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 Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956

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junker
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MessageSujet: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Ven 20 Jan 2012 - 12:15

Les Monts de la Medjerda (frontière tunisienne)


Opération « 1202 » entre la vallée de l'oued Boubous et frontière tunisienne


Le village de Duvivier, base avancée du régiment. Après cinq jours de repos sous nos toiles de tentes pouvant contenir une vingtaine de soldats, l'Escadron se refait une santé, les éfforts de quatre jours d'opération dans la région de Gounod, et (ma 1er opération sur le sol d'Algérie), la recherche de rebelles dans ces djebels se chevauchant à perte de vue, la marche sur des pistes à peine tracées, jour et nuit nous a durement éprouvés, nous les jeunots.

Le signal des préparatifs de départ pour une nouvelle « bandera » est donné par le sergent Dalmasso, notre chef de groupe,( un ancien avec deux séjours en Indochine), cet ordre est pour lui de la routine; il n'est pas très émotif; la fébrilité dans mon groupe est perceptible. Nous en sommes à notre deuxième opération. La première fut pour moi un calvaire, avec des pieds en marmelade et le moral cassé; les bottes de saut ne me réusissent pas. J'ai entendu dire que des gars marchaient avec des « jungle boots » genre de pataugas utilisé par d'autres régiments.

J'ai un MAS 36 crosse repliable en aluminium, c'est un fusil qui mesure une fois replié, 96 centimètres; dans l'équipe du fusil mitrailleur(FM), je suis comme pourvoyeur de l'arme, chargé comme un mulet: j'ai deux sacoches de cinq boîtes chargeurs, chacune pesant 0kg920, accrochées sur le brellage(des bretelles fixées au ceinturon) ou sont enfilées les sacoches( elle me battent sur les cuisses), le bidon d'eau, ma cartouchière, deux grenade, le poignard, une trousse à pansements (parfois accrochée au bas de la jambe), la mustte TAP (des troupes aéroportées) avec une centaine de cartouches en vrac, les vivres, la boule de pain, le pull, la veste molletonnée, le nécessaire de toilette, la gamelle, cuillère/fourchette, et tous les petits accessoires indispensable pour survivre seul, allumettes, papier/crayon, le carnet de route ( pour moi) et parfois l'appareil photo en ce qui me concerne,etc. Je suis devenu « mulet de transport ». Le moral et l'allant sont mes caractères de base. Je cache mes doutes au fond de moi-même, et montre toujours un visage jovial; j'ai souvent la blague aux lèvres. Cela détend le climat grincheux du groupe. Cette deuxième opération va nous mettre, encore une fois, au pied du mur!.

20 avril 1956. Le départ est donné à vingt heures; nous grimpons dans les GMC (camion américain de la guerre 39/45), nous passons nos musettes TAP aux copains et sautons accrochez à la ridelle arrière, direction Souk Ahras puis Lamy, très très près de la frontière tunisienne, le long du barrage électrifié. Beaucoup de rebelles dans les parages, mais invisibles à nos yeux. On roule jusqu'à minuit, débarqués dans un paysage de montagne; le point fait par les Chefs de section et itinéraire reconnu, c'est le départ par compagnies, vers un point donné par « BRUNO »(Bigeard).




Le secteur est extrêmement boisé dans des escarpements bons pour un alpinite; la piste s'allonge dans un tracé fait part les chèvres, des moutons et des hommes habitués à arpenter ces lieux sauvages. La nuit est d'encre et les passages couverts d'arbres; je pense que ce sont des chênes lièges. Nous marchons à l'aveuglette; je me cogne sur mon camarade Martignon
marchant par à-coups, les arrêts fréquents sont dus, du fait que la compagnie marchant à la file indienne dans le noir, se disloque à la moindre embûche. Le gars pour coller au suivant accélère afin de rejoindre le para qui le précède et c'est le contact assez dur; une main toujours en avant pour calculer la distance qui le sépare du suivant. Dans de telles conditions, la marche devient pénible et les à-coups coupent les jambes qui tremblent sous l'éffort. Quelques opérations après, nous possédons sur nos sacs, une pastille fluorescente qui nous permet de discerner la distance avec le camarade de devant, et de la conserver sans problème.

Après une heure de montée en aveugle, j'arrive au sommet du djebel; les arbres se font plus rares; la vision du gars marchant devant moi commence à se discerner sur le ciel encore sombre; pas un son de gamelles ni d'armes qui cliquettent; le silence complet sauf, si ce n'est le halètement court des paras habitués à marcher sur des pistes précaires sans visibilité; ce n'est pas le cas des unités que nous croisons parfois au hasard de nos opérations. On les entend à des kilomètre à la ronde; ceux-là ne doivent pas tomber souvent nez à nez avec des fels (rebelles) !!.

Je commence à avoir mal au pieds et dans la descente d'une portion de piste assez raide, je me ramasse une gamelle en contrebas dans un buisson; sans un murmure, je remonte sur les genoux jusqu'à la piste; j'ai perdu mon groupe; les gars passent et continuent leur marche. Je me « glisse »dans une section jusqu'au passage d'un oued où l'eau nous arrive à mi-mollets; j'en profite pour rattraper mon groupe; par chuchotements, je retrouve ma position de marche, dans ma chute j'ai la main déchirée et une bosse sur la tête. Il était temps; les sections éclatent pour des positions d'embuscades.

Il est quatre heures quand, après une remontée de piste d'un kilomètre, c'est la disposition pour l'embuscade jusqu'au lever du jour. Je suis à côté de ma pièce FM, André Jeanneret, mon bon géant à la force tranquille est tireur; je m'entends à merveille avec lui. Avec sa puissance, il est capable de me prendre sur son dos avec tout mon équipement et le sien plus le FM et marcher comme si rien n'était. L'attente est dure à supporter sans bouger; je claque des dents et je ne suis pas le seul. Mon géant blond a les mêmes symptômes; le claquement de ses dents me résonnent aux oreilles. Nous sommes côte à côte dans l'attente d'un bruit qui ne vient pas. Pourtant ce serait la délivrance, le ressort qui nous donnerait la bouffée de chaleur de la montée d'adrénaline. Il fait froid dans le Djurdjura en altitude.

Enfin, le jour se lève lentement dans ce massif montagneux de l'oued Boubous. La forêt assez dense à cet endroit, laisse difficilement passer les premières lueurs de l'aube. Nous levons l'embuscade ce qui nous permet de faire un frugal petit déjeuner d'un peu de café froid sucré et d'un bout de pain avec une pâte de fruits. Les voltigeurs sont déjà au fond de l'oued; nous les appuyons de notre position FM à mi-hauteur. La couverture du groupe devient automatique comme dans un combat soudain.


Toute la compagnie fonctionne à la même vitesse, car nous pouvons tomber à tout momemt, sur des forces rebelles cachées dans les grottes ou derrière des rochers nombreux à cet endroit, et là, ça risque de faire très mal !.


Ordre est donné par le sergent Dalmasso de faire une pose, mais sur nos gardes, le fusil-mitrailleur 24/29, en protection avec un gars de l'équipe en position le doigt à côté de la détente, le boîtier chargeur engagé dans le FM, pendant que le reste de l'équipe mange. Il est 9 heures, le soleil fait son apparition; il nous réchauffe le corps, et très vite, la transpiration pompée par la tenue camouflée laisse des auréroles de sel au contact du tissu et de la peau. La boîte de ration est vidée presque à moitié de son contenu; 15 minutes se sont écoulées que cela repart; on entend les gars râler au fond de l'oued en s'accrochant aux épineux garnissant les bords du cours d'eau, les mains et le visage griffés. Ils se débattent dans leur progression contre la nature hostile de cet endroit; certains sont obligés de pénétrer dans l'eau pour pouvoir contourner un obstacle renconté dans leur avance en ligne avec leur groupe.

La progression ne faiblit pas; le sergent Dalmasso nous fait déployer plus largement. Jeanneret, à grande enjambées, se positionne avec le groupe FM, Martignon et Groisil discutent, ce qui fait râler le vieux sergent ancien d'Indo: moi je ferme mon clapet, j'ai assez de ma charge et garde mon souffle pour la fatigue à venir; à quartorze heures, arrêt sur un piton (sommet) pas très haut, pour permettre de faire le point des Chefs de sections avec le Capitaine Le Boudec. Une heure de pose; je suis sur les genoux !!. Il n'y a pas que moi, pour cette deuxième opération, j'ai les pied en confiture avec ces saloperies de bottes dont le cuir est trop épais. Ah, si j'avais de l'argent pour m'en payer des plus souples, mais où les trouver ?, ce n'est pas possible !. Cette paire de botte de saut doit être au fourrier depuis 1946, ou bien, c'est du cuir d'éléphant.

La soirée se passe en fouille de rochers et de grottes servant de caches que l'on découvre. La preuve que ce coin sert de base de repos aux katibas en transit à quelques encablures de la frontière tunisienne ( une katiba et forte de 110 à 120 hommes). J'en parle au sergent qui me confirme que nous sommes certainement épiés par des « choufs »( guetteurs), souvent de très jeunes bergers qui prèviennent de nos mouvements les forces rebelles du FLN. Les pipers (avions de reconnaissance) font leurs passages fréquents et sont en liaison avec le PC « Bruno » indiquant un possible mouvement suspect autour de nos compagnies: nous progressons dans une large zone de fouille.

Le soir nous retrouve au sommet d'un djebel de plus de 1300 mètres de haut, d'où le panorama est grandiose; des ondulations boisées à pertes de vue, des ravins et des oueds coulants dans le rétrécissement de talwegs profonds et sombres, où les rebelles peuvent circuler sans être vus.Je prépare mon emplacement pour me placer au plus près du FM; les copains du groupe sont deux par deux dans leur trou pour la nuit. Nous creusons en fonction du sol et montons un muret de pierre avec quelques herbes ou de feuillage pour adoucir notre couche, interdiction de faire le moindre feu. Plusieurs groupes partent en embuscade pour la nuit; moi , je reste avec le PC du Capitaine Le Boudec pour monter la garde, à tour de rôle, avec le reste de la section.







21 avril 1956. Le peu que j'ai dormi m'a donné de la vigueur malgré le froid et l'interdiction de faire du feu, qui est levée vers neuf heures, à condition de faire du feu sans fumée !, quel problème de réaliser un feu de brindilles humides. Je réussis un feu minuscule dans un trou creusé de dix centimètres fait avec le poignard et les mains pour abriter la flamme du vent et poser le quart sur deux petites pièrres plates; un coup de jus chaud, qu'est-ce que c'est bon pour le moral !!.

Et rebelote, la fouille reprend sur le versant boisé pendant que les autres compagnies encerclent la zone à traiter. Les paras d'une compagnie font une découverte de grottes avec des couvertures de laine au fond du trou; la preuve que cet endroit sert de relais pour les passages de fels; bien camouflé, l'endroit est indétectable. Il a fallu une fouille minutieuse de l'endroit pour trouver les grottes. La journée passe en marche dans les versants très éscarpés et truffés de caches et d'abris. Marcher dans ces conditions demande un effort constant et une vigilance extrême, car la rencontre avec l'ennemi peut-être soudaine et meurtrière. Rien ne doit nous échapper; l'oeil aux aguets, nous crapahutons toute la journée sans l'ombre d'un rombier; cela nous met les nerfs à vif. Ce soir, je pars en embuscade avec René Cadet et Robert Groisil mes deux camarades du groupe FM; l'endroit de la planque est situé et encaissé entre deux gros rochers, avec des traces de passages importants. Nous trouvons une position favorable en surplomb de la piste. On se relais toutes les heures pour pouvoir sommeiller une heure ou plus, selon la résistance des gars.

22 avril. Rien ne se passera; on lève le guet à six heures. Il commence à faire jour, nous rejoignons le groupe. Martignon m'a préparé un bon café chaud; je m'allonge et dors jusq'au départ qui est donné à dix heures. On rejoint une compagnie aux environs de treize heures. Briefing des Chefs de sections avec le PC du Capitaine Le Boudec; changement de direction, nous descendons vers des mechtas que nous fouillons avec minutie. Encore la preuve de traces d'hébergement du FLN qui a séjourné ici.

Le soleil réchauffe nos membres engourdis par une nuit d'embuscade, et sèche la tenue camouflée pleine d'humidité avec de larges traces de sel aux aiselles,dans le dos, sur le cou; les trace séchées deviennent blanches décolorant les vêtements. Il est vital de prendre les cachets contre la déshydratation, la nivaquine contre le paludisme avec l'eau que nous buvons prise au hasard de nos marches, dans des oueds où les animaux font leurs dejections, parfois, dans des trous d'eau stagnants que les bêtes refuseraient de boire.

Dernière nuit, semblant d'embuscade, car nous sommes repérés depuis ce matin. Des silhouettes se distinguent en haut d'un djebel à la jumelle, est-ce des nôtres, mystère ?. Le bivouac est plus cool; je fais du feu pour le potage avec du pain dedans, une boite de pâté, et c'est tout bon pour le para. Un tour de garde d'une heure viendra me réveiller d'un sommeil profond; je me recouche pour m'endormir comme un bébé, la fatigue aidant. Demain, on rentre à la base.








23 avril 1956. C'est le départ pour rejoindre les camions sur la route à dix kilomètres de notre point de campement. On y arrive vers dix heures, une heure de route et ouf ! Nous voilà en vue de Duvivier; rapide rassemblement, une vérif vite faite; tout le monde se précipite au lavage à poil pour le décrassage de la peau. Que c'est bon de pouvoir rester sous l'eau à se savonner la carcasse. On s'entraide pour se frotter le dos; les blagues fusent entre paras, la détente est joyeuse; on parle de sorties et de filles, à 19 ans, quoi de plus normal!. La fatigue disparaît aussitôt lorsque le sergent nous donne quartier libre pour une détente de quelques heures dans le village; faire des achats, et de la nourriture en extra, tenue camouflée impeccable, bottes cirés, la casquette de rechange propre, sous l'oeil du sous-off qui a du travail encore à remettre au chef de section; demain, revue d'armes et contrôle des paquetages pour le linge hors-service.

Cette opération lancée par le Colonel Bigeard, Commandant du 3ème Régiment de Parachutistes Coloniaux avec son effectif au complet, servira de tremplin aux opérations à venir avec la mobilité, la rapidité dans l'engagement, la grande valeur de nos Chefs; leurs expériences vécues, et cette puissance de feu qu'est un régiment d'intervention comme le nôtre, disponible 24 heures sur 24; nous serons appelés à nous battre sur tous les fronts où le rebelle se croit maître, des engagements très durs contre des adversaires de plus en plus redoutables n'infléchira pas notre devise « Etre et Durer ».
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jacky alaux
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Ven 20 Jan 2012 - 16:24

[quote="junker"]Les Monts de la Medjerda (frontière tunisienne)

Salut Junker
Tu nous fait revivre grace a tes détails ce que pouvait être le quotidien des opérations des troupes d'intervention paras et ce, jusqu'a l'ultime accrochage avec le Fell. Acrochage toujours brutal, rapide, parfois, allant jusqu'au corp a corp. Il est vrais également que nous étions habitué a nous déplacer en silense. j'ai vécu effectivement cette "froide expérience" ou en pleine nuit nous avons croisé des éclaireurs fells en nous demandant... d'ou sortent ces paras qui vont en sens inverse. Il est certain qu'ils nous avaient identifié, mais ils avaient préféré se faire oublier .

Merci pour ces témoignes

Jacky Alaux


Après une heure de montée en aveugle, j'arrive au sommet du djebel; les arbres se font plus rares; la vision du gars marchant devant moi commence à se discerner sur le ciel encore sombre; pas un son de gamelles ni d'armes qui cliquettent; le silence complet sauf, si ce n'est le halètement court des paras habitués à marcher sur des pistes précaires sans visibilité; ce n'est pas le cas des unités que nous croisons parfois au hasard de nos opérations. On les entend à des kilomètre à la ronde; ceux-là ne doivent pas tomber souvent nez à nez avec des fels (rebelles) !!.



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avellaneda
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Ven 20 Jan 2012 - 17:13

Il fait froid dans le Djurdjura en altitude.

Salut Gus,
Je n'essaye pas de jouer au prof de géo, mais c'est tout simplement pour que tu rectifies ton récit surtout si tu dois en faire un livre.
Les monts de la Médjerda à la frontière tunisienne n'ont aucun rapport avec le Djurdjura qui lui se situe en Kabylie.
Je me permet cette petite remarque car je suis né en Algérie et aussi parce que j'ai pas mal trainé mes pataugas avec le 9 à la frontière tunisienne de Bône à Elma-el-Abiod.
Sans rancune ami Gus.
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junker
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Ven 20 Jan 2012 - 18:14

Salut mon frère .. je n'ai pas me semble-t-il parlé du Durdjura, mais bien des monts de La Medjerda vers Lamy ?? dis moi ou j'ai fait l'érreur que je rectifie ..merci
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vvdd66
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Ven 20 Jan 2012 - 18:24

toujours le même plaisir de te lire
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http://sacree-soiree-11.frenchboard.com/index.htm
Kéo
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Lun 23 Jan 2012 - 20:58

JUNKER, bonsoir mon ancien!
Lecture de tes écrits toujours avec émotion, pour nous les jeunes qui n'avons pas connu cette passionnante période...
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junker
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Mer 25 Jan 2012 - 8:59

tu as bien fait de me faire remarquer mon erreur dans la ligne 51 ou je parle du Durdjura qui se trouve en Kabylie, j'ai tellement d'écrit à faire que j'arrive a me mélanger les pinceaux, bon !! je rectifie grace à toi..merci de l'aide..GUS..
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bleu12
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Mar 7 Fév 2012 - 18:16

C'est toujours avec plaisir que je découvre tes écrits.

_________________
"Nous avons eu l’impression d’être trahis, ce qui explique notre révolte" Commandant Hélie de Saint-Marc dernier Chef de Corps du 1er REP
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ParaGuépard
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MessageSujet: Gilles Caron, para en Algérie   Mar 7 Fév 2012 - 20:41

Gilles Caron, para en Algérie

Bonsoir junker!
Etant unancien du 3, je te laisse le soin de faire des remarques sur les allégations de ce reporter qui dit avoir été para au 3

De juillet 1960 à mi-avril 1962, Gilles, Edouard, Denis, Caron né à Neuilly-sur-Seine le 11 juillet 1939 dans une famille plutôt bourgeoise, va se retrouver, après six mois de classes, en Algérie, intégré au 3ème RPIMa. Le « 3 » est un régiment de parachutistes d'infanterie de marine héritier du 3ème régiment de parachutistes coloniaux créé le 1er novembre 1955 sous les ordres du lieutenant-colonel Bigeard. Il est présent dans toutes les grandes opérations en Algérie et participe aux combats de Bizerte auxquels Gilles Caron échappera après avoir refusé d’aller en opération.
[...]Lire la totalité de l'article
Mais « Il y a ici deux paras militaires et trois Algérois style « Algérie française », « les bougnoules faut tous les tuer, etc. » Ah, la la ! Et je vais aller me fourrer là-dedans. Trois ans. J’aimerais avoir dix ans de plus et ne plus avoir à en entendre parler. Je ne sais pas prendre de bonnes décisions. Je dois être crétin. »

Dans une lettre du 8 août 1959, sa mère s’inquiète : « Je suis contente que le stage ait bien été et que tu te sois amusé mais tu attires de plus en plus l’attention des militaires. Si c’est exprès pour faire ton service dans les parachutistes, veux-tu m’expliquer pourquoi ? »
A ce moment, la conduite de Gilles Caron est aujourd’hui assez incompréhensible. Grand lecteur de livres et de presse, il est aussi bien informé qu’on peut l’être à cette époque. L’explication est peut-être que sous l’appelé du contingent sommeille déjà le grand reporter : « Pau : stage pré-AFN et l’Algérie et les opérations. L’irresponsabilité est si tentante. Il suffit de suivre le mouvement. Il reste en chacun de nous assez de bête fauve pour avoir un besoin inavoué de connaître un peu ce qu’est le combat. On ne peut juger les paras qu’en Algérie et pour connaître l’esprit para, il faut y aller… »

Et un peu plus loin dans ce courrier d’avant départ : « Et tout d’un coup, j’apprends qu’il y a des jeunes plus responsables, organisés, qui ont refusé. Que déserter, ce n’est pas partir à l’étranger pour y refaire sa petite vie, mais retrouver des garçons de mon bord. Si tu savais, je les déteste au fond, ceux qui m’entourent. Comme je préfère les insoumis…/… Si seulement Paris-Presse avait parlé de Jeanson cinq mois plus tôt. »

« L’endroit où il doit faire bon vivre en d’autres temps »

Le 29 juin 1960, le soldat Caron débarque à Alger. « Nous sommes partis sous les vivats de quatre ou cinq badauds rassemblés au bout de la jetée, c’était râlant, et deux mille massés à l’avant du bateau. Nous nous sommes chanté que ce n’était qu’un au revoir. » Très vite, en juillet, il est dans le Constantinois affecté « à la voltige ». « Les voltigeurs sont armés d’un pistolet-mitrailleur léger et peu encombrant et n’ont presque rien sur le dos, un sac de couchage et les rations. Ils fouillent tous les coins dangereux du terrain et marchent donc un peu plus que les autres. Dans la mesure où l’on peut l’être, j’étais content. Mais on vient de m’annoncer que je passais pourvoyeur à la pièce, le pire. » Il s’agit de transporter les munitions de la mitrailleuse : 600 cartouches plus son propre armement !

La vie devient rythmée par les « opés », les héliportages, les embuscades, la recherche du « coin tranquille » pour écrire à sa chère maman ou pour lire. Gilles Caron va « dévorer » une quantité incroyable de livres pendant tout son service militaire. Ce sont « Les Pléiades » pour échapper à Gloria Lasso ou à Dalida ! Sans oublier d’autres chansons.

« Notre compagnie avait en arrivant trois prisonniers. Ils avaient été interrogés et étaient pas mal amochés. A les voir ficelés, une corde autour du cou, j’ai été pris de pitié et j’ai d’une veste fait un oreiller que j’ai posé sous la tête d’un vieux. Il a semblé bien surpris. Depuis je suis une fillette, un cœur sensible… »

Quelques jours plus tard, dans une lettre qui sera publiée par l’Express en 1979 - lettre donnée par Pierre Doublet, grand reporter à l’AFP - il écrit : « Nous commençons par fouiller les mechtas, c’est-à-dire répandre les sacs de farine sur le sol, balancer les lentilles, casser les plats, chasser et tuer les poules pour notre consommation personnelle. Je n’ai pas touché à mes rations. Au bout de deux jours, le village était saignant, jonché de cadavres de chèvres égorgées dans lesquels nous taillions des biftecks. Notre sergent, en slip blanc, pieds nus, courait partout avec un sabre et jouait au matador avec les ânes. Un véritable déchainement de violence, de cruauté aussi. Des chèvres bastonnées pour le plaisir, des poules plumées vivantes. Pourquoi ? Les femmes étaient fouillées dans les mechtas, une à une. A la première j’ai eu un choc. C’était une vieille, elle est rentrée en relevant ses jupes, pour me montrer qu’elle connaissait nos mœurs sans doute. Ensuite elle a ouvert tout grand sa bouche, afin que je constate qu’il n’y avait pas de dents en or à arracher ! »
Les opérations se succèdent et le soldat Caron, dans le froid de l’hiver des Aurès s’interroge : « Je n’arrive pas à comprendre comment je ne suis pas planqué dans un service à Alger. Enfin, oui, je sais : j’ai voulu voir. Maintenant j’ai vu, et il serait temps que j’en sorte. »
Et quelques semaines plus tard : « Pour moi, c’est presque un lavage de cerveau que je subis. L’éreintement en plus et l’impression d’être toujours en porte-à-faux, jamais avec les autres, dans le coup. A force de compromissions, je me retrouverais médaillé, ancien combattant, lecteur de L’Express, pseudo-étudiant, pseudo-journaliste. J’aurais eu envie de déserter pendant vingt-huit mois. Je ne l’aurais pas fait et je m’assiérais une fois pour toutes rue Méchain. »

Rue Méchain à Paris, sa mère tente d’intervenir en sa faveur. En vain. Elle est d’abord peu concernée par la politique, mais se met vite à dévorer la presse anticoloniale : L’Express, L’Observateur, Le Monde... Elle va à des réunions du PSU, participe à des manifestations… Et surtout écrit, écrit, écrit à son « petit Gillou », commente leurs nombreuses lectures, lui envoie des coupures de presse, bref fait tout ce qui lui est possible pour maintenir chez Gilles Caron une pensée, une réflexion autonome dans la broyeuse psychologique qu’est cette armée désemparée. C’est une mère courage, une femme frêle et fébrile, aimante au-delà des mots. Non contente de lui avoir donné la vie, on sent chez cette femme, et ce depuis que Gilles est enfant, le désir de parler d’égal à égal à l’homme qu’est devenu son « petit Gillou ».
« J’ai rêvé la nuit dernière que la guerre était finie »

D’espoir de permission, sans cesse annulée, en troubles et putsch à Alger, la guerre continue. Quand Gilles Caron est à Alger il s’étonne : « Le soir du réveillon, j’ai pu avoir une permission de minuit. J’étais chez des amis du fils Lajous. Beaucoup de jeunes filles, beaucoup de garçons, musique douce et whisky. J’ai passé, habillé en civil, une soirée presque civilisée…/… J’aurais sans doute détesté ces jeunes avant, mais maintenant je suis plein d’indulgence pour tout ce qui n’est pas kaki. C’est miraculeux que je sache encore me tenir chez les gens, éviter les propos orduriers auxquels il a bien fallu s’habituer. »

Mais, c’est vite le retour en « opé » : « A force d’entendre et de voir des horreurs, elles ne me sautent plus aux yeux comme avant. La première compagnie a, sur renseignements, fouillé un village. Le commandant de compagnie a été blessé par un coup de feu et, de rage sans doute, il a donné quartier libre. Femmes, enfants, tout a été tué. Trente cadavres en tout. Plutôt que de les enterrer, ils ont été brûlés dans une mechta. La SAS est arrivée sur les lieux et ça monte, paraît-il, jusqu’au ministère de la Guerre. Autrefois, avant 1958, c’était monnaie courante. Chère Mame, quand je dis « nous », c’est avec amertume, parce que je suis effectivement là, mais ne t’inquiète pas, je ne suis pas un tortionnaire, ni en actes, ni en pensées. Ne le crois surtout pas ! Dans mes lettres, je te parle peut-être moins qu’avant. C’est simplement que j’en ai marre de ces histoires. ../… Je lis le Canard avec intérêt, mais les éditoriaux du Monde me barbent affreusement.

« En cage quand même. En cage réellement »

« Après douze mois, je suis sorti de mon silence en criant de toute ma voix, contenue raisonnablement jusque-là…/… Toute la compagnie, ou presque, a exprimé son mécontentement en se solidarisant avec une section qui a refusé de partir en opé. Pour une fois, je n’étais pas le seul à en avoir marre et je n’ai pas pu faire autrement que de m’afficher un peu. …/… A Alger je serai mis en taule, et il n’y a pas d’autre solution que d’attendre. »

De juin 1961 à avril 1962, Gilles Caron ne partira plus en opération dite, à l’époque, de « pacification». Il va être incarcéré dans plusieurs prisons militaires, puis affecté dans la tenue des prisonniers, sans ceinturon, ni lacets, à différentes corvées allant de l’utilisation de la serpillière aux « pluches » en passant par le jardinage. Pour passer le temps, il continue à lire énormément. Enfin libéré à Alger, il prendra l’avion pour rentrer sur Marseille où l’attend sa voiture, une Dauphine achetée en Algérie avec laquelle il rentrera « à petite vitesse » rue Méchain à Paris, retrouver sa chère maman et Marianne, sa futur femme.
Trois ans s’écouleront avant qu’il débute à l’Agence APIS une exceptionnelle carrière de photojournaliste qui le conduira à devenir une star de la jeune agence Gamma…

Mais c’est une autre vie, racontée dans un livre publié en même temps que ces lettres : « Gilles Caron Scrapbook » (Editions Lienart). Une autre vie, compréhensible uniquement après la lecture de cette correspondance, témoignage unique pour l’Histoire de la guerre d’Algérie, comme pour celle du photojournalisme.

Michel Puech
Prochain épisode : « Gilles Caron, le photographe »


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junker
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Mar 7 Fév 2012 - 21:17

bonjour .C'est un malade mental; il a rêvé tout ce qu'il a écrit, et ce n'est pas au trois mais dans un asile de fou qu'il a fait des opérations comme celles qu'il s'efforce de raconter, pleines d'impostures et de mensonges, c'est du délire.. merci de m'avoir fait entrevoir quelques passages plus qu'évidant de cette supercherie !!
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jacky alaux
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Mar 7 Fév 2012 - 22:16

junker a écrit:
bonjour .C'est un malade mental; il a rêvé tout ce qu'il a écrit, et ce n'est pas au trois mais dans un asile de fou qu'il a fait des opérations comme celles qu'il s'efforce de raconter, pleines d'impostures et de mensonges, c'est du délire.. merci de m'avoir fait entrevoir quelques passages plus qu'évidant de cette supercherie !!

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Les horreurs que décrit ce Pourri " massacre des femmes, des enfants, des animaux, mais c'est l'oeuvre des fells que ce sale mec décrit... JAMAIS LES PARAS ou même l'armée francaise ne participa a de tels horreurs sur des civiles en Algérie. Comment peut on tolérer que ce genre de pourriture puisse impuniment salire la France et son armée... J'en bave de rage !

Jacky Alaux PARA et FIÈRE DE L'ÊTRE.
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junker
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Mer 8 Fév 2012 - 8:15

Oui Jacky!! et il y a encore bon nombre de naïfs pour croire ces ignominies, le plus grand mal se sont les médias qui acceptent de publier des conneries comme çà pour faire de la lecture à leurs torchons. Je ne sais pas si tu as vu, les commentaires de LE CLOAREC, ancien compagnon de SENTENAC dans la Bataille de TIMIMOUN, invité par une chaine Algérienne , il a dénigré l'action des Paras et raconté des horreurs, ce mec a pété les plombs,en disant que pour stopper 50 felles Bigeard avait 1550 hommes pour venir a bout des braves combattants du FLN, alors que la bataille c'est faite avec une section de la 3ème compagnie contre 60 fells, j'en rage aussi de savoir ce mec manipulé par les médias algériens; il était dans cette section et n'a pas tiré un coup de feu, car il n'a fait que soigner les deux ou trois blessés qui sont morts dans les minutes suivantes; il a eu une palme et la Légion d'Honneur pour s'étre planqué bien a l'abri des dunes,alors que son lieut ROHER et son Chef SENTENAC étaient occis, il s'est affublé la responsabilité de la section qui n'était plus que 25 combattants encore en état de se battre, quoi penser de la folie de LE CLOAREC!!
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MessageSujet: Re: Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956   Mer 8 Fév 2012 - 12:06


ils sont comme ça les héros de la fnaca toujours prêt a trahir la franque
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Les Monts de la MEDJERDA..Algérie 1956
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