépendance du Cambodge et du Laos ; retrait des forces du Sud-Viêt-nam à partir du 17° parallèle ; droit pour celui-ci de maintenir un gouvernement non-communiste et de faire appel à l'aide étrangère ; liberté de transfert des populations qui voudrait émigrer ; contrôle international permanent de toutes ces conditions.
Les accords sont signés dans la nuit du 20 au 21 juillet , c'est-à-dire au terme précis du délai que c'était accordé Mendès-France. La frontière entre les deux Viet-nam passera bien par le 17° parallèle et les dernières troupes françaises devront avoir évacuées Hanoï et le Tonkin pour le 10 octobre. Les prisonniers de guerres seront libérés. Les Vietnamiens qui voudront quitter le nord du pays pourront le faire librement. Le Laos et le Cambodge auront droit, en cas de besoin, de recourir à l'appui d'une puissance étrangère. Des élections générales auront lieu dans les deux ans à travers tout le Vietnam.

Général Navarre
Résumé simpliste, conformiste et prudent de la thèse mendésiste sur les mirifiques résultats obtenus à Genève. Mais il existe une thèse différente soutenant que, comme l'a écrit Khrouchtchev dans ses mémoires, les concessions faites par la délégation française laissèrent le camp communiste, qui n'avait «rien espéré de tel», «bouche bée de satisfaction et de plaisir» . Un véritable historien eût au moins mentionné ce point de vue.

Réponse de Michel Droit aux différentes mises au point du général Navarre

«J'ai été littéralement captivé par le lecture des très utiles corrections que le général Navarre a bien voulut apporter aux «erreurs» commises par moi dans ma brève relation de la bataille de Diên Biên Phu.
«Je ne doute pas un instant que les lecteurs d'Historama ne soient également tout à fait intéressés en apprenant, entre autres détails, que nul, en Indochine, n'était plus apte que Christian de Castries à «s'accrocher au terrain», ce qui explique peut-être bien des choses ; que les points d'appui Béatrice et Isabelle étaient des positions avancées alors que je les ai présentées comme situées en avant des autres – la nuance, on le voit, est capitale- disant qu'elles étaient destinées à renforcer celles qui ce trouvaient derrière elles ; que le commandant de tirailleurs algériens qui contre-attaqua sur Gabrielle, au début du siège, ne fut pas tué mais seulement blessé; que l'artillerie dont disposait le commandant Piroth (qui se suicida en constatant son impuissance à s'opposer au feu ennemi) était très suffisante en nombre de pièces; que les effectifs du camp retranché ne représentant que 4 % du corps expéditionnaire, tout permettait de continuer la guerre d'Indochine après qu'ils eurent été mis hors de combat ou faits prisonniers... ce qui aurait probablement -autre avantage- évité la guerre d'Algérie, faute d'unités en quantité et qualité suffisantes pour la livrer, etc.
«Sur un point, pourtant, le général Navarre ne conteste pas mes propos. C'est lorsque j'écris : «Navarre est un brillant esprit militaire, mais il ne connaît rien à l'Indochine. De Lattre non plus, en y arrivant, ne connaissait rien du Pays, mais c'était De Lattre ».
«En définitive, puisque selon le général Navarre, mon récit n'est qu'un «échantillonnage d'erreurs matérielles, de jugements sans fondement, de contre-vérités et de déformations de la vérité» j'en arrive à me demander si je ne me suis pas trompé jusqu'au bout et si, en définitive, le général Navarre a réellement perdu la bataille de Diên Biên Phu ainsi qu'on le prétend.
«Ne rêvons pourtant pas.
«A la vérité, Diên Biên Phu a bien été une défaite pour nos armes. Mais pas comme on le dit. En effet, n'étant pas un véritable historien comme l'assure le général Navarre qui s'y connaît, c'est moi et tout un escadron de vilains journalistes et écrivains qui avons été vaincus à Diên Biên Phu. Mais certainement pas le général Navarre, puisqu'il était, comme chacun le sait, un véritable général.
«En tout cas, nous serons au moins d'accord sur un point, lui et moi, je veux dire pour regretter que notre ami commun le général Cogny, ne soit plus vivant. Il connaissait la question et n'y allait pas par quatre chemins pour dire ce qu'il savait et ce qu'il pensait. Il aurait pu, utilement, nous donner son point de vue afin d'éclairer le débat».

SL
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Claude Millet
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MessageSujet: Re: Une belle passe d'arme....   Lun 3 Nov 2008 - 22:57

vu Steph!

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« Il n'y a pas de sens de l'Histoire, il n'y a pas de vent de l'Histoire car ce qui fait l'Histoire, selon notre conception occidentale et chrétienne qui est vérifiée par tous les faits historiques, c'est la volonté des hommes, c'est l'intelligence des hommes, ce sont leurs passions, bonnes ou mauvaises. »Colonel Bastien THIRY procès Petit Clamart
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Une belle passe d'arme....
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