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 Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte

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Rivoil
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MessageSujet: Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte   Mer 10 Déc 2014 - 20:01

Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte
Publié le dimanche 16 mai 2010 à 01h00  

Racheté par la commune de Corte, le domaine Saint-Jean n'a pas complètement effacé les ruines de la « section d'épreuve » de la Légion étrangère.Photo Mario Grazi
C'est l'histoire d'un passé déjà lointain qui ressurgit de temps à autre. Celui de la section d'épreuve de la Légion étrangère, le bagne du domaine Saint-Jean de Corte qui, à la fin des années soixante-dix, ferma ses lourdes grilles après avoir tant fait parler de lui. Les traitements infligés aux légionnaires disciplinaires condamnés aux travaux forcés alimentent encore les conversations de ceux qui se promènent, aujourd'hui, sur un site que la commune consacre désormais au sport et aux activités de plein air.
Le bagne de la Légion a-t-il été aussi terrible que ce qui est écrit dans L'épreuve, l'ouvrage publié par Henri Allainmat en 1977 ?
Le sujet a toujours été l'objet de controverses, mais une voix s'élève, aujourd'hui, catégorique. « Jamais vous ne pourrez imaginer... ».
Cette voix est celle de Joaquim Neves-Alves, 58 ans, un accent à couper au couteau qui en dit déjà long sur l'homme venu du Portugal dès l'adolescence. Il débarqua en France presque par hasard. « J'avais pris mon balluchon, je n'avais pas vraiment de destination ». Joaquim a été légionnaire. Et il en est fier. « Je lui voue un respect éternel, mais elle a eu aussi ses brebis galeuses qui ont fait beaucoup de mal ».
Joaquim sait de quoi il parle. Il nous dévoile son passé de disciplinaire, six mois à la section d'épreuve de Corte. Un témoignage unique, 36 ans après les faits, mais la mémoire d'un homme meurtri nous fait pénétrer à l'intérieur des terribles murs.
« Là-haut », répète-t-il sans cesse, dès lors qu'il évoque le bagne de la Légion. Il n'a pas oublié la route d'Aléria, ni la piste qui monte vers le domaine Saint-Jean. « Sur environ trois kilomètres ».
Une distance d'autant plus claire dans ses souvenirs, qu'il fut contraint de la parcourir en rampant, son paquetage sur le dos. C'était le jour de son arrivée, le 1er juillet 1974. Joaquim ne veut pas se tromper sur les dates, son dossier militaire est là, pour écarter les approximations.
Parler, enfin ! L'idée a commencé à faire son chemin dans sa tête le jour où il lut l'interview d'Henri Allainmat que Corse-Matin publia le 14 novembre 2008. « Je n'ai pas lu son livre, j'ai entendu dire qu'il avait été retiré de la vente, mais peu importe, je sais ce que j'ai vécu à Corte ».
Pour comprendre comment et pourquoi l'ancien légionnaire a connu la section d'épreuve, il faut remonter à l'époque où, posé à Bayonne, il passait devant le centre de recrutement de la Légion étrangère. « Au Portugal, déjà, j'habitais tout près d'une zone d'entraînement de parachutistes ». L'image des paras, elle a fait naître et grandir la passion de Joaquim, elle l'a poussé jusqu'à son engagement, le 14 décembre 1970, et déjà, jusqu'à la Corse.
Après huit mois d'instruction à Bonifacio, il entre à la 2e compagnie de combat du 2e Rep de Calvi, où ses ennuis ont commencé... « Lors d'un saut d'entraînement, j'ai été victime d'un accident, trois vertèbres lombaires brisées. J'ai porté un corset pendant six mois, j'avais le dos fracassé mais je ne me plaignais pas. Ma fierté était grande, je voulais faire mon chemin dans la Légion, devenir au moins caporal ». Mais les parcours du combattant répétés vont révéler le mal. « Un jour, mon dos s'est complètement coincé. Je savais qu'il n'y avait plus rien à faire, mes supérieurs ont fini par se rendre compte de mon état et m'ont déclaré inapte au saut ».
Adieu les paras, direction Tahiti le 25 juin 1973, le régiment mixte Pacifique et une mission moins lourde. Depuis les atolls où ont lieu les essais nucléaires, le destin de Joaquim va glisser sur la mauvaise pente. « Un caporal-chef m'a cherché des noises, nous nous sommes battus, il a été blessé. Je m'attendais à être puni, mais pas à être condamné aux travaux forcés et à être classé individu dangereux ».
La Légion le condamne pourtant à retourner en Corse, mais à Corte cette fois, pour trois mois à la section d'épreuve. « J'ai invoqué mes graves problèmes de dos, on m'a répondu ironiquement que j'allais avoir l'occasion de me soigner... ».
Dès lors, l'ancien disciplinaire entre dans les terribles détails de sa peine. Les deux premiers mois dans une minuscule cellule que les cadres aspergeaient d'eau régulièrement, de longues journées à manier la masse pour casser des cailloux. « À ce rythme, très vite, je n'avais plus de peau sur les mains. Le matin, pour arriver à les ouvrir, je les massais avec mes excréments ». Un « traitement de faveur » qui n'est pas sans c.nséquence pour le dos de Joaquim. « Un jour, pendant que je cognais sur la roche, mon dos s'est complètement bloqué. Pour s'assurer que je ne simulais rien, les cadres m'ont "testé" à coups de rangers dans l'abdomen, en me tirant par les bras et par les jambes pendant des heures. Quand ils ont compris que c'était sérieux, ils m'ont fait hospitaliser une semaine, mais une fois de retour là-haut, c'était encore la misère. En cachette, je cherchais du bois pour mordre dedans et supporter la douleur ».
Un jour, le disciplinaire est convoqué par l'officier responsable. Il est condamné à trois mois de plus. « Je n'ai jamais compris pourquoi ». Il se souvient aussi du « régime » à partir du troisième mois, les chambrées collectives où après des journées harassantes, il est impossible de dormir la nuit.
« On nous obligeait, en silence et dans le noir, à défaire et refaire nos lits. C'était impossible, alors, on recommençait, jusqu'au matin... ». Joaquim parle souvent de ces cadres qu'il revoit, tels des tortionnaires. « L'après-midi, ils revenaient ivres, c'était encore plus terrible ».
Les deux derniers mois, l'ancien légionnaire vivra une relative accalmie présentée comme une « préparation à la sortie ».
« Derrière le grand portail arrière de la section, il y avait ce qu'on appelait "la bergerie". J'ai fini mon temps au bagne en m'occupant des cochons et en servant le petit-déjeuner aux officiers ». Quand il retourne à la « vraie Légion », il se rend compte qu'il n'a plus rien à y faire. « On m'a brisé mon rêve », lâche-t-il. À l'évocation de ces pénibles instants, jamais Joaquim ne perdra son sang-froid, jamais il ne se départira du ton posé et soigné dans le cours de son récit. Il quitte l'Armée cinq mois après, devient, à Ramatuelle, le chauffeur de Simone Volterra. Il exerce ensuite en tant que chauffeur routier, mais son dos le torture plus que jamais. Retiré aujourd'hui à Draguignan, Joaquim vit seul... sur un fauteuil roulant. Il est amputé d'une jambe. « Et je crois que l'autre ne va pas tarder à partir », ajoute-t-il sans se vouloir larmoyant.
Il voit du monde, se déplace un peu en quad, mais passe ses journées à prendre des médicaments. Dès le retour à la vie civile, il a engagé un autre combat avec l'armée, et avec la Sécurité sociale, pour faire reconnaître tout ce qu'il avait enduré.
Une pension finalement accordée à vie peut-elle tout effacer pour autant ? Joaquim persiste, malgré tout, à croire que la section d'épreuve n'est pas totalement responsable de son état physique actuel.
Ce qui lui reste de son passé de soldat ? Une grande fierté, celle d'avoir appartenu à un corps d'élite. Le sentiment, aussi, d'avoir gagné, d'avoir malgré tout triomphé des brebis galeuses. « Vous pouvez tout écrire, mais surtout, ne dites pas de mal de la Légion. Jamais ».
« Là-haut, personne ne pouvait déserter »
Quand il était disciplinaire à la section d’épreuve, Joaquim Neves-Alves avait entendu parler de désertion. « On racontait à l’époque que des disciplinaires avaient fui l’enceinte du bagne de Corte. Je peux vous assurer qu’il était impossible de déserter de là-haut. À mon avis, les gars n’étaient plus là, mais ils étaient restés dans le coin… ».
Joaquim s’interrompt, sa voix se fait plus grave, ses propos aussi mystérieux qu’inquiétants.
« À l’époque, je m’étais rendu compte que deux cadres sortaient la nuit, et le lendemain, on retrouvait nos outils plein de boue alors que nous les avions nettoyés la veille. Ce qui est certain, c’est que ces cadres étaient sortis pour remuer la terre, un travail qu’ils ne faisaient jamais. C’était celui des disciplinaires… ». Dès lors, Joaquim se tait, il n’ose pas prononcer les mots. Des disciplinaires morts à cause des mauvais traitements ? Il n’esquive pas la question : « Je le crois, mais je ne peux pas être affirmatif ».

source: Corse matin

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« On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier ; on ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de se renier, de se parjurer. »Commandant Hélie de Saint-Marc dernier chef de corps du 1er REP
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GARD
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MessageSujet: Re: Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte   Jeu 11 Déc 2014 - 8:51

J'ai visité Corte récemment, je vous joins 2 photos de la ville qui est le cœur de la Corse/

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ecureuil156
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MessageSujet: bagne de la légion   Sam 13 Déc 2014 - 16:45

bonjour,
j'ai lue ce livre l'épreuve "le bagne de la légion" à Corté
mais je ne savais pas qu'il avait été retiré de la vente .
c'est un livre très dur .
merci a toi  Rivoil ,qui a publié ce compte rendu.
ecureuil156
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omega77
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MessageSujet: section de discipline   Jeu 3 Déc 2015 - 12:59

bonjour
la photo n°2 représente les quartiers de la 2éme Cie d'EV surnommés le nid d'aigle.
Quand a la section dite " d'épreuve" elle était basée au domaine st jean, elle a été dissoute si mes souvenirs sont bons en 1977 comme nos poufs (BMC) pour le livre je l'ai obtenu sur amazone.
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FOUQUET66
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MessageSujet: Re: Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte   Jeu 3 Déc 2015 - 15:44

De la même façon que la Légion Etrangère constitue au sein de la société française une "seconde chance», les Sections de Discipline de la Légion Etrangère constituent au sein de l'institution une "seconde chance" pour ceux qui ont viole les règles du code de " l'Honneur et de la Fidélité" auxquelles ils avaient pourtant librement souscrit lors de leur engagement. La loi française n’ayant pas crée de dispositif permettant de déserter pendant la durée du contrat, c’est la justice militaire qui tranchait les cas judiciaires;

La «petite discipline" gère les cas d'une gravite inferieure. Comme dans les bataillons d’Afrique, les sujets les moins bons étaient places dans les compagnies à fort numéro;puis on désigna la 8eme compagnie du 2eme Etranger, implantée dans le sud Oranais, pour recevoir les "disciplinaires".
L’activité principale consistait a fabriquer des matériaux de construction et a participer aux travaux d'infrastructures routière désignés par le Génie aux condamnés des ateliers de travaux publics. La reforme de 1910 n'a pas change grand chose; trois ou quatre sections, selon les époques, tournaient sur l’Oranais, la portion centrale étant implantée a Colomb Bechar.

En Indochine, la Section Spéciale du 5eme Etranger reçoit les "fortes tètes du Tonkin" a Ha Giang à partir de 1930.Elle lèvera le camp au cap Saint Jacques en 1956!De 1946 a 1954,la Compagnie de Discipline des Régiments Etrangers, rattachée au 2eme Etranger, reçoit les disciplinaires des "cinq territoires" (Tonkin, Annam, Cochinchine, Cambodge, Laos) sur l’ile de Tagne,dont on ne s’ évade pas. Apres la perte de l’Indochine, la CDRE glisse de Colomb Bechar à Djenien Bou Rezg, ou elle demeure de 1955 a 1963.Le 5eme Etranger conserve intactes ses réputations de sérieux et d’efficacité dans sa mission, pas toujours facile, de redressement moral. De 1963 a 1964 lui succède la "Section Spéciale de Discipline du Sahara», rattachée au 2eme Etranger. Avec la décolonisation, le redéploiement des forces entraine l’éclatement de la" petite discipline».

Le 2eme Etranger conserve une section d’épreuve a Corte, le 3eme Etranger une section de déforestation en Guyane, la 13eme DBLE une section a Djibouti. Les engins de travaux publics ont remplace la pelle et la pioche et la semaine de 40 heures les durs travaux d'antan : la"petite discipline" n'est plus qu’un souvenir.

Foum Tataouine (Tunisie) poste essentiellement militaire fut connu pour son passé colonial quand elle abritait  le bataillon de la Légion Etrangère, camp disciplinaire connu sous le nom de « Bat d’AF  », pour les chasseurs d’Afrique ,les spahis et la Légion

A Djenien Bou Rezg (Algérie) se trouvait la CDRE (compagnie de discipline des Régiments Etrangers (la tenue et le cérémonial étaient "très différents" des unites "classiques" !
On en parle peu ou pas,car sans être "l'enfer" décrit par certains pour faire pleurer Margot dans les chaumières ce n'était pas non plus le paradis et la "pelote" avec ses variantes parfois sadiques était encore de mise !!
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jacky alaux
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MessageSujet: Re: Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte   Ven 4 Déc 2015 - 23:03

 Vous pouvais tout dire sur la LÉGION, mais ne dite jamais de mal sur la LÉGION... Jamais !
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FOUQUET66
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MessageSujet: Re: Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte   Sam 5 Déc 2015 - 12:06

Merci Jacky, je n'en attendais pas moins de ta part.
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GARD
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MessageSujet: Re: Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte   Sam 5 Déc 2015 - 12:16

J'aime cette devise de la légion : "entrainement difficile, guerre facile"... respect à la légion toujours au top...
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Marcus
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MessageSujet: Re: Légion étrangère Le terrible témoignage d'un ancien disciplinaire du bagne de Corte   Sam 5 Déc 2015 - 17:23

jacky alaux a écrit:
 Vous pouvais tout dire sur la LÉGION, mais ne dite jamais de mal sur la LÉGION... Jamais !
Je ne connaissais pas cet aspect de la Légion et cette section du 2° à Corte.
J'apprécie le récit de Fouquet, nécessaire après le témoignage. Merci à lui d'avoir apporté son regard de Légionnaire.
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