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 Dien Bien Phù: la bataille

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Rivoil
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MessageSujet: Dien Bien Phù: la bataille   Lun 28 Oct 2013 - 23:31

Un renvoi de Blanc Henri:


21° 23′ 13″ N 103° 00′ 56″ E (carte)
Bataille de Diên Biên Phu
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Bataille de Diên Biên Phu

Situation de Dien Bien Phu
Informations générales
Date13 mars - 7 mai 1954
LieuDiên Biên Phu
(province de Lai Châu, Nord Viêt Nam)
IssueVictoire du Việt Minh

Belligérants
Việt Minh Union française

France
État du Viêt-Nam

Commandants
Võ Nguyên GiápChristian de Castries
Forces en présence
13 mars :
48 000 combattants
15 000 hommes en support logistique

7 mai :
80 000 hommes en comprenant les services et la chaîne logistique.13 mars :
10 800 hommes

7 mai :
14 014 hommes (services et logistique)
Pertes
4 020 morts
9 118 blessés
792 disparus12 293 morts
5 195 blessés
11 721 prisonniers
(dont 3 290 survivants
et 7 801 morts ou disparus)

Guerre d’Indochine
Batailles
Bataille de Hanoï – Opération Léa – Bataille de Phu Tong Hoa – Bataille de
la RC 4 – Bataille de Nghia Lo – Opération Lorraine – Bataille de Na San –
Opération Camargue – Opération Hirondelle – Opération Brochet – Opération
Mouette – Opération Castor – Bataille de Diên Biên Phu – Opération D –
Extension au Laos
Coordonnées21° 23′ 13″ Nord 103° 00′ 56″ Est  

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La bataille de Diên Biên Phu (Điện Biên Phủ selon l'orthographe
vietnamienne) est un moment clé de la guerre d'Indochine qui se déroula du
13 mars au 7 mai 1954 et qui opposa au Tonkin les forces de l'Union
française aux forces Việt Minh, dans le nord du Viet Nam actuel.
Occupée par les Français en novembre 1953, cette petite ville et sa plaine
environnante devint l’année suivante le théâtre d'une violente bataille
entre le corps expéditionnaire français, composé de diverses unités de
l’armée française, des troupes coloniales et autochtones, sous le
commandement du colonel de Castries (nommé général durant la bataille) et
l’essentiel des troupes vietnamiennes (Việt Minh) commandées par le général
Giáp.
Cette bataille se termina le 7 mai 1954 par arrêt du feu, faute de munitions
selon les consignes reçues de l'état-major français à Hanoï. Hormis l
embuscade du groupe mobile 100 à An Khé, elle fut le dernier affrontement
majeur de la guerre d'Indochine. Cette défaite accéléra les négociations
engagées entre les deux parties.
La France quitta la partie nord du Viêt Nam, après les accords de Genève,
signés en juillet 1954, qui instauraient une partition du pays de part et d
autre du 17e parallèle Nord.
Sommaire
1 La fin de la guerre d'Indochine (1953-1954)
2 Les préparatifs de la bataille
2.1 Le site de Diên Biên Phu
2.2 L'opération Castor
2.3 Organisation du camp retranché
2.4 La préparation Viêt Minh
2.5 Ordre de bataille des belligérants
3 La bataille
3.1 Premiers assauts des 13 et 15 mars 1954
3.2 Une période d'accalmie du 15 au 30 mars
3.3 Seconde vague d'attaques du 30 mars au 4 avril (la ‘bataille des cinq
collines’)
3.4 Le ‘grignotage’ des positions françaises durant le mois d'avril
3.5 Dernières attaques à partir du 1er mai
3.6 Échec de l'Opération D
3.7 Cessez le feu et reddition
3.8 Le bilan
4 Le destin de la garnison en captivité
4.1 Les camps de rééducation
4.2 Crimes de guerre
5 Les c.nséquences en France
6 Analyse des stratégies
6.1 Du point de vue français
6.2 Le rôle des alliés de la France
6.3 Du point de vue Viêt Minh
7 Diên Biên Phu dans les arts et la culture
7.1 Films
7.2 Jeux de simulations historiques
8 Lexique
9 Notes et références
10 Voir aussi
10.1 Articles connexes
10.2 Liens externes
11 Bibliographie
11.1 Sources
11.2 Ouvrages et articles
La fin de la guerre d'Indochine (1953-1954)


Localisation de Diên Biên Phu dans le Haut-Tonkin
Articles détaillés : Guerre d'Indochine et Bataille de Na-San.
Depuis 1946, la France a engagé des moyens militaires importants en
Indochine afin de combattre le Viêt Minh (organisation armée du parti
communiste vietnamien), dirigé par Hô Chi Minh qui lutte pour l'indépendance
Les généraux se succédaient — Philippe Leclerc de Hauteclocque,
Jean-Étienne Valluy, Roger Blaizot, Marcel Carpentier, Jean de Lattre de
Tassigny et Raoul Salan — sans réussir à stopper l'insurrection Viêt Minh.
En 1953, la guerre d'Indochine n'évoluait pas en faveur de la France.
Pendant la campagne 1952–53, le Viêt Minh avait occupé de larges portions de
territoires du Laos, un allié de la France et voisin occidental du Vietnam,
avançant aussi loin que Luang Prabang et la Plaine des Jarres. Les Français
ne purent freiner leur avance et le Viêt Minh n'interrompit sa progression
que lorsque ses voies de communication toujours plus étirées devinrent
impraticables.
À partir de la mi-1952, le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient
(CEFEO) tente de bloquer l'avancée des troupes du Viêt Minh vers le Laos.
Les Français avaient commencé à renforcer leur défenses dans la région du
delta de Hanoï pour préparer une série d'offensives contre les zones de
regroupement Viêt Minh au nord-ouest du Vietnam. Ils avaient fortifié les
villes et des avant-postes dans la zone, jusqu'à Lai Chau près de la
frontière Chinoise au nord2, Na San à l'ouest d'Hanoï3, et la Plaine des
Jarres dans le nord du Laos4.
La stratégie française est inspirée des techniques de combat Chindits :
créer une enclave dans la jungle au milieu du territoire ennemi, une base
opérationnelle ravitaillée par le transport aérien et permettant le contrôle
d'une large zone forestière. Les Français vont conforter ce concept avec une
artillerie c.nséquente : des mortiers, des mitrailleuses lourdes et une
quantité énorme de munitions. Cette tactique du « camp-hérisson » fortement
protégé avait été employée avec succès lors de la bataille de Na San, en
octobre et décembre 1952, où un premier camp retranché avait été mis en
place.


Parachutistes sautant d'un C-119 Flying Boxcar


Insigne du CEFEO
En mai 1953, le président du Conseil français, René Mayer, nomma Henri
Navarre, un collègue en qui il avait toute confiance, pour prendre le
commandement des forces de l'Union française en Indochine. Mayer donna à
Navarre pour simple ordre de mission : créer les conditions militaires qui
permettront d'amener une « solution politique honorable ». En arrivant,
Navarre fut choqué par ce qu'il trouva. Aucun plan à long terme n'avait été
élaboré depuis le départ de de Lattre, les opérations étant purement
conduites sur un mode réactif, en réponse aux mouvements ennemis. Il n'y
avait pas de plan pour développer l'organisation et améliorer l'équipement
du corps expéditionnaire.
Après avoir évacué la base de Na San du 7 au 12 août 1953, Navarre a l
intention d'adopter une attitude défensive dans le Tonkin avec néanmoins des
opérations ponctuelles (« Hirondelle », « Camargue » et « Mouette »), tout
en continuant la pacification de la Cochinchine en attendant que l'Armée
nationale vietnamienne prenne le relais. Avec la reprise de l'avancée des
forces du général Giap, commandant de l'armée Viêt Minh, en août 1953, le
commandement français décide alors de créer un second camp à Diên Biên Phu.
Les préparatifs de la bataille
Le site de Diên Biên Phu
Diên Biên Phu ou Ðiện Biên Phủ est une petite plaine située au nord-ouest du
Viêt Nam dans la province de Lai Châu dans le haut Tonkin, et au centre de
laquelle se trouve la petite ville de Diên Biên Phu. Elle se trouve à
proximité des frontières chinoise et laotienne, en plein pays thaï (pays des
tai dam).
En vietnamien, Ðiện désigne une administration, Biên un espace frontalier et
Phủ un district, soit, en termes francisés, « chef lieu d'administration
préfectorale frontalière ». En langue tai, la ville se nomme Muong Tenh,
muong, désignant le lieu, pays ou ville et then, le ciel.
La plaine est couverte de rizières et de champs, avec le village proprement
dit, et une rivière, la Nam Youn, qui la traverse. C'est le seul endroit
plat à des centaines de kilomètres à la ronde, avec une altitude moyenne de
400 mètres. L'habitat, essentiellement de maisons sur pilotis, est dispersé.
La vallée comporte un ancien aérodrome aménagé par les Japonais durant la
Seconde Guerre mondiale. Il est orienté dans le sens nord-sud et dispose de
deux pistes plus ou moins parallèles à la rivière.
La vallée aussi orientée nord-sud a une longueur de 17 kilomètres. La
largeur d'est en ouest varie de cinq à sept kilomètres. À l'est et au
nord-est se trouve une zone de petites collines grimpant progressivement
vers des sommets boisés qui s'étagent entre 1 000 et 1 300 mètres. La
dénivellation entre la vallée et les cimes des montagnes varie de 600 à 700
mètres.
Diên Biên Phu est relié au reste du pays par la route provinciale 41 (RP 41)
qui conduit à Hanoï et une piste qui se dirige au nord vers la Chine, via
Laï Chau, capitale du pays thaï.
L'opération Castor
Article détaillé : Opération Castor.


Diên Biên Phu. Description des zones de saut le 20 novembre 1953
Au matin du 20 novembre 1953, dans le cadre de l’opération Castor, deux
bataillons de parachutistes français, le 6e bataillon de parachutistes
coloniaux (6e BPC), du chef de bataillon Bigeard et le 2e bataillon du 1er
régiment de chasseurs parachutistes (II/1er RCP) du chef de bataillon
Bréchignac s’emparent de la vallée de Diện Biên Phu, défendue par un
détachement peu important de l’armée Việt Minh. D’autres unités
parachutistes sont larguées en renfort dans l’après-midi et les jours qui
suivent, notamment le 1er bataillon de parachutistes coloniaux (1er BPC), du
chef de bataillon Souquet, le 1er bataillon étranger de parachutistes (1er
BEP) du chef de bataillon Guiraud, le 8e bataillon de parachutistes de choc
(8e BPC) du capitaine Tourret et le 5e bataillon de parachutistes
vietnamiens (5e BPVN) du chef de bataillon Bouvery.
L’ancienne piste d’atterrissage construite par les Japonais durant la
Seconde Guerre mondiale doit être rénovée, et après avoir réussi le
parachutage d’un bulldozer, le génie se met à l'œuvre. Le 25 novembre, un
premier avion se pose à Diên Biên Phu, et s’ensuit un acheminement d’hommes,
de matériel, d’armes et de munitions. Cette noria aérienne va fonctionner
pendant quatre mois pour créer, ravitailler et renforcer le camp retranché.
Le matériel lourd (artillerie et blindés) est démonté à Hanoï, transporté en
pièces détachées, puis remonté à l’arrivée.
Peu à peu, les unités parachutistes sont relevées par des unités
d’infanterie envoyées de Hanoï, à l'exception du 1er BEP et du 8e BPC qui
resteront à DBP jusqu'à la fin des combats. Les nouveaux arrivants aménagent
des emplacements de combat, édifient des fortins en utilisant le bois de
certaines habitations du village, de la tôle et des poutres, creusent un
vaste réseau de tranchées et installent des mines et des réseaux de fil de
fer barbelé. Le commandement n’a pas jugé la menace suffisante pour demander
le parachutage de béton et améliorer la résistance des fortifications.
Organisation du camp retranché
Le camp est c.nçu pour assurer la défense de la piste d’aviation de 1 000
mètres de long par où doivent arriver tous les ravitaillements et les
renforts.


Dispositif de bataille à Diên Biên Phu en mars 1954 - En vert les PA
français et position en noir des cinq divisions Viêt Minh
Autour de cette piste sont implantés quatre points d’appui constituant le
centre principal de résistance. Le colonel de Castries baptise de noms
féminins ces différents points d’appui (PA). Le centre principal de
résistance comprend donc :
à l’ouest de la piste, dans la rizière, le PA Huguette tenu par un bataillon

à l’est de la piste et de la rivière Nam Youm, sur la plus haute colline, le
PA Dominique tenu par un bataillon.
au Sud de la piste, dans la rizière, le PA Claudine qui comprend le PC
opérationnel, des batteries d’artillerie et le groupement d’intervention
GAP2, composé du 8e Choc et du 1er BEP.
au sud-est, sur les collines surplombant la Nam Youm, en dessous de
Dominique, le PA Éliane tenu par un bataillon.
Chaque point d’appui comporte quatre môles de résistance tenus chacun par
une compagnie.
Le centre principal de résistance est couvert :
au nord-est, sur un grand piton, par le PA Béatrice tenu par un bataillon.
au nord par le PA Gabrielle, sur un piton allongé dans le prolongement de la
piste, également tenu par un bataillon.
au nord-ouest, sur un plateau, par le PA Anne-Marie tenu par des éléments
Thaï.
Un point d'appui éloigné, Isabelle, a été implanté à 5 km au Sud du
dispositif principal, le long de la Nam Youm. Il a été établi le 15 décembre
1953 par le 2/1 RTA puis renforcé en janvier 1954 par un bataillon de la
Légion étrangère, le 3/3 REI, deux batteries d’artillerie de 105 du 3/10 RAC
un peloton de chars, et doit pouvoir appuyer de ses feux le centre
principal de résistance.
La préparation Viêt Minh
De son côté, le Viêt Minh fait acheminer dans le plus grand secret des
canons et du matériel lourd en pièces détachées. Le transport est réalisé à
dos d'homme sur une route tracée par l'armée Viêt Minh à travers la jungle
et les flancs des montagnes qui entourent Diên Biên Phu, positionnant ainsi
des pièces d'artillerie qui permettront un pilonnage des positions
françaises.
Il enverra régulièrement des patrouilles pour tester les défenses françaises
avant l'assaut. Les Français feront de même en tentant quelques sorties hors
du camp. Mais ils s'apercevront qu'au-delà d'un certain périmètre, ils ne
peuvent plus avancer du fait de la pression ennemie. Dès lors, ils ont l
impression d'être complètement encerclés5. De plus, quelques obus ont
atterri dans l'enceinte du camp et certains militaires français évoquent
alors l'existence possible d'un ou plusieurs canons isolés du côté ennemi.
Néanmoins, ces escarmouches n'inquiètent pas outre mesure l'état-major qui
attend un assaut massif.
Ordre de bataille des belligérants
Article détaillé : Ordre de bataille de Diên Biên Phu.
La bataille
La prise du camp de Dien Bien Phu par les troupes du général Giap s'est
déroulée en trois phases principales.
Premiers assauts des 13 et 15 mars 1954


Les positions françaises du 13 au 15 mars 1954 et les premiers assauts Viêt
Minh
L'attaque débute le 13 mars à 17h00 par une intense préparation d'artillerie
visant le centre de résistance Béatrice, l'un des CR les plus éloignés du
dispositif, tenu par le 3e bataillon de la 13e demi-brigade de Légion
étrangère (III/13e DBLE), commandé par le chef de bataillon Pégot. L'attaque
n'est pas une surprise pour les défenseurs, puisque les services de
renseignement français avaient correctement prévu l'endroit et l'heure où
elle se déclencherait, mais pas la puissance de feu de l'artillerie viêt
minh qui cause un véritable choc. Le point d'appui est écrasé par les obus
de canons et de mortiers lourds. Il en reçoit des milliers en quelques
heures. Les abris, non c.nçus pour résister à des projectiles de gros
calibre, sont pulvérisés. Le chef de bataillon Pégot et ses adjoints directs
sont tués dans les premières minutes du combat, par un coup direct frappant
leur abri. Les liaisons radio avec le centre du camp sont coupées, empêchant
les défenseurs de Béatrice de régler correctement les tirs de l'artillerie
française.
L'assaut du Viêt Minh est donné par les 141e et 209e régiments de la
division 3166 qui s'élancent des tranchées réalisées à proximité du centre
de résistance.
Sans officier pour les diriger, sans appui d'artillerie, les légionnaires,
livrés à eux-mêmes, mènent un combat désespéré contre les fantassins viêt
minh qui utilisent la technique de la vague humaine, certains n'hésitant pas
à se faire sauter sur les barbelés pour permettre à leur camarades de passer
derrière eux. Le centre de résistance tombe peu avant minuit, après
plusieurs heures de combat au corps-à-corps.
Pour ajouter au désastre, au cours de la même nuit, le lieutenant-colonel
Gaucher, chef de corps de la 13e DBLE7 et commandant du sous-secteur centre,
est également tué dans son abri par un coup direct de l'artillerie viêt minh

À l'issue de cette première nuit d'affrontement, les Français réalisent
soudain que, contre toute attente, le Viêt Minh a été capable d'apporter et
de camoufler autour du camp un nombre important de pièces d'artillerie de
calibre 105 mm, alors que le 2e bureau de l'état-major français pensait qu
ils ne pourraient au pire amener que des pièces légères, de calibre 75 au
plus. Jamais par la suite l'artillerie française ne sera dans cette bataille
en mesure de faire taire les canons viêt minh, pas plus que les bombardiers
de l'armée de l'air ni les chasseurs-bombardiers en piqué de l'aéronavale.
Constatant cet échec, le colonel Piroth, commandant l'ensemble des unités d
artillerie à DBP, qui avait affirmé au commandement être en mesure de
contre-battre l'artillerie viêt minh avec ses canons de 155 mm, se suicide
le 15 mars dans son abri8.
Le 14 mars vers 20 heures, deux régiments de la division 3089 attaquent le
centre de résistance Gabrielle, tenu par le 5e bataillon du 7e régiment de
tirailleurs algériens (V/7e RTA) commandé par le chef de bataillon de
Mecquenem. Utilisant la même tactique que pour Béatrice, forte préparation d
artillerie et assaut d'infanterie par vagues successives, le Viêt Minh
grignote peu à peu la position. Les “Turcos”, surnom donné aux tirailleurs,
se défendent durement toute la nuit et réussissent à repousser plusieurs
assauts, incitant Giap à ordonner le repli de la 308 à 2h30.
Quand l'attaque reprend à 3h30 après une nouvelle préparation d'artillerie,
des troupes fraîches de la division 312 sont également engagées10. Le V/7e
RTA est submergé et doit finalement abandonner la position le 15 mars au
petit matin, rejoint trop tard par un élément de contre-attaque constitué de
6 chars du 1er régiment de chasseurs à cheval, d'éléments du 1er BEP11 et du
5e BPVN parachuté en renfort dans l'après-midi du 14 mars.
À l'occasion de cette contre-attaque manquée, l'attitude au feu du 5e BPVN
fera l'objet sur le moment de nombreuses critiques, certains, dont le
lieutenant-colonel Langlais (adjoint de Castries), lui reprochant, en termes
peu aimables, un “manque de punch” pendant l'action. Ce fut une des
nombreuses polémiques qui surgirent au cours de la bataille et qui font
parfois encore débat aujourd'hui parmi les spécialistes. À la décharge du 5e
BPVN, d'autres, plus tard, feront valoir qu'il n'était pas forcément
judicieux de confier une mission de contre-attaque à une unité qui,
parachutée la veille, n'avait pas eu le temps de se reposer et connaissait
mal le terrain, alors qu'un bataillon comme le 8e Choc, présent à DBP sans
discontinuer depuis quatre mois, ayant eu le temps de se familiariser avec
le terrain et reconnu les itinéraires de contre-attaque, aurait eu plus de
chances de réussir. Quoi qu'il en soit, le chef de corps, le capitaine
Botella, prit, à l'issue de l'engagement, des mesures drastiques en
rétrogradant au rang de simple soldat des officiers qui avaient fait preuve
de faiblesse et en transformant en coolies les soldats qui ne s'étaient pas
correctement comportés à ses yeux. Ainsi ‘purgé’, le 5e BPVN poursuivra le
combat jusqu'à la fin de la bataille et se comportera de façon tout à fait
honorable.
Une période d'accalmie du 15 au 30 mars
Ayant subi des pertes importantes au cours de ces deux premières attaques,
le général Giap est contraint d'observer une pause, pour réorganiser ses
unités durement éprouvées et reconstituer ses stocks de munitions.
Parallèlement, le Haut-Commandement français décide aussi l'envoi de
renforts et le 6e BPC est parachuté dans l'après-midi du 16 mars. Le retour
à DBP du « bataillon Bigeard » contribue à remonter le moral de la garnison,
choquée par la tournure prise par les évènements.
Après une phase d'assaut frontal, très coûteuse en vies humaines, Giap opte
pour une tactique de harcèlement du camp retranché. Les artilleurs du Viêt
Minh s'appliquent à bombarder tous les points importants du camp retranché,
en particulier la piste d'atterrissage qui devient rapidement inutilisable
de jour et bientôt aussi de nuit. Le dernier avion décolle de DBP le 27 mars
Dès lors, le cordon ombilical qui reliait le camp à Hanoï est coupé,
réduisant d'autant les possibilités de ravitaillement et, surtout, rendant
impossible l'évacuation des blessés. L'avion qui la transportait ayant été
endommagé, puis détruit, par l'artillerie viêt minh, après s'être posé pour
tenter d'évacuer des blessés, la convoyeuse de l'Air Geneviève de Galard se
retrouve bloquée dans le camp retranché, où elle passera le reste de la
bataille, à travailler comme infirmière à l'antenne chirurgicale du
Médecin-Commandant Grauwin. Elle deviendra célèbre sous le sobriquet d'«
ange de Dien Bien Phu » (Dien Bien Phu angel) qui lui sera donné par la
presse anglo-saxonne.
Des opérations sont montées tous les jours pour assurer la liaison terrestre
avec le point d'appui Isabelle, situé au Sud du centre de résistance
principal. Au fil du temps, ces opérations d'"ouverture de route" deviennent
de plus en plus lourdes et dangereuses, et le 23 mars, au cours de l'une d
elles, le 1er BEP perd 9 hommes, dont 3 officiers (les lieutenants Lecocq,
Raynaud et Bertrand) et plus de 20 blessés, dans une embuscade tendue par
des éléments du Vietminh infiltrés. Devant les pertes subies, les liaisons
quotidiennes avec Isabelle sont finalement abandonnées : ce point d'appui,
commandé par le lieutenant-colonel Lalande, combattra jusqu'à la fin de la
bataille de façon autonome.
Le 28 mars, le 6e BPC, appuyé par le 8e BPC lance une contre-attaque vers l
ouest du camp retranché avec pour objectif de détruire les pièces de DCA du
Viêt Minh qui gênent de plus en plus le ravitaillement par air. L'opération
est un demi-succès : à part des quantités importantes d'armement léger, elle
n'a permis de capturer ou de détruire que peu d'armes lourdes (canons de DCA
de 37 mm) et se solde par des pertes importantes. Le 6e BPC enregistre en
particulier 17 tués, dont deux officiers (les lieutenants Le Vigouroux et
Jacobs) et quatre sous-officiers. La 4e compagnie n'a plus d'officiers,
puisqu'outre le Lt Jacobs, l'officier adjoint, tué au cours de l'action, son
chef, le Lieutenant De Wilde, est grièvement blessé.
Seconde vague d'attaques du 30 mars au 4 avril (la ‘bataille des cinq
collines’)
Giap avait fixé comme objectif les collines formant la défense Nord-Est et
Est du Centre de Résistance principal. Dans la nuit du 30 mars, après une
nouvelle très forte préparation d'artillerie, tous les points d'appui
tombent rapidement aux mains du Viet-Minh, à l'exception d' Éliane 2
(surnommée 'la cinquième colline’) et d' Éliane 4, qui n'était pas
directement en première ligne. La faible résistance opposée aux assaillants
par le III/3e RTA sur Dominique 2 et par la compagnie du I/4e RTM tenant
Éliane 1 sera d'ailleurs à l'origine d'une autre polémique, lancée elle
aussi par l'impétueux lieutenant-colonel Langlais, mettant clairement en
cause la valeur des troupes Nord Africaines à DBP. S'ajoutant à cela le fait
que certains soldats de ces unités, démoralisés, déserteront et iront se
réfugier sur les bords de la Nam Youm en refusant de livrer combat jusqu'à
la fin de la bataille, le cours des événements finira par donner naissance
au mythe selon lequel “seuls les paras et la Légion se sont battus à DBP”.
Sur Éliane 2, le Viet-Minh se heurte à la farouche résistance des autres
compagnies du I/4e RTM, renforcées toute la nuit du 30 au 31 mars par
différentes unités prélevées sur les autres bataillons et très efficacement
soutenues par l'artillerie d'Isabelle. Au matin du 31 mars, Éliane 2,
jonchée de dizaines de cadavres, tient toujours.
Le 31 mars, le Commandement français décide de lancer une contre-attaque
pour reprendre les positions perdues : le 8e BPC reprend Dominique 2 (la
colline la plus élevée du camp retranché) et le 6e BPC reprend Éliane 1.
Toutefois, faute de troupes fraîches pour relever ces deux unités durement
éprouvées (le parachutage du II/1er RCP a été annulé au dernier moment), les
positions reprises doivent être de nouveau abandonnées.
Giap poursuivra ses attaques sur Éliane 2 jusqu'au 4 avril, subissant de
très fortes pertes, jusqu'à renoncer finalement à prendre ce point d'appui.
Cet échec provoquera une grave crise du moral au sein des unités viet-minh,
dont beaucoup des cadres, jugés incompétents ou trop timorés, seront
éliminés.
Le ‘grignotage’ des positions françaises durant le mois d'avril
Les actions d’encerclement et d’étouffement se poursuivent durant tout le
mois d'avril, aussi bien sur les PA Huguette, à l’Ouest de la piste
d’aviation, que sur les collines de l'Est.


Le centre des positions françaises fin mars 1954. Le secteur Éliane connut
les plus violents combats de toute la bataille.
Les tentatives de colonnes de secours au sol échouent. Les avions venant de
Hanoï (des bombardiers Douglas A-26 Invader, des chasseurs Grumman F8F
Bearcat de l'armée de l'air et de la 11F de l'aéronavale alors équipée de
Grumman F6F Hellcat , des transporteurs (largueurs de napalm) Fairchild
C-119 Flying Boxcar (surnommés Packet), sont gênés de surcroît par une météo
capricieuse (mousson). Ils peuvent difficilement identifier les emplacements
de tir. Ils larguent les bombes et le napalm quasiment au hasard, guidés
seulement par radio. Les A-26 et les chasseurs font aussi des passages
au-dessus des crêtes pour tirer avec leurs mitrailleuses de 12,7 mm et leur
roquettes.
Un écran nuageux, quasi permanent en période de mousson, rend l'accès et l
action aériens difficiles, à vue (les radars de vol existaient peu ou
presque pas). Dans ce contexte, les missions d'attaque des avions français
sont dangereuses du fait du terrain, du climat et surtout de la DCA. Ces
avions doivent faire plus de 600 km avant d'arriver sur zone : ils sont
alors à la limite de leur réserve de carburant et ont par c.nséquent très
peu de temps pour leur mission de combat. D'ailleurs, les assauts viêt minh
ont essentiellement lieu de nuit, lorsque l'aviation française est moins
efficace.
Les Français disposent de 10 chars légers M24 Chaffee armés de canons de 75
mm, relativement inadaptés à une guerre de siège, souvent utilisés pour
soutenir l'infanterie lors de contre-attaques. Certains sont finalement
sabotés par leur équipage, sur avarie ou pour éviter leur capture par l
ennemi. La garnison ne peut compter que sur des contre-attaques de
parachutistes à pied, leur mission est de s'emparer des positions adverses
et des canons, armés de lance-flammes. Mais ces contre-attaques ne peuvent
dépasser la ligne des sommets et sont limitées dans le temps par
l’impossibilité de les ravitailler et de les soutenir d’un appui–feu. Lorsqu
un point d'appui est atteint, les soldats se trouvent parfois à court de
munitions. C'est donc une mêlée à l'arme blanche et à la grenade qui les
attend.
Dans cette bataille, dans l'incapacité de se reposer ni d'être relevés, les
Français font preuve d'une combativité et d'une résistance exceptionnelles.
Il y a de nombreux cas de morts d'épuisement. On entend des hommes se battre
en chantant La Marseillaise au cours des combats. Lorsqu'on sollicite les
blessés pour retourner au combat - faute de combattants valides -, il y a
encore des volontaires. La nuit, les explosions, les balles traçantes et les
fusées éclairent le champ de bataille comme en plein jour. Les canons
français tirent tellement qu'ils sont chauffés au rouge. Parmi les actes les
plus notables, citons le combat de dix soldats du 6e BPC qui résistent sans
soutien aux assauts Viêt Minh pendant huit jours. Au moment de déposer les
armes, ils tiennent toujours leur position. Il y eut deux survivants, les
brigadiers Coudurier et Logier12.
Concernant la logistique, l'aviation française a du mal à faire face à l
ampleur de la tâche et doit recourir à des avions Fairchild-Packet C-119
(“Flying Boxcar”) fournis par l'US Air Force (en vertu d'accords d
assistance militaire), pilotés par des équipages militaires français et
aussi par des équipages de mercenaires américains du CAT (Civil Air
Transport) du général Claire Chennault. Le CAT (qui deviendra plus tard Air
America) est en fait la Flying Tigers Line, une compagnie aérienne proche de
la CIA et dirigée par Chennault, l'ancien "boss" des Tigres volants.
Plusieurs C-119 seront touchés par la DCA au-dessus de DBP et c'est là que
les Américains connaîtront leurs premières pertes dans la péninsule
indochinoise, avec la mort des deux pilotes (James McGovern et Wallace
Bufford) d'un équipage mixte franco-américain, alors qu'ils essayaient de
poser leur C-119 en catastrophe, après avoir été touchés par la DCA lors de
leur opération de largage 13,14. Ainsi, les USA n'interviendront jamais
directement dans le conflit, pour ne pas provoquer l'intervention directe de
la Chine et une escalade du conflit, se contentant de fournir une logistique
aérienne et des mercenaires aux Français.


Détachement de M24 en action à Diên Biên Phu.
Le général Giap donne son analyse des combats : les militaires français,
selon leur logique formelle, avaient raison". "Nous étions si loin de nos
bases, à 500 kilomètres, 600 kilomètres. Ils étaient persuadés, forts de
l’expérience des batailles précédentes, que nous ne pouvions pas ravitailler
une armée sur un champ de bataille au-delà de 100 kilomètres et seulement
pendant 20 jours. Or, nous avons ouvert des pistes, mobilisé 260 000
porteurs - nos pieds sont en fer, disaient-ils -, des milliers utilisant des
vélos fabriqués à Saint-Étienne que nous avions bricolés pour pouvoir porter
des charges de 250 kg. Pour l’état-major français, il était impossible que
nous puissions hisser de l’artillerie sur les hauteurs dominant la cuvette
de Diên Biên Phu et tirer à vue. Or, nous avons démonté les canons pour les
transporter pièce par pièce dans des caches creusées à flanc de montagne et
à l’insu de l’ennemi. Navarre avait relevé que nous n’avions jamais combattu
en plein jour et en rase campagne. Il avait raison. Mais nous avons creusé
45 km de tranchées et 450 km de sapes de communications qui, jour après jour
ont grignoté les mamelons."15
En manque de troupes, les Français organisent des recrutements de
volontaires à Hanoï pour les parachuter sur Diên Biên Phu. Alors que tout le
monde sait la situation désespérée et la chute du camp imminente, des
centaines de personnes répondent "présent" à l'appel, certaines n'ayant
jamais sauté en parachute de leur vie. Leur motivation est d'aller se battre
"pour aider les copains", "pour l'honneur"16. Dans la fureur des combats, et
la confusion, certains largages atterrissent chez l'ennemi.
Les défenseurs du camp ont jusqu'au bout espéré une intervention massive de
l'aviation américaine, qui n'est jamais venue. Début mai 1954, les Viêts
utilisent massivement des lance-roquettes multiples Katioucha (ou "orgues de
Staline") sur la garnison, dont les effets sont dévastateurs.
Dernières attaques à partir du 1er mai
Le 1er mai au soir commence une préparation d’artillerie qui dure trois
heures. Les divisions 312 et 316 attaquent à l’est, la 308 à l’ouest.
L’artillerie française n’a plus assez de canons, de mortiers et d’obus pour
faire face. Il tombe plus de parachutages chez l’ennemi que dans le camp
retranché qui s'est considérablement réduit. Au sein des troupes françaises,
le manque de munitions se fait criant et la situation sanitaire devient
catastrophique.
Éliane 1 tombe dans la nuit du 1er mai et Dominique 3 dans celle du 2 mai
ainsi qu’Huguette 5. Éliane 2 résiste toujours. Huguette 4 tombe dans la
nuit du 4 mai. Dans celle du 6 mai, une sape de deux tonnes de TNT fait
sauter Éliane 2. Le matin du 7 mai, Éliane 10, Éliane 4 et Éliane 3 sont
conquis par les Viêt Minh.
Échec de l'Opération D
Article détaillé : Opération D.
Dans les derniers jours d’avril, en raison de la situation critique du camp,
le général Henri Navarre décide de lancer une opération secrète du SDECE,
l‘Opération D (D pour desperado), dirigée par le capitaine Jean Sassi
commandant le Groupement GMI Malo. Elle consistait à mettre en œuvre, au
départ des bases du GCMA au Laos, une colonne de secours de près de 2000
hommes essentiellement constituée des maquisards de la tribu Hmong (ou Mèo),
en tentant une percée ainsi qu'une évacuation des troupes françaises.
L'opération « D » débuta le 28 avril 1954. Mais, validée trop tard, elle ne
peut aboutir puisque la colonne de secours arrive aux abords immédiats de
Dien Bien Phu quelques jours après la chute du camp. Seulement 150
survivants de la garnison assiégée qui étaient parvenus à s'évader dans la
jungle sont récupérés.
Cessez le feu et reddition
Le vendredi 7 mai 1954 à 12h00, le général de Castries reçoit un ordre de
cessez-le-feu du général Cogny depuis Hanoï, qu'il transmet immédiatement
aux différents chefs de corps de la garnison. Pour l'anecdote, le
lieutenant-colonel Bigeard17, retransmet cet ordre au lieutenant Allaire,
commandant la section de mortiers du 6e BPC en position sur Éliane 3, car
celui-ci exige un ordre écrit de son chef pour cesser le combat18. Le
cessez-le-feu entre en vigueur à 17h00. Puis est donné l'ordre général de
détruire toutes les armes et équipements.
Il appartenait à la division 308 du général Vuong Thua Vu, division d
infanterie qui avait été de toutes les batailles en haute et moyenne région,
des « désastres » de Cao Bang et Lang Son en 1950 jusqu'à celui de Diên Biên
Phu, de donner le coup de grâce. Après 57 jours et nuits de combat,
constatant l'absence de réaction des Français, l'armée Viêt Minh investit l
ensemble du camp retranché le 7 mai 1954 à 17h30. Cette même division 308
sera également la première unité Vietminh à entrer dans Hanoï le 9 octobre
1954.
Le bilan
Ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l
après Seconde Guerre mondiale, et l'un des points culminants des guerres de
décolonisation.
On peut estimer à près de 8 000 le nombre de soldats Vietminh tués pendant
la bataille et à 2 293 celui des tués dans les rangs de l'armée française.
Une fois le cessez-le-feu signé, le décompte des prisonniers des forces de l
Union française, valides ou blessés, capturés à Diên Biên Phu s'élève à 11
721 soldats dont 3 290 sont rendus à la France dans un état sanitaire
catastrophique, squelettiques, exténués. Il en manque 7 801. Le destin exact
des 3 013 prisonniers d’origine indochinoise reste toujours inconnu19. Il
est probable qu'ils aient été exécutés systématiquement comme traîtres.
Le destin de la garnison en captivité
Tous les prisonniers (y compris les blessés ‘légers’, selon les critères
établis par le Vietminh) devront marcher à travers jungles et montagnes sur
700 km, pour rejoindre les camps, situés aux confins de la frontière
chinoise, hors d'atteinte du Corps Expéditionnaire. Ceux qui étaient trop
faibles mouraient ou étaient achevés. Sur les 11 721 soldats de l'Union
Française, valides ou blessés, capturés par le Vietminh à la chute du camp,
plus de 70% décédèrent pendant leur marche vers les camps ou une fois en
captivité, de sous-alimentation, mauvais traitements, absence de soins, dans
des régions propices à toutes sortes de maladies, ou furent exécutés
sommairement 20.
Les camps de rééducation
Là, un autre calvaire attendait les prisonniers. Ceux qui auront le mieux
survécu étaient les blessés lourds car ils n'eurent pas à subir la marche
forcée de 700 km et furent pris en charge par la Croix-Rouge. Les autres
furent internés dans des camps dans des conditions effroyables. Ainsi, leur
alimentation quotidienne se limitait à une boule de riz pour les valides,
une soupe de riz pour les agonisants. Un grand nombre de soldats sont morts
de dénutrition et de maladies. Ils n'avaient droit à aucun soin médical,
puisque les quelques médecins captifs étaient tous assignés dans la même
paillote, avec interdiction d'en sortir.
Les prisonniers devaient également subir un matraquage de propagande
communiste avec endoctrinement politique obligatoire. Cela incluait des
séances d'autocritique où les prisonniers devaient avouer les crimes commis
contre le peuple vietnamien (réels et surtout imaginaires), implorer le
pardon, et être reconnaissants de la "clémence de l'Oncle Ho qui leur laisse
la vie sauve".
La majorité des tentatives d'évasion a échoué malgré l'absence de barbelés
ou de miradors de surveillance. La distance à parcourir était trop grande
pour espérer survivre dans la jungle, surtout pour des prisonniers très
diminués physiquement. Ceux qui étaient repris étaient exécutés.
Suite aux accords de paix signés à Genève reconnaissant la création de deux
Vietnam libres et indépendants, La France et le Viêt Minh acceptèrent le
principe d'un échange général de prisonniers. Les prisonniers de Diên Biên
Phu survivants seront livrés à la Croix Rouge Internationale après les
accords signés.
Crimes de guerre
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est la bienvenue !
Assaut des convois d'évacuations sanitaires.
Affaire Georges Boudarel21
Les c.nséquences en France
Le conflit indochinois suscitait peu d'intérêt en France, pour plusieurs
raisons. La Quatrième République était marquée par une grande instabilité
politique. Le pays était en pleine reconstruction économique, et cette
guerre était lointaine. De plus, le corps expéditionnaire ne comptait que
des militaires de carrière et des engagés volontaires, souvent perçus comme
des baroudeurs en quête d'aventure (la France n'avait pas envoyé le
contingent en Indochine). C'était l'époque de la guerre froide, de la
division de l'Europe par le rideau de fer : la menace soviétique inquiétait
une partie des Français, et le parti communiste était le premier de France.
D'un point de vue démographique, il n'y avait jamais eu beaucoup de Français
en Indochine et la guerre en avait fait rentrer beaucoup en métropole. Ne
restaient que quelques milliers de colons et quelques entreprises, au
contraire de la situation d'avant 1939-1945. En effet les Japonais ont
éliminé toute l'administration coloniale en 1945, et neuf ans de guerre ont
suivi qui ont poussé les Européens à quitter le pays. La France de 1954 n
avait donc plus rien à voir avec la France colonialiste de Jules Ferry au
XIXe siècle. En Indochine, la même volonté de rupture était présente chez
les Vietnamiens. On peut dire qu'une page d'histoire commune entre la France
et le Viêt-Nam avait été tournée avant même Diên Biên Phu.
Tous ces éléments expliquent que cette guerre ne passionnait pas les
Français. Il y avait une certaine lassitude devant une guerre qui n'en
finissait pas, dont les motifs restaient obscurs pour beaucoup. Les
défenseurs de Diên Biên Phu pouvaient avoir le sentiment d'être abandonnés
par la métropole. On a pu qualifier la Guerre d'Indochine de "sale guerre",
notamment dans les milieux syndicalistes et les partis d'extrême-gauche. La
CGT avait même organisé une campagne de sabotage du matériel envoyé aux
combattants de Diên Biên Phu.
Du fait de la censure, il y eut très peu d'informations sur la réalité de la
bataille. D'où la stupeur qui frappa la population française à la chute du
camp retranché. À la surprise succéda la colère et certains parlementaires
furent violemment pris à partie par la foule sur les Champs-Élysées[citation
nécessaire]. Il fallait à tout prix trouver des responsables au désastre.
Analyse des stratégies
Du point de vue français
Le choix de DBP n'était pas insensé sur le plan stratégique, au carrefour
des pistes pédestres et équestres vers le Laos. Sur le plan tactique, la
piste d’atterrissage permettait un ravitaillement massif par pont aérien
depuis Hanoi. L'occupation de cette position privait le Viêt Minh d'un
approvisionnement en nourriture puisque toute la plaine était une zone
agricole.
Pour les stratèges français, l’armée populaire vietnamienne ne pourrait pas
amener d'artillerie lourde, à cause du terrain difficile autour de la
cuvette et de l'absence de pistes carrossables. D'autre part, sur place, la
topographie était jugée favorables aux défenseurs, de hautes collines
entourant la cuvette empêcheraient l’adversaire d’utiliser son artillerie :
il devrait ou bien tirer depuis la contre-pente (le versant caché pour la
garnison) mais avec une forte flèche et donc une portée limitée ne
permettant pas d'atteindre les cibles ou bien tirer depuis la pente
descendante, à la vue de la garnison, ce qui l'exposerait à la
contre-batterie française.
Par ailleurs, une telle artillerie ne pourrait disposer que d’une faible
quantité de munitions, fournie par une logistique estimée faible, car basée
sur des hommes à pied. Le risque d'une artillerie adverse a bel et bien été
pris en compte par les Français, mais jugé techniquement irréaliste. D'un
point de vue purement militaire, on doutait de la capacité du Viêt Minh à
utiliser des canons5.
Pour comprendre la stratégie Viêt Minh et l'état d'esprit des Français à DBP
il est indispensable de rappeler les événements de Na San de 1952. Durant
cette bataille, un camp retranché du corps expéditionnaire, dans une zone
reculée et difficile d'accès, fut attaqué par une armée Viêt Minh, déjà
commandée par le Général Giap. Ce fut une des rares fois – avec la bataille
de Vinh Yen en janvier 1951 – où le Viêt Minh accepta de livrer une bataille
conventionnelle. Formé en URSS et en Chine, Giap utilisa la tactique des
vagues d'assaut, sur terrain dégagé et en plein jour. Comme les offensives
de la Première Guerre mondiale, les attaques étaient lancées au son du
clairon.
Ce fut un désastre : la 1ère vague sauta sur les mines, la 2ème s'empêtra
dans le réseau de barbelés, la 3ème se fit hacher par les mitrailleuses22.
Après plusieurs tentatives et devant l'ampleur des pertes, Giap n'eut d
autre choix que de lever le siège. Cet échec le rendit longtemps réticent à
attaquer les Français dans un assaut frontal et massif. Il revint donc aux
techniques de guérilla.
Le succès de Na-San conforta l'État-major français. Le Général Navarre
décida de reprendre la même stratégie pour le Plan Castor en 1953 : fixer
les troupes viêts autour d'un camp retranché et broyer ses assauts. Toute la
conception du camp de DBP, du choix des armes à la configuration des abris
découlait des leçons de la bataille de Na-San, c'est-à-dire qu'on occultait
volontairement l'artillerie adverse et qu'on ne donnait pas d'ordre de s
enterrer.


Bunker PC du Général de Castries à Diên Biên Phu (2007).
Les abris étaient relativement sommaires : des trous avec des sacs de sable
et une tôle comme toiture. Ils étaient reliés par des tranchées. Il n'y
avait aucun ouvrage en béton, aucun boyau souterrain, et les canons n
étaient pas protégés mais placés sur de simples plates-formes, au vu et au
su de l'ennemi.
Par voie aérienne, DBP est proche de Hanoï, et très loin par les pistes de
jungle pour l’Armée populaire vietnamienne. Les calculs logistiques du
Bureau de planification donnaient donc un rapport très favorable au côté
français en termes de tonnage quotidien transporté.
Quelques mois avant le début des combats, une délégation gouvernementale se
rendit à DBP pour apprécier la situation. Elle fut rassurée par ce qu'elle
vit et par la stratégie que lui exposèrent les officiers du camp. De même,
les journalistes, les observateurs étrangers, notamment les militaires
américains, ne trouvèrent rien à redire au plan français. Une autre raison
du choix de cet endroit était de couper au Viêt Minh la route du Laos,
possible base arrière. À l’origine, DBP devait donc être la base d’unités
mobiles susceptibles de rayonner dans tout le district de Lai Chau avec des
chars légers américains M24 Chaffee (surnommés « Bisons » par la garnison).
C’est pour cette raison qu’un cavalier, le colonel de Castries, fut mis à la
tête du GONO (Groupement Opérationnel du Nord-Ouest). Le camp était protégé
par un réseau de points d’appui aux noms féminins : Dominique, Éliane,
Gabrielle, etc.
La garnison attendit l'assaut plusieurs semaines, motivée, impatiente d'en
découdre et persuadée qu'elle allait “casser du Viêt”. Certains officiers
déclaraient : « Pourvu qu'ils attaquent ! »5. N'allait suivre qu'une guerre
d'usure entre un agresseur nombreux, ravitaillé, endoctriné, surmotivé par l
enjeu, et un contingent français pris au piège et ne pouvant guère compter
que sur lui-même.
Le rôle des alliés de la France
Dès le début de la bataille, les Américains ont proposé aux Français un
soutien aérien par des bombardiers lourds. Cette option fut rejetée par l
état-major français qui estimait maîtriser la situation.
Plus tard devant la tournure dramatique des événements, les militaires
français réclamèrent des bombardements massifs sur les collines avoisinantes
Acculé à des positions défensives, l'état-major avait pour ordre de
résister en attendant une éventuelle « Opération Vautour » consistant à
faire intervenir des bombardiers B-29. Ces bombardiers pouvaient larguer
leurs bombes à haute altitude, ce qui les rendait invulnérables vis-à-vis
des défenses antiaériennes du Viêt Minh, avantage que n'avaient pas les B-26
utilisés par le corps expéditionnaire. Un bombardement lourd et massif des
collines environnantes aurait probablement détruit les DCA, et une partie de
l'artillerie employée par le Viêt Minh, permettant au moins l'évacuation des
nombreux blessés, la reprise des ravitaillements et le largage de bombes
traditionnelles et au napalm (ces dernières étant forcément opérées à basse
altitude pour une bonne précision).
Selon certaines sources, l'utilisation de la bombe atomique aurait été
envisagée23. Pour l'état-major français, c'eût été un désastre inutile :
certes, il y avait à Diên Biên Phu la quasi totalité du corps de bataille
Viêt Minh, mais aussi les meilleurs bataillons du CEFEO tels que le
bataillon Bigeard (6e BPC), II/1er RCP ou le 8e Choc qui eussent dû être
sacrifiés aussi. L'opinion publique internationale ne l'aurait pas accepté.
D'ailleurs, les autorités américaines excluaient d'utiliser la bombe
atomique, où que ce soit, ne voulant pas être accusées de crime à grande
échelle après Hiroshima et Nagasaki. À l'approche de la conférence de paix
de Genève, elles ont définitivement abandonné cette option. Elles
redoutaient par dessus tout une escalade avec la Chine après la guerre de
Corée. Le président américain Eisenhower était en outre un anti-colonialiste
notoire et voyait d'un mauvais œil la présence française en Indochine. De
plus, il était convaincu qu'"il n'y avait pas de victoire possible de l
Homme blanc dans cette région" 24
On peut avancer d'autres raisons : les États-unis avaient besoin de l
autorisation du Congrès pour intervenir massivement sur Diên Biên Phu et, d
après le général Bedell Smith (qui répondait aux suppliques de l'ambassadeur
de France outre-Atlantique), « le succès dépend de l'acceptation de Londres
»25. Churchill reçoit M. Massigli (ambassadeur de France) dans la matinée du
27 avril, (...) et lui dit : « Ne comptez pas sur moi. (...) J'ai subi
Singapour, Hong-Kong, Tobrouk. Les Français subiront Diên Biên Phu. »25.
Enfin, les États-Unis commençaient à s'intéresser de près à la péninsule
indochinoise, ils avaient noué des contacts avec certains militaires
vietnamiens via la CIA, au sud du pays. Si les Français gardaient l'espoir
de rester en Indochine, les Américains avaient d'autres projets. Ils avaient
hâte que les Français partent. Le président Eisenhower avait élaboré dès le
mois d'avril la théorie des dominos selon laquelle si l'Indochine tombait
dans le giron communiste, les pays voisins tomberaient aussi : Thaïlande,
Malaisie, Birmanie... L'Amérique se sentait investie d'une mission globale
de lutte contre le communisme en Asie du Sud-Est. Un combat où l'on estimait
que la France n'avait aucun rôle à jouer.[citation nécessaire]
Du point de vue Viêt Minh
Pour le Viêt Minh, la bataille de Diên Biên Phu fut une bataille
d’artillerie afin d'immobiliser l’adversaire et de priver ses troupes de
ravitaillement. Les Français ont cru l’adversaire incapable d’utiliser son
artillerie et n’ont pas caché et protégé leurs installations, détruites dès
les premières salves (cf. Jules Roy).
Sur le plan stratégique, le choix de se battre à Diên Biên Phu était
l’argument militaire en vue de la conférence de Genève qui s’ouvrait pour
débattre sur la Corée, mais dont le sujet principal était l’Indochine, comme
tout le monde le savait.
Le siège de Diên Biên Phu a eu un but à la fois militaire et diplomatique :
forcer l’adversaire à négocier en position défavorable. L'état-major Viêt
Minh était commandé par le général Vo Nguyen Giap, mais il fut secondé par
des conseillers militaires russes et chinois. L'essentiel de son armement,
de fabrication chinoise, était acheminé depuis la Chine voisine, de même que
les munitions et les uniformes. En effet, la victoire des troupes
communistes de Mao Zedong en Chine en 1949 avait rendu possible une aide
chinoise massive au Viêt Minh. Cela contrastait avec la situation logistique
d'avant 1949, où le Viêt-Minh devait attaquer les convois français pour
avoir armes et munitions. Pour la première fois depuis le début de la guerre
d'Indochine, le Viêt-Minh disposait enfin de moyens lourds, de troupes
régulières bien entraînées et d'un armement moderne et performant.
L'artillerie était principalement constituée de canons de récupération : des
105 mm (M 105 Howitzer) de fabrication américaine, des obusiers pris par les
chinois en Corée ou durant la guerre civile contre les nationalistes chinois
Ayant tiré les enseignements de sa cuisante défaite de Na San, Giap
bénéficia de l'aide chinoise massive sur le plan de l'artillerie, tant
sol-sol que sol-air, ce qui eut une importance capitale dans l'interdiction
du support aérien. Ce sont des canons de DCA de 37,5 mm ainsi que des
centaines de mitrailleuses de 12,7 mm qui ont joué un rôle d'interdiction
aérienne. Les canons furent hissés à flanc de montagne à dos d'homme, en se
servant de cordes.
Il était relativement facile de diriger les tirs contre la garnison, puisque
les positions Viêt-Minh surplombaient le camp retranché. Les combats
d’infanterie étaient destinés principalement à maintenir la pression et
démoraliser les défenseurs de la garnison, qui perdirent l’initiative dès
les premiers tirs d’artillerie.
La logistique vietnamienne était basée sur des pistes de jungle et les
solides vélos Peugeot adaptés à une charge utile de 250 kg, poussés à pied.
Elle préfigurait la future « piste Hô Chi Minh » qui ravitaillerait plus
tard les combats au sud durant la Guerre du Viêt Nam. En parlant de ces
vélos, le Général Giap déclara à son état-major « ce seront nos Taxis de la
Marne ! » Ces fameux vélos furent aussi utilisés à des fins de propagande,
car en réalité ce sont des centaines de camions Molotova de fabrication
soviétique qui ont ravitaillé les troupes de Giap, en plus de milliers de
coolies embauchés de gré ou de force.
Il est clair que le Viêt-Minh a remporté la bataille logistique puisqu'en
dépit des raids aériens de l'aéronavale, la nourriture, les hommes et les
munitions sont toujours arrivés à Diên Biên Phu. Si les Français avaient pu
arrêter le flot logistique du Viêt-Minh, le sort de la bataille aurait
probablement été différent.
Diên Biên Phu dans les arts et la culture
Films
Diên Biên Phu, film de Pierre Schoendoerffer réalisé en 1991.
Jeux de simulations historiques
Citadel (Frank Chadwick, GDW, 1977)
Dîen Bîen Phu (Jean-Jacques Petit, Jeux Descartes, 1980)
Dien Bien Phu : une saison en enfer (Luc Olivier, Vae Victis, N° 33, Juillet
2000)
La vallée de la mort (Paul Rohrbaugh, Against The Odds, 2006)
Dien Bien Phu (John Tiller, HPS Simulations, 2009)
Lexique
6e BPC : 6e bataillon de parachutistes coloniaux
II/1er RCP : 2e bataillon du 1er régiment de chasseurs parachutistes
1er BPC : 1er bataillon de parachutistes coloniaux
1er BEP : 1er bataillon étranger de parachutistes
8e BPC : 8e bataillon de parachutistes de choc
5e BPVN : 5e bataillon de parachutistes vietnamiens
III/13e DBLE : 3e bataillon de la 13e demi-brigade de Légion étrangère
11F : onzième flotille de l'Aéronavale, équipée d'une douzaine de Grumman
Hellcat
PA : point d’appui
Notes et références
↑ L'Histoire de L'État Major dans la Guerre de Résistance contre La France
1945-1954, p. 799
↑ Fall 1967, p. 23
↑ Fall, 9
↑ Fall, 48
↑ a, b et c Dien Bien Phu, le rapport secret
↑ D'après le tome 3 des mémoires du général Vo Nguyen Giap, pages 165 à 179,
les 11e et 428e bataillons du 141e régiment sont désignés respectivement
pour l'attaque des PA 1 et 2 ; le 13e bataillon étant utilisé comme réserve
pour le PA 1. Le PA 3 est attaqué quant à lui par le bataillon 130 du 209e
régiment les deux autres bataillons de ce régiment étant conservés comme
réserve et en tant que force d'interception des renforts.
↑ Le lieutenant-colonel Gaucher commande ainsi les 1er et 3e bataillons
présents dans le camp.
↑ Le colonel Piroth se suicide en utilisant une grenade dégoupillée
appliquée contre le ventre ; sa mort restera confidentielle jusqu'à sa
diffusion dans le camp depuis l'extérieur, car la nouvelle avait fuité dans
la presse
↑ L'attaque est menée par les TD 88 et 102, tandis que le TD 36 est maintenu
en réserve.
↑ In Revue Historica numéro de janv-fev-mars 1997, Dien Bien Phu - L'agonie,
pages 94 et 95
↑ Les éléments du 1er BEP sont les 3e et 4e compagnies
↑ Dien Bien Phu, Le rapport secret
↑ [http://www.souvenirfrancais-issy
com/article-mcgovern-et-buford-deux-pilotes-americains-abattus-au-dessus-de-d
en-bien-phu-par-le-general-icha-89102456.html [archive]
↑ communique de presse de l'ambassade de France aux Etats-unis French
Ambassy in the United States: News from France 05.02 (March 2, 2005)
[archive], U.S. pilots honored for Indochina Service, Seven American Pilots
were awarded the Legion of Honor...
↑ L'Humanité, 7 Mai 2004
↑ Dien Bien Phu, Pierre Schoendorffer
↑ Marcel Bigeard, Ma vie pour la France, Editions du Rocher, 2010, p. 179.
↑ Erwan Bergot, Bigeard, Librairie académique Perrin, 1988, p. 358.
↑ Jean-Jacques Arzalier, Les Pertes Humaines, 1954-2004 : La Bataille de
Dien Bien Phu, entre Histoire et Mémoire, Société française d’histoire
d’outre-mer, 2004
↑ In Convoi 42 - La marche de la mort des prisonniers de Dien Bien Phu,
Erwan Bergot, page 7 (soit sur 11 721 prisonniers, 3 290 furent libérés et 8
431 sont morts en captivité. Une autre source, la revue Historica, HS de
janv-fév-mars 1997 page 144, annonce 70 % de morts (soit 7 708 morts en
captivité pour 10 998 prisonniers ou disparus)
↑ L'affaire Boudarel sur le site de l'ANAPI [archive]
↑ Dien Bien Phu, documentaire d'Henri de Turenne
↑ Georges Fleury, La Guerre en Indochine, éditions Perrin, chapitre 64 :
Apocalypse à Dîen Bîen Phu, page 642
↑ Grandes batailles de l'Histoire, John McDonald
↑ a et b in Secrets d'État, secrets et sortilèges de la guerre d'Indochine,
J.-R. Tournoux, 1960
Voir aussi
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auteurs)
Articles connexes
Guerre d'Indochine
Guerre du Viêt Nam
René Cogny
Henri Navarre
Georges Boudarel
Pierre Schoendoerffer
René de Salins
Défense en hérisson
Bataille d'Alger
Relations entre la France et le Viêt Nam
Paul Brunbrouck
Liens externes
Sur les autres projets Wikimedia :
Bataille de Diên Biên Phu, sur Wikimedia Commons
(fr) Site consacré à la bataille de Diên Biên Phu
(fr) Site dédié aux victimes de la guerre d'Indochine (on y trouve en
particulier le mémorial numérisé avec les 34 935 noms des victimes
françaises).
(fr) « Le Valmy des peuples colonisés », Le Monde diplomatique, juillet 2004
(en) Fox Pathé News - May 1954 - The News Magazine of the Screen (05/1954)
(fr) Cartes de la bataille de Diên Biên Phu
(fr) « Dien Bien Phu vu d'en face », paroles de vétérans vietnamiens, Rue89,
9 mai 2010.
(fr) Dossier thématique ECPAD sur la bataille de Diên Biên Phu (album photos
montage d'archives vidéo et notice documentaire)
(fr) Mcgovern et Buford-deux pilotes américains de "Packet" abattus
au-dessus de Dien-Bien-Phu .
(fr) Video documentaire sur la bataille de Diên Biên Phu (source du doc
inconnu)
Bibliographie
Sources
(fr) Marc Bertin, Packet sur Diên Biên Phu, PUF (1991) : récit écrit par un
officier français, pilote de l'Armée de l'air qui opéra sur C 119 Packet
durant la guerre d'Indochine.
(en) Bernard B. Fall, Hell in a Very Small Place. The Siege of Dien Bien Phu
New York, J.B. Lippincott Company, 1967 (ISBN 0-306-80231-7). (Traduction
française : Dien Bien Phu, un coin d’enfer, Laffont, 1968 - réédité « Dien
Bien Phu un coin d'enfer », spécial Nam n°45, éditions Atlas, 1989)
Ouvrages et articles
Bail René, revue Historica, hors série n° 49 Diên Biên Phu - 1 - Le camp
retranché face au Vient-Minh, 1996, et hors série n°50 Diên Biên Phu - 2 - L
agonie, 1997.
Bergot Erwan, Les 170 jours de Dien Bien Phu, Presses de la Cité, 1992.
Bergot Erwan, Convoi 42 - La marche à la mort des prisonniers de Dien Bien
Phu, Presses de la Cité, 1986 - (ISBN 2-7242-3351-4).
Bergot Erwan, Deuxième classe à Dien-Bien-Phu, La Table Ronde, 1964.
Bertin Marc, Packet sur Diên Biên Phu, PUF, 1991.
Brancion Henri de, Dien Bien Phu : artilleurs dans la fournaise, Presses de
la Cité, 1993.
Bruge Roger, Les hommes de Dien Bien Phu, Perrin, 1999.
Fall Bernard B., The Viet-Minh Regime, 1954.
(Traduction française : Le Vietminh, Armand Colin, 1960)
Fall Bernard B., Street without joy, Stackpole, 1961.
(Traduction française : Indochine 1946-1962. Chronique d'une guerre
révolutionnaire, Laffont, 1962)
Fall Bernard B., The Two Vietnams. A Political and Military Analysis,
Praeger, 1965.
(Traduction française : Les deux Vietnams, Payot, 1962)
Galabru André, La victoire avortée, Atlante Editions, 2004.
Galard Geneviève (de), Une femme à Dien Bien Phu, Les Arènes, 2003, ISBN :
2912485541
Giap Vo Nguyen, Mémoires 1946-1954 : Tome 1, La résistance encerclée, Anako,
2003.
Giap Vo Nguyen, Mémoires 1946-1954 : Tome 2, Le chemin menant à Diên Biên
Phu, Anako, 2003.
Giap Vo Nguyen, Mémoires 1946-1954 : Tome 3, Diên Biên Phu le rendez-vous
historique, Anako, 2004.
Grauwin Paul, J'étais médecin à Diên Biên Phu, France Empire, 1954, coll.
Presses Pocket N° 42/43, 1962.
Hommes de guerre n°18, spécial Diên Biên Phu, revue Histoire & Collections,
1989.
Langlais Pierre, Diên Biên Phu, France Empire, 1963.
Le Mire Henri, Épervier - Le 8e Choc à Diên Biên Phu, Albin Michel, 1988.
Mengelle André, Diên Biên Phu. Des chars et des hommes, Lavauzelle, 1996.
Muelle Raymond, Combats en pays thaï. De Lai Chau à Diên Biên Phu, 1953-1954
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Navarre Henri, Le temps des vérités, Plon, 1979.
Pham Thanh Tâm, Carnet de guerre d'un jeune Viêt-Minh à Diên Biên Phu 21
février-28 août 1954, Armand Colin, 2011
Pouget Jean, Nous étions à Diên Biên Phu, Presses de la Cité, 1964.
Rocolle Pierre, Pourquoi Dien Bien Phu ?, Flammarion, 1968.
Roy Jules, La bataille de Dien Bien Phu, Julliard, 1963, Albin Michel, 1989.
Tertrais Hugues et Journoud Pierre, Paroles de Dien Bien Phu. Les survivants
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Ban tổng kết-biên soạn lịch sử, BTTM, Lịch sử Bộ Tổng tham mưu trong kháng
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Guerre de Résistance contre La France 1945-1954, Ha Noi, Éditions Armée
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(en) Windrow Martin, The last valley. Dien Bien Phu and the french defeat in
Vietnam, Weidenfeld & Nicolson, 2004.
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