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 Dernière lettre de l’ASAF pour l’année 2012

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AuteurMessage
Philippe MULLER
Expert
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MessageSujet: Dernière lettre de l’ASAF pour l’année 2012   Sam 22 Déc 2012 - 22:29



Madame, Monsieur,
Cette lettre est la dernière de l’année 2012. Elle est à lire dans la perspective de la parution prochaine du Livre blanc.

Nous tenons à vous informer que le site de l’ASAF a été récemment attaqué. Immédiatement vérifié par nos soins, il a été contrôlé par Google qui a retiré très vite sa mise en garde. De nouvelles mesures de sécurité ont été prises par l’ASAF pour limiter les risques. L’origine de cette attaque n’est pas encore connue, mais on peut affirmer, dès à présent, qu’il n’est pas le fait d’amateurs. Les prises de position de l’ASAF sont-elles susceptibles de susciter de telles actions ? Si c’était le cas, cette attaque ne pourrait qu’inciter nos adhérents, sympathisants et internautes à se montrer encore plus déterminés à préserver leur liberté d’information et à renforcer leur engagement.

Que 2013 nous donne l’occasion de témoigner avec force de notre foi et de notre fierté dans notre pays, son armée et ses soldats d’hier et d’aujourd’hui !
Très belles fêtes de Noël et de Nouvelle Année !

Henri PINARD LEGRY Président de l’ASAF

Lettre ASAF 12/12

Ces économies à ne pas faire
Les travaux d’actualisation du Livre blanc sur la Défense et la Sécurité se déroulent dans une grande discrétion médiatique. Le document final devrait être remis très prochainement, mais seuls un petit nombre de spécialistes et le personnel des armées sont attentifs aux quelques déclarations sur un débat qui se déroule à huis clos. Ainsi, les Français semblent peu s’intéresser à ce sujet complexe ; il ne s’inscrit pas dans leurs priorités même s’il concerne leur sécurité à moyen terme.

Souhaitons, en revanche, que les dirigeants politiques aient conscience de leurs responsabilités et ne se soumettent pas à la dictature de Bercy, car les décisions qui seront prises dans les mois à venir décideront de la place, du rôle et de l’indépendance de notre pays pour 10 ou 20 ans. Rappelons quelques données essentielles.

Les ressources financières consacrées à la Défense, qui représentaient 15% du budget de l’Etat en 1990, n’en représentent plus aujourd’hui que 9%. Les armées ont donc déjà largement participé au rétablissement des comptes publics en économisant des centaines de milliards d’euros. Hélas, cet effort n’a été d’aucune utilité puisque la dette n’a cessé de croître. Faut-il poursuivre cette saignée qui remet en cause notre capacité à assurer notre
défense ?

Les récentes opérations militaires en Afghanistan et en Libye ont révélé les faiblesses voire les lacunes de nos armées dans certains domaines clefs.
En continuant sur cette pente, ce sont les crédits destinés à la recherche et à la technologie ainsi que l’équipement de nos forces qui seront amputés, entraînant la fermeture de bureaux d’études, la perte de savoir faire de haute technologie et la suppression d’emplois industriels à haute valeur ajoutée localisés pour l’essentiel en France. Cela se traduira par le sous équipement de nos forces - quantitatif et qualitatif -, ainsi que par la baisse de nos
exportations qui contribuent pourtant à réduire le lourd déficit de la balance commerciale.

Pour financer ces économies, certains beaux esprits, ignorant les réalités opérationnelles, proposent de tailler à nouveau dans les effectifs de nos armées.
Les armées comptent aujourd’hui 225 000 hommes et femmes contre 500 000 il y a 20 ans ! Ces chiffres n’ont jamais été aussi bas, alors que la population de la France atteint 65 millions d’habitants.

Il ne s’agit pas d’aligner une armée de « gros bataillons ». Ils n’existent d’ailleurs plus depuis des décennies, mais de disposer en permanence d’un ensemble cohérent de forces parfaitement entraînées et prêtes à opérer, de jour comme de nuit, dans des zones très variées face à des adversaires aux modes d’action toujours surprenants.

Cette exigence de qualité et de disponibilité implique un volume de forces suffisant pour permettre une préparation opérationnelle nécessairement longue et complexe, indispensable à la réussite de missions difficiles qui peuvent leur être confiées, tout en réduisant autant que possible les pertes au combat.
Il suffit pour le comprendre de mesurer le temps consacré à l’entraînement par les équipes de sports collectifs de haut niveau qui n’affrontent pourtant leur « adversaire » que sur un terrain plat et connu, de jour ou sur un terrain éclairé, face à une équipe qui respecte les mêmes règles dans un engagement pacifique.

La poursuite de la réduction des effectifs entraînerait inévitablement une baisse du niveau opérationnel des forces engagées, une perte de savoir faire et d’expertise de très haut niveau que la sélection appliquée à un recrutement réduit ne permettrait plus de fournir, enfin une réduction considérable de l’effet opérationnel produit sur le terrain.

Les missions les plus probables que les armées auront à remplir demeureront la protection de la population en France lors de crises, tant en renfort des moyens de secours que des forces de sécurité intérieure, et le contrôle de zone dans le cadre des opérations extérieures. Or, ces missions nécessitent des effectifs suffisants pour agir efficacement dans la durée. Sait-on que la catastrophe de Fukushima a mobilisé 100 000 hommes de l’armée japonaise et que la force terrestre projetable ne compte déjà plus aujourd’hui que 73 000 personnels? Comprend-on que pour 10 000 hommes engagés dans une opération, il y en 6 fois plus qui sont en cours de recrutement ou de reconversion, d’instruction élémentaire, de formation collective et de spécialité, d’entraînement interarmes et interarmées, de mise en condition spécifique ou en phase de récupération après action ?

C’est en ayant ces réalités en tête que les membres de la commission du Livre blanc doivent réfléchir et que les parlementaires devront élaborer la prochaine loi de programmation militaire. De leurs décisions dépendra notre capacité à maintenir à niveau, pour la décennie à venir, un outil militaire déjà bien affaibli.

Affirmer que la France n’a plus les moyens de financer sa défense ce serait, en fait, avouer que ses dirigeants n’ont pas le courage de s’attaquer aux réformes et gaspillages d’autres départements ministériels !

La REDACTION de l’ASAF (www.asafrance.fr
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