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 SCHOENDOERFFER Pierre

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Fombecto
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Lun 23 Avr 2012 - 19:27

Encore un hommage à Pierre Schoendoerffer



23 avril 2012 par Bertrand Tavernier - DVD

Voici le texte publié sur le site de la SACD le 20 mars dernier en hommage à Pierre Schoendoerffer, disparu le 14 mars :

« Cela fait plusieurs jours que je reviens sur ce texte pour la SACD sur Pierre Schoendoerffer. Dès que j’écris une phrase, un paragraphe, malgré moi, ils passent à la première personne. Je n’arrive pas à garder le ton qui sied à un hommage objectif. Oui, bien sûr, je peux dire qu’on doit à Pierre Schoendoerffer une série de films remarquables, uniques, au ton si personnel. Des films qui s’interpellent les uns les autres, se répondent, se complètent, qui occupent une place à part dans le cinéma français. Pierre, tu étais en marge de tout. On ne te rattacha pas à la Nouvelle Vague bien que la photo de Raoul Coutard pour LA 317ème SECTION soit aussi innovatrice, révolutionnaire que celle d’A BOUT DE SOUFFLE (et que dire de celle du CRABE TAMBOUR, de ces fabuleux plans de mer) ni à ses adversaires qui appréhendaient tes chroniques de Grandeur et Servitudes militaires. Tu ne faisais partie d’aucun clan, d’aucune clique. Surtout politique. Tu m’as si souvent répété que l’homme politique pour qui tu avais le plus d’estime était Pierre Mendès France.


Revoir LA 317ème SECTION au festival de Lyon fut un très grand moment. C’est un chef d’œuvre que je mets sur le même plan que LES FORÇATS DE LA GLOIRE de Wellman et LES FEUX DANS LA PLAINE de Kon Ichikawa. Tu te souviens, Pierre, tu me parlais sans cesse de ce terrible film japonais quand je préparais le dossier de presse de LA 317ème SECTION, quand je me demandais comment contourner les préjugés d’une certaine critique, persuadée de l’idéologie d’un film qui ne pouvait selon elle être que colonialiste et militariste. Dans un article sublime de l’Observateur, Michel Cournot avait anéanti à tout jamais ces fadaises. Il parlait du son du film, de la manière dont était filmée la jungle, la Nature : « Ce film a été fait cent fois, avec une autre section décimée dans une autre guerre. Il est presque une spécialité des cinéastes américains. Pourquoi celui-ci est-il un chef-d’oeuvre ? D’abord, parce qu’il est vrai. Tous les gestes sont vrais. Tous les mots sont vrais. Tous les regards, toutes les voix, tous les bruits sont vrais. C’est le premier film de guerre vrai… Chaque détail se trouvait à sa place, dans sa lumière, dans son élan… La mémoire n’est pas une faculté donnée à tout le monde. La mémoire du réel est rare. Aussi rare d’ailleurs que la perception. Un homme a su dévisager la guerre, il a su l’écouter, et elle est là… LA 317ème SECTION est d’autre part un chef-d’oeuvre, parce que la guerre n’y est pas, comme d’habitude, démontrée ou présentée. Elle n’est pas apportée sur un plateau d’argent. Elle n’est pas soulignée, indiquée. Elle n’est pas non plus espionnée, vue de dos, comme dans les bandes d’actualités de guerre. Elle n’est pas cadrée. »

Relire ce texte (que l’on pourrait appliquer aux scènes batailles de DIEN BIEN PHU) fait remonter tant d’émotion. J’ai assisté au retour de Pierre, malade, miné par le palu. Il était aussi amaigri que Jacques Perrin, aussi épuisé que les personnages du film. J’ai suivi le montage, j’ai vu naître ce chef d’œuvre, la belle musique de Pierre Janssen et j’ai su que le lieutenant Torrens et l’adjudant Willsdorff faisaient partie de ma vie. Pierre m’a demandé de faire la bande annonce, d’en écrire le texte qui est dit par son monteur, mon futur monteur, le merveilleux Armand Psenny.
Et on ne s’est plus quitté.


J’adorais Pierre Schoendoerffer. J’aimais sa franchise, sa loyauté, sa fidélité. Je me suis battu pour OBJECTIF 500 MILLIONS, œuvre sous-estimée qu’il faudrait redécouvrir (avec à coté du formidable Cremer, un acteur génial, Jean-Claude Rolland) et qui fait partie de ces films de casses exécutés par les militaires entre LA MAISON DE BAMBOU et, version plus rose, THE LEAGUE OF GENTLEMEN. J’ai suivi toute l’épopée du CRABE TAMBOUR à travers aussi les récits de Jean Rochefort et de Claude Rich. J’ai adoré LA SECTION ANDERSON, ce très beau documentaire sur un groupe d’Américains durant la guerre du Vietnam. Tu te souviens, Pierre, de ce dîner avec Howard Hawks, grand admirateur du documentaire, qui voulait te demander de faire toute la seconde équipe, tout ce qui se passait au Vietnam, dans le film qu’il préparait. Je te revois, médusé en l’entendant décrire certaines scènes, essayant de lui expliquer qu’il n’y avait pas de camps de prisonniers (tu parlais en connaissance de cause, toi qui a été prisonnier du Vietminh), ni d’éléphants au Vietnam. Je revois ta tête quand il déclara que le conseiller militaire serait le général Westmoreland que tu ne portais pas dans ton cœur. Et cet autre dîner avec John Milius, le coscénariste d’APOCALYPSE NOW, qui était venu à Paris, à ses frais, pour adapter (pour toi au début) ton beau roman, L’ADIEU AU ROI, si conradien, tant il l’adorait. Il m’avait demandé d’organiser un rendez-vous, t’avait pris en moto et vous vous étiez cassé la gueule près du restaurant. Repas chaleureux, arrosé et inoubliable.

Il y a donc tous ces souvenirs et tant d’autres. Il y a ces films que je vais revoir comme L’HONNEUR D’UN CAPITAINE. Il y a LÀ-HAUT, film fragile, de fêlures et de mélancolie avec un personnage de femme dans un rôle moteur et qui m’avait beaucoup touché par tout ce qu’il disait en creux. Et cette magnifique adaptation de TYPHON de Conrad que Harvey Keitel voulait tant jouer. J’ai essayé de te donner un coup de main, après Daniel Toscan du Plantier mais nous avons échoué. Enorme regret. Quelle belle adaptation tu avais écrite. Et cet hommage à Conrad constituait la vraie clé pour comprendre, apprécier ton œuvre.

Tout cela est tellement fort, tellement vivant que je ne parviens pas à accepter ta disparition, à écrire ce texte au passé. Tu es comme le Crabe Tambour et Willsdorff : tu survis à tout et je t’imagine quelque part entre la brousse et ta chère Bretagne, dialoguer avec Wellman et Fuller et Roman Karmen, ce cinéaste russe que tu avais rencontré au Vietnam. Et éclater de rire en parlant de l’enfer, du diable, en inventant une kyrielle de proverbes et de dictons tout en refaisant sur une carte avec Lucien Bodard et Edouard Behr les derniers combats de la guerre du Vietnam.»

Lu dans SACD le DVD BLOG de Bertrand Tavernier

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« A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique. A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement. Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme. Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus. » Maréchal de Lattre de Tassigny (mort le 11 janvier 1952).
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Fombecto
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Lun 23 Avr 2012 - 20:21

Schoendoerffer est aussi un écrivain de marine
Très, très beau!


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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Mar 24 Avr 2012 - 19:27

Citation :
Schoendoerffer est aussi un écrivain de marine
Merci Monsieur Schoendoerffer! Merci Monsieur Perrin!
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Mar 24 Avr 2012 - 19:44




Bertrant Tavernier par Fombecto a écrit:
Cela fait plusieurs jours que je reviens sur ce texte pour la SACD sur Pierre Schoendoerffer. Dès que j’écris une phrase, un paragraphe, malgré moi, ils passent à la première personne. Je n’arrive pas à garder le ton qui sied à un hommage objectif. Oui, bien sûr, je peux dire qu’on doit à Pierre Schoendoerffer une série de films remarquables, uniques, au ton si personnel. Des films qui s’interpellent les uns les autres, se répondent, se complètent, qui occupent une place à part dans le cinéma français. Pierre, tu étais en marge de tout.[...]

Merci pour ce texte impressionnant sur Schoendoerffer
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Fombecto
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MessageSujet: Hommage à Pierre Schoendoerffer par Spectacle du Monde   Dim 20 Mai 2012 - 20:19

Hommage à Pierre Schoendoerffer par Spectacle du Monde


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dulac
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MessageSujet: HOMMAGE à Pierre SCHOENDOERFFER   Sam 18 Aoû 2012 - 11:30

Je suis tombé sur cette émission et je tiens à vous la faire partager

HOMMAGE à Pierre SCHOENDOERFFER

voir l'émission clic ICI


"Il ne fait pas oeuvre d'historien, il ne fait pas oeuvre de juge...ce qui était rare en cette période, c'était l'étude des destins humains dans le cahot de l'HISTOIRE."
Merci Bénédicte CHERON

Vincent Roux reçoit Bénédicte Chéron, auteur du livre "Pierre Schoendoerffer" (CNRS éditions). Un entretien diffusé le 20 mars à 20h30 sur Histoire
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winston
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 26 Aoû 2012 - 15:35

Merci dulac pour ce lien vers cette excellente chaine
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 26 Aoû 2012 - 22:42

Citation :
c'était l'étude des destins humains dans le cahot de l'HISTOIRE
Excellent interview

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"Nous avons eu l’impression d’être trahis, ce qui explique notre révolte" Commandant Hélie de Saint-Marc dernier Chef de Corps du 1er REP
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Mar 9 Avr 2013 - 1:05

Date anniversaire du décès de Pierre Schoendoerffer



source NATION-PRESSE.info

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MessageSujet: Un timbre à l'effigie de Pierre Schoendoerffer   Lun 22 Juil 2013 - 16:01

Auvergne > Puy-de-Dôme > Chamalières 21/07/13 - 14h00
Un timbre à l'effigie de Pierre Schoendoerffer

Fière de compter Pierre Schoendoerffer parmi ses natifs, la ville de Chamalières a sollicité la Poste pour réaliser un timbre à l'effigie du reporter écrivain cinéaste. Une demande qui pourrait aboutir en 2015.

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« On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier ; on ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de se renier, de se parjurer. »Commandant Hélie de Saint-Marc dernier chef de corps du 1er REP
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Claude Millet
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MessageSujet: D’ombre et de poussière Sylvain Tesson (texte) et Thomas Goisque (Photos), Albin Michel   Mer 25 Sep 2013 - 14:46

D’ombre et de poussière
Sylvain Tesson (texte) et Thomas Goisque (Photos), Albin Michel, Paris, 2013, 192 pages.
Cet ouvrage mêlant superbes photos et textes sobres mais toujours justes est un magnifique hommage rendu aux soldats français engagés en Afghanistan, dans la veine des films et des livres de Pierre Schoendoerffer. L’ouvrage lui est d’ailleurs dédicacé. Les auteurs expliquent avoir séjourné à plus de vingt reprises en Afghanistan, que soit pour des missions archéologiques, humanitaires ou pour des reportages.
« Nous avons côtoyé quotidiennement ces [soldats français] dans la servitude et la grandeur de leur mission, dans le temps dilaté de la vie au camp ou dans la tension de l’accrochage », expliquent-ils, « Nous croyons avoir compris ce que pouvait éprouver un militaire envoyé pour six mois à des milliers de kilomètres de chez lui, dans une géographie étrangère à la tradition militaire française ».
L’exercice est réussi. On ne présente plus l’écrivain-voyageur Sylvain Tesson, dont le dernier essai Dans les forêts de Sibérie (Gallimard, Prix Médicis essai 2011) a fait rêver plus d’un lecteur par sa plume à la fois drôle et sensible. Il vient par ailleurs d’intégrer le cercle fermé des «écrivains de Marine ». Quant à Thomas Goisque, ce photographe parcourt le monde pour la presse depuis plus de vingt ans. Ses clichés sont tour à tour touchants, forts, voire artistiques et systématiquement sublimés d’une phrase de Sylvain Tesson écrite à la main. Un ouvrage d’art.

en lire plus dans nos ouvrages et commentaires
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Claude Millet
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MessageSujet: Papa était en prison avec Hélie de Saint Marc…   Sam 12 Oct 2013 - 19:41

Papa était en prison avec Hélie de Saint Marc…





Le 12 octobre 2013

Alain Baron


Directeur de la rédaction de Radio Notre-Dame

Mercredi soir, à la sortie de Saint Louis des Invalides, la « cathédrale des soldats ». Interpellée par des amis sur sa présence au milieu de la foule venue rendre hommage à Hélie Denoix de Saint Marc, cette jeune femme au regard franc et direct ne tourne pas autour du pot : « Papa était en prison avec le commandant… » D’ordinaire, une telle phrase aurait jeté un froid. Rien de tout cela, ce 9 octobre. Bien au contraire, malgré la solennité du lieu et de la cérémonie présidée par Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, tout le monde semblait heureux de venir prier pour le repos de l’âme du commandant de Saint Marc, disparu il y a un peu plus d’un mois.
Plusieurs généraux, parmi les plus prestigieux, avaient tenu à être présents et entourer la famille d’Hélie de Saint Marc. Des anciens combattants, avec leurs porte-drapeaux, des militaires d’active, un ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, une foule immense remplissait la cathédrale, notamment beaucoup de jeunes qui n’ont pas connu les événements vécus par le commandant de Saint Marc mais qui se sont nourris de ses livres. Sa lettre « aux jeunes de vingt ans » devait d’ailleurs être lue à la fin de l’office, avant que le chant de la prière du parachutiste, sur l’air de la Marche consulaire à Marengo, ne s’élève sous les voûtes.
À la sortie, tous se congratulent et entourent madame de Saint Marc, avant que le général Dary, ancien gouverneur militaire de Paris, n’indique qu’on ne pouvait se quitter sans rendre un dernier hommage, moins spirituel et plus viril, à celui qui avait subi deux fois la justice humaine (allemande puis française) avant de trouver un juste repos éternel. Dans un salon proche de la cathédrale, quelques rafraîchissements… Civils et militaires se figent pour entonner des chants des Paras ou de la Légion.
« Papa était en prison avec le commandant… » Quoi de plus naturel finalement, au milieu de tous ces vieux soldats meurtris, dans leur chair et dans leur âme, par les tourments contemporains de notre pays ?

Je vous invite à visiter le blog: Boulevard Voltaire
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GARD
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 13 Oct 2013 - 9:57

Un grand homme, Bruno en a parlé souvent...
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Fombecto
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 24 Nov 2013 - 0:37

Jean Rochefort ( Le crabe tambour)
le 19 mars 2012 aux obsèques de Pierre Schoendoerffer aux Invalides
Source: Pure People


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« A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique. A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement. Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme. Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus. » Maréchal de Lattre de Tassigny (mort le 11 janvier 1952).
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 5 Avr 2015 - 19:51

EMBARQUEMENT: l'aventure autrement source ici
L’ÉPOPÉE DU CRABE 1|5


Un film au titre étrange : Le Crabe-Tambour. Un long-métrage signé Pierre Schoendoerffer, racontant une histoire non moins étrange de malentendu né d'une parole donnée et non tenue. «Monsieur cinéma» de la Marine pendant 3 décennies, Pierre Dubrulle, revient sur la genèse de ce long-métrage sorti en 1977 devenu un chef-d'œuvre dans son genre. 
« L'histoire remonte à 1975 avec la visite au service de communication de la Marine de Pierre Schoendoerffer, écrivain et réalisateur déjà connu et reconnu. A cette époque, il a notamment déjà publié en 1963 le roman La 317ème section et réalisé le film éponyme en 1965 avec Jacques Perrin et Bruno Cremer.

Il a réalisé avec Dominique Merlin en 1967 La section Anderson qui obtiendra à Hollywood l'oscar du meilleur documentaire, et publié  L'adieu au roi, couronné par le Prix Interallié 1969. C'est en sa qualité de romancier qu'il nous rend visite pour nous faire part du projet d'un nouvel ouvrage dont il a le sujet mais pas le décor.
Citation :
Il nous dit avoir pensé à la Marine pour avoir tourné en 1963 un court métrage à bord d'un aviso-escorteur : Sept jours en mer, dont les images époustouflantes sont restées gravées dans la mémoire de bien des marins.

Mais s'il connaît bien les gens de l'Armée de Terre pour les avoir côtoyés pendant la guerre d'Indochine en qualité de correspondant de guerre de l'établissement cinématographique et photographique des Armées de l'époque. Il avoue moins bien connaître les marins.
Heureusement, le capitaine de vaisseau Pierre Bastard, commandant du service de communication de la Marine va avoir une idée lumineuse en lui proposant d’embarquer à bord du Bâtiment de Soutien Logistique (BSL) Loire qui assure alors la traditionnelle mission d'assistance et de surveillance des pêches sur les bancs de Terre-Neuve. Pierre Schoendoerffer est enthousiaste à cette idée.
Citation :
Il reviendra nous voir un mois plus tard encore plus enthousiaste, certain d'avoir moissonné tous les ingrédients nécessaires à l'écriture de son nouveau roman qui s’intitulera finalement Le Crabe-Tambour et qui deviendra Grand prix du roman de l'Académie française.Un beau succès que les marins seront les premiers à apprécier.


 


LE GOÛT DU RÉALISME
Soucieux de restituer fidèlement la vie en haute mer, Pierre Schoendoerffer nous avait confié un premier tirage de son livre afin d'en corriger d'éventuelles inexactitudes.
Citation :
En observateur averti, il avait parfaitement saisi  tout ce qui fait la vie d'un escorteur en campagne, tout sauf un point de détail : à la fin de l'histoire, le commandant, trop malade pour continuer à exercer ses fonctions, transmet le commandement à son officier des pêches alors que la règle veut que ce soit à son officier en second.

Ce qui l'a conduit  à préciser dans son roman : «Contre toutes les règles le commandant a transmis le commandement de l'EOLE à l'officier des pêches» (NDLR : Le Crabe-Tambour, page 252) »
Propos recueillis par Stéphane DUGAST

 


CINÉMA | PIERRE SCHOENDOERFFER : LÀ-HAUT, AU... par stephanedugast


› FICHE TECHNIQUE
Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer. Avec Jean Rochefort, Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho & Aurore Clément. Sortie en salle le 9 novembre 1977.
César du meilleur acteur 78 : Jean Rochefort.

César du meilleur acteur dans un second rôle 78 : Jacques Dufilho.
César de la meilleure photographie 78 : Raoul Coutard.

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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 5 Avr 2015 - 19:54

L’ÉPOPÉE DU CRABE 2|5


Un film au titre étrange : Le Crabe-Tambour. Un long-métrage signé Pierre Schoendoerffer, racontant une histoire non moins étrange de malentendu né d'une parole donnée et non tenue. «Monsieur cinéma» de la Marine pendant 3 décennies, Pierre Dubrulle, revient sur la genèse de ce long-métrage sorti en 1977. Il nous raconte les relations entre la production, le cinéaste et la Marine nationale qui s'est totalement engagée dans cette aventure.
« Branle-bas de combat au Sirpa Marine, le service de communication de la Marine nationale ! Nouvelle visite de Pierre Schoendoerffer : Georges de Beauregard, producteur, a acheté les droits d'adaptation de son roman et lui propose de faire le film. Il dit oui si la Marine en est d'accord...
Citation :
Un long métrage sur un bâtiment de la Marine avec Schoendoerffer aux commandes, ça ne se refuse pas ! D'autant que, depuis la guerre, il n'y en a eu que deux : Le grand pavois (1953) de Jack Pinoteau et Le ciel sur la tête (1964) d'Yves Ciampi.


Citation :
Or, le cinéma reste le média de prédilection des marins, sans lequel nul ne saurait ce qu'ils font sur et dans ces déserts maritimes que sont les océans. Il faut donc faire Le Crabe-Tambour ! 

Les questions et les problèmes arrivent alors en cascade : Quand ? Quel bateau ? Quelle mission ? Quelle durée ? Quel scénario ? Quels comédiens ?
Très vite les accords sont obtenus auprès des cabinets du Chef d’Etat-Major de la Marine et du Ministre. Ce sera pendant l'hiver 76/77. Mais le bateau prévu pour la campagne des pêches, le Remorqueur de Haute Mer (RHM) Centaure, est jugé pas assez représentatif de la Marine.  
On trouve alors l'Escorteur d’Escadre (EE) Jaureguiberry qui doit achever sa carrière cette année là. Ce sera donc sa dernière mission.  Coïncidence, 1977 est l'année d'entrée en vigueur des Zones Economiques Exclusives (ZEE). D’ailleurs voyant arriver sur les bancs un escorteur d'escadre en renfort du Centaure, les autorités canadiennes y verront une ferme volonté de la France de défendre ses intérêts dans la zone de Saint-Pierre et Miquelon...Alors que ça n'était que du cinéma !

ULTIMES PRÉPARATIFS
Chacun s'active. Côté production, Pierre Schoendoerffer et Jean-François Chauvel travaillent à l'écriture du scénario, on décide de la distribution des rôles, on élabore un plan de travail.
Citation :
Côté Marine, on définit l'ordre de mission du Jaureguiberry, on «dégraisse» son équipage pour laisser de la place à l'équipe du film.

On fait rallier à la demande du réalisateur, le lieutenant de vaisseau Walter, officier des pêches à bord de la Loire très apprécié sur les Bancs, pendant que le maître tailleur de la caserne de la Pépinière à Paris, entouré de ses « petites mains », voit défiler dans son salon d'essayage les comédiens Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Perrin ou  Jacques Dufilho »
Propos recueillis par Stéphane DUGAST



CINÉMA | PIERRE SCHOENDOERFFER : LÀ-HAUT, AU... par stephanedugast


› FICHE TECHNIQUE
Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer.
Avec Jean Rochefort, Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho & Aurore Clément. Sortie en salle le 9 novembre 1977
César du meilleur acteur 78 : Jean Rochefort.
César du meilleur acteur dans un second rôle 78 : Jacques Dufilho.
César de la meilleure photographie 78 : Raoul Coutard.
 

 



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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 5 Avr 2015 - 19:56

L’ÉPOPÉE DU CRABE 3|5


Un film au titre étrange : Le Crabe-Tambour. Un long-métrage signé Pierre Schoendoerffer, racontant une histoire non moins étrange de malentendu né d'une parole donnée et non tenue. «Monsieur cinéma» de la Marine pendant 3 décennies, Pierre Dubrulle, revient sur la genèse de ce long-métrage sorti en 1977 devenu un chef-d'œuvre dans son genre. Cette fois, Pierre Dubrulle nous raconte les premiers moments de ce tournage. Un tournage en haute mer assurément mouvementé. 
« Arrive enfin le jour tant attendu où tout le monde se retrouve à Lorient pour embarquer à bord du Jaureguiberry déjà à quai, fraîchement repeint, majestueux !
Commence alors une première semaine de tournage de la séquence de l'appareillage. Afin d'être présent à la passerelle sans s'y faire remarquer, le capitaine de frégate Deluzarches, le commandant, le vrai, a eu l'idée de porter des galons de second maître (NDLR : sergent dans les autres armées), alors que Jean Rochefort plastronne en uniforme de capitaine de vaisseau (NDLR : colonel dans les autres armées).

On frise alors l'incident diplomatique quand ce dernier reste en toute innocence hautement indifférent au salut d'une vedette de la Marine Royale Marocaine, au côté du «second maître (NDLR : correspond au grade sergent dans les autres armées) Deluzarches figé, lui, dans un garde-à-vous impeccable !
De retour à quai, les permissionnaires vont en ville. Le jeune Morgan-Jones, interprète du rôle du midship, avait pensé en faire autant en gardant son uniforme. Il avait seulement troqué sa cravate noire contre un joli foulard en soie et laissé sa veste déboutonnée.
Ce ne fut pas du goût des gendarmes maritimes qui lui ont gentiment expliqué qu'un uniforme n'était pas un costume d'opérette !

COUPS DE TABAC
La météo s'annonce favorable à un tournage par gros temps. Rendez-vous est pris pour le lendemain en Iroise avec un Escorteur Rapide et un hélicoptère Super-Frelon.
Raoul Coutard, le chef-opérateur, a pris place, à bord de l'escorteur, dans une des cabines de télépointage gyrostabilisée. Par mer forte à très forte, en route parallèle et à même vitesse, il filme le Jaureguiberry comme aucun bateau de guerre n'a été filmé.
Dominique Merlin, embarqué à bord du Super-Frelon, multiplie les axes de prise de vues. Le surlendemain, tout l'équipage est invité dans un cinéma de Lorient à la projection de ces «rushes» chargés d'embruns : ce coup de tabac fait un tabac... Equipe de tournage et équipage ne font plus qu'un !

Le lendemain, appareillage pour les Bancs de Terre-Neuve. La tradition veut que, moyennant un don aux bonnes œuvres de sa paroisse, le curé de l'Armor hisse un pavillon tricolore au sommet de son clocher afin de saluer et bénir les bateaux en partance.
Le Jaureguiberry respectera la tradition et rendra le salut avec une garde alignée sur la plage arrière. Peu de tournages auront commencé sous de meilleurs auspices.

À BORD DU « JAU-JAU »
Pendant la traversée de l'Atlantique, le tournage avance avec rigueur et professionnalisme. Les comédiens, inquiets d'avoir à jouer en subissant peut-être le mal de mer, se rassurent de jour en jour.Tous ont, pour finir, le pied marin.

Chaque jour, le commandant en second et le premier assistant rédigent de concert la feuille de service du lendemain. Jean Rochefort est devenu un pacha tellement convaincant que les matelots qu'il croise dans la coursive  lui servent instinctivement du «commandant».
Les saltimbanques du cinéma font l'admiration des marins. L'arrivée sur les Bancs est marquée par un coup de vent force 8 et des lames évaluées à  10 mètres !
Malgré son grand âge, le «Jau-jau» teint bon, il en vu d'autres ! Mais la mer est trop grosse pour permettre des prises de vue dans de bonnes conditions, d'autant que les ponts sont consignés »
Propos recueillis par Stéphane DUGAST





› FICHE TECHNIQUE

Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer. Avec Jean Rochefort, Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho & Aurore Clément. Sortie en salle le 9 novembre 1977.
César du meilleur acteur 78 : Jean Rochefort.

César du meilleur acteur dans un second rôle 78 : Jacques Dufilho.
César de la meilleure photographie 78 : Raoul Coutard.
 






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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 5 Avr 2015 - 19:59

L’ÉPOPÉE DU CRABE 4|5


Un film au titre étrange : Le Crabe-Tambour. Un long-métrage signé Pierre Schoendoerffer, racontant une histoire non moins étrange de malentendu né d'une parole donnée et non tenue. «Monsieur cinéma» de la Marine pendant 3 décennies, Pierre Dubrulle, revient sur la genèse de ce long-métrage sorti en 1977 devenu un chef-d'œuvre dans son genre. Le tournage en mer va se révéler riche d'enseignements, dixit Monsieur Pierre.
« Sur la liaison radio, tous les capitaines de pêche saluent avec chaleur le retour de «monsieur Walter» sur les Bancs. Celui-ci obtiendra l'embarquement d'un opérateur, Dominique Merlin, à bord du Shamrock de Fécamp, dernier chalutier à pêcher par le travers.
Citation :
Au moment de son transfert par zodiac, Pierre Schoendoerffer lui dit : «Ramène-moi la peine des hommes !». C'est cette séquence de travail du poisson en mer qu'on peut voir dans le film et qui est un véritable petit chef-d'œuvre documentaire.

Au fil des jours, le tournage se poursuit par des météo changeantes : le «Jau-jau» tour à tour se couvre de glaces, progresse dans des étendues mouvantes et immaculées, est assailli de bourrasques de neiges, ouvre sa route au milieu d'un dallage de nénufars de glaces qui se referment sur son sillage.

FICTION & RÉALISME
Arrivée à Saint-Pierre pour quinze jours. Escale pour les marins, mais travail pour l'équipe de tournage. Madame Schoendoerffer a rallié accompagnée notamment des deux comédiennes Odile Versois et Aurore Clément. Après un bref passage à Saint-Jean de Terre-Neuve, c'est le retour. Cap à l'est pour s'accoster enfin à Lorient après sept semaines d'absence.
On y tourne une dernière séquence : celle du «commandant» Rochefort quittant définitivement son bateau. C'est aussi le débarquement de l'équipe du film et la fin de la dernière mission du vaillant Jaureguiberry.

La réalité rejoint la fiction, et l'émotion est palpable. Mais le tournage est loin d'être fini. La Bretagne, l'Alsace, Fécamp, Saint-Mandrier, Paris où Pierre Guillaume, l'inspirateur du personnage du Crabe-Tambour, viendra en personne sur les lieux de son procès conseiller son interprète Jacques Perrin. Et, clin d'œil à l'histoire, il apparaîtra dans le film en avocat de la défense...
Enfin la Thaïlande et Djibouti achèveront un tournage en forme d'épopée, à l'image de ce que fut le parcours du Crabe-Tambour. En allant avec ses comédiens au contact de ses décors naturels, Pierre Schoendoerffer confère à son propos une authenticité de situation dans laquelle les acteurs, tous remarquables, servent leur personnage avec une grande justesse d'interprétation.
Il y a dans ce film un souffle incontestable digne des grands romans de Joseph Conrad. C'est la preuve d'un grand talent qui a fait de ce film une œuvre magnifique devenue à juste titre un film cult» 

Propos recueillis par Stéphane Dugast

 


› FICHE TECHNIQUE

Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer. Avec Jean Rochefort, Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho & Aurore Clément. Sortie en salle le 9 novembre 1977.
César du meilleur acteur 78 : Jean Rochefort.
César du meilleur acteur dans un second rôle 78 : Jacques Dufilho.
César de la meilleure photographie 78 : Raoul Coutard.

 


 








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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 5 Avr 2015 - 20:02

L’ÉPOPÉE DU CRABE 5|5


Un film au titre étrange : Le Crabe-Tambour. Un long-métrage signé Pierre Schoendoerffer, racontant une histoire non moins étrange de malentendu né d'une parole donnée et non tenue.  Chronique sur ce long-métrage sorti en 1977 et devenu un chef-d'œuvre dans son genre. 
Inspiré de la vie du lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, le «Crabe-Tambour» fait référence au surnom de cet officier toujours accompagné dans le film d'un chat noir.
Pourquoi ce sobriquet ? Pierre Schoendorffer s’en expliquera : «J’ai dédié mon roman à mon fils cadet, Ludovic, parce qu’enfant, il avait un petit ventre rond sur lequel il tambourinait, et comme il marchait à quatre pattes et de travers, je l’appelais le crabe. D’où le Crabe-Tambour…».

Un souvenir très personnel qui souligne à point nommé les libertés qu’a pris le romancier puis réalisateur avec le «vrai» destin de Pierre Guillaume.  «C’était un de ces capitaines légendaires ! Donc on a fait connaissance, et l’on s’est pris de sympathie. Quand j’ai commencé à écrire mon livre : Le Crabe-Tambour, je me suis dit qu’il y avait dans son histoire quelque chose qui m’intéressait. Ce n’est pas sa vie, ce n’est pas la mienne. C’est autre chose… C’est mon histoire telle que je l’ai rêvée».
À CŒUR OUVERT
Construit autour du dialogue entre un pacha (Jean Rochefort) et le médecin de bord (Claude Rich), le film alterne les séquences de mers et les flash-back narrant les tribulations de Willsdorff, dit le «Crabe-tambour» (Jacques Perrin), un ancien de la Royale devenu capitaine d’un chalutier.
 


À cette narration croisée se mêlent des séquences de vie embarquée, des plans  oniriques du Jauréguiberry dans le gros temps et des séquences poétiques comme l’inoubliable tirade du chef mécanicien (Jacques Dufilho) racontant un recteur fou en pays Bigouden ou bien encore la scène au bar la Morue joyeuse durant laquelle un vieux marin refait la bataille de l’Atlantique avec des verres sur le comptoir de l’établissement tandis qu’un téléviseur diffuse des images de la guerre du Vietnam.
Citation :
Les anecdotes à la guerre en Indochine sont nombreuses et ne sont pas sans rappeler l’univers d’un autre film du même genre presque contemporain : Apocalypse Now, le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, librement adapté du roman Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad.


Quant à l’influence de ce dernier, considéré comme l’un des auteurs de romans d'aventures du vingtième siècle les plus réputés avec Robert Louis Stevenson, elle est manifeste non seulement dans Le Crabe-tambour mais également dans toute l’œuvre de Pierre Schoendorffer.
Là-haut, un roi au-dessus des nuages, L’honneur d’un capitaine, L'Adieu au roi… Autant de romans ou de films à (re)lire et (re)voir tant ils font partie intégrantes de l’ADN de tout marin en quête perpétuelle de nouveaux horizons (FIN)
Stéphane DUGAST

 


 

› FICHE TECHNIQUE
Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer. Avec Jean Rochefort, Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho & Aurore Clément. Sortie en salle le 9 novembre 1977.
César du meilleur acteur 78 : Jean Rochefort.

César du meilleur acteur dans un second rôle 78 : Jacques Dufilho.
César de la meilleure photographie 78 : Raoul Coutard.
 


 








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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 5 Avr 2015 - 20:07

ÉTERNELS BAROUDEURS




De la bataille de Diên Biên Phu, aux soldats perdus d'Algérie jusqu'aux confins de l'Afghanistan, deux amis - grand reporter, écrivain et cinéaste - se confient sur ces lieux qu’ils ont fréquentées à des époques différentes. Confidences de Pierre Schoendoerffer  et de Patrick Forestier deux baroudeurs éternels.
26 ans d’écart d’âge, deux vies et deux destins. Tout les sépare en apparence. Pourtant leurs points communs étaient nombreux. 
À eux deux, ils ont ainsi arpenté la planète, couvrant les conflits majeurs du vingtième siècle. Patrick Forestier (NDLR : scénariste d’un prochain film sur la piraterie) et son aîné étaient donc faits pour se rencontrer, ce qu’ils ont fait avant la mort l’an dernier de Pierre Schoendoerffer (VOIR L’HOMMAGE).

Ecrivain, metteur en scène et cinéaste, Pierre Schoendoerffer (1928-2012) a mené sa carrière tambour battant après avoir été soldat de l’image et fait prisonnier pendant la bataille de Diên Biên Phu.

De ses films, les aficionados retiennent « Le Crabe-Tambour » (VOIR LA CHRONIQUE) et le documentaire « La Section Anderson », film documentaire oscarisé en 1968. De  son œuvre littéraire, « L'Adieu au roi » (prix Interallié 1969) et « Le Crabe-Tambour » (Grand Prix du roman de l'Académie française 1976) sont deux de ses ouvrages phares.

Quant à Patrick Forestier (né en 1964), il officie toujours comme grand reporter à Paris Match tout en réalisant des film documentaires. Lauréat des prix Lazareff & Vérité, il est également l'auteur de plusieurs ouvrages dont « Le train du Négus » (en Éthiopie), « Confession d'un émir du CIA » (en Algérie) et « Hôtel Palestine », chronique singulière de la guerre à Bagdad.
Autant dire qu’en se rencontrant, les deux hommes avaient beaucoup à se raconter, partageant tous les deux ce même goût pour l’aventure, inspirés par les tribulations de leur mentor de  Joseph Kessel (LIRE SON PORTRAIT), grand reporter, écrivain et baroudeur comme eux
À partir d’entretiens réalisés sur presque deux ans, avant la mort de Pierre Schœndœrffer survenue le 14 mars 2012, Patrick Forestier a réussi ce brillant « passage de témoin entre deux générations » de reporters de guerre, comme il l’écrit lui-même.

Durant ces nombreuses rencontres, Pierre Schoendoerffer et Patrick Forestier ont ainsi passé en revue leur parcours, narrant leur jeunesse, leurs expériences, leurs ratés ou leurs bonheurs.
L'Indochine, les tirs des talibans afghans, le soleil somalien, les guerres coloniales, les tournages de films et de documentaires, les bombardements du Liban, les coups de chance et les moments de trouille... Défilent ainsi au fil des pages de cet ouvrage des vies de bourlingueur émaillées d’anecdotes survenues aux quatre coins de la planète durant des conflits majeurs du vingtième siècle.

Un livre dont les chapitres se dévorent comme des séquences de cinéma. On y découvre des facettes méconnues de Pierre Schœndœrffer, cinéaste et écrivain de Marine par l’entremise de Patrick Forestier qui a eu la lumineuse idée de faire publier ses entretiens.
Un témoignage éclairant, et un bien bel hommage.
Crédits photographiques : Paris-Match - ECPAD




> À LIRE

La guerre dans les yeux
de Pierre Schoendoerffer & Patrick Forestier. 346 pages - 20,90 €. (Grasset).










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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Dim 5 Avr 2015 - 20:39

18/03/2012

Schoendoerffer, cinéaste et aventurier....

Le cinéaste et romancier français, Pierre Schoendoerffer est décédé le 14 mars 2012, à l'hôpital militaire Percy de Clamart. Nous reproduisons ci-dessous un entretien de Jean-Dominique Merchet avec Bénédicte Chéron, qui vient de publier un livre intitulé Pierre Schoendoerffer aux éditions du CNRS. Cet entretien a été initialement publié sur l'excellent blog Secret défense.
 
 
 
Qui était Schoendoerffer ? Un cinéaste ? Un romancier ? Un reporter ?

Béatrice Chéron : Pierre Schoendoerffer est d’abord, me semble-t-il, un aventurier, au sens le plus noble du terme. Adolescent, il avait le goût du grand large, s’est embarqué sur un cargo pour voir le vaste monde. Mais il avait aussi, au fond de lui, ce besoin de créer quelque chose, d’inventer, de raconter, né à la lecture de Fortune Carrée de Joseph Kessel, sous l’Occupation. Humble, il ne pouvais s’imaginer écrivain. Il a alors décidé de faire du cinéma et est parti en Indochine, pendant la guerre, comme cameraman des armées. Il a donc été reporter, et a continué dans cette voix quelques années après la fin du conflit indochinois. Puis le cinéma, grâce à Joseph Kessel, l’a rattrapé et happé définitivement. Sa première grande œuvre personnel est La 317e Section (1964) et c’est grâce à elle qu’il devient aussi écrivain : le scénario ayant été d’abord refusé par le producteur Georges de Beauregard, il en fait un livre, sous le même titre. Pierre Schoendoerffer est donc bien reporter, romancier et cinéaste. Comme il aimait à dire, il était « esclave » quand il était reporter, « roi » lorsqu’il réalisait un film et « Dieu » quand il écrivait un roman : « Quand on écrit un roman, on est Dieu le Père, parce qu’on crée le destin, on dit : “Celui-là va aimer, celui-là ne pas aimer, ce sera elle qu’il aime”… Vous faites le destin, vous êtes Dieu. Quand vous faites un film, vous êtes roi, parce que le destin est déjà là : il y a un scénario et vous ne pouvez pas vous égarer. Mais vous avez quand même le pouvoir régalien de glorifier certains des personnages et de minimiser d’autres. Et quand vous êtes un documentariste vous êtes un humble esclave qui marche derrière et ramasse les traces qu’ils ont laissées derrière eux. J’aime bien être Dieu, j’aime bien être roi, et j’aime bien être esclave à l’occasion… » (entretien personnel avec Pierre Schoendoerffer, 26 février 2007). La spécificité de cette œuvre est de créer des aller-retour permanents entre ses reportages, ses films et ses romans : les personnages vont des uns aux autres ; interprétés par des acteurs fidèles (Jacques Perrin, Bruno Crémer…), ils deviennent des héros qui traversent le grand récit « schoendoerfferien ».

Que dit son oeuvre de l'histoire récente de notre pays ?

Béatrice Chéron : Son œuvre témoigne du chaos d’une période qui demeure un trou béant de la mémoire nationale. La guerre d’Algérie continue d’être une blessure ouverte, un sujet brûlant sur lequel les mémoires écorchées vives ne cessent de revenir et la commémoration, ces jours-ci, des 50 ans des Accords d’Evian témoigne encore de la difficulté à aborder ce sujet paisiblement même si les choses évoluent doucement. La guerre d’Indochine quant à elle est tombée dans les oubliettes de l’histoire, prise en étau entre les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale et ceux de la guerre d’Algérie. Pierre Schoendoerffer, lui, tisse un fil, de la Libération en 1945 jusqu’à l’après-décolonisation. Il récapitule une période, une histoire. Il met de la continuité là où il y a eu rupture, il tente de réunir ce qui a été divisé. Il ne prétend pas tout dire, ni faire œuvre d’historien, mais bien témoigner par la fiction et la création, et rendre sa part de reconnaissance à une génération de militaires et de jeunes officiers prise dans le chaos de cette décolonisation, sur les épaules de qui ont pesé des choix politiques tragiques et définitifs. Il aussi perpétué la grande tradition du récit d’aventure et du lointain, très présente en France dans l’entre-deux guerres avec les romans de Pierre Benoît ou Joseph Peyré, et tombée en désuétude ensuite. Il a su faire vivre cette aventure au cinéma et Le Crabe-Tambour en est sans doute le meilleur exemple.

Quelle influence a-t-il eu sur l'imaginaire militaire ?

Béatrice Chéron : Pierre Schoendoerffer est un des rares auteurs et cinéastes à créer une œuvre cohérente, durable et de qualité dont les personnages sont systématiquement des militaires on d’anciens militaires, des aventuriers et des combattants. Plus spécialement, il met en scène des lieutenants et des capitaines. Il fait d’eux des héros, au sens antique et médiéval du terme. Des héros capables de souffrance et d’hésitations, des héros confrontés à des situations tragiques. Il permet donc à un imaginaire militaire d’émerger et de durer. Ses films ont incontestablement marqué des générations de jeunes hommes qui ont voulu devenir officiers à leur tour. Pour beaucoup d’entre eux, être lieutenant, c’est suivre le lieutenant Torrens de La 317e section. Pour les anciens combattants, l’œuvre de Pierre Schoendoerffer est un réconfort : il leur rend leur histoire et témoigne de ce qu’ils ont vécu. Parfois, les images de La 317e Section remplacent dans leur mémoire leurs propres souvenirs de la guerre d’Indochine, tellement leur force les rend véridiques. Certains d’entre eux n’ont pas été tendre avec le cinéaste au moment de la sortie de Dien Bien Phu (1992), s’estimant trahis par un film tourné avec les Vietnamiens, au Vietnam, et ne montrant pas suffisamment le contexte politique et stratégique de la bataille. Mais malgré ces anicroches, le lien est demeuré indéfectible avec celui qu’il considère comme l’un des leurs parce que lui aussi a connu la guerre, les blessures, les souffrances du combat, le risque de la mort et, après Dien Bien Phu, la captivité dans les camps viet-minh.
 
A qui peut on le comparer, en France et à l'étranger ?

Béatrice Chéron : Il est difficile de comparer Schoendoerffer à d’autres cinéastes français. Claude Bernard-Aubert a lui aussi réalisé des films sur la guerre d’Indochine(Patrouille de choc en 1957, Le Facteur s’en va-t-en guerre en 1966 et Charlie Bravo en 1980), après y avoir été reporter ; mais ces trois films ne sont pas entrés dans la postérité. Florent Emilio Siri, en réalisant L’Ennemi intime (2006) sur la guerre d’Algérie, a revendiqué l’héritage « schoendoerfferien » mais Pierre Schoendoerffer lui-même n’a rien dit de ce film et le spectateur n’y retrouve pas forcément de liens évidents avec son œuvre. En revanche, notamment au moment de la sortie de La 317e section, Pierre Schoendoerffer a beaucoup été comparé avec Samuel Fuller, Anthony Mann, et Raoul Walsh. Mais Pierre Schoendoerffer demeure relativement isolé dans le paysage du cinéma de guerre, essentiellement américain, friand de films à grand spectacle et effets spéciaux, même si dans Apocalypse Now on retrouve des traces du roman de Schoendoerffer, L’Adieu au roi.

Que restera- t-il de lui ?
 
Béatrice Chéron : Il laisse d’abord le témoignage de son propre parcours, et pour tous ceux qui l’ont connu, d’un homme d’une rare élégance morale, loyal, fidèle et soucieux de la vérité. Il a marqué le cinéma par sa manière de pratiquer son art, de fabriquer des films, avec l’humilité de l’artisan, réunissant autour des lui des hommes de qualité, comme Raoul Coutard (son chef-opérateur) Jacques Perrin, Jacques Dufilho, Bruno Crémer, Claude Rich…  Il a su transmettre par ses films ce que fut la période chaotique de la décolonisation, il a comblé, par la fiction donc sans prétendre à la vérité historique, des vides de la mémoire nationale. Ses films et ses livres, enfin, couronnés par de nombreux prix, permettront aux générations à venir de s’approprier cet imaginaire si riche et original.
Propos recueillis par Jean-Dominique Merchet (Secret défense, 14 mars 2012)
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PTS
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Mar 7 Avr 2015 - 15:00

Merci Claude pour ce grand travail de récupération, Pierre Schoendoerffer le mérite bien!
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Rivoil
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Mer 8 Avr 2015 - 19:39

"Le crabe tambour" un film exceptionnel faisant parti de mes hit.

_________________
« On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier ; on ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de se renier, de se parjurer. »Commandant Hélie de Saint-Marc dernier chef de corps du 1er REP
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Jeu 9 Avr 2015 - 12:14

Rivoil a écrit:
"Le crabe tambour" un film exceptionnel faisant parti de mes hit.

Très beau film en effet,mais qui ne m'a pas autant marqué de "la 317° Section".
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MessageSujet: Re: SCHOENDOERFFER Pierre    Jeu 9 Avr 2015 - 16:20

FOUQUET66 a écrit:
Rivoil a écrit:
"Le crabe tambour" un film exceptionnel faisant parti de mes hit.

Très beau film en effet,mais qui ne m'a pas autant marqué de "la 317° Section".

____________

Bien de ton avis Jean-Charles.
LA 317 eme Section Un des rare Film de Guerre Français qui m'a accroché ( Tout y était: le Choix des  acteurs, notamment CREMER, l'Action, les Images.. ) Par contre DIEN BIEN PHU. Quel déception. Dans ce film, la Guerre on l'entendait, mais on la voyait pas. J'avais parfois l'impression d'être au théâtre. Non mes Frères, le Cinéma d'action n'est pas dans les cordes des réalisateurs Français, plutôt portés à produire un certain Cinéma de gauche. Ce Cinéma n'a pas la Classe des Américains ou tout y est: le choix des Acteurs par exemple. Chez eux, un Marine a l'air d'un Marine. Quant à l'Action, ils savent vous en mettre plein la gueule et vouloir comparé DBP avec Apocalypse Now, c'est prétentieux.... DBP ne se VEND PAS, ce qui ne fut pas le cas du film de Frank COPPOLA.
A mon avis, Pierre Schoendoerffer aurait du tourner son Film à Hollywood. Imaginez DBP dans le Style de APOCALYPS NOW, ou de PLATOON de  Oliver Stone.
En Francais, La Guerre, vaut mieux la LIRE que la voir au CINÉ...


Dernière édition par jacky alaux le Ven 10 Avr 2015 - 15:05, édité 2 fois
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SCHOENDOERFFER Pierre
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