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 Représailles au Liban en 1983 (du chagrin à l’humiliation) Valeurs Actuelles : un renvoi de notre camarade Charles JONCA

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AuteurMessage
Claude MILLET
Fondateur
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MessageSujet: Représailles au Liban en 1983 (du chagrin à l’humiliation) Valeurs Actuelles : un renvoi de notre camarade Charles JONCA   Ven 18 Déc 2015 - 15:43

    Mon Général !
 
..... le jus d' orange pressé  est servi en terrasse mais en NC ! 
 
 OUI ! ..... du " chagrin à l' humiliation " !!!! .... c' était hier et encore aujourd'hui !!!! 
 
     Les " Copains " .... Moustachus vont lire et relire le passage sur la .... JEEP ! .... qui réagira ? 
 
     Nos " Amis " de l' Aéronavale vont refaire , à mon avis , un passage virtuel pour vous saluer ! 
 
     Dans les bureaux " dorés " de la République , je pense qu' " ils " vont demander à Laurent Delahousse de France 2 ,
     d' enquêter ! ... encore ! 
 
http://www.france2.fr/emissions/un-jour-un-destin/diffusions/15-12-2015_436488
 
Vous pouvez compter sur moi pour les oranges  , mais autant les déguster ensemble !
 
..... en ce moment sur le Caillou , pleine saison des letchis   : .... encore un souvenir de la RDP / Beyrouth / 1983 , sacré " DIEM " ! 
 
Nous allons suivre les réactions ! 
 
.... @ très bientôt donc .
 
Très respectueusement .
 
Charles . 
 
Vendredi - 08:08 à Nouméa - 
 
PS : .... Mon Général , faudrait mettre une date de rédaction  sur la PJ  ... " Représailles au Liban
 
 
 
Citation :
Message du 17/12/15 16:08 ( Castres )   
 De : "francoise cann"
 A : "Charles Jonca"
 Copie à :
 Objet : VA

Bonjour Charles, ami très fidèle,
Citation :
 Voici ma réaction à l'article paru dans VA de la semaine dernière.

 S'il me vaut des ennuis, vous m'apporterez des oranges ?

 Cordialement

 Général Cann


Valeurs Actuelles a écrit:
Citation :
Représailles au Liban en 1983

(du chagrin à l’humiliation)



Dans les années 80, Monsieur Charles Hernu exerce les fonctions de Ministre de la Défense. Il a la manie des représailles démonstratives. À la fin de l’année 1983, il s’y emploie à deux reprises à Beyrouth qui seront autant d’échecs, relatés en janvier 1994 par Frédéric Pons dans son ouvrage « Les para sacrifiés » (pages 247 à 269) et, plus récemment, par François d’Orcival dans l’hebdomadaire « Valeur Actuelles » de décembre 2015.

J’ai tenu à apporter quelques précisions à ces documents, en faisant appel à mes souvenirs de témoin placé au cœur même de l’événement.

x

Depuis le 17 octobre 1983, j’exerce les fonctions de Comelef de Diodon IV (nom- code de l’opération que la France mène à Beyrouth dans le cadre de la Force Multinationale de Sécurité aux côtés des Marines américains et des Bersaglieri italiens.

En riposte à l’attentat du 23 octobre 1983 contre l’immeuble « Drakkar » à Beyrouth, Monsieur Hernu m’envoie un commando de la DGSE avec une mission de représailles. J’accueille le colonel L. que j’ai connu en Algérie. Il est venu avec une douzaine de gars répartis sur six jeeps. Il m’annonce qu’il doit détruire un objectif iranien car l’Iran est suspecté d’avoir fomenté l’attentat. Il me demande où sont dans Beyrouth les points sensibles iraniens. Je n’en connais que deux, l’ambassade d’Iran, visible à un kilomètre de mon PC et une annexe de cette ambassade, située dans le sud-ouest de Beyrouth.

Mais je lui rappelle que ces bâtiments sont des enceintes diplomatiques et, de ce fait, ne peuvent, en aucun cas, constituer une cible. Le colonel disparaît dans Beyrouth avec ses gars pendant deux ou trois jours, à la recherche d’un objectif. Il revient me voir le 6 novembre au soir, fort dépourvu de n’avoir rien trouvé. Il m’annonce que demain à l’aube il va attaquer l’annexe de l’ambassade. Je réagis violemment.

« Vous êtes devenu fou ! Cette enceinte est protégée par l’immunité diplomatique ! Vous aurez le monde entier contre vous ! » J’ai beau protester… Rien n’y fait.

« Mon général », me répond-il, » j’ai reçu des ordres ! J’attaquerai demain matin à 3 heures ! »

Comme je dispose d’une ligne téléphonique cryptée avec l’ EMA, je rends compte au général Lacaze, le Chef d’état-major des armées, de la situation et de l’énormité de la bévue diplomatique qui se prépare. Égal à lui-même, « le Sphinx » (c’est son surnom) me répond : « je vous comprends bien, mon cher Cann, mais cela ne vous regarde pas ! ». Et il raccroche.

À trois heures du matin, je suis sur mon balcon à la Résidence des Pins. Dans le silence de la nuit, j’attends le bruit des détonations. Rien ne se passe. L’attente est interminable. Vers 3h30, j’entends le bruit de jeeps lancées à vive allure dans les avenues de la ville. À hauteur de la Résidence, quatre jeeps s’en vont en direction du port tandis qu’une seule vient se garer devant la Résidence. En descend le colonel L. qui monte me voir. Il est livide.

« Rien n’a marché », me dit-il, d’une voix étouffée, « je ne comprends pas : nous avons lancé une jeep chargée de sacs pleins d’explosifs pour qu’elle explose contre le portail du bâtiment. Mais rien n’a explosé. Nous avons alors tiré sur la jeep. Rien ne s’est produit.

Des pasdarans gardant l’immeuble ont alors riposté dans notre direction, ce qu’ entendant, une unité de la « 6° » Brigade libanaise située à notre Est, s’est mise à tirer à son tour. Dans cette confusion, j’ai ordonné le repli vers le port, contraint d’abandonner la jeep devant le portail de l’annexe de l’ambassade. Je suis désolé mais maintenant il faut que j’embarque sur le chaland amarré au port .… Au revoir, mon général !

Je crois rêver mais c’est un très mauvais cauchemar. Car je dois maintenant « aller à Canossa » présenter les excuses de l’armée française au Chef d’état-major de l’armée libanaise, le général Tannous dont, fort heureusement, je me suis fait un ami solide.

« Mon Canossa » se trouve à Yarzé, PC de l’état-major libanais. On me fait attendre dans un salon confortable où, vers cinq heures, apparaît le général Tannous.

Du plus loin qu’il m’aperçoit il me dit : « mon cher général, je suis au courant, ne vous en faites pas. Personne ne sera assez stupide pour croire qu’une jeep immatriculée Bleu-Blanc-Rouge a pu être placée là par les Français. La ficelle est trop grosse. Ne vous inquiétez pas. Cela n’intéressera personne » !

Effectivement, le lendemain, pas un mot dans la presse. Ouf !

Mais le général revient vers moi et me dit : « maintenant il faut que je vous fasse une révélation plutôt fâcheuse. Je vous présente mon colonel adjoint «Génie ». Il a fait ses études à votre Ecole militaire d’Angers. Il a examiné de près la jeep abandonnée : il est en mesure d’affirmer très sérieusement que la mise à feu du dispositif, où nous n’avons pas trouvé de détonateurs, a dû être débranchée par quelqu’un du commando ! Voici les photos que le colonel a fait prendre ». Et il me montre les documents où l’on aperçoit nettement le débranchement.

Après une longue discussion avec le général Tannous, je comprends que les hautes instances françaises ont voulu « adresser un message » et surtout « ne pas faire de mal ».

« Vous savez mon général », me dit-il, « ici au Moyen-Orient ce genre de procédé ne marche pas : seul compte, toujours et partout, le rapport de force : ou bien vous êtes fort, ou bien vous êtes faibles, il n’y a pas d’intermédiaire ».

Je rentre à la Résidence où je rends compte à l’Ema de cette affaire rocambolesque. Pas de réponse.

Le chagrin de « Drakkar » a laissé la place à un sentiment d’humiliation.

x

Neuf jours plus tard, le 16 novembre 1983, l’amiral Klotz qui commande nos forces aéronavales, décolle du Clémenceau à une cinquantaine de milles au large de Beyrouth pour me rendre visite à la Résidence des Pins.

Il vient m’annoncer qu’il a reçu l’ordre de détruire le camp de Baalbek, à l’est du Mont-Liban où stationneraient les auteurs supposés des attentats contre l’immeuble « Drakkar » et contre le QG des Marines américains sur l’aéroport de Beyrouth.

Il me demande de l’aider sur le terrain au cas où l’un de ses pilotes devrait s’éjecter 1.

Le 17 novembre, en milieu d’après-midi, nous sommes survolés par huit Super-Etendards se dirigeant vers l’est à basse altitude. Une demi-heure plus tard, nous les revoyons, plus haut dans le ciel, revenant vers le porte-avions.

L’amiral Klotz m’envoie chercher en hélicoptère pour que j’assiste au débriefing des pilotes. Les images prises par les caméras de bord sont impressionnantes. Chaque avion avait sa propre cible : un seul n’a pu opérer mais tous les autres ont fait mouche.

Toutefois ce qui me frappe, c’est de voir ce camp totalement vide comme s’il s’agissait d’un entraînement au tir.

Le lendemain matin c’est la grosse déception. La presse libanaise fait ses choux gras de cette intervention. Un journal titre :

« L’aviation française intervient à Baalbek : un berger et trois chèvres tués ! ».

Les Beyrouthins et les Alliés nous raillent. Moments difficiles à vivre !

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