CHEMIN DE MEMOIRE DES PARACHUTISTES
Bienvenue sur notre forum Chemin de Mémoire des Parachutistes...

Si vous êtes membre de notre fratrie, ce message s'affiche car vous avez certainement oublié de vous connecter.

Si vous avez oublié votre mot de passe, en bas de page accueil du forum, par l'icône "contact", adressez un message à l'administrateur qui trouvera pour vous une solution.

Ce message s'affiche également pour nos visiteurs qui tardent à s'inscrire...!

En attendant, bonne navigation à tous.....!


« ... Le devoir de mémoire incombe à chacun...rendre inoubliable. Ceux qui sont morts pour que nous vivions ont des droits inaliénables. Laisser la mémoire se transformer en histoire est insuffisant. Le devoir de mémoire permet de devenir un témoin... »
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez
 

 Jour des Morts : rendons sa place au chagrin

Aller en bas 
AuteurMessage
ROUGE1
Pro !
Pro !
ROUGE1


Jour des Morts : rendons sa place au chagrin Empty
MessageSujet: Jour des Morts : rendons sa place au chagrin   Jour des Morts : rendons sa place au chagrin EmptyDim 3 Nov 2013 - 12:05

Jour des Morts : rendons sa place au chagrin
Jour des Morts : rendons sa place au chagrin Sadness_by_rockthenations-565x252

Le 2 novembre 2013

Marie

Delarue

Ecrivain, musicienne, plasticienne.
Jour des Morts : rendons sa place au chagrin B28c7517283f9e57d25d7ceaa99cbd66?s=170&d=blank&r=G
Des otages rentrent au pays après trois ans de captivité. Un bon millier de jours et de nuits à souffrir de la soif, marcher dans la chaleur étouffante, avoir peur, prier, dormir sur le sable, penser qu’on va finir là, entre deux dunes, une balle dans la nuque. Et puis voilà qu’on les assaille à peine débarqués, qu’on les presse de questions, leur met la caméra sous le nez quand ils embrassent femme et enfants. Si l’on osait, on leur planterait une aiguille dans le foie, leur sonderait le cœur, les reins et les intestins pour en savoir davantage.
Le lendemain, on tend les micros à la famille : « Alors ? Alors ? Comment va-t-il ? A-t-il bien dormi sous la couette, dans les draps douillets et les odeurs de chiotte à l’orange de son hôtel de luxe ? Et le bain moussant, il a trouvé ça bon ? Comment ça, il pense encore à sa captivité ! » À peu qu’on ne les traite d’ingrats. On ne veut plus que des sourires sur des dents blanches et la barbe taillée de près. (Il ne faut pas la raser trop vite, ce serait mauvais pour l’audimat.)
Le 12 juillet, un train déraillait en gare de Brétigny-sur-Orge. Deux jours plus tard, après qu’ils furent passés dans le sas de la cellule de soutien psychologique, on demandait déjà aux rescapés s’ils avaient « réussi à se reconstruire ». La semaine suivante : « Ah bon, vous faites encore des cauchemars ? »
On apprenait hier, dans un article de lemonde.fr, que la bible des maladies psychiatriques – le fameux « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ou DSM-5 » – a eu « le mérite de reconnaître en mai 2013, pour la première fois depuis sa première édition en 1952, l’essentiel des données sur le deuil ». Le deuil rend triste. Il faut du temps pour surmonter la mort d’un proche. C’est une grande découverte. Le deuil est même la source d’une affection qui s’appelle « le chagrin », lequel est parfois incommensurable. Pourtant, cela ne vous aura pas échappé, ce mot a aujourd’hui totalement disparu de notre vocabulaire.
L’envahissement de notre quotidien par le vocabulaire psy et les concepts fumeux qu’il véhicule ont réglé son compte au chagrin. Pourtant, là encore, de l’ouvrier licencié à la Miss dégagée du podium, chacun est prié de « faire son deuil » (de l’emploi ou du rêve évanoui). On nous le dit, on nous le répète : nous sommes tous « en souffrance », et il faut se dépêcher d’en sortir parce que le journal télévisé n’attend pas. Mais de chagrin, point.
La grande nouveauté, nous dit-on, est l’inscription au registre des maladies psy du « deuil compliqué », « différent de la dépression ». Ah ! Parce qu’il y aurait des deuils « simples », sans doute ? Comme des retours de captivité oubliés le temps d’une soirée entre les petits fours et le champagne ?
« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,/Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.[...] Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
/Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. » Quand il écrivait ces vers magnifiques, Victor Hugo n’était pas « en souffrance » mais accablé de chagrin. Rongé par la douleur d’avoir perdu sa fille.
Le chagrin est une plaie de l’âme qui ne se traite pas à coups de pilules. On l’a effacé de notre vocabulaire, mais en ce jour des Morts on peut lui redonner sa noble place.
source: Bd Voltaire
Revenir en haut Aller en bas
 
Jour des Morts : rendons sa place au chagrin
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CHEMIN DE MEMOIRE DES PARACHUTISTES :: ACTUALITES DIVERS :: Actualité instantanée :: COUP DE GUEULE envers les primitifs rappartenant à la famille des MEDIAS-
Sauter vers: