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 Quand le journaliste connecte le monde

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MessageSujet: Quand le journaliste connecte le monde   Lun 22 Juin 2015 - 0:45









Dans le cœur des archivesLes derniers moments de Robert Capa

Luang Prabang, Laos, Indochine, mai 1954 - Le photographe de guerre américain Robert CAPA photographié peu avant sa mort à l'aéroport de Luang Prabang, marchant au côté du professeur Pierre HUARD, délégué du Haut-commandement français et de la Croix-Rouge pour le rapatriement des 750 soldats français blessés libérés par le Viêt-minh après la chute de Dien Bien Phu. 




Les derniers moments de Robert Capa
Mon coup de cœur va à un cliché de Robert Capa, photographié au Laos par son ami Michel Descamps, correspondant de guerre de Paris Match. Il s’agit selon mes sources de la dernière photo prise de son vivant. Ce document historique, maintes fois publié après sa mort dans toutes les biographies, a systématiquement été recadré et extrait de son contexte, comme on peut le voir dans le n° 271 de Paris Match, et dans l’hommage rendu par Life Magazine le 7 juin 1954.
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Je souhaite restituer sa pleine intégrité à cette célèbre photo. En cherchant dans nos archives pour tenter d’apporter quelques précisions, j’ai également retrouvé des images mal connues de ses obsèques. Un excellent article de José Manuel Serrano Esparza, écrit à l’occasion du centenaire de la naissance de Robert Capa, m’a beaucoup aidé pour décrire les derniers jours de ce héros des temps modernes, mort à 41 ans en sautant sur une mine au milieu d’une rizière du Tonkin.
Au mois d’avril 1954, Robert Capa est invité au Japon pour une tournée de promotion. Le magazine Life le contacte alors pour remplacer leur photographe en Indochine – obligé de quitter le Vietnam en pleine bataille de Diên Biên Phu –, pour une durée de 30 jours et 2 000 $. Le besoin d’argent lui fait accepter cette proposition, malgré les mises en garde de ses  proches. Le 2 mai, il s’envole pour Bangkok, puis rejoint Hanoï le 9. Diên Biên Phu est tombée depuis deux jours, trop tard ! Il se rend alors au Laos, entre le 10 et le 16 mai, pour couvrir l’évacuation des soldats français blessés rendus par le Viêt-Minh . C’est à cette occasion qu’il est photographié Par Michel Descamps de Paris Match, sur l’aérodrome de Luang Prabang. Il porte son appareil Contax II en bandoulière, et se trouve en pleine conversation avec le professeur Pierre Huard, délégué du Haut-commandement français et de la Croix-Rouge pour le rapatriement des blessés (858 d’entre eux seront évacués entre le 15 et le 26 mai). Capa fait son travail, photographiant avec tact les soldats français encore sous le choc de la défaite, avant de regagner Hanoï.
Le 24 mai, Robert Capa quitte Hanoï en direction de la base militaire de Nam Dinh pour suivre René Cogny, le général en chef des troupes françaises au Nord-Vietnam (Tonkin) à bord d’un petit avion Morane Saulnier. Il est accompagné par un correspondant de Life, John Mecklin. Une fois sur place, il prend quelques photos du général Cogny durant sa tournée d’inspection, notamment d’une femme vietnamienne en pleurs avec ses enfants, au cimetière militaire de Nam Dinh… Après un détour vers le village de Phu Ly en ruines, Robert et John Mecklin rencontrent à leur hôtel un confrère, Jim Lucas, correspondant de Scripps-Howard.
Le 25 mai, Robert Capa, John Mecklin et Jim Lucas sont invités à suivre le convoi militaire du lieutenant-colonel Lacapelle, responsable du secteur de Nam Dinh, dont la mission est de détruire les deux derniers fortins français dans la région de Thaï Binh (Dongquithon et Doaithan) afin qu’ils ne tombent pas entre les mains des troupes du Viêt-Minh, omniprésentes dans les campagnes du delta du fleuve Rouge. A bord d’une jeep, Capa prend quelques clichés de la région avec ses deux appareils, un Contax II pour le noir et blanc, et un Nikon S pour la couleur : des motards sur la route, un paysan derrière son buffle travaillant dans les rizières au bord d’une route sur laquelle stationne un convoi de ravitaillement à l’arrêt… la colonne militaire est sans cesse attaquée par des tirs de snipers. Les troupes françaises n’ont plus la maîtrise du terrain, le danger est partout.
Arrivées à 3 kilomètres du village de Thanh Né, les troupes franco-vietnamiennes décident de riposter aux tirs ennemis provenant des rizières. C’est à ce moment que Robert Capa décide de quitter la protection de sa jeep, sans prévenir ses confrères, et de suivre les soldats, armé uniquement de ses appareils. Ce seront ses dernières photos. Un malheureux faux pas, et il saute sur une mine ; sa jambe gauche est déchiquetée et il est mortellement blessé à la poitrine. A 15h10 ce 25 mai, Mecklin et Lucas constatent les faits : Capa va mourir de ses blessures. Le docteur vietnamien du fort de Dongquithon ne pourra que certifier son décès. Ses appareils et ses dernières photos sont miraculeusement sauvés. Sa légende, elle, peut naître.
Après un rapide hommage rendu par les troupes françaises à l’aéroport de Nam Dinh, le cercueil de Capa est rapatrié sur Hanoï. Le général Cogny organise des funérailles dignes de ce grand reporter, lui décernant la Croix de guerre avec palme. Sur son cercueil, exposé au cimetière militaire, une couronne à l’en-tête de la Bonne Casserole, un restaurant local où Capa aimait terroriser les serveurs et faire du charme aux serveuses (d’après les mots de John Mecklin). Michel Descamps et son collègue de Paris Match René Vital vont immortaliser ces dernières heures en terre vietnamienne. La dépouille de Capa repartira vers les Etats-Unis pour son ultime voyage.
Par Claude Barthe
© Michel DESCAMPS/Paris Match Le jeudi 18 juin 2015 l Mise à jour le jeudi 18 juin 2015
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