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 "LA GUERRE DANS LES YEUX" de Pierre Schoendoerffer et Patrick Forestier

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Camp d'Idron
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MessageSujet: "LA GUERRE DANS LES YEUX" de Pierre Schoendoerffer et Patrick Forestier   Sam 11 Jan 2014 - 15:30

La guerre dans les yeux
C’est l’histoire d’un adolescent qui rêvait d’aventure, rejoignit le maquis à seize ans en 1944, fut ramené frustré chez lui par son père, et s’en alla découvrir le monde en s’embarquant à 17 ans sur un caboteur de haute mer en Baltique.
Pierre Schœndœrffer, le cinéaste auteur notamment de la 317e section, la Section Anderson, le Crabe Tambour et Diên Biên Phu, n’avait jamais raconté son cheminement secret, qui l’a amené de “pêcheur d’Islande” (ou de la Baltique) à devenir écrivain et réalisateur : un an après sa mort, Patrick Forestier nous livre un exceptionnel témoignage avec “La guerre dans les yeux”, celui de l’écrivain qui se raconte avec modestie et humour.
Schœndœrffer était un vrai modeste, qui n’aimait pas se raconter. Forestier est comme lui un reporter de terrain, reporter de guerre qui raconte mais n’aime pas se mettre en avant. La trame de ce livre est une interview croisée, qui nous fait parcourir leurs terrains respectifs, l’Indochine pour Schœndœrffer, l’Afrique pour Forestier, puis l’Europe de l’est et surtout l’Afghanistan pour les deux : Schœndœrffer l’a découvert avec Kessel avant l’invasion soviétique, Patrick a vu la fin de celle-ci et la montée des Talibans. (Forestier à Mogadiscio © Paris-Match).
Leur témoignage est brut, il revient à l’essentiel, l’homme et les hommes confrontés à la guerre et à la mort. Avec cet aveu étonnant de Patrick, en forme d'interrogation: "peut-être que la vie ne vaut d'être vécue que si on la met en cause". Ils sont ainsi témoins mais aussi acteurs, l’un engagé volontaire pour l'Indochine et volontaire encore pour se faire parachuter sur Diên Biên Phu, qu’il quittera comme prisonnier du Vietminh, l’autre rejoignant des maquis au Cabinda ou en Afghanistan en partageant tous les risques des combattants, mais refusant l’offre que lui feront les rebelles angolais de prendre une arme. Un récit de combats qui se lit évidemment d’une traite, en parcourant tous les conflits d’un demi-siècle d’Histoire.
Mais je connais Patrick, “le commando de l’info”, s’il a déjà écrit des récits de ses aventures (Le train du Négus, Hôtel Palestine, Pirates et commandos), son intention ici n’était certainement pas de se comparer à Schœndœrffer. Elle était beaucoup plus, vieille ruse de journaliste, de mettre le réalisateur dans le rôle de “l’intervieweur interviewé” et de l’amener à se livrer progressivement, par le jeu des récits croisés et des cheminements non pas parallèles, mais dans la continuité l’un de l’autre.

Pierre Schœndœrffer, jeune matelot embarqué sur un caboteur suédois, gardant dans sa tête des livres d’aventures de sa jeunesse, Kipling, Konrad et Kessel, lui raconte qu'il s’est mis à rêver devant les aurores boréales, la navigation dans les eaux glacées, la vie rugueuse des marins en mer, ce sont déjà les images du Crabe-Tambour qui imprègnent sa sensibilité.
Il aurait voulu lui aussi écrire des romans d’aventure mais, par modestie intellectuelle, se dit qu’il ne serait pas capable de devenir un écrivain. Et, par “facilité”, qu’il devrait plutôt écrire avec une caméra et devenir cinéaste… Paradoxe, il raconte plus loin comment, vouant faire un film sur la guerre d’Indochine, sujet alors peu populaire dans l’opinion française, il avait commencé par écrire le roman de la “317e section” qui va devenir en 1963 un succès littéraire et lui permettre de réaliser ensuite le film à la célébrité mondiale. Cinéaste faute de pouvoir devenir un écrivain, écrivain par défaut pour justifier un film, l’auteur avait en réalité les deux talents à un niveau qu’il ne soupçonnait pas, et qu’il confirmera avec “L’Adieu au roi” et “Le Crabe-tambour”… (Photo SIPA Apestegui)
Parti pour devenir cinéaste, il s’engage au service cinéma des armées, le futur ECPAD, et, avant de passer tests d’aptitude de caméraman des tests au Fort d’Ivry, lui qui n’a jamais touché une caméra, il demande à un loueur de caméras professionnelles de le former en une dizaine de jours afin de se faire passer pour un professionnel, ce qui était quand même gonflé…
Le reste, sa guerre d’Indochine – dont une savoureuse rencontre avec le roi Norodom Sihanouk – il faut la lire dans le livre de Patrick, y compris la bataille de Diên Biên Phu, sa captivité, sa rencontre avec un réalisateur soviétique venu les endoctriner… Pas de pathos, pas de grands mots, mais un témoignage fait de simplicité et de sensibilité : on sent l’émotion toujours contenue de ce voyage où il a perdu 75% de ses camarades. (© ECPAD)
Un mot quand même sur une découverte du jeune cinéaste : en 1958 et 1959, il suit Joseph Kessel à la découverte de l’Afghanistan, il en sortira un film, “La Passe du diable”, sur un scénario de Kessel, et un roman de celui-ci, les Cavaliers. Un voyage marqué par l’amitié du roi Zaher Shah pour Kessel, qui leur ouvrira toutes les portes d’un pays fermé et mal connu, mais encore préservé de la guerre. Un pays qu’il redécouvrira en 2007 avec le 1er Régiment de chasseurs parachutistes, dont il est soldat de 1ère classe d’honneur (Photo cellule Com 1er RCP).

Patrick Forestier a fait ici un très beau travail d’Historien. A partir d’entretiens réalisés sur presque deux ans, avant la mort de Schœndœrffer le 14 mars 2012, il a réussi ce brillant “passage de témoin entre deux générations”, comme il le définit lui-même, de reporters de guerre. Après mise en forme de ces entretiens, c’est l’épouse de Pierre Schœndœrffer qui a relu les épreuves, et ce livre est paru un an exactement après sa mort, le 14 mars 2013. Un superbe hommage, mais plus encore un témoignage unique. 
La guerre dans les yeux – Pierre Schœndœrffer, Patrick Forestier, 343 p, Grasset.

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MessageSujet: Re: "LA GUERRE DANS LES YEUX" de Pierre Schoendoerffer et Patrick Forestier   Sam 11 Jan 2014 - 15:59

merci de pour rappel
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"LA GUERRE DANS LES YEUX" de Pierre Schoendoerffer et Patrick Forestier
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