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 le compte-rendu de l'embuscade d'Uzbine (actualisé) Wikileaks : la divulgation est plus importante que le contenu

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Claude Millet
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MessageSujet: le compte-rendu de l'embuscade d'Uzbine (actualisé) Wikileaks : la divulgation est plus importante que le contenu   Mar 18 Aoû 2015 - 20:37

Wikileaks : la divulgation est plus importante que le contenu

La mise en ligne de plus de 91.000 documents militaires
américains par le site wikileaks pose plusieurs types de question : le
contenu, la manière de lire les documents et surtout, leur divulgation
même.
1) Le contenu, tel qu'on a pu le lire grâce aux trois journaux qui en ont eu l'exclusivité (The New York Times, The Guardian, Der Spiegel) et en s'appuyant sur notre propre consultation forcément tès partielle (voir le post sur Uzbine)
ne change pas radicalement ce que l'on savait des opérations en
Afghanistan. Il n'y a pas de révélations, mais la confirmation, pièces à
l'appui, de ce que l'on savait déjà. Le jeu complexe du Pakistan, via
ses services secrets, n'est pas une découverte. Pas plus que l'existence
de "bavures" sur les populations civiles. On savait que des forces
spéciales américaines (Delta Force et Seals team 6) traquaient
les dirigeants insurgés, mais on ignorait le numéro de leur task force
(373). On apprend qu'un hélicoptère a été abattu par un missile sol-air,
ce qui est une nouveauté - même si la menace reste a priori faible.
Bref, rien qui change notre regard sur la guerre. Cela prouve une chose :
à l'ère de l'information de masse, les grandes démocraties, comme les
Etats-Unis ou la France, peuvent "oublier" de donner quelques détails,
mais elles ne mentent pas sur l'essentiel.
2) Tous les historiens familiers des archives le savent : un document
ne vaut que replacé dans son contexte. Ecrire l'histoire, même celle du
quotidien, exige également de comprendre la nature des documents que
l'on a entre les mains. Qui les écrit ? A quoi servent-ils ? C'est ce
qui fait de l'Histoire une discipline scientifique exigeante. Ainsi, une
grande part des documents mis en ligne sont des SITREP (Situation
report), produits au quotidien par les états-majors. Il ne s'agit pas de
synthèse. Ainsi le Sitrep que nous avons publié sur Uzbine fait état
des pertes ennemies telles qu'elles avaient été recencées le lendemain
de l'embuscade à 23 heures. Or, on sait que des opérations de rétorsion
ont eu lieu dans les jours suivants et il faudrait coupler les sitrep
d'alors avec celui dont nous avons eu connaissance, pour avoir une
image globale de la situation. C'est un travail de synthèse complexe.
3) La divulgation d'une telle quantité de documents est en réalité le
fait le plus important. Elle pose des questions sur la protection des
données confidentielles. Le jeu ne se joue malheureusement pas
uniquement entre, d'une part, les gouvernements des Etats
démocratiques qui voudraient cacher les informations à leurs citoyens
et, de l'autre, des investigateurs comme ceux de Wikileaks, chevaliers
blancs de la liberté de l'information. Il y a malheureusement un
troisième larron : les bad guys, c'est-à-dire les gens qui
cherchent à commettre de vrais attentats ou, dans un autre domaine, à se
doter de vraies armes de destruction massive. Feront-ils leur miel de
la lecture du site wikileaks ? Il faut espèrer que non. Le
secret-défense a parfois bon dos, mais croire que l'on pourrait s'en
passer relève d'une naïveté confondante. Comme l'écrit VS Naipaul, "le monde est ce qu'il est" et il n'est pas toujours très sympathique, comme on vient encore de le voir avec l'assassinat de Michel Germaneau.
Quelles seront les c.nséquences dans le cas de Wikileaks ? Elles sont
sans doute de deux ordres. D'abord diplomatiques entre les Etats-Unis
et le Pakistan. Ce pays complexe risque de ne pas apprécier à sa juste
valeur ce qu'un observateur averti qualifie d' "accumulation ravageuse"
de faits le concernant. Enfin, cette affaire ne sera pas sans
c.nséquence sur les opinions publiques occidentales et leur "résilience"
par rapport au conflit afghan. Les 92.000 documents de Wilileaks ne
vont certainement pas rendre cette guerre plus sympathique aux yeux des
Occidentaux. C'était, d'ailleurs, l'effet recherché.

Wikileaks : le compte-rendu de l'embuscade d'Uzbine (actualisé)

Le site Wikileaks, spécialisé dans la divulgation d'informations,
a fait fuiter 92.000 documents militaires américains concernant la
guerre en Afghanistan. C'est la plus grande publication, non officielle,
de l'histoire récente, dont seuls trois journaux ont pu profiter en
avant-première : The New York Times, The Guardian et Der Spiegel.
Voici le compte-rendu de l'embuscade d'Uzbine du 18 aout 2008, tel
qu'il a été rendu public. On n'y apprend pas grand chose de nouveau,
sinon le bilan (modeste) des pertes ennemies : 4 blessés ( 4-AAF WIA) et 3 tués (3-AAF KIA). Ce bilan est partiel et il faudra attendre quelques jours pour connaitre l'ampleur des pertes ennemies.

Un bon connaisseur des procédures de l'ISAF, que je remercie vivement, nous précise que ce document est "un
paragraphe type du "situation report" (SITREP - compte-rendu de
situation) rédigé quotidiennement par l'ISAF sur la base des évènements
écoulés entre la veille 18h (heure de Kaboul) et 18h le jour concerné.
Ce SITREP est ensuite transmis au commandement opératif de l'OTAN en
charge de l'Afghanistan à Brunssum aux Pays-Bas. Chaque journée compte
une moyenne de 30 à 50 évènements rapportés (et autant de paragraphes),
de la simple découverte d'une cache d'armes à l'accrochage meurtrier en
passant par les tirs de semonce ou autres... Rédigés quasiment en temps
réel, ces paragraphes comportent parfois des informations vagues ou qui
nécessitent des précisions. Concernant Uzbeen et les pertes insurgées,
ce n'est que 48h plus tard, en recoupant les informations des différents
acteurs impliqués (et notamment les unités qui ont traqué les insurgés
pendant leur repli vers l'Est) que le bilan a pu être établi."

(Merci à SB)

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MessageSujet: Re: le compte-rendu de l'embuscade d'Uzbine (actualisé) Wikileaks : la divulgation est plus importante que le contenu   Mer 19 Aoû 2015 - 11:37

Merci Claude
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