Dans le forum des lecteurs de "Valeurs Actuelles" j'ai relevé ce qui suit:
DÉBAT Hélie de Saint Marc et sa grand-croix
Il y a trois semaines, dans notre numéro du 22 décembre, nous avons publié une lettre de Christophe Eoche--Duval qui expliquait son « désaccord » sur le fait qu’Hélie de Saint Marc ait été élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy (Valeurs actuelles n03914). Cette lettre nous a valu de très nombreuses réactions. Extraits.
Le devoir au-dessus de tout
Le commandant de Saint Marc n’a jamais été pour l’Algérie française ni pour l'OAS. Sa position est parfaitement claire. A l'heure du choix, il tranche en faveur du respect de la parole donnée à des hommes qu'un gouvernement lui a confiés quand ce même gouvernement lui demande de les trahir au nom de la politique. Je n’ai jamais rencontré de militaire jusqu’à ce jour qui n’ait été hanté par ce terrible dilemme. Le commandant de Saint Marc savait parfaitement ce qu’il risquait. C’est un homme qui met le devoir au-dessus de tout, et pour lequel les mots “obéissance” et “servir” ont un véritable sens. On mesure à ce titre combien la décision a pu être pénible à prendre, l’obligeant à renier ce qui jusqu’alors avait fait toute sa vie. Hélie de Saint Marc savait qu’il pouvait tout perdre, ce qui a été le cas. Il a fait preuve d’une abnégation et d’un courage total. Quant à moi, je remercie le président Sarkozy d’avoir eu ce geste également courageux. Je sais que les harkis de France, eux, ont compris ce symbole de concorde. Je pense que le président Sarkozy accepte de voir l’histoire comme elle est: terrible mais toujours source d’enseignements. Nous avons eu et avons encore tout près de nous des exemples de dictature dont les populations ont bien besoin d’hommes à la Saint Marc. Mais M. Eoche-Duval estime peut-être que le vainqueur au pouvoir a toujours raison. Bien sûr, cet avis n’engage que moi, aussi ne me risquerai-je pas à employer le “nous” de M. Eoche-Duval pour exprimer un point de vue qui, comme le sien, est tout personnel. En revanche, je me base sur des faits réels et non imaginaires. Et je m’incline devant ces grands anciens qui ont risqué leur vie pour une certaine idée de la France. Ce sont eux qui l’ont faite. Ils nous obligent.
Sabine Cation
Auteur des “Hommes debout” (Éditions du Toucan)
Simpliste
J‘ai lu le long « désaccord »de M. Eoche-Duval, qui condamne sans nuance le commandant de Saint Marc et le putsch de 1961. Son long prêchi-prêcha voulant démontrer par l’absurde l’inanité du putsch me paraît simpliste et quasi injurieux. Ce haut fonctionnaire évoque les conséquences à long terme:98 millions de citoyens français dont 36 millions de musulmans, les mosquées et tout le reste. Prend-il donc Saint Marc et ceux qui l’ont suivi pour des demeurés, incapables de penser à long terme? Ils y pensaient certainement, mais pour eux passait avant tout le sort de leurs camarades musulmans ayant choisi la France, et aussi bien sûr celui des pieds-noirs dont tant étaient au combat entre 1942 et 1945 pour notre pays. Beaucoup d’entre eux ne soupçonnaient pas qu’ils seraient un jour abandonnés.
Dr Gindrey
Caporal d’honneur au 1er régiment étranger
Relire Saint Marc
Christophe Eoche-Duval, dans son courrier, écrit :je cite: « [qu’au nom de nos concitoyens] on distingue ce qui demeure un exemple de désobéissance— et même de rébellion armée— dépasse l’entendement ».Verdict étonnant: Hélie de Saint Marc, pour ce que je crois avoir compris à travers ses écrits, s’est rebellé essentiellement pour respecter la parole donnée de ne jamais “abandonner’. A commencer par les Thos, une minorité du haut Tonkin, abandonnés sur ordre en 1950 et massacrés quelque temps après, abandon qui l’a hanté jusqu’à la veille du putsch de 1961 et qui a essentiellement motivé son choix. Au demeurant, il admet tout à fait que le statu quo en Algérie ne pouvait pas durer et que l’autonomie ou l’indépendance pouvait être, à terme, “la” solution. Maîtresse sur le terrain militairement, la France aurait pu accorder cette “paix des braves” évoquée à l’époque, qui eût épargné “la valise ou le cercueil” pour les pieds-noirs, le massacre de dizaines de milliers de harkis et la morgue parfois haineuse des dirigeants actuels de l’Algérie.
J.-F. Lacoste Capitaine de vaisseau (H)