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 Mettons l'Europe sous antidépresseurs pour ne pas penser au suicide

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tante ju
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MessageSujet: Mettons l'Europe sous antidépresseurs pour ne pas penser au suicide   Mar 15 Mai 2012 - 20:45

Je vous fais partager une lettre économique que je reçois quotidiennement: LA QUOTIDIENNE DE L'AGORA

Mettons l'Europe sous antidépresseurs pour ne pas penser au suicide
Cécile Chevré

Cher lecteur,

J'aurais bien besoin d'un Lexomil. En fait, de plusieurs.

La Grèce va faire faillite et sortir de l'euro.
L'Espagne va nous faire plonger dans un nouvel épisode de la crise de la dette souveraine.
Chaque jour que dieu fait, mes collègues de bureau s'acharnent à décrier le programme du nouveau président m'expliquant que s'en est fini de nos retraites, de notre niveau de vie...
L'or persiste à ne pas vouloir reprendre son rally haussier.
Le CAC 40 est en berne.
Les matières premières font grise mine et certains nous annoncent même la fin du super-cycle haussier.

Pfiou...

J'en arrive presque à envisager de délocaliser mon bureau jusqu'au bar le plus proche, de quoi mettre un peu de distance entre ces Cassandres et moi. Ou du moins de noyer ma dépression dans de l'alcool. Voilà d'ailleurs une bonne idée d'investissement : l'alcool.

Cette crise existentielle a atteint un sommet vendredi dernier, quand vers 11h du matin, ma collègue Nathalie Boneil s'est mise à courir dans les couloirs des Publications Agora, en criant : "la zone euro va imploser, la zone euro va exploser !".

Je me sens un peu comme saint Thomas. L'explosion de la zone euro, je veux la voir pour y croire.

Ou plutôt, je ne veux pas y croire. Dommage que les faits soient en train de dissiper mes dernières illusions.

Est-ce si grave ?, vous demandez-vous certainement, un poil inquiet par ce début d'article. Je vous avoue que je suis dans le même état d'esprit. J'ai passé ces derniers jours à aller voir chacun de mes collègues pour lui demander : la fin de la zone euro, tu y crois, toi ? Mais vraiment ? Vraiment, vraiment ?

Eh bien figurez-vous qu'ils m'ont tous dit oui. Il va donc falloir s'y faire. Y a-t-il des arguments définitifs à une explosion de la zone euro ?

Malheureusement, oui. Commençons par la Grèce.

Une Grexit qui va coûter cher
La sortie de la Grèce de la zone euro est de plus en plus souvent évoquée... non seulement par les médias (en particulier allemands) mais aussi par des responsables européens. Comme le rappelle Le Monde, la "Grexit" est tellement sûre que les bookmakers anglais ont carrément cessé de prendre des paris sur elle.

Les pays européens devront effectivement dire adieu à pas mal d'argent.

Voici une liste (non exhaustive) de ce qui ne sera pas remboursé :
- Le plan de renflouement de l'UE, de la BCE et du FMI de mai 2010 : 110 milliards d'euros
- Le plan de renflouement d'octobre 2011 : 130 milliards d'euros
- Les nouvelles obligations souveraines grecques détenues par des banques et des pays de la zone euro : autour de 25 milliards, peut-être plus
- Les obligations des entreprises grecques détenues par des banques de la zone euro.
- Les dettes accumulées par les banques centrales de l'Eurozone dans le cadre de TARGET 2 : au moins 104 milliards d'euros.

Les plans de renflouement, vous voyez ce que c'est... les obligations souveraines aussi... mais si vous n'êtes pas un abonné à la Stratégie de Simone Wapler, il y a des chances pour que vous ne sachiez pas ce qu'est TARGET 2 (Trans-European Automated Real Time Gross Settlement Express Transfer System).

Séance de rattrapage, de Simone en personne : "Avec ce système, les banques centrales jouent un rôle de chambres de compensation. Supposons qu'une entreprise allemande exporte en Grèce. Avec Target, dès que le paiement dépasse une certaine somme, la banque grecque fait un paiement à la Banque centrale grecque qui va payer la Bundesbank qui va payer la banque allemande de l'exportateur allemand".

"L'Allemagne étant un gros exportateur européen, ce système a conduit la Bundesbank à accumuler d'importants déséquilibres avec d'autres banques centrales et notamment la Grèce. Selon David Marsch, de CBS Marketwatch, le déséquilibre de la Bundesbank atteignait au total 615 milliards d'euros en mars 2012, des créances à risque dont une grande partie pourrait bien ne jamais être remboursée".

Deux précisions :
- La Bundesbunk détient à elle seule 101 milliards d'euros de créances grecques.
- Et 615 milliards d'euros, c'est près d'un quart du PIB allemand.

Quant à la France, nous sommes le second pays le plus exposé à une faillite grecque. Le Figaro chiffre ce coût à 58,5 milliards d'euros mais ce calcul ne prend en compte que les deux plans de sauvetage.

Est-il possible d'éviter la contagion ?
Un chiffre nous permet de prendre conscience des efforts financiers consentis pour sauver la Grèce : jusqu'à présent, c'est 30 000 euros par Grec qui ont été versés par les créanciers du pays et le reste de l'Eurozone (plans de renflouement et décote de 80% des dettes).

30 000 euros... Que se passera-t-il quand il faudra payer 30 000 euros par Espagnols, Portugais ou Italiens ? Une situation que l'on pourrait résumer ainsi : la zone euro ne peut en aucun cas se permettre de laisser un autre de ses membres s'embourber dans une situation à la grecque.

J'ai évoqué ici il y a quelques jours la situation espagnole. Le gouvernement vient pour la seconde fois en trois mois de demander à ses banques de "provisionner" leurs pertes potentielles. C'est-à-dire qu'elles doivent augmenter leurs fonds propres (l'argent qu'elles détiennent réellement et qui est censé couvrir la casse) d'un peu plus de 30 milliards d'euros, qui s'ajoutent aux 53,8 milliards exigés par la première réforme, pour faire face aux probables pertes liées aux actifs douteux qu'elles détiennent (actifs immobiliers essentiellement).


Si les banques sont mieux protégées, tout devrait bien se passer, n'est-ce pas ? Sauf que pour satisfaire à ces nouvelles règles, les banques espagnoles ont besoin d'argent. Argent qu'elles n'ont pas forcément. Et qu'elles pourront aller chercher auprès du gouvernement espagnol. Ce qui devrait selon Les Echos aggraver le déficit espagnol : "L'agence de notation Moody's s'inquiète lundi, dans son bulletin hebdomadaire, de l'impact qu'elles pourraient avoir sur les finances publiques. 'Ceci va vraisemblablement alourdir encore le fardeau de la dette publique espagnole, déjà élevée', qui représentait 68,5% du PIB fin 2011, indique l'agence. Ce sont les entités elles-mêmes qui feront leurs provisions mais en cas de besoin, le Fonds d'aide public au secteur (Frob) pourra leur prêter de l'argent, via une prise de participation, ont indiqué les autorités espagnoles".

Et n'oublions pas que dans le cadre du TARP, les banques espagnoles viennent d'acheter massivement des obligations souveraines... espagnoles. C'est vraiment le serpent qui se mord la queue.

La situation de l'Espagne n'est pas la même que celle de la Grèce, elle s'apparente plus à celle de l'Irlande. Ces deux pays sont entraînés vers le fond par les difficultés de leurs banques. La BCE a déjà dû intervenir à de nombreuses reprises pour soutenir les banques espagnoles. "La dette des banques espagnoles envers la Banque centrale européenne a battu en avril le record déjà historique du mois précédent, pour atteindre 263,5 milliards d'euros", nous apprend La Tribune.fr.

Quelle est l'ampleur des crédits pourris détenus par les banques espagnoles. Jusqu'à présent les stress tests ont surtout démontré leur inutilité et leur inefficacité. Or l'état de l'économie espagnole et de son marché immobilier ne cesse de se dégrader (récession, chômage massif...). Les banques espagnoles ne sont pas prêtes de sortir la tête de l'eau.

Je vous parlais un peu plus haut des créances grecques détenues par la Bundesbank dans le cadre de TARGET. Mais voici son exposition au reste de la zone euro. La Bundesbank détient :
- 118 milliards d'euros de dettes irlandaises
- 108 milliards d'euros d'espagnoles
- 89 milliards d'euros pour l'Italie
- 57 milliards d'euros pour le Portugal.

L'Allemagne prépare-t-elle sa sortie de la zone euro ?
Il va falloir trouver de l'argent pour sauver l'Espagne. Et l'Italie... et...

La plupart des investisseurs se détournent des obligations européennes. Le président de la Chine Investment Corp., Gao Xiqing, a déclaré : "Nous sommes toujours à la recherche d'opportunité en Europe, même si nous ne souhaitons plus acheter d'obligations souveraines européennes".

La Chine n'est pas la seule à fuir. De nombreux fonds américains – et même européens – ont annoncé s'être désengagés ou avoir fortement réduits leur exposition aux obligations de la zone euro.

Si les fonds fuient, si les investisseurs étrangers nous évitent. Que reste-t-il ? La BCE, la France et surtout l'Allemagne.

Financièrement, l'Allemagne est la première concernée par la crise de l'euro. Elle a beaucoup à perdre d'une sortie de la Grèce. Avec l'euro, nous nous sommes enchaînés les uns aux autres. Si un pays tombe, les autres le suivent. Voilà pourquoi l'Allemagne va être tentée de rompre les fers avant de finir au fond du gouffre.

Le gouvernement a d'ailleurs fait savoir qu'il envisageait d'augmenter les salaires et d'admettre une inflation un peu supérieure aux 2% qui étaient jusque-là son credo.

Une manière pour elle de préparer progressivement son économie à une explosion de la zone euro ? Peut-être. Encourager les salaires et lâcher un peu de lest quant à l'inflation devraient soutenir la consommation intérieure... Un changement stratégique pour un pays dont l'économie repose en grande partie sur les exportations.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Je vous propose d'en discuter avec des experts et des professionnels de l'investissement et du patrimoine le 22 juin prochain, lors de la Journée que nous consacrons justement au patrimoine.

Nous vivons un moment historique. Si vous en êtes conscient vous n'appartiendrez pas au camp des perdants.
- Dans un horizon de deux ans, notre pays sera probablement en faillite
- La zone euro est en train d'éclater sous nos yeux
- La hiérarchie des valeurs sûres et des actifs refuges est bouleversée

Ce qui était sûr – une obligation d'une grande démocratie occidentale – ne l'est plus du tout. Les Etats se sont transformés en faux-monnayeurs et l'inflation à venir peut vous ruiner.

Votre patrimoine, vos économies seront-ils balayés par ce maelström ? Allez-vous rester les bras croisés ?

Pour ceux qui veulent résister et entendent préserver leur argent durement gagné nous avons prévu une journée exceptionnelle durant laquelle nous abordons les questions patrimoniales à la lumière de cette nouvelle donne qu'il vous faut absolument anticiper.

Le programme sera dense... mais vous repartirez avec des stratégies et des conseils applicables tout de suite, pour mieux adapter votre patrimoine à cette nouvelle donne politique. Pour en savoir plus...



Simone Wapler a quelque chose à vous montrer
Découvrez sa vidéo exclusive sur un phénomène qui est en train de se dérouler en ce moment même -- et qui menace votre épargne.

Pour tout savoir sur ce bouleversement historique, il suffit de cliquer ici.



Le moment de revenir sur l'OR ?
Mathieu Lebrun, analyste et rédacteur du service de trading Agora CFD

Le métal précieux n'a pas été épargné par la chute générale des marchés ces derniers temps. Les raisons sont nombreuses :

l'inflation a ralenti en Chine le mois dernier. L'or étant historiquement recherché en période d'inflation, le besoin de ce côté est logiquement moindre – pour l'instant ;

le billet vert rebondit. En tant que matière première, le rebond du dollar rend moins attrayant les achats d'or – pour l'instant ;

les investisseurs prennent leurs gains sur cet actif qui a surperformé. En effet, les pertes enregistrées sur les actions et indices poussent comme toujours à la “liquidation aurifère” (comprenez : les investisseurs sont forcés de le vendre afin de compenser leurs autres pertes).

Aujourd'hui, alors que la question de la crise de la zone euro (et du cas de la Grèce en particulier) est plus que jamais sur le devant de la scène, faut-il revenir sur l'or pour son aspect refuge ?

Essayons d'y répondre en analysant le graphique suivant :



Voilà ce que l'on peut dire :

les cours se rapprochent de la borne basse d'une figure d'élargissement à court terme ;

les indicateurs techniques journaliers sont survendus (le RSI est sous les 30%) ;

le bas de la zone de range de moyen terme (1 520 $/1 795 $) est en vue.

En conséquence, à court terme, il faut acheter ! Voilà ma stratégie : tant que les 1 500 $ ne sont pas cassés, on pourra aujourd'hui envisager un rebond technique à court terme.

Les objectifs de retracement à la hausse sont situés sur les 1 620 $ dans un premier temps. En extension, la hausse pourrait même aller jusqu'aux 1 660 $ (niveau de la moyenne mobile à 50 jours, en bleu sur le graphique), le plus-haut de la figure en élargissement. Voilà, ça c'est pour le court terme. Vous l'aurez compris, dans cette stratégie, positionnez bien un stop sur le niveau des 1 500 $.

A moyen terme, par contre, gare à la rupture des fameux 1 500 $. En effet, ce niveau ayant déjà contenu les baisses en septembre et décembre derniers, la plupart des investisseurs auront positionné leur stop loss dans cette zone. Aussi, je pense que si les cours venaient à casser ce support, par effet boule de neige classique, le déclenchement des stop loss à la chaîne risquerait alors d'accélérer la baisse rapidement... vers l'objectif théorique des 1 300 $ ! (cette cible correspond en effet à la projection de Fibonacci de 100% de la hauteur du range 1 795/1 520 $ reporté en cassure des 1 520 $).

Faites attention dans un premier temps car en cas de krach et de panique générale sur les marchés, l'or ne sera pas épargné (le cas de 2008 en est l'exemple). Je vous rassure, à plus long terme l'or retrouvera son rôle de refuge. Je ne me concentre là que sur sa volatilité de court/moyen termes. C'est en ayant cette vision en tête que nous allons probablement intervenir sur l'or avec mes abonnés dans les tout prochains jours.

NDLR : la performance nette du portefeuille "Onde de Choc" de Mathieu dépasse les 34% depuis le 1er juillet 2010...

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